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Brèves

 

 

 

13 janvier: Cabu


Jean Cabut aurait eu aujourd'hui 13 janvier, 77 ans... L'âge limite pour lire Tintin. Son assassinat a donné lieu, c'était prévisible, à un festival d'impostures, dont la présence à la manifestation "républicaine" du 11 janvier à Paris, d'authentiques fascistes obscurantistes dans les délégations des chefs d'Etat de et de gouvernements. Gageons qu'il en eût ri.


07 janvier: Charlie Hebdo


Des fanatiques islamistes sociopathes, pardon pour le pléonasme, massacrent la rédaction de Charlie Hebdo. Il n'est pas évident que les conditions de sécurité autour de C.H. aient été à la hauteur des menaces connues qui pesaient contre cet hebdomadaire, ni que les forces de sécurité en France disposent des effectifs, des équipements et des moyens à hauteur suffisante. Pour l'heure la classe "politique", surfant sur une émotion  populaire réelle, joue, avec des couacs, l'Union nationale. Sans une réorientation des priorités et des choix budgétaires (cf. le communiqué de la FSU 13), il est douteux que cela soit, à soi seul, la bonne réponse.


20 décembre: Goldman Sachs

 

La banque américaine dont le management devrait être en prison si une quelconque justice existait, a fait une année formidable en intervenant à elle seule dans  35 % des fusions acquisitions; rappelons que cette opération juridico-financière ne crée aucun emploi, a même plutôt tendance à en supprimer et n'enrichit qu'une poignée d'actionnaires et un management intéressé. C'est cela la finance. Lisez Le capital fictif de Cédric Durand  aux éditions Les prairies ordinaires.

6 novembre: Abdelwahab Meddeb.

Intellectuel tunisien, porteur des Lumières et démocrate: "Son œuvre s'inscrira dans la longue lignée de ceux qui ont voulu placer la Tunisie dans le sillage des Lumières modernes, sans renier le lien qui la rattache à la civilisation de l'islam. Son dernier acte d'écriture aura été le geste d'un retour sur soi : Le Portrait du poète en soufi (Belin, 192 pages, 19  euros) paru quelques jours avant sa mort. Tous ceux qui l'ont connu garderont le souvenir d'une belle présence généreuse dans l'amitié et exigeante pour la pensée."

Fethi Benslama

 

Psychanalyste, professeur

à l'université Paris-diderot

22 octobre: Christophe de Margerie meurt, accident d'avion...

 Socialisme: Dénomination de diverses doctrines économiques, sociales et politiques condamnant la propriété privée des moyens de production et d'échange (Petit Larousse). 

Au moment où, alors que la nationalisation des autoroutes pourrait être envisagée d'après l'étude d'un cabinet aussi sérieux que n'importe quelle agence de notation, malgré le coût des indemnisations, pour assurer des ressources régulières à l'Etat, le gouvernement préfèrerait tuer une autre poule aux oeufs d'or en privatisant la FDJ!
Sabotage délibéré de l'intérêt général ou incompétence absolue?
Bref comme le propose Valls il faut enlever le mot socialiste d'une telle politique et d'un tel parti... Il y aura bien quelqu'un pour garder la vieille maison et un référentiel "passéiste" comme dit l'homme, qui voulait déjà débaptiser le PS avait d'être seulement ministre, mais encore cohérent!

En fait il n'y a pas plus passéiste que le droit de propriété et la direction d'une entreprise, comme les larmes de crocodile lors de l'accident de C.de M. , seul dans le Falcon avec 3 membres d'équipage, ont tenté de le faire oublier au populo !!

 14 octobre: des millionnaires toujours plus nombreux


Mi 2014 il y aurait donc, d'après le Crédit Suisse, 35 millions de millionnaires en dollars sur la planète soit 1 terrien sur 200 avec un patrimoine moyen par adulte de 56 000 $. Les moyennes ont ceci d'excellent: elles gomment les écarts et alors que ceux ci se creusent, les "classes moyennes" inférieures peuvent croire à leur survie!


08 septembre: Martine Aubry, le retour?


"On n'a pas besoin d'aider les banques (…) qui ne sont pas dans la concurrence internationale - ni - les entreprises qui préfèrent verser l'argent que leur a donné l'Etat pour donner des dividendes plus importants (…) au lieu d'investir dans l'avenir, l'emploi et la formation ".

 

02 septembre: la rentrée et les vérités premières!

Le retard scolaire à l’entrée en 6e : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés ( Insee)

 

25 août: Démission du gouvernement


Après les discours de la St Barthélémy de Frangy, Valls présente la démission de son gouvernement à la St Louis Roi ! Y voir une quelconque dimension symbolique reviendrait à confondre un ambitieux sans doctrine avérée à un homme d'Etat,  ou  un réformateur avec un liquidateur. Grâce au ciel, il a plu sur l'île de Sein.

 

31 juillet: Louis de Funès aurait 100 ans

 

Naître le jour de l'assassinat de Jaurès n'a pas marqué sa carrière et c'est tant mieux.

Il est vrai que le 31 juillet, c'est aussi la fête d'Ignace de Loyola. Les jésuites ont la réputation d'être cultivés, nos politiciens beaucoup moins mais ils ont généralement à coeur d'utiliser les méthodes souterraines que la voix populaire a souvent attribuées à la Compagnie.


 17 juillet: Debray et l'Occident

 

"(...) La France républicaine ayant renoncé à son système de valeurs et à son autonomie diplomatique, elle a réintégré les commandements de l'OTAN, décision anecdotique mais symbolique du président gallo-ricain Sarkozy, entérinée par son sosie Hollande. Et nous voilà de retour dans " la famille occidentale ". La double mort historique de Jaurès et de De Gaulle a donné à cette abdication le sens d'un retour à la normale".  Régis Debray, Le Monde daté du 18 juillet 2014.

 

 

25 juin: Anniversaires


Michaël Jackson, il y a 5 ans. Michel Foucault 30 ans après. En voilà deux qui auraient certainement eu des choses à se dire.

 

23 juin: Avignon...

 

 

24 mai: Demain l'Europe sociale...


Demain, vote pour le renouvellement du Parlement de l'UE. Un certain nombre de crétins ou de faux-culs (cumul possible...) s'étonnent du peu d'enthousiasme des électeurs.

Il est écrit dans le traité de Lisbonne que " l'Union reconnaît et promeut le rôle des partenaires sociaux à son niveau, en prenant en compte la diversité des systèmes nationaux. Elle facilite le dialogue entre eux dans le respect de leur autonomie ". Y a plus qu'à...

Ce n'est pas le vote (moins de 50 députés (39 ?)  en séance sur la proposition de loi du FdG, obligé de voter contre son propre texte vidé en partie de substance par des amendements de la majorité...) ni la négociation TAFTA qui peuvent redonner confiance aux électeurs.


8 mai: Chatons


Condamnés à de la prison ferme (pour avoir maltraité) ou avec sursis (le chaton est mort), la justice française fonctionne toujours aussi bizarement: délocaliser une entreprise au nom du droit de propriété et du profit n'est pas punissable par la loi, même quand ce droit de propriété s'exerce nonobstant l'intérêt général, les aides reçues, les dégrèvements fiscaux etc... avec des dommages collatérauxet des conséquences sociales indéniables.

La sanctuarisation du droit au travail et du droit du travail ne préoccupe ni les parlementaires, ni les chats fourrés...Quant au Conseil Constitutionnel...

 

16 avril


Une semaine après, la mort de Jacques Servier à 92 ans le jeudi 10 avril, est annoncée. Comme prévu le procès du Mediator se fera sans lui! La vitesse de la justice est assez variable en France.


22 mars ou l'espoir!


C'est toujours un anniversaire... On ne sait plus de quoi. A en croire le Nouvel Obs., vendu par son fondateur, les satellites espions US ou Chinois (mais oui, déjà!) pourraient repérer l'épave engloutie du Boeing 777, mais ce serait avouer un peu plus du manque de respect qu'ils professent à l'égard du reste de la planète. Alors on dépense du pétrole pour les bateaux et les avions de reconnaissance. En plus, ils se moquent du réchauffement climatique et du gaspillage d'énergie!

Cela n'empêche pas les media de parler d'espoir à l'idée de découvrir enfin où etc... Quel espoir? 


16 janvier


La vie privée de Hollande:

Ce qu'on doit retenir de la conférence de presse du 14 janvier, ce n'est pas que FH est social-démocrate ( qu'est-ce qu'un social-démocrate sans doctrine explicite ou qui serait celle de l'idéologie dominante ? ) car on sait, au plus tard depuis l'utilisation de l'expression "le socialisme de l'offre", que le mot socialiste avec lui n'a aucun sens. Ce qui a sauté aux yeux de tous ceux qui ne sont pas des courtisans, c'est un exemple parfait de goujaterie égoïste dépourvue de toute grandeur d'âme.


2 janvier 2014


Présent dans le voyage en Arabie avec le PR, Antoine Frérot, pdg de Véolia ( dont par ailleurs les syndicats, CFDT comprise, réclament la démission vu la stratégie de démantèlement qu'ils lui reprochent), expliquant l'absence de signature de méga-contrats : "l'économie, ça ne fonctionne pas à la nano-seconde, c'est un processus continu..." Sans doute, mais l'ennui, c'est que la "finance", elle, fonctionne ainsi, comme le prouve précisément la stratégie qu'il conduit!

