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Brèves

 

 

 

13 janvier: Cabu


Jean Cabut aurait eu aujourd'hui 13 janvier, 77 ans... L'âge limite pour lire Tintin. Son assassinat a donné lieu, c'était prévisible, à un festival d'impostures, dont la présence à la manifestation "républicaine" du 11 janvier à Paris, d'authentiques fascistes obscurantistes dans les délégations des chefs d'Etat de et de gouvernements. Gageons qu'il en eût ri.


07 janvier: Charlie Hebdo


Des fanatiques islamistes sociopathes, pardon pour le pléonasme, massacrent la rédaction de Charlie Hebdo. Il n'est pas évident que les conditions de sécurité autour de C.H. aient été à la hauteur des menaces connues qui pesaient contre cet hebdomadaire, ni que les forces de sécurité en France disposent des effectifs, des équipements et des moyens à hauteur suffisante. Pour l'heure la classe "politique", surfant sur une émotion  populaire réelle, joue, avec des couacs, l'Union nationale. Sans une réorientation des priorités et des choix budgétaires (cf. le communiqué de la FSU 13), il est douteux que cela soit, à soi seul, la bonne réponse.


20 décembre: Goldman Sachs

 

La banque américaine dont le management devrait être en prison si une quelconque justice existait, a fait une année formidable en intervenant à elle seule dans  35 % des fusions acquisitions; rappelons que cette opération juridico-financière ne crée aucun emploi, a même plutôt tendance à en supprimer et n'enrichit qu'une poignée d'actionnaires et un management intéressé. C'est cela la finance. Lisez Le capital fictif de Cédric Durand  aux éditions Les prairies ordinaires.

6 novembre: Abdelwahab Meddeb.

Intellectuel tunisien, porteur des Lumières et démocrate: "Son œuvre s'inscrira dans la longue lignée de ceux qui ont voulu placer la Tunisie dans le sillage des Lumières modernes, sans renier le lien qui la rattache à la civilisation de l'islam. Son dernier acte d'écriture aura été le geste d'un retour sur soi : Le Portrait du poète en soufi (Belin, 192 pages, 19  euros) paru quelques jours avant sa mort. Tous ceux qui l'ont connu garderont le souvenir d'une belle présence généreuse dans l'amitié et exigeante pour la pensée."

Fethi Benslama

 

Psychanalyste, professeur

à l'université Paris-diderot

22 octobre: Christophe de Margerie meurt, accident d'avion...

 Socialisme: Dénomination de diverses doctrines économiques, sociales et politiques condamnant la propriété privée des moyens de production et d'échange (Petit Larousse). 

Au moment où, alors que la nationalisation des autoroutes pourrait être envisagée d'après l'étude d'un cabinet aussi sérieux que n'importe quelle agence de notation, malgré le coût des indemnisations, pour assurer des ressources régulières à l'Etat, le gouvernement préfèrerait tuer une autre poule aux oeufs d'or en privatisant la FDJ!
Sabotage délibéré de l'intérêt général ou incompétence absolue?
Bref comme le propose Valls il faut enlever le mot socialiste d'une telle politique et d'un tel parti... Il y aura bien quelqu'un pour garder la vieille maison et un référentiel "passéiste" comme dit l'homme, qui voulait déjà débaptiser le PS avait d'être seulement ministre, mais encore cohérent!

En fait il n'y a pas plus passéiste que le droit de propriété et la direction d'une entreprise, comme les larmes de crocodile lors de l'accident de C.de M. , seul dans le Falcon avec 3 membres d'équipage, ont tenté de le faire oublier au populo !!

 14 octobre: des millionnaires toujours plus nombreux


Mi 2014 il y aurait donc, d'après le Crédit Suisse, 35 millions de millionnaires en dollars sur la planète soit 1 terrien sur 200 avec un patrimoine moyen par adulte de 56 000 $. Les moyennes ont ceci d'excellent: elles gomment les écarts et alors que ceux ci se creusent, les "classes moyennes" inférieures peuvent croire à leur survie!


08 septembre: Martine Aubry, le retour?


"On n'a pas besoin d'aider les banques (…) qui ne sont pas dans la concurrence internationale - ni - les entreprises qui préfèrent verser l'argent que leur a donné l'Etat pour donner des dividendes plus importants (…) au lieu d'investir dans l'avenir, l'emploi et la formation ".

 

02 septembre: la rentrée et les vérités premières!