 

9 décembre

 

Anniversaire de la loi de 1905 séparant les églises et l'Etat, après une mobilsation de la droite pas très différente dans sa forme  de celles que nous avons connues lors du vote de la loi sur l'ivg, le pacs ou le mariage pour tous. La droite n'a jamais vraiment admis le principe de laïcité et continue de confondre sacrement et contrat, science et foi... LA droite? Une bonne partie est sans religion mais continue d'y voir un opium du peuple, très utile pour  distraire de son affairisme ou de sa corruption.

Le 9 décembre 1777 le bon roi Louis XVI rétablissait les monts de piété, supprimés pendant le gouvernement de Mazarin pour complaire aux usuriers; cela, du moins, nous avait valu "l'Avare"!


22 novembre 1963


Aldous Huxley meurt à Los Angeles. La suite a prouvé que c'était malgré tout un optimiste. Nul n'a trouvé de lien entre sa mort et celle de JFK que son assassinat a fait rentrer dans la mythologie politique.


Valls et Léonarda 19.10


Il paraît que le ministre aurait menacé de démissionner si la jeune collégienne revenait en France. Un homme d'Etat l'eût pris au mot.

L'expulsion est une manie qui se soigne; rappelons que ce gouvernement s'est déshonoré d'entrée en livrant Aurore Martin à l'Espagne ( dont elle est ressortie) alors que ce dont elle est accusée dans ce pays étranger n'est pas incriminable dans le pays dont elle est citoyenne. Inconscience et incohérence des Français abusés de toutes parts... 

 

Edith Piaf et Jean Cocteau 10.10


Morts à quelques heures . Du talent, une vie remplie... Un demi-siècle passé...


32 ème anniversaire 09.10


Extrait d'un article de Nicolas Truong dans Le Monde d'aujourd'hui ouvrant les pages consacrées par ce quotidien à l'abolition : "Il n'empêche, au moment où le national-populisme se déclare favorable à son rétablissement, la parution de cette déposition faite à elle-même de Monique Mabelly est édifiante. Alors que la 11e Journée mondiale contre la peine de mort a lieu le 10 octobre, ce texte est un rappel utile. Car " qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? ", écrivait Albert Camus."

 

Merkel 23. 09


Ok, ce n'est même pas son nom, ce qui prouve que les électeurs allemands ne sont pas si réacs dans toutes les cases du jeu social. La presse française est, comme d'habitude, d'une stupidité confondante en parlant de "triomphe"!

La Bundeskanzlerin n'a pas la majorité avec les seules CDU/CSU. autrement dit si elle a fait un triomphe, que dire de Hollande qui en 2012 n'avait pas mathématiquement besoin d'alliés pour gouverner. Il est vrai qu'à voir comment votent certains élus du PS, on peut tout de même s'interroger sur la solidité du parti!


Retraites 10.09 


Le Monde qui n'aime les syndicats que lorsqu'ils sont "réformistes", mais comme de fait ils le sont tous, cela signifie pour cet organe de presse, prêts  "à négocier le poids des chaînes"et à suivre l'idéologie dominante, écrit dans la Check-list de son site LeMonde.fr (11.09): "Retraites: mobilisation plutôt réussie". On saluera cette quasi objectivité... et cette lueur d'optimisme sur les capacités du mouvement social à peser dans un débat que certains, au nom de TINA (There is ...), voudraient unilatéral.

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Retraites  30.08

Dans l’Etrange défaite, à laquelle je faisais à l’instant allusion ( C'est L.Mauduit dans Mediapart qui parle), Marc Bloch a ces mots terribles : « Il est bon, il est sain que, dans un pays libre, les philosophies sociales contraires s’affrontent. Il est, dans l’état présent de nos sociétés, inévitable que les diverses classes aient des intérêts opposés et prennent conscience de leurs antagonismes. Le malheur de la patrie commence quand la légitimité de ces heurts n’est pas comprise ».

C’est un peu le malheur de nos socialistes d’aujourd’hui, qui gouvernent la France comme des notaires tristes…

Multiculturalisme 18.08

« Or le multiculturalisme est une fausse réponse au problème, d'une part parce qu'il est une sorte de racisme désavoué, qui respecte l'identité de l'autre mais l'enferme dans son particularisme. C'est une sorte de néocolonialisme qui, à l'inverse du colonialisme classique, "respecte" les communautés, mais du point de vue de sa posture d'universalité. D'autre part, la tolérance multiculturelle est un leurre qui dépolitise le débat public, renvoyant les questions sociales aux questions raciales, les questions économiques aux considérations ethniques. »
Slavo Zizek, Des idées-force pour éviter les impasses de la globalisation, Le Monde, 02/09/11.

Bichat 04.08


Un hôpital sans clim depuis plusieurs jours. La pièce manquante doit venir d'Allemagne. Il paraît que la France a une politique industrielle, que serait-ce sinon! Pendant ce temps les prédateurs du Medef donnent des conseils sous forme d'injonction au gouvernement sur les retraites; que ces misérables fassent d'abord leur travail d'industriels producteurs et qu'ils se taisent ou qu'on les fasse taire; un bon contrôle fiscal devrait suffire.


Islamofascisme 20.06


Le mot est tabou car il est utilisé par la droite identitaire, mais comment mieux traduire la politique répressive d'Erdogan? La Turquie est le pays membre du Conseil de l'Europe où les journalistes emprisonnés sont les plus nombreux, le seul où l'on arrête sans aucune base légale des avocats... La lutte anti- terroriste utilisée contre les libertés fondamentales, dont la laïcité.

 Quels sont les crétins qui dans l'UE veulent encore négocier l'entrée d'un tel régime, car c'est un régime qu'on accepte et qu'on laisse durer et non un peuple libre et souverain.


Ponts 10.05


Les serviteurs habituels du veau d'or évaluent à 2 mds d'€ le manque à gagner pour l'économie lié aux ponts de mai. Cela fait tout de même 40 fois moins que la fraude fiscale!


Renault pleure ? 25.04


 Renault  a perdu des ventes en Europe mais l'action Renault est en hausse de 2,12% à 50,54 euros (soit une capitalisation boursière de 15 milliards d'€ environ). L'action  a gagné plus de 20% depuis le début de l'année, après une montée de plus de 50% en 2012. Cela justifierait-il le chantage à l'emploi que le patron surpayé de la firme exerce à l'égard des salariés du groupe?


 

Le CE privatise la grève...13.04


 Le Conseil d'Etat  a décidé vendredi 12 avril d'autoriser EDF à limiter l'exercice du droit de grève dans ses centrales nucléaires. EDF l'avait fait en 2009 pour éviter l'interruption de l'approvisionnement du pays en électricité, au nom de sa mission de service public. Cette coquecigrue juridique, même si les conseillers ne sont que par abus assimilés à des magistrats, méconnaît le principe de base qui est l'exercice du droit de grève dans le cadre des lois qui le réglementent. On laisse donc l'employeur se substituer à l'autorité instituée. A quoi sert le CE si on privatise ainsi les fonctions de l'Etat?

 

 

Hugo Chavez 05.03


Le président vénézuelien est mort. Les classes populaires ont bénéficié de meilleurs accès à l'instruction et à la santé. Il est certain que les media français vont dire plus de mal que de bien de lui...

 

Stéphane Hessel 27.02


Né en 1917, mort dans la nuit du 26 au 27 février, cet homme à la vie bien remplie meurt couvert d'éloges, même par ceux qui le trouvaient "dérangeant". "Pus loin, plus vite" avait-il dit à François Hollande dans une motion signée avec Pierre Larrouturou pour le dernier congrès du PS. Plus loin, plus vite, mais pas pour complaire aux canailles de Wall street, de la City, du CAC 40, de la Commission de Bruxelles et du Medef réunis , collection de nains avides et arrogants. S'indigner et résister...


D'un 11 février à l'autre 11.02


Bernadette et l'Immaculée conception, la signature des accords du Latran, l'annonce de sa renonciation par Benoît XVI... des 11.02. Normal , c'est la fête de N.-D. de Lourdes... et cette année, la veille de Mardi-gras.


Question 02.02.2013


« Je suis frappé de voir que les intellectuels de gauche d’aujourd’hui cherchent à priver le peuple opprimé non seulement des joies de la connaissance mais aussi des outils de son émancipation en lui annonçant que « le projet des Lumières » est mort et que nous devons abandonner nos illusions de la science et de la rationalité – un message bien trop fait pour réjouir le cœur des puissants, trop heureux de monopoliser ces instruments pour leur seul usage. » 
Noam Chomsky, Science et rationalité.

http://loeildebrutus.over-blog.com/

 

Franco-russe  06.01.2013


C'est bon pour Depardieu...Qui se souvient des entremets du même nom?

 

Oscar Niemeyer 06.12


L'architecte brésilien qui aura le plus marqué son pays est mort  à 104 ans. Par delà son oeuvre et sans doute ceci n'est-il pas étranger à cela, on retiendra ses engagements pour la démocratie. La France a la chance d'avoir accueilli son travail.

 

Euromillions 15.11


Une grosse cagnotte de loto et une vie change. Mais la presse affiche sans commentaire que cette somme représente 19 années de salaire pour Zlatan ,"génie" du foot-ball... et 126 siècles de SMIC!

Et il y a des gens beaucoup plus riches encore que ce nouveau millionnaire chanceux ou ce footeux qui rapporte sans doute beaucoup à quelques parasites sociaux, rouages du système...


Valls et Aurore Martin 05.11


Manuel Valls prétend ne pas avoir à "s'excuser" au sujet de la livraison d'une citoyenne française à un état étranger pour un délit inexistant en France. Cet... n'a pas tort: la trahison des gouvernants français à l'égard de leurs électeurs est plus ancienne que sa nomination  dans un gouvernement dit de gauche; la France n'était nullement tenue d'accepter de livrer ses ressortissants...

 

Islamisme 21.09 (Le Monde)


Là encore, quand on lui fait observer que l'animosité envers l'islam cache parfois mal un racisme pur et simple, Rushdie se cabre : " Je n'ai aucune tolérance à l'égard de la xénophobie et du racisme, que j'ai toujours combattus. Ceux qui s'attaquent aux minorités, aux musulmans ou aux homosexuels, par exemple, doivent être condamnés par la loi. L'islamophobie, c'est autre chose, c'est un mot qui a été inventé récemment pour protéger une communauté, comme si l'islam était une race. Mais l'islam n'est pas une race, c'est une religion, un choix. Et dans une société ouverte, nous devons pouvoir converser librement au sujet des idées. "

 

Neil Armstrong 25.08


Le premier homme sur la lune (20 juillet 1969) est mort. Il est des moyens moins honorables d'atteindre à la notoriété.

Depuis lors les canailles qui dirigent les banques et s'en sont mis plein les poches, ont siphonné le pognon disponible pour ce genre d'aventure et imposé à des politiciens plus ou moins nanifiés des politiques contre leurs peuples!

 

SMIC 09.07

 

Le 1er juillet, le montant du Smic horaire a été revalorisé à 9,40 € (9,22 depuis le 1er janvier), soit un montant mensuel brut de 1 425,70 € sur la base de 151,67 heures, ou de 1 425,67€ sur la base de 35 heures × 52 / 12.

Cette augmentation de la valeur du Smic a pour conséquence d’ « immerger » certains coefficients conventionnels sous le salaire minimum légal.

Arcelor-Mittal 28.06


Magnifique photo de la  tour Arcelor Mittal Orbit construite pour les J.O de Londres... Le patron du groupe métallurgiste a financé 19,6 des 22,7 millions de £ du coût de ce monument de 1400 t et de 115 m de hauteur. Le genre d'info qui doit réjouir les ouvriers de Gandrange... Panem et circenses. Vous avez dit XXI ème siècle?

 


Programme commun 27.06


40 ans aujourd'hui. Certains ont gagné, d'autres ont perdu. Le peuple? Les 93 % de salariés? Les partisans d'un Europe démocratique? Les concepts de liberté, d'égalité et de fraternité? La dignité du citoyen? Bref les "valeurs" dont parlent les politiciens pour éviter de qualifier leur politique? Tous ceux là ont  perdu. Il y a des explications... et il y a des coupables, toujours là, leurs frères, leurs héritiers...


INSEE 20.06


71 % du patrimoine en France dans les mains de 20 % des ménages. Et si on regarde de plus près dans ces 20%, on constatera que l'agglomération de déciles sert surtout à dissimuler de plus grands écarts!



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Texte Libre

Les auteurs

 

Sylvain Bartet (29.01.76) et Jean-Paul Beauquier (02.02.46)  sont tous deux agrégés d’histoire (dans l’académie d’Aix-Marseille), militants syndicaux (FSU), militants politiques (PS) ; ils ont une génération d’écart. Leur travail d’écriture à deux vise à montrer que sur des sujets politiques sérieux, la référence aux origines des concepts de République et de démocratie et l’esprit critique doivent armer les citoyens contre les risques et la prévalence d’une démagogie de l’instant. Bref que l’espoir est possible en politique...

 

Articles Récents

17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 11:44

Communiqué FSU, Les Lilas, le 17 Mai 2011 (Journée mondiale de lutte contre l'homophobie)



Discriminations et violences dans la fonction publique : la FSU demande des actes !


  Le ministre de l’éducation nationale vient de communiquer sur le harcèlement à l’école dont peuvent être victimes les élèves. La FSU demande que le ministère commandite une étude sur le même sujet concernant les personnels. Dans les trois fonctions publiques, peu d’engagement, peu d’actions concrètes sont mises en places par les ministères ou les collectivités locales pour lutter contre les discriminations dont peuvent être victimes les personnels LGBT (lesbiennes gays bi ou trans-identitaires), et garantir une véritable égalité de traitement.

SOS Homophobie vient de publier son rapport annuel, qui démontre pourtant le contraire. Si le statut dont bénéficient les agents de la fonction publique leur permet de ne pas être licencié, les lgbtphobies s’expriment de façon beaucoup plus insidieuse. Cela peut prendre diverses formes, comme des freins dans la progression de carrière, des appréciations limites sur la manière de servir des agents, une non-reconduction de contrat pour le million d’agents non titulaires soumis à l’arbitraire, mais peut aussi aller comme dans le privé jusqu’à des cas dramatiques de harcèlement.

C’est ce que concluait la Halde en 2008* : «  les homophobies et discriminations perçues sont toujours un peu plus fortes dans le secteur public (…) Peut-être que l’impossibilité de licencier renforce les comportements de mise au placard, de harcèlement et de discrimination quand la relation d’emploi se dégrade. »

Pour la FSU, l’Etat employeur doit être exemplaire, prendre ses responsabilités et mener une politique de lutte contre toutes les discriminations, que ce soit dans le recrutement, le déroulé de carrière, l’égalité effective entre les couples.

La FSU demande à ce que dans l’ensemble de la fonction publique, des engagements soient pris et des actions concrètes soient menées. Cela passe par la formation des personnels, une politique résolue, ambitieuse et affichée de lutte contre toutes les formes de discriminations. Cette politique doit inclure l’orientation sexuelle et l’identité de genre, qui sont bien souvent les oubliées des politiques dites de lutte contre les discriminations.


 * « L’homophobie dans l’entreprise », sous la direction de C.Falcoz, Halde, la documentation française, 2008.

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Le FMI met le monde à terre


L’histoire retiendra peut-être que le plus grand complot qui ait été fomenté à la charnière des XXe et XXIe siècles aura été de plonger le monde dans une crise monumentale, parce qu’elle est sociale, économique,financière et écologique. Ou, plus exactement, de fermer les yeux sur les causes réelles de tous ces désastres, résultats d’une logique d’accumulation invraisemblable et d’enrichissement vertigineux d’une minorité. Et, ensuite, de profiter de cette crise pour accentuer encore davantage la pression exercée sur les populations, sur les travailleurs, sur les quelques institutions collectives qui survivent encore comme celles de la protection sociale et des services publics.

Depuis hier, le FMI est présenté comme le meilleur allié des peuples en crise. Le FMI et toutes les institutions sœurs comme la Banque mondiale et l’OMC, les directoires autoproclamés comme le G8 et le G20, tous ont mené et mènent des politiques qui mettent à genoux les peuples. Le FMI et l’Union européenne n’ont pas sauvé la Grèce, ils l’ont assommée. Ils n’ont pas sauvé l’Irlande et le Portugal, ils ont conforté leurs gouvernements dans la volonté de ceux-ci de faire payer la crise aux victimes de la crise et non à leurs fautifs. Une preuve supplémentaire en est donnée par la préparation du « pacte pour l’euro » par les gouvernements français et allemand et la Commission européenne, dont le Parlement européen est actuellement saisi.

Les prochaines échéances constituées par les réunions en France du G8 et du G20 seront une nouvelle fois l’occasion de constater la collusion des forces économiques du capitalisme, des gouvernements néolibéraux et de leurs institutions internationales pour non pas nous sortir de la crise mais pour nous y plonger un peu plus.

Voilà la nouvelle essentielle de ce week-end : le FMI met le monde à terre et, avec de telles politiques, les classes dominantes veulent se l’approprier définitivement. Le FMI est un symbole : celui de l’argent, celui du pouvoir, celui de l’arrogance, celui du mépris. C’est ce symbole-là qu’il faut rejeter.

Attac France,
Paris, le 17 mai 2011

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 Revue de presse

 

Suppressions de Postes :

 

http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/la-rentree-2011-sera-bien-assuree-mais-quid-de-la-suite

 
La rentrée 2011 sera bien assurée, mais quid de la suite ? Charleville Mézière La Ville accepte de financer l'année scolaire 2011-2012 des Classes à horaire aménagé musique du collège Jean-Macé. Un an de répit pour trouver d'autres pistes…

Educ :

http://www.vousnousils.fr/2011/05/17/evaluations-nationales-les-syndicats-persistent-et-signent-506099

 
Évaluations nationales : les syndicats persistent et signent

Formation :

http://www.20minutes.fr/article/724904/interviewez-gerard-larcher-president-senat

 
VOS QUESTIONS - A l'occasion des rencontres sénatoriales de l'apprentissage, Gérard Larcher le président du Sénat répond à vos questions mardi...