Le retard scolaire à l’entrée en 6e : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés ( Insee)

 

25 août: Démission du gouvernement


Après les discours de la St Barthélémy de Frangy, Valls présente la démission de son gouvernement à la St Louis Roi ! Y voir une quelconque dimension symbolique reviendrait à confondre un ambitieux sans doctrine avérée à un homme d'Etat,  ou  un réformateur avec un liquidateur. Grâce au ciel, il a plu sur l'île de Sein.

 

31 juillet: Louis de Funès aurait 100 ans

 

Naître le jour de l'assassinat de Jaurès n'a pas marqué sa carrière et c'est tant mieux.

Il est vrai que le 31 juillet, c'est aussi la fête d'Ignace de Loyola. Les jésuites ont la réputation d'être cultivés, nos politiciens beaucoup moins mais ils ont généralement à coeur d'utiliser les méthodes souterraines que la voix populaire a souvent attribuées à la Compagnie.


 17 juillet: Debray et l'Occident

 

"(...) La France républicaine ayant renoncé à son système de valeurs et à son autonomie diplomatique, elle a réintégré les commandements de l'OTAN, décision anecdotique mais symbolique du président gallo-ricain Sarkozy, entérinée par son sosie Hollande. Et nous voilà de retour dans " la famille occidentale ". La double mort historique de Jaurès et de De Gaulle a donné à cette abdication le sens d'un retour à la normale".  Régis Debray, Le Monde daté du 18 juillet 2014.

 

 

25 juin: Anniversaires


Michaël Jackson, il y a 5 ans. Michel Foucault 30 ans après. En voilà deux qui auraient certainement eu des choses à se dire.

 

23 juin: Avignon...

 

 

24 mai: Demain l'Europe sociale...


Demain, vote pour le renouvellement du Parlement de l'UE. Un certain nombre de crétins ou de faux-culs (cumul possible...) s'étonnent du peu d'enthousiasme des électeurs.

Il est écrit dans le traité de Lisbonne que " l'Union reconnaît et promeut le rôle des partenaires sociaux à son niveau, en prenant en compte la diversité des systèmes nationaux. Elle facilite le dialogue entre eux dans le respect de leur autonomie ". Y a plus qu'à...

Ce n'est pas le vote (moins de 50 députés (39 ?)  en séance sur la proposition de loi du FdG, obligé de voter contre son propre texte vidé en partie de substance par des amendements de la majorité...) ni la négociation TAFTA qui peuvent redonner confiance aux électeurs.


8 mai: Chatons


Condamnés à de la prison ferme (pour avoir maltraité) ou avec sursis (le chaton est mort), la justice française fonctionne toujours aussi bizarement: délocaliser une entreprise au nom du droit de propriété et du profit n'est pas punissable par la loi, même quand ce droit de propriété s'exerce nonobstant l'intérêt général, les aides reçues, les dégrèvements fiscaux etc... avec des dommages collatérauxet des conséquences sociales indéniables.

La sanctuarisation du droit au travail et du droit du travail ne préoccupe ni les parlementaires, ni les chats fourrés...Quant au Conseil Constitutionnel...

 

16 avril


Une semaine après, la mort de Jacques Servier à 92 ans le jeudi 10 avril, est annoncée. Comme prévu le procès du Mediator se fera sans lui! La vitesse de la justice est assez variable en France.


22 mars ou l'espoir!


C'est toujours un anniversaire... On ne sait plus de quoi. A en croire le Nouvel Obs., vendu par son fondateur, les satellites espions US ou Chinois (mais oui, déjà!) pourraient repérer l'épave engloutie du Boeing 777, mais ce serait avouer un peu plus du manque de respect qu'ils professent à l'égard du reste de la planète. Alors on dépense du pétrole pour les bateaux et les avions de reconnaissance. En plus, ils se moquent du réchauffement climatique et du gaspillage d'énergie!

Cela n'empêche pas les media de parler d'espoir à l'idée de découvrir enfin où etc... Quel espoir? 


16 janvier


La vie privée de Hollande:

Ce qu'on doit retenir de la conférence de presse du 14 janvier, ce n'est pas que FH est social-démocrate ( qu'est-ce qu'un social-démocrate sans doctrine explicite ou qui serait celle de l'idéologie dominante ? ) car on sait, au plus tard depuis l'utilisation de l'expression "le socialisme de l'offre", que le mot socialiste avec lui n'a aucun sens. Ce qui a sauté aux yeux de tous ceux qui ne sont pas des courtisans, c'est un exemple parfait de goujaterie égoïste dépourvue de toute grandeur d'âme.