Journée Mondiale contre l'Homophobie :

http://www.liberation.fr/societe/01012337755-24-heures-pour-combattre-l-homophobie


Vingt-quatre heures pour combattre l'homophobie

http://www.france-info.com/chroniques-elle-se-mele-de-tout-2011-05-17-nicolas-noguier-fondateur-des-refuges-pour-jeunes-homos-536903-81-156.html


Nicolas Noguier, fondateur des refuges pour jeunes homos

http://www.midilibre.fr/2011/04/25/le-refuge-lance-une-campagne-d-affichage-sur-la-detresse-des-jeunes-homosexuels,309292.php


Le Refuge lance une campagne contre la détresse des jeunes gays

http://www.midilibre.fr/2011/05/16/7e-journee-mondiale-de-lutte-contre-l-homophobie-et-la-transphobie-samy-temoigne,319883.php


Journée contre l'homophobie et la transphobie : Samy témoigne

http://www.midilibre.fr/2011/05/16/interview-jenifer-marraine-du-refuge,319845.php


Montpellier Jenifer s'engage aux côtés des victimes de l'homophobie

http://www.midilibre.fr/2011/05/15/pour-julien-19-ans-le-pire-c-est-l-homophobie-familiale,319543.php


Pour Julien, 19 ans, "le pire, c’est l’homophobie familiale"

Salaires :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/05/16/peut-on-augmenter-les-salaires_1522511_3234.html


Dossier Peut-on augmenter les salaires ?

http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/actu/0201365276824-taxation-des-hauts-revenus-qui-gagne-plus-de-2-millions-163403.php


Taxation des hauts revenus : qui gagne plus de 2 millions


 Vraiment peu de gens... A qui font-ils peur? Ou bien ceux qui dirigent le pays n'auraient -ils à coeur que de faire partie de leur petit monde?


Santé :

http://www.rtl.fr/actualites/vie-pratique/sante/article/les-depassements-d-honoraires-ont-explose-en-2010-7687081974


Les dépassements d'honoraires ont explosé en 2010


 Normal, personne ne veut contrôler...


Logement :

http://www.midilibre.fr/2011/05/17/tom-et-lea-peut-etre-condamnes-parce-qu-ils-vivent-dans-une-yourte,320304.php


La Cour d'Appel de Toulouse annoncera jeudi le sort qu'elle réserve à la yourte d'un jeune couple d'Ariège, Tom et Léa, poursuivis pour avoir habité à plein temps cette tente traditionnelle des nomades d'Asie centrale sur un terrain ou Léa voulait faire du maraîchage.

Justice :

http://www.ladepeche.fr/article/2011/05/17/1084004-Tentative-d-evasion-a-la-prison-pour-mineurs-de-Lavaur.html,


Tentative d'évasion à la prison pour mineurs de Lavaur

http://www.sudouest.fr/2011/05/17/l-education-nationale-avait-couvert-un-viol-400426-1324.php


L'Éducation nationale a étouffé une affaire de viol impliquant un instituteur à Cozes (Charente-Maritime), en 1987. Il a récidivé ensuite.


 Quand?


http://www.ladepeche.fr/article/2011/05/17/1084057-Bordeaux-Le-proces-des-notables-sera-t-il-renvoye.html


Bordeaux. Le procès des notables sera-t-il renvoyé ? La défense des quatre notables bordelais jugés depuis hier pour abus de faiblesse, association de malfaiteurs et abus de confiance sur une vieille dame fortunée a tenté de faire renvoyer le procès en soulevant des questions prioritaires de constitutionalité. L'audience a dû être suspendue.

 

 Faudrait savoir si tout va remonter au CC...Si c'est le cas il faut le transformer en Cour Suprême et augmenter ses moyens d'instruction des dossiers...


DSK :

http://www.20minutes.fr/article/724998/affaire-dsk-presse-francaise-pose-multitude-questions


Affaire DSK: La presse française se pose une multitude de questions


 Fallait les poser avant...


http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iyxt23lISxYLTPDlykUXawXP5fQw?docId=CNG.ab84d3b3740a037bdd619e2bb006d627.481


AFP L'affaire DSK, une épine dans le pied des médias français

http://www.acrimed.org/article3593.html


Acrimed Affaire DSK (1) : des médias orphelins Et si, comme le montrent les « Unes » de la presse, le « choc » n’était pas plutôt subi par ces médias qui ont porté Dominique Strauss-Kahn aux nues ?


 
http://www.rtl.fr/actualites/international/article/medias-et-politiques-ont-ils-ete-trop-silencieux-autour-des-frasques-de-dsk-7687084048


Invité de RTL Midi : Jean Quatremer, journaliste qui s'était inquiété dès 2007 du rapport aux femmes de DSK

http://www.liberation.fr/politiques/01012337899-affaire-dsk-des-organisations-feministes-montent-au-creneau


Affaire DSK: des organisations féministes montent au créneau


 Ca, on s'en fout... Restons dans le cadre des législations en vigueur, puisqu'aussi bien nous n' avons guère de leçons à donner aux USA, à l'exception de la suppression de la peine de mort...


Sarkozy :

http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/05/17/sarkozy-juge-en-prive-que-le-ps-a-perdu-la-bataille-de-la-morale-pour-2012/


Sarkozy juge en privé que le PS a perdu la bataille de la morale pour 2012


 Gonflé le mec... Qu'a-t-il à montrer dans le domaine de la morale ? Un bébé?


http://www.20minutes.fr/article/725352/grossesse-carla-bruni-sarkozy-Ca-sent-operation-com-plein-nez


Grossesse de Carla Bruni-Sarkozy: «Ça sent l'opération de com' à plein nez»

Hadopi :

http://www.ecrans.fr/Hadopi-en-mode-passoire,12741.html


Hadopi en mode passoire

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/05/17/la-cnil-effectue-un-controle-chez-le-prestataire-de-l-hadopi_1523216_651865.html


La CNIL effectue un contrôle chez le prestataire de l'Hadopi .Le contrôle de la CNIL fait suite à la révélation, en fin de semaine dernière, qu'un serveur de l'entreprise n'était pas protégé et pouvait être librement consulté par n'importe quel internaute, sans connaissances techniques particulières. Parmi les données, dont une partie a été publiée sur Internet, se trouvaient des relevés d'adresses Internet Protocol (IP) et des identifiants de fichiers téléchargés, permettant de savoir quel ordinateur téléchargeait quel fichier à quel moment.
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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 16:23

 

 

 

La culture commune  

 

La définition précise et la diffusion égale d’une culture commune nous semble alors centrale et prioritaire, car la notion de culture commune renvoie en même temps au rôle et à l’organisation de l’institution scolaire et car les contours et le contenu de la culture commune ne sont ni débattus, ni fixés clairement et ouvertement. Remédier à cette situation est un enjeu politique, parce qu’il est question de l’institution du citoyen, par l’Ecole.  

 

Nous faisons nôtres ces éléments de définition de la notion de culture commune[1] : « une culture des cultures ouverte à tous les champs d’expérience et de connaissance de l’activité humaine, à la pluralité et la variation des pratiques, des œuvres » ; « une culture signifiante pour les élèves comme pour les enseignants et le public parce qu’elle répond à des problèmes et des valeurs de société, de vie personnelle, de savoir » ; enfin « une culture fondamentale, de haut niveau, prenant le pari de l’exigence pour tous. »  

 

Revenons ici sur des termes du rapport Langevin-Wallon, même s’il parle encore de « culture générale » : « Dans un état démocratique, où tout travailleur est citoyen, il est indispensable que la spécialisation ne soit pas un obstacle à la compréhension de plus vastes problèmes et qu’une large et solide culture libère l’homme des étroites limitations du technicien. […] L’organisation nouvelle de l’enseignement doit permettre le perfectionnement continu du travailleur et du citoyen. ».  

 

On peut même dépasser la distinction du citoyen et du travailleur, dans une conception à la fois politique et sociale de la citoyenneté et de la République : l’école doit permettre à tous l’accès à une culture, générale comme technique et professionnelle, pour donner naissance à des citoyens politiquement actifs, disposant tous de la raison commune nécessaire au débat démocratique, mais aussi socialement forts de leur valeur professionnelle. Il n’y a pas d’adaptation au monde du travail, ce qui signifie intégration sociale mais aussi capacité de défendre le progrès social comme travailleur, sans une culture et une formation initiale les plus poussées possible, comme il n’y pas de démocratie et de liberté abouties, sans individus disposant d’un jugement autonome et critique.    

 

En partant de là, on ne peut que rejeter le « socle commun » de connaissances, proposé par la droite, version appauvrie de la culture, ramenée « au lire, écrire, compter » et à quelques tâches fonctionnelles. On est bien loin des conceptions les plus avancées de l’école républicaine, telles que nous les a léguées en particulier Condorcet, philosophe des Lumières, révolutionnaire et théoricien de la République[2]. Il défendait un enseignement universel élémentaire, mais pas rudimentaire : un enseignement qui prépare au jugement libre et autonome, dans l’ensemble des disciplines, sur le modèle encyclopédique. D’ailleurs, il préférait parler d’instruction (et pas d’éducation) publique, pour la distinguer de l’éducation familiale première et pour montrer que l’école devait permettre au citoyen de s’éduquer lui-même, en le libérant des préjugés (y compris familiaux). Il écrivait ainsi, dans l’Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain (1793-1794): « [les hommes ont] tous un droit égal de s’éclairer sur tous leurs intérêts, de connaître toutes les vérités, et aucun des pouvoirs établis par eux sur eux-mêmes ne peut avoir le droit de leur en cacher aucune ».  Quant à l’école conservatrice préparée par la droite actuelle, on sait à qui elle réserverait son socle de connaissances rudimentaire : des enfants des classes sociales défavorisées, dont on admettrait pour mieux le justifier, l’enfermement dans leur condition socio-culturelle.  

 

 

 

 

Un choix progressiste de culture commune est au contraire un choix humaniste, au sens précis du terme : une recherche de perfectionnement humain par la connaissance, l’instruction et l’éducation (si l’on retient malgré tout ce mot couramment utilisé). La culture commune doit donc être diversifiée et équilibrée, pour toucher à tous les aspects du savoir et du développement de l’être humain. C’est la perfectibilité de tout individu et l’exercice des droits du citoyen qui sont en jeu.  

 

L’école devrait permettre à tous d’accéder au savoir, préparer à l’autonomie intellectuelle et au libre arbitre, indépendamment des contraintes sociales. Citons à nouveau une formule de Condorcet tirée de son Rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique (1792) : « Jamais un peuple ne jouira d’une liberté constante, assurée, si l’instruction dans les sciences politiques n’est pas générale, si elle n’y est pas indépendante de toutes les institutions sociales, si l’enthousiasme que vous excitez dans l’âme des citoyens n’est pas dirigé par la raison ».  

 

Nous plaçons tout autant la culture commune dans la lignée d’un idéal éducatif socialiste, qui refuse la séparation entre travail intellectuel ou abstrait et travail manuel ou technique, maintenant les classes populaires (ouvriers et employés) dans la subordination. D’une part, cette séparation réduit le rôle de la pensée dans le travail manuel. Elle n’en est que plus dépassée, à l’ère de l’automatisation et de l’informatisation, qui accroît le contenu intellectuel des tâches manuelles. D’autre part, elle permet aux classes dominantes d’accaparer l’abstraction et la réflexion théorique et enferme les classes exploitées et dominées dans l’exécution. L’objet de la culture commune est bien la fusion de la culture technique et de la culture abstraite, dite « générale » ou « intellectuelle ». Le dépassement de leur opposition se traduit par un enseignement intégral et une culture globale, qui ne limitent pas précocement l’individu à l’exercice de compétences spécialisées.  

 

 

 

 

Cela dit, pour éviter une dérive « exhaustiviste » (ou si l’on veut encyclopédiste et pas encyclopédique) qui la rendrait inaccessible au plus grand nombre, la culture commune doit se centrer sur des contenus clairs et bien définis, ce qu’elle n’est pas pour le moment. Il serait temps que cette culture soit circonscrite au sein de la culture dite « générale » et distincte d’une vision trop « classique » et élitiste de la culture.  

 

En outre, la définition de la culture commune peut être un moyen d’égaliser les choix d’orientation et de permettre cette revalorisation de la voie professionnelle, dont on parle tout le temps sur un ton moralisateur. L’orientation vers cette voie est souvent un choix par défaut, car les élèves sont évalués, au collège, sur des résultats dans des matières uniquement ou presque uniquement générales. Revaloriser la voie professionnelle nécessite d’en faire une voie choisie en connaissance de cause et de ne pas la réserver à une base sociale populaire. La culture de l’enseignement professionnel et technique doit être découverte et connue par tous les élèves, dans le cadre du collège unique. Ainsi, son choix pourrait résulter d’un projet et non d’un échec dans les matières générales.  

 

Ce qui impliquerait, dans les programmes, des tris et des arbitrages, pour que la culture commune devienne le cœur de l’enseignement obligatoire (c’est-à-dire aujourd’hui seulement dans l’enseignement de premier degré et au collège), mais aussi un effort prolongé, pour que son acquisition puisse se poursuivre, au lycée, général comme professionnel. Ce qui impliquerait enfin des compléments, au sein de l’enseignement obligatoire, pour que les savoirs techniques et technologiques soient développés. La scolarité obligatoire portée à 18 ans imposerait le cadre institutionnel et la refonte des contenus attendus.

  

 

Une fois définie la culture commune, si l’on considère son acquisition comme la première condition du combat contre les inégalités scolaires, tout doit être fait pour que le service public la garantisse.  

 

Les pratiques pédagogiques, toujours perfectibles, doivent s’adapter en permanence aux difficultés des élèves, en particulier à celles des élèves issus des classes populaires ou défavorisées. Cette adaptation doit être raisonnée et pragmatique, en évitant l’écueil du passéisme comme du pédagogisme. Mais la réflexion pédagogique ne doit pas devenir une illusion (l’essentiel étant qu’il n’y a pas de recette miracle, définitive et uniforme dans ce domaine) ni un prétexte pour refuser la hausse des moyens consacrés à l’école. Tout serait possible avec des moyens constants, voire en diminution. La belle affaire !  

 

Aucune politique massive de recul des inégalités à l’école, ne pourra éviter une relance de l’investissement éducatif. Rappelons que c’est après des décisions politiques fortes et des efforts financiers massifs, notamment avec le retour de la gauche au pouvoir, que le système éducatif a connu ses progrès les plus considérables. Après l’instauration du collège unique en 1975, il fallut la mise en place des ZEP en 1981-1982 (qui peuvent permettre de diminuer le nombre d’élèves par classe, même si elles n’ont pas eu, globalement, les moyens nécessaires à leur réussite), la suppression du palier précoce d’orientation en 5ème et la création du bac professionnel en 1985. Le pourcentage de bacheliers d’une classe d’âge est ainsi passé, après une période de hausse très lente, de 29.4 % en 1985 à 63.2% en 1995. Dans le même temps, le nombre de jeunes sortant sans qualification du système éducatif chutait de moitié. Ce n’est qu’à partir des années 1990 que les politiques de restrictions du budget de l’Etat ont entraîné la stagnation de la DIE (dépense intérieure d’éducation). Depuis, les « réformes » venues du ministère de l’éducation nationale se sont empilées, avec des résultats pour le moins limités, et avec un seul net élément de constance : arrêter et empêcher la hausse de l’investissement éducatif de la nation. Les priorités des gouvernements et des ministères de  l’éducation nationale sont devenues budgétaires et non pas éducatives.  

 

La relance d’une politique scolaire ambitieuse, visant à la démocratisation de la culture et de l’école, passera aussi par un plan de refinancement du service public de l’éducation. Ce qui implique une vision du budget, de la dette publique (qui peut être un investissement pour le futur) et de la fiscalité en rupture avec le libéralisme et le néoconservatisme : là encore, une question de choix politique. Il faut un sens certain de l’Etat pour l’assumer, un sentiment profond de la République et une volonté ferme de lutte contre les inégalités, pour en admettre la nécessité.



[1] Tirés de ROMIAN Hélène (dir.), Pour une culture commune, Hachette, 2000.

[2] Sur Condorcet, voir COUTEL Charles, Condorcet. Instituer le citoyen, Paris, Michalon, 1999.

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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 16:12

 

Si l’on réunit des militants, de « simples » citoyens ou même des enseignants, si on lit la presse, si l’on regarde quelques émissions ou reportages des chaînes télévisées et si l’on écoute bon nombre de « politiques », on constate que l’Ecole est très souvent abordée sous l’angle de ce qui se passe dans LES écoles. Naissent alors des débats passionnés sur les méthodes de lecture et la pédagogie, la défaillance des familles qui se répercuterait sur l’enseignement, le poids des cartables, le « malaise enseignant », le bizutage, les rythmes de travail des enfants et les devoirs à la maison, la discipline, l’incivilité et la violence dans les établissements scolaires, le niveau des élèves français qui baisserait, l’ordinateur à l’école et les tableaux interactifs…  

 

Le succès de tels sujets s’explique en partie par le goût pour la mise en spectacle du « concret » par les médias, même s’ils abordent la plupart du temps l’école par ses marges ou par de faux clichés. Ainsi, la violence physique, entre élèves ou à l’encontre de professeurs, qui fait périodiquement les gros titres de la presse ou des journaux télévisés, est un phénomène grave, mais limité à des établissements très minoritaires et des situations ponctuelles. Ainsi, la méthode globale de lecture, dénoncée à l’envi, n’est plus d’actualité dans les écoles primaires et n’a jamais été répandue comme on se fait peur à le croire, tandis que la méthode syllabique, contrairement à ce que l’on se plait à dire, n’a pas fait que d’excellents lecteurs.  

 

 

La dépolitisation de l’école  

 

 

Surtout, ces débats ont deux limites. En premier lieu, concernant ce que l’on apprend à l’école et comment on l’enseigne, ils sont avant tout « techniques ». Or, discuter de pédagogie et des formes d’une éducation qui est collective nécessite, comme toute autre pratique de spécialistes et de professionnels, un degré minimum de connaissance et d’analyse et il ne suffit pas et même il n’est pas nécessaire d’avoir élevé des enfants pour avoir un avis sérieux dans ce domaine. En second lieu, ils ne permettent pas de répondre à des questions plus politiques, en rapport avec le fonctionnement de la Cité : quelles sont les attentes de la collectivité, quelles missions donne-t-elle à l’école et comment veut-elle que son gouvernement  permette leur accomplissement ? C’est pourtant à ce propos, dans une démocratie, que l’opinion, les besoins et les revendications de tout citoyen, sont nécessairement recevables. Cela est autre chose que de savoir comment les pratiques enseignantes et éducatives sont mises en oeuvre dans les établissements scolaires.   