2 janvier 2014


Présent dans le voyage en Arabie avec le PR, Antoine Frérot, pdg de Véolia ( dont par ailleurs les syndicats, CFDT comprise, réclament la démission vu la stratégie de démantèlement qu'ils lui reprochent), expliquant l'absence de signature de méga-contrats : "l'économie, ça ne fonctionne pas à la nano-seconde, c'est un processus continu..." Sans doute, mais l'ennui, c'est que la "finance", elle, fonctionne ainsi, comme le prouve précisément la stratégie qu'il conduit!

 

9 décembre

 

Anniversaire de la loi de 1905 séparant les églises et l'Etat, après une mobilsation de la droite pas très différente dans sa forme  de celles que nous avons connues lors du vote de la loi sur l'ivg, le pacs ou le mariage pour tous. La droite n'a jamais vraiment admis le principe de laïcité et continue de confondre sacrement et contrat, science et foi... LA droite? Une bonne partie est sans religion mais continue d'y voir un opium du peuple, très utile pour  distraire de son affairisme ou de sa corruption.

Le 9 décembre 1777 le bon roi Louis XVI rétablissait les monts de piété, supprimés pendant le gouvernement de Mazarin pour complaire aux usuriers; cela, du moins, nous avait valu "l'Avare"!


22 novembre 1963


Aldous Huxley meurt à Los Angeles. La suite a prouvé que c'était malgré tout un optimiste. Nul n'a trouvé de lien entre sa mort et celle de JFK que son assassinat a fait rentrer dans la mythologie politique.


Valls et Léonarda 19.10


Il paraît que le ministre aurait menacé de démissionner si la jeune collégienne revenait en France. Un homme d'Etat l'eût pris au mot.

L'expulsion est une manie qui se soigne; rappelons que ce gouvernement s'est déshonoré d'entrée en livrant Aurore Martin à l'Espagne ( dont elle est ressortie) alors que ce dont elle est accusée dans ce pays étranger n'est pas incriminable dans le pays dont elle est citoyenne. Inconscience et incohérence des Français abusés de toutes parts... 

 

Edith Piaf et Jean Cocteau 10.10


Morts à quelques heures . Du talent, une vie remplie... Un demi-siècle passé...


32 ème anniversaire 09.10


Extrait d'un article de Nicolas Truong dans Le Monde d'aujourd'hui ouvrant les pages consacrées par ce quotidien à l'abolition : "Il n'empêche, au moment où le national-populisme se déclare favorable à son rétablissement, la parution de cette déposition faite à elle-même de Monique Mabelly est édifiante. Alors que la 11e Journée mondiale contre la peine de mort a lieu le 10 octobre, ce texte est un rappel utile. Car " qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? ", écrivait Albert Camus."

 

Merkel 23. 09


Ok, ce n'est même pas son nom, ce qui prouve que les électeurs allemands ne sont pas si réacs dans toutes les cases du jeu social. La presse française est, comme d'habitude, d'une stupidité confondante en parlant de "triomphe"!

La Bundeskanzlerin n'a pas la majorité avec les seules CDU/CSU. autrement dit si elle a fait un triomphe, que dire de Hollande qui en 2012 n'avait pas mathématiquement besoin d'alliés pour gouverner. Il est vrai qu'à voir comment votent certains élus du PS, on peut tout de même s'interroger sur la solidité du parti!


Retraites 10.09 


Le Monde qui n'aime les syndicats que lorsqu'ils sont "réformistes", mais comme de fait ils le sont tous, cela signifie pour cet organe de presse, prêts  "à négocier le poids des chaînes"et à suivre l'idéologie dominante, écrit dans la Check-list de son site LeMonde.fr (11.09): "Retraites: mobilisation plutôt réussie". On saluera cette quasi objectivité... et cette lueur d'optimisme sur les capacités du mouvement social à peser dans un débat que certains, au nom de TINA (There is ...), voudraient unilatéral.

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Retraites  30.08

Dans l’Etrange défaite, à laquelle je faisais à l’instant allusion ( C'est L.Mauduit dans Mediapart qui parle), Marc Bloch a ces mots terribles : « Il est bon, il est sain que, dans un pays libre, les philosophies sociales contraires s’affrontent. Il est, dans l’état présent de nos sociétés, inévitable que les diverses classes aient des intérêts opposés et prennent conscience de leurs antagonismes. Le malheur de la patrie commence quand la légitimité de ces heurts n’est pas comprise ».