 

L’Ecole, c’est en effet un ensemble d’établissements, avec des élèves, des professeurs et une administration, qui font leur métier (puisque l’on utilise aussi l’expression de « métier » d’élève) de telle ou telle manière et qui nouent telle ou telle relation. Mais l’Ecole, c’est aussi un système, qui mobilise des ressources collectives (humaines, matérielles et financières) et qui participe à la structuration de la société et de la nation. Et traiter d’un système, c’est s’interroger sur sa construction globale et son rapport avec la société et le pouvoir. Et comme en France l’enseignement est un devoir de l’Etat (selon l’alinéa 13 du préambule de la Constitution de 1946 repris en 1958 : « L’organisation de l’enseignement public, gratuit et laïque est un devoir de l’Etat »), ce qui sous-entend qu’il est un service public, l’école est plus qu’un système.

 

 

L’Ecole est une institution. Dans la vie de la nation, c’est donc un objet politique : son organisation, sa fonction et ses attributions relèvent des choix de la collectivité, que l’Etat et ses dirigeants doivent assumer et respecter. Théoriquement, dans la République, elle doit alors être fidèle aux principes de l’égalité en droit et de l’intérêt général, le rôle de tout gouvernement devant être normalement la perpétuation de ces principes. A moins qu’un gouvernement cesse de les reconnaître, ce qui n’a jamais été officiellement et publiquement assumé. 

 

Il est donc regrettable que, dans le débat public et sur la scène médiatique, l’Ecole ne soit pas prioritairement et essentiellement traitée comme une institution. D’autant plus qu’au cours de notre histoire républicaine, l’école publique a été au centre de la construction de la citoyenneté (selon le principe qu’il n’y a pas de démocratie sans des citoyens éclairés), le premier terrain de l’avancée laïque et un élément constitutif de l’idéal de service public. D’autant plus aussi, que le système scolaire est menacé (en France, en Europe et dans le monde) par la remise en cause libérale et marchande des services publics. Or, même quand nos concitoyens se perdent dans des sujets qui dépolitisent l’Ecole, ils posent encore de vraies questions et surtout ils continuent de prouver leur attachement à cette institution. Seulement, ils passent à côté de l’essentiel et de ce qui les concerne vraiment.  

 

La dimension institutionnelle du service public d’éducation a subi, il est vrai, de durs assauts. Ces assauts sont venus de gouvernements de droite : traditionnellement, pour les uns, sous le prétexte de la liberté d’enseignement, principe de valeur constitutionnelle ; plus récemment, pour d’autres et au vrai pour la plupart, dans le cadre de la marchandisation des services dans lesquels la tentation est grande d’inclure tout ce qui dans l’éducation peut être source de profits. Mais ils sont aussi venus de gouvernements de gauche, peu vigilants sur la sauvegarde de quelques piliers de la République et précisément de celui-ci. 

 

Voyons cela de plus près. Nous considérons que le service public d’éducation, à valeur constitutionnelle, comme obligation de l’Etat, n’a pas été défendu comme il aurait dû l’être par nos représentants, en particulier dans les instances européennes. Lorsque Luc Ferry, ministre de M. Raffarin, s’est laissé aller à dire que l’éducation nationale était une fonction régalienne, ce qui nous paraît juste puisque ses missions consistent entre autres à former des citoyens, il a commis une erreur d’appréciation sur l’état actuel de la jurisprudence européenne et donc de la réalité politique. Pour comprendre si un service public à valeur constitutionnelle est à l’abri d’empiètements des juges européens, il faut prendre en considération l’un des fondements de la fonction publique qui a été volontairement délaissé par nos représentants dans les vingt dernières années : la clause de nationalité. 

 

La clause de nationalité est légitimée par le désir de l’Etat d’être assuré de la loyauté de ses fonctionnaires ; le traité de Rome en 1957 prévoyait la libre circulation des travailleurs mais l’article 48, §4 en excluait « les emplois de l’administration publique ». C’est ce que ne purent supporter les partisans d’un intégration renforcée mais qui pour autant ne se sentaient pas en position de force pour engager le débat avec les opinions publiques ou si l’on préfère les électeurs et citoyens des pays constitutifs de l’Union. Ils eurent donc recours à ce qu’on a depuis appelé la « dérive jurisprudentielle », en faisant jouer à la Cour de Justice européenne un rôle politique car pesant sur l’organisation constitutionnelle interne des états membres. Les deux arrêts clefs de la CJCE[1] sont ceux du 17 décembre 1980 et du 26 mai 1982. Ils expriment une conception restrictive de la notion « d’emplois de l’administration publique » en les définissant comme ceux qui comportent «  une participation directe ou indirecte à l’exercice de la puissance publique ». L’Etat français n’émit pas de réserve sur un empiètement aussi manifeste de la part d’un corps judicaire international sur ses propres prérogatives  de souveraineté. Ce n’est qu’au Sénat que furent évoquées ces questions primordiales touchant finalement à la nature du lien entre les élus et les citoyens ; d’abord par une question préalable de Charles Lederman, lors de la discussion de la loi d’ouverture de la fonction publique, ensuite par Maurice Schumann qui déclara à propos de l’arrêt du 17 décembre 1980 que la CJCE avait par son interprétation nouvelle procédé de fait à une révision du traité fondateur  de 1957 : «  il s’agit de ce que l’on appelle tant en philosophie qu’en droit, saltus mortalis par-dessus la logique et par dessus la lettre d’un traité » (JO, débats Sénat, séance du 25 avril 1991). 

 

Comme le rappelle Ramu de Bellescize (Les services publics constitutionnels, LGDJ, 2005), « les effets de sa suppression (de la clause de nationalité) dépassent le stade d’une réforme dont le seul but serait de faciliter la liberté de circulation des travailleurs au sein de l’Union européenne. La réforme comporte indéniablement un aspect idéologique ». C’est bien le plus préoccupant dans la manière dont sont abordées les questions européennes : toujours de manière biaisée, comme si le peuple souverain n’était pas majeur. En 1991, le Conseil constitutionnel valida la loi en s’appuyant sur un raisonnement qui précisait que l’exercice de prérogative de puissance publique impliquait l’exercice du pouvoir de contrainte, que la clause de nationalité n’était pas supprimée, qu’il lui était seulement apportée une dérogation au profit des ressortissants de la communauté économique européenne, et uniquement pour les corps, cadres d’emplois et emplois dont les attributions étaient séparables de l’exercice de la souveraineté (cf Ramu de Bellescize, op .cit. et JO du 25 juillet 1991, CC 91-293, DC du 23 juillet 1991). 

 

Moyennant quoi 80 % des emplois de la fonction publique d’Etat sont présumés hors de l’administration publique et ce cataclysme institutionnel a été soigneusement occulté, car il s’inscrit dans une volonté de liquider le service public d’Etat. Bien entendu, dans la logique de tels errements, le gouvernement Rocard, en 1991, au lieu de réaffirmer que l’instruction d’un élève est une tâche fondamentale de l’Etat et pour l’exercice de la souveraineté nationale, laissa filer une des bases de la légitimité du lien entre le citoyen et les institutions, lien que celui-ci est censé valider par ses suffrages périodiques. Tandis que lors de l’élaboration de la loi de 1983 sur la fonction publique, la clause de nationalité allait de soi au point de ne pas susciter de débat. Il nous semble étonnant qu’à l’occasion de déclarations récentes sur le rôle de l’Ecole, le respect dû aux règles et les rapports avec une jeunesse en déshérence, ces péripéties oubliées d’une réforme en tapinois de l’Etat n’aient pas été rappelées. 

 

 

Dans un cadre ainsi bouleversé mais dont les gestionnaires des services publics sont, du moins ceux investis de pouvoirs de décision, parfaitement conscients et adeptes enthousiastes, il est naturel que l’opinion publique soit soumise à un flot de publications et de commentaires fort éloignés de ces questions essentielles sur la nature même des missions, du rôle social et de la place structurante du service public d’éducation. 

 

On peut trouver là l’origine de la diffusion de discours dépréciatifs et critiques, qui oscillent entre l’élitisme passéiste et un modernisme pédagogiste, comme leurres commodes. D’un côté le regret de l’école d’avant, où l’on savait ce qu’était la discipline, où l’on enseignait la morale, où l’on apprenait à lire selon la bonne vieille méthode du B-A,BA, dont sortaient des élèves qui ne faisaient pas de fautes d’orthographe, dans laquelle on faisait des  compositions et où le niveau était plus élevé… : une vision très « IIIe République », du temps d’une école publique mythifiée et idéalisée, dont la création est un acquis historique fondamental, mais qui est en fait celle d’avant la massification et qui excluait les classes populaires de l’accès au secondaire. Une vision qui touche d’autant plus que c’est encore, pour beaucoup de nos concitoyens nés avant 1960, l’école de leur jeunesse et de leur bagage intellectuel : des choses que l’on ne remet pas en cause facilement. 

 

D’un autre côté, le rejet du « conservatisme » de l’Education nationale et des professeurs, qui refusent l’innovation pédagogique, qui ne changent pas leurs méthodes, qui brident la créativité des enfants et ne tiennent pas compte de leurs besoins, qui ne veulent pas s’adapter à leurs élèves, qui restent fermés au monde extérieur et à l’avis des parents, qui ne travaillent pas assez et qui ne restent pas assez longtemps dans leurs établissements… Une critique qui se répand d’autant plus qu’elle est facile, qu’elle évite de s’intéresser à la réalité, plus complexe, d’une école et d’un enseignement qui ont considérablement évolué, et qu’elle sonne progressiste tout en flattant les instincts les plus bas contre la fonction publique. 

 

De tels discours sont construits, à l’origine, par des organisations syndicales d’enseignants plus ou moins minoritaires (le SNALC pour la droite passéiste, le SE-UNSA et surtout le SGEN-CFDT pour la gauche pédagogiste), des figures intellectuelles plus ou moins médiatiques (Finkielkraut pour les passéistes, Dubet pour les « modernes »), plus ou moins « politiques » (dont l’archétype fut Claude Allègre), des « experts » ou des technocrates. 

 

M. Thélot nous paraît être une illustration de ces producteurs de discours qui négligent la dimension institutionnelle. C’est lui qui dirigea la rédaction du rapport sur l’Ecole, à la commande du ministre François Fillon (sous le gouvernement Raffarin), dont les conclusions ne correspondaient pas aux attentes et aux revendications qui s’étaient exprimées dans les débats, menés dans les établissements scolaires et sensés pourtant servir d’inspiration : par exemple, l’expression du besoin d’un effort budgétaire accru pour l’Education nationale était par avance (mais on s’en doutait) écartée. Sans grande référence politique ou doctrinale, ces discours sont relayés dans les grands partis et les médias sans correspondre vraiment au clivage droite/gauche. Ils se transmettent ensuite de façon plus ou moins caricaturale dans une partie de l’opinion et se mélangent souvent dans les esprits. 

 

Entre les deux, il est parfois difficile de construire un projet authentiquement progressiste, qui parte des réalités, des pratiques et des vécus (des enseignants comme des élèves) divers et complexes de l’école et qui cherche à les mettre en perspective dans une approche vraiment politique. Il est révélateur que ce soit la FSU, syndicat majoritaire et le plus représentatif des enseignants, le mieux à même et le plus décidé à avoir une telle approche (malgré ses limites et ses hésitations), qui subisse les attaques les plus dures des passéistes élitistes comme des pédagogistes.

  

Face à une école publique menacée, ne pas reculer sur  l’exigence de service public.

  

Il est alors facile pour une autre rhétorique et une autre politique de s’imposer, portées par la droite (mais présentes aussi dans une partie de la gauche). Elles tournent autour de deux principes, détournés à des fins anti-sociales : l’individualisation et l’égalité des chances.

 

D’une part, l’Ecole devrait ressembler à un service individuel permettant aux élèves d’accumuler le « capital humain », nécessaire à l’insertion dans le marché du travail et dans la société de la connaissance. En sachant bien sûr, qu’une partie d’entre eux (dont on ne peut guère douter du milieu social et de l’origine) verra ses ambitions réduites à la maîtrise d’un « socle commun » (selon les termes de la loi Fillon-Robien) minimaliste et à des « compétences comportementales » (l’expression est dans le rapport Thélot). C’est à la fois un recul historique et un renoncement à une conception égalitaire de l’école. Les jeunes concernés devraient ensuite occuper, docilement, les emplois les plus déqualifiés. Emplois pour lesquels ils seront de toute façon en surnombre. Mais cela n’a pas d’importance quand sont menées, par ailleurs, des politiques néolibérales qui ne visent plus le plein emploi. 

 

D’autre part, les inégalités scolaires, qui mènent aussi à l’« échec scolaire » (que personne ne définit précisément) sont expliquées par des facteurs individuels ou familiaux. La dimension sociale de ces inégalités est écartée ou mise au second plan. Cela facilite l’action et la communication de ceux qui, à droite, veulent conserver l’ordre établi ou ceux qui, à gauche, ont  renoncé à la transformation sociale. Pourtant, les parcours scolaires dépendent d’abord de l’environnement socio-économique de leurs écoles et des dispositions acquises par les jeunes, qui sont beaucoup plus complexes. Elles résultent de déterminismes sociaux (le milieu socioculturel), du bain « culturel » familial aux aspects les plus matériels (les conditions de vie à la maison), de la valorisation du savoir (lui-même lié à l’environnement social) et de relations humaines (influant ou non dans le bon sens). Mais il est plus facile de renvoyer la culpabilité de l’échec aux élèves, aux familles et aux maîtres qu’à la société, à la montée globale des inégalités ou aux politiques… néolibérales.  

 

 

 

Pour fonder d’un point de vue théorique l’individualisation, il faut bien alors revenir sur ce qu’est originellement l’égalité dans la République : l’égalité en droits. L’égalité des chances lui est substituée. C’est ce qu’a illustré Jacques Chirac lors de son allocution télévisée du 14 novembre 2005, dans sa navrante réponse aux émeutes des banlieues de l’automne 2005, déclarant : « Le devoir de la République, c'est d'offrir partout et à chacun les mêmes chances. » Alors que le premier devoir de la République, c’est de garantir l’égalité des droits et sa réalité, dans les faits. La théorisation de l’égalité des chances n’est qu’une façon secondaire et plus ou moins libérale, d’adapter ce passage de l’égalité de droit à l’égalité de fait. Dans une société parfaite, elle pourrait être discutable. Mais dans la société réelle, inégalitaire, le concept d’égalité des chances n’est pas opératoire, puisque de fait les élèves ne partent pas avec les mêmes chances et il ne suffit pas de leur donner les mêmes « opportunités » pour qu’ils puissent réussir. 

 

Par ce concept, on dérive facilement sur l’idée que si l’on a eu sa « chance », on a ensuite ce que l’on « mérite » : toutes les inégalités sont justifiées voire moralisées. L’Ecole n’est plus un service public, pour lequel l’Etat doit tout faire pour que tous en profitent également. C’est une sorte de service universel minimum, qui ne doit pas avoir les mêmes ambitions pour tous, mais seulement ouvrir des établissements gratuits. Si l’on y échoue, tant pis pour soi. Il ne reste alors à l’Ecole que son rôle de sélection. A l’opposé, ces termes issus du projet Langevin-Wallon, centré sur le principe de justice et élaboré à la Libération en 1945-1946, dans l’esprit rénovateur qui animait le CNR (Conseil national de la Résistance), nous semblent indépassables, en tout cas indépassés car correspondant à des objectifs qui n’ont jamais été atteints : «L’enseignement doit donc offrir à tous d’égales possibilités de développement, ouvrir à tous l’accès à la culture, se démocratiser moins par une sélection qui éloigne du peuple les plus doués que par une élévation continue du niveau culturel de l’ensemble de la Nation ». L’éducation n’est pas une chance, mais un droit : un droit à l’épanouissement intellectuel et à un développement individuel complet. Et un droit ne se mérite pas. Avec le thème de l’égalité des chances, on arrive vite à tuer le principe d’égalité réelle des droits ou celui d’égalité tout court. 

  

L’utilisation des termes de « motivation », de « goûts », de « capacités » ou de « talents » des élèves, sous-entendus inégaux, vient ensuite expliquer les inégalités scolaires. L’éducation nationale, qui serait trop uniforme, devrait les accepter, les reconnaître et les sanctionner par les diplômes plutôt que de penser à l’égalité, à l’élévation générale du niveau et des qualifications. Comme si la motivation, les goûts et les capacités étaient des données naturelles, alors qu’elles sont liées à l’environnement économique, social et culturel.  

 

L’argumentation sur la prétendue uniformité ou rigidité du système est en outre une supercherie. Avec les créations des voies professionnelles et technologiques, le système scolaire s’est considérablement diversifié au niveau du lycée, à partir de l’âge auquel on pense raisonnablement que les élèves peuvent choisir une orientation. Et si les inégalités sociales s’accroissent à l’école, c’est d’abord à cause d’une tendance à l’éclatement du système scolaire et non de son uniformité. Cette tendance est due à l’approfondissement des fractures sociales et urbaines, aux détournements de la carte scolaire et à l’évitement des établissements mal réputés. Les élèves les plus en difficulté se concentrent dans les mêmes lieux. En outre, pour limiter le départ des meilleurs élèves, des classes homogènes de niveau sont souvent créées dans les collèges, renforçant les différences entre élèves. C’est d’abord cette inégalité entre établissements qu’il faut combattre, au lieu de s’en servir pour prouver que chaque établissement et chaque individu devrait avoir des solutions propres. Mais c’est bien l’habitude de ceux qui ne remettent pas en cause les inégalités sociales et scolaires, que de les entériner telles qu’elles se présentent. 

 

 

Ainsi, la droite a accéléré une politique, à l’œuvre dans une série de mesures, qui vise toujours à réduire les ambitions du service public scolaire et l’effort budgétaire qui lui est consacré. Tout d’abord, il s’agit de réduire le rôle de l’Etat comme garant, grâce à la fonction publique, d’un service également profitable pour tous les individus et sur tout le territoire : un service de même nature et de même qualité partout et pour tous. La décentralisation (relancée par le gouvernement Raffarin en 2003) et « l’autonomie » des établissements scolaires sont les instruments de ce recul organisé. 

 

Dans cette logique, qui sous-tend la loi Fillon-Robien, les établissements scolaires seraient autonomes, c’est-à-dire tributaires de leurs « projets » et définissant des « objectifs » pour obtenir des moyens. Comme si le projet éducatif, dans le cadre du service public, ne devait pas être identique et donc également unique dans tout le pays, à moins de reconnaître que les établissements scolaires n’ont pas à rendre le même service suivant les élèves qu’ils accueillent… On devine qui seraient les perdants dans ce cadre. Quant aux personnels enseignants, ils sont de plus en plus dépendants de leurs hiérarchies administratives locales (chefs d’établissement et autorités rectorales) pour leur carrière (avancement, promotions et mutations). Sans parler des autres personnels présents dans les établissements qui sont maintenant « décentralisés » comme si leurs missions ne participaient pas à la qualité du service public d’éducation : ainsi des  93 000 TOS, chargés de l’entretien des établissements. Leurs fonctions auraient-elles des spécificités locales ? 