C’est un peu le malheur de nos socialistes d’aujourd’hui, qui gouvernent la France comme des notaires tristes…

Multiculturalisme 18.08

« Or le multiculturalisme est une fausse réponse au problème, d'une part parce qu'il est une sorte de racisme désavoué, qui respecte l'identité de l'autre mais l'enferme dans son particularisme. C'est une sorte de néocolonialisme qui, à l'inverse du colonialisme classique, "respecte" les communautés, mais du point de vue de sa posture d'universalité. D'autre part, la tolérance multiculturelle est un leurre qui dépolitise le débat public, renvoyant les questions sociales aux questions raciales, les questions économiques aux considérations ethniques. »
Slavo Zizek, Des idées-force pour éviter les impasses de la globalisation, Le Monde, 02/09/11.

Bichat 04.08


Un hôpital sans clim depuis plusieurs jours. La pièce manquante doit venir d'Allemagne. Il paraît que la France a une politique industrielle, que serait-ce sinon! Pendant ce temps les prédateurs du Medef donnent des conseils sous forme d'injonction au gouvernement sur les retraites; que ces misérables fassent d'abord leur travail d'industriels producteurs et qu'ils se taisent ou qu'on les fasse taire; un bon contrôle fiscal devrait suffire.


Islamofascisme 20.06


Le mot est tabou car il est utilisé par la droite identitaire, mais comment mieux traduire la politique répressive d'Erdogan? La Turquie est le pays membre du Conseil de l'Europe où les journalistes emprisonnés sont les plus nombreux, le seul où l'on arrête sans aucune base légale des avocats... La lutte anti- terroriste utilisée contre les libertés fondamentales, dont la laïcité.

 Quels sont les crétins qui dans l'UE veulent encore négocier l'entrée d'un tel régime, car c'est un régime qu'on accepte et qu'on laisse durer et non un peuple libre et souverain.


Ponts 10.05


Les serviteurs habituels du veau d'or évaluent à 2 mds d'€ le manque à gagner pour l'économie lié aux ponts de mai. Cela fait tout de même 40 fois moins que la fraude fiscale!


Renault pleure ? 25.04


 Renault  a perdu des ventes en Europe mais l'action Renault est en hausse de 2,12% à 50,54 euros (soit une capitalisation boursière de 15 milliards d'€ environ). L'action  a gagné plus de 20% depuis le début de l'année, après une montée de plus de 50% en 2012. Cela justifierait-il le chantage à l'emploi que le patron surpayé de la firme exerce à l'égard des salariés du groupe?


 

Le CE privatise la grève...13.04


 Le Conseil d'Etat  a décidé vendredi 12 avril d'autoriser EDF à limiter l'exercice du droit de grève dans ses centrales nucléaires. EDF l'avait fait en 2009 pour éviter l'interruption de l'approvisionnement du pays en électricité, au nom de sa mission de service public. Cette coquecigrue juridique, même si les conseillers ne sont que par abus assimilés à des magistrats, méconnaît le principe de base qui est l'exercice du droit de grève dans le cadre des lois qui le réglementent. On laisse donc l'employeur se substituer à l'autorité instituée. A quoi sert le CE si on privatise ainsi les fonctions de l'Etat?

 

 

Hugo Chavez 05.03


Le président vénézuelien est mort. Les classes populaires ont bénéficié de meilleurs accès à l'instruction et à la santé. Il est certain que les media français vont dire plus de mal que de bien de lui...

 

Stéphane Hessel 27.02


Né en 1917, mort dans la nuit du 26 au 27 février, cet homme à la vie bien remplie meurt couvert d'éloges, même par ceux qui le trouvaient "dérangeant". "Pus loin, plus vite" avait-il dit à François Hollande dans une motion signée avec Pierre Larrouturou pour le dernier congrès du PS. Plus loin, plus vite, mais pas pour complaire aux canailles de Wall street, de la City, du CAC 40, de la Commission de Bruxelles et du Medef réunis , collection de nains avides et arrogants. S'indigner et résister...


D'un 11 février à l'autre 11.02


Bernadette et l'Immaculée conception, la signature des accords du Latran, l'annonce de sa renonciation par Benoît XVI... des 11.02. Normal , c'est la fête de N.-D. de Lourdes... et cette année, la veille de Mardi-gras.


Question 02.02.2013


« Je suis frappé de voir que les intellectuels de gauche d’aujourd’hui cherchent à priver le peuple opprimé non seulement des joies de la connaissance mais aussi des outils de son émancipation en lui annonçant que « le projet des Lumières » est mort et que nous devons abandonner nos illusions de la science et de la rationalité – un message bien trop fait pour réjouir le cœur des puissants, trop heureux de monopoliser ces instruments pour leur seul usage. » 
Noam Chomsky, Science et rationalité.

http://loeildebrutus.over-blog.com/

 

Franco-russe  06.01.2013


C'est bon pour Depardieu...Qui se souvient des entremets du même nom?

 

Oscar Niemeyer 06.12


L'architecte brésilien qui aura le plus marqué son pays est mort  à 104 ans. Par delà son oeuvre et sans doute ceci n'est-il pas étranger à cela, on retiendra ses engagements pour la démocratie. La France a la chance d'avoir accueilli son travail.

 

Euromillions 15.11


Une grosse cagnotte de loto et une vie change. Mais la presse affiche sans commentaire que cette somme représente 19 années de salaire pour Zlatan ,"génie" du foot-ball... et 126 siècles de SMIC!

Et il y a des gens beaucoup plus riches encore que ce nouveau millionnaire chanceux ou ce footeux qui rapporte sans doute beaucoup à quelques parasites sociaux, rouages du système...


Valls et Aurore Martin 05.11


Manuel Valls prétend ne pas avoir à "s'excuser" au sujet de la livraison d'une citoyenne française à un état étranger pour un délit inexistant en France. Cet... n'a pas tort: la trahison des gouvernants français à l'égard de leurs électeurs est plus ancienne que sa nomination  dans un gouvernement dit de gauche; la France n'était nullement tenue d'accepter de livrer ses ressortissants...

 

Islamisme 21.09 (Le Monde)


Là encore, quand on lui fait observer que l'animosité envers l'islam cache parfois mal un racisme pur et simple, Rushdie se cabre : " Je n'ai aucune tolérance à l'égard de la xénophobie et du racisme, que j'ai toujours combattus. Ceux qui s'attaquent aux minorités, aux musulmans ou aux homosexuels, par exemple, doivent être condamnés par la loi. L'islamophobie, c'est autre chose, c'est un mot qui a été inventé récemment pour protéger une communauté, comme si l'islam était une race. Mais l'islam n'est pas une race, c'est une religion, un choix. Et dans une société ouverte, nous devons pouvoir converser librement au sujet des idées. "

 

Neil Armstrong 25.08


Le premier homme sur la lune (20 juillet 1969) est mort. Il est des moyens moins honorables d'atteindre à la notoriété.

Depuis lors les canailles qui dirigent les banques et s'en sont mis plein les poches, ont siphonné le pognon disponible pour ce genre d'aventure et imposé à des politiciens plus ou moins nanifiés des politiques contre leurs peuples!

 

SMIC 09.07

 

Le 1er juillet, le montant du Smic horaire a été revalorisé à 9,40 € (9,22 depuis le 1er janvier), soit un montant mensuel brut de 1 425,70 € sur la base de 151,67 heures, ou de 1 425,67€ sur la base de 35 heures × 52 / 12.

Cette augmentation de la valeur du Smic a pour conséquence d’ « immerger » certains coefficients conventionnels sous le salaire minimum légal.

Arcelor-Mittal 28.06


Magnifique photo de la  tour Arcelor Mittal Orbit construite pour les J.O de Londres... Le patron du groupe métallurgiste a financé 19,6 des 22,7 millions de £ du coût de ce monument de 1400 t et de 115 m de hauteur. Le genre d'info qui doit réjouir les ouvriers de Gandrange... Panem et circenses. Vous avez dit XXI ème siècle?

 


Programme commun 27.06


40 ans aujourd'hui. Certains ont gagné, d'autres ont perdu. Le peuple? Les 93 % de salariés? Les partisans d'un Europe démocratique? Les concepts de liberté, d'égalité et de fraternité? La dignité du citoyen? Bref les "valeurs" dont parlent les politiciens pour éviter de qualifier leur politique? Tous ceux là ont  perdu. Il y a des explications... et il y a des coupables, toujours là, leurs frères, leurs héritiers...


INSEE 20.06


71 % du patrimoine en France dans les mains de 20 % des ménages. Et si on regarde de plus près dans ces 20%, on constatera que l'agglomération de déciles sert surtout à dissimuler de plus grands écarts!



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Texte Libre

Les auteurs

 

Sylvain Bartet (29.01.76) et Jean-Paul Beauquier (02.02.46)  sont tous deux agrégés d’histoire (dans l’académie d’Aix-Marseille), militants syndicaux (FSU), militants politiques (PS) ; ils ont une génération d’écart. Leur travail d’écriture à deux vise à montrer que sur des sujets politiques sérieux, la référence aux origines des concepts de République et de démocratie et l’esprit critique doivent armer les citoyens contre les risques et la prévalence d’une démagogie de l’instant. Bref que l’espoir est possible en politique...

 

Articles Récents

25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 22:36

La campagne électorale a pris un visage nouveau depuis que la liste des candidats est arrêtée ; chacun s’est amusé à compter le nombre de candidats « nonistes » en faisant remarquer qu’à eux tous ils représentaient à peine 30% des intentions de vote, si tant est que les questions posées par les sondeurs soient si claires que cela, et qu’ils se divisaient entre les extrêmes de la droite et de la gauche ; les partis dits de gouvernement, incarnés par des partisans du oui au référendum sur le TCE, étant sans doute réputés plus homogènes dans leur composition sociale ou les motivations de leur choix.

 

Le cinquantième anniversaire des traités de Rome a permis de reparler d’une absente de poids dans les meetings ; si en effet certains candidats ont exprimé, qui le souhait d’un traité sans valeur « constitutionnelle » soumis au Parlement, qui un nouveau référendum sur un texte incluant un véritable volet social, mais cette fois à valeur « constitutionnelle », aucun n’a précisé le contenu précis de ce qu’il proposerait aux Français sur un sujet crucial pour l’avenir.

 

C’est assez dire à la fois l’importance de la question européenne et le chemin qui reste à parcourir pour les candidats, qui pour faire de la politique autrement, devront d’abord considérer les citoyens, le souverain donc, comme majeur et responsable. Il n’est sans doute pas indifférent que l’Europe revienne  dans le débat public avec La Marseillaise et aussi avec la question plus que controversée de l’identité nationale.

 

Par-delà les postures des uns et des autres, pouvons-nous rappeler la formule de François Mitterrand : « La France est ma Patrie, l’Europe est mon avenir » ? Non exempte d’ambiguïté, comme souvent chez ce politicien expérimenté, la formule intègre au moins un terme qui pour tout républicain devrait mieux parler que celui de nation, la Patrie.

 

Si le peuple  rassemblé constitue la Nation, souveraine et abstraite, et c’est ce qu’il faut entendre quand, le 21 janvier 1793, fut crié « Vive la Nation », la patrie c’est précisément l’attachement à soi-même incarné, réel et vivant. Patrie et Nation ne sont pas synonymes et lorsqu’au XIXème siècle, les républicains voulurent par l’Ecole, enraciner l’idée républicaine, ils firent en sorte que l’amour de la Patrie précisément  reposât également sur les « petites patries » dans lesquelles naissaient, grandissaient et vivaient les citoyens en devenir.

 

On pourra nous dire que la société française s’est radicalement transformée, ce qui est juste, mais la thématique de la proximité, et la « justification » qu’elle induit pour un renforcement des pouvoirs délégués aux collectivités territoriales, est le masque actuel de cette réalité ; être citoyen, c’est être dans une cité concrète. Internet ou pas !

 

Mais cela ne doit pas nous faire oublier que la République, précisément est « une et indivisible » et que les élus gestionnaires des collectivités territoriales, comme ces échelons territoriaux eux-mêmes, ne sont que des délégataires de la souveraineté nationale ; une Europe des régions, l’exemple invoqué par les présidents des conseils régionaux des pouvoirs des régions d’autres pays d’Europe, ne sont pas admissibles s’ils négligent la racine même de la légitimité des élus, c’est-à-dire le mandat à eux confié par la Nation, tout entière, y compris à l’échelon local. On n’est pas citoyen d’une commune, d’un département ou d’une région, on est citoyen français.

 

L’Europe souffre d’un déficit de démocratie et du refus obstiné de ses constructeurs depuis l’origine, de poser la question de la légitimité politique d’une « structure » qui n’est en principe qu’un organe de gestion commune de traités internationaux mais qui pour certains ressemble à une fédération, pour d’autres à une confédération, et pour beaucoup à un lieu d’expérimentation d’une gouvernance mondiale pour des individus réduits à la stricte condition de consommateurs de toute chose.

 

A citer Jaurès, autant ne pas oublier