 

En somme, on voit comment est préparée et réalisée, avec continuité, une gestion managériale et concurrentielle, comme privatisée, de l’école : des établissements déliés des ambitions collectives, dans lesquels toujours plus de personnels et donc de missions sont abandonnés par l’Etat, qui ont leurs propres projets et objectifs, décidés par des hiérarchies administratives intermédiaires. Ces hiérarchies (d’abord celles des principaux et des proviseurs) sont renforcées dans leurs attributions et leur pouvoir sur les professeurs, y compris dans le domaine pédagogique. Ce qui est aussi d’ailleurs une façon, utilisée continûment depuis  plusieurs décennies, de dévaloriser la fonction enseignante, d’abord de manière relative, ensuite de manière absolue. L’une des caractéristiques de la dimension « collégiale » de la gestion des lycées et des collèges tenait au fait que les chefs d’établissement étaient issus des corps de professeurs et n’avaient donc aucune différence de qualification reconnue avec eux ; si cette réalité dans la qualification originelle des principaux et proviseurs subsiste, elle a été cependant largement compensée dans la gestion de la carrière ou dans les avantages attachés à ces fonctions et le décalage dans les conditions de rémunération et dans la place sociale est donc plus visible. 

 

C’est l’opposé de ce que sont le principe, l’organisation et l’idéal d’un service public, car ils sont fondamentalement liés aux principes républicains d’égalité des droits, d’unité et d’indivisibilité du territoire. C’est la nation souveraine qui définit sa mission : un projet et des objectifs collectifs. La hiérarchie administrative et les pouvoirs territoriaux ne sont que des rouages qui concourent à l’application de cette mission. La fonction publique repose sur la fidélité à cette mission et la qualité de son recrutement. Les fonctionnaires doivent travailler, non pas en visant des buts particuliers à leur lieu d’exercice, ni pour obéir aux objectifs de leur hiérarchie (ni même à ceux qu’ils auraient établis) mais pour remplir la mission, que l’Etat, au nom de la nation souveraine leur a confiée. En pratique ensuite, leur haut niveau de qualification doit leur permettre de s’adapter à leurs conditions d’exercice, c’est-à-dire dans le cas des enseignants à leurs élèves, leurs classes et leurs établissements : il s’agit de méthodes (éducatives et pédagogiques), et non des objectifs ou des projets propres.  

 

Avec l’abandon des références théoriques du service public, il s’agit ensuite de réduire son financement par l’Etat. L’éducation, première dépense de l’Etat est alors particulièrement visée et on voit comment, depuis 2002, les postes de professeurs et de personnel de vie scolaire sont massivement et systématiquement réduits. Des déguisements pédagogiques, justifiés par l’individualisation et l’égalité des chances, sont sensés cacher cela : parcours personnalisés pour des élèves que l’on cherche à occuper plus qu’à éduquer, avant que l’on arrive aux « contrats » passés avec les élèves en difficulté prévus par la loi Fillon-Robien ; création par cette même loi de collèges « ambition réussite » disposant de moyens supplémentaires, dérisoires face à leurs difficultés et pris sur d’autres établissements classés en ZEP[2] ; mesures de discrimination positive pour qu’une infime minorité des élèves issus des ZEP aient accès aux grandes écoles, pour que cela serve d’alibi à l’existence d’un système élitiste dont il serait enfin temps de se débarrasser… 

 

La loi Borloo (dite sur « l’égalité des chances » justement) a même avancé l’âge d’entrée en apprentissage à 14 ans. Ce qui est un contresens complet, quand on pense aux besoins de qualification que nécessite la société de la connaissance et quand on connaît le profil des élèves visés, en rupture avec la société en général, ne s’intégrant pas souvent mieux dans les entreprises qu’à l’école. Les propositions récentes de Ségolène Royal, prétendant pourtant représenter le PS aux élections présidentielles, sur le traitement de la primo-délinquance participent de cette logique : placement « des élèves qui perturbent la vie scolaire » dans des « internats-relais de proximité », puis à partir de 16 ans, « au premier acte de délinquance » dans « des établissements à encadrement militaire ».[3] Autant dire que l’on renonce au pari de l’éducabilité au sein de l’école d’abord, de tous les jeunes et que l’on sortira ces élèves de leurs collèges pour ne pas rechercher des solutions éducatives à leurs difficultés : elles coûteraient sans doute trop cher… Autant avouer que l’on cherche à séduire une partie des classes moyennes, qui attendraient seulement que l’on ne mélange pas leurs enfants avec ceux des classes populaires, comme si aucun discours progressiste sur l’intérêt général ne pouvait les toucher, contrairement à ce qu’a prouvé l’histoire de notre pays et de notre peuple. Le PS n’a pas à se mêler à ce jeu, auquel d’ailleurs il perd souvent, à moins de renier tout attachement à la démocratisation et toute confiance dans la conscience politique de nos concitoyens. Il lui revient, avec toute la gauche, d’assumer une politique fiscale égalitaire, permettant de financer les adaptations nécessaires de l’école : pour le travail en groupes réduits, pour l’encadrement et le suivi des élèves qui posent problème. La gauche au pouvoir ne pourra mener aucune action sociale d’envergure en abandonnant l’idéal du service public. 

 

Pour une droite débridée, qui veut, elle, remettre en cause cet idéal du service public et donc de l’école républicaine, il est logique d’organiser le recul du statut des professeurs (en matière de retraites, de salaires, de garanties de carrière…) et de revenir sur leur niveau de qualification. Les choses sont liées : une école minimale n’a pas besoin d’un effort budgétaire et de formation des maîtres élevés  et des personnels moins formés coûteront moins tout en revendiquant moins pour leur reconnaissance. On voit par exemple (toujours avec la loi Fillon-Robien), la bivalence réintroduite dans le secondaire, avec des professeurs pouvant enseigner une deuxième matière, après avoir passé une certification complémentaire sommaire : un retour en arrière de presque 40 ans (c’est en 1969 qu’avait été décidé le recrutement des PEGC[4]). Cette bivalence sera réintroduite d’abord dans les établissements les plus en difficulté (les fameux collèges « ambition réussite ») : bel aveu de ce que pense la droite des jeunes de ces collèges, à qui l’on pourrait réserver des professeurs moins qualifiés dans les matières qu’ils enseignent. Ce qui est également regrettable, c’est que cette idée puisse être admise dans les rangs d’un grand parti de gauche, le PS même, par souci d’économie budgétaire, de proximité syndicale (certains syndicats y étant favorables) ou par contamination de l’exemple d’autres pays européens, dont on se garde bien d’étudier les autres caractéristiques du service public d’éducation. 

 

 

Enfin, pour légitimer leurs réformes aux yeux de l’opinion, tous les refondateurs libéraux et réactionnaires de l’école développent une propagande catastrophiste et « décliniste ». Sans mettre en évidence leurs propres références théoriques, ils reprochent à leurs détracteurs de refuser l’adaptation à la réalité et à la diversité des situations individuelles et locales et présentent les échecs de l’école publique comme des erreurs de principe. L’école souffrirait ainsi d’un excès d’ambition démocratique. Face à un peuple français attaché à « son » école, les politiques qu’ils préconisent sont présentées comme des remèdes indispensables aux blocages du système scolaire. Alors que ces politiques, qui rompent avec la logique de la démocratisation et de l’égalité, aggravent ou créent les difficultés de l’école : des politiques conçues pour s’opposer à un traitement global des inégalités scolaires ; des politiques qui cherchent à diminuer les dépenses publiques éducatives, trop onéreuses pour l’orthodoxie budgétaire libérale. 

Ce n’est pas le fait du hasard si l’on constate que ces blocages du système éducatif ont lieu depuis que la dépense intérieure d’éducation (DIE) a cessé d’augmenter : la part de la richesse nationale consacrée à l’éducation stagne depuis 1993 (autour des 7%). C’est justement depuis 1995, par exemple, que le pourcentage de bacheliers ne décolle plus des 62-63% et que le nombre de jeunes sortants de l’école sans qualification (environ 100 000) ne diminue plus. Certes liée à l’effet mécanique de la croissance du PIB, cette stagnation révèle surtout que l’effort national pour l’éducation, la répartition et la redistribution des richesses vers l’éducation, n’ont plus été à la hauteur des enjeux de notre temps : la montée des inégalités et la nécessaire adaptation à l’économie de la connaissance. 

 

Si l’on veut proposer des alternatives à l’argumentation libérale et réactionnaire sur l’Ecole, tout en répondant à une situation qui n’est pas satisfaisante, il faut bien aborder l’Ecole à travers son caractère institutionnel, de service public, lié aux principes républicains, puisque c’est cela qui est remis en cause. Montrons qu’au lieu d’en adapter les missions en les éclatant localement et suivant les individus, il faut redéfinir les missions de l’école globalement, pour l’adapter à tous et répondre à des ambitions collectives. Ensuite seulement, le traitement social des inégalités scolaires doit reposer sur des bases territoriales, en fonction de l’environnement socio-économique des établissements scolaires.

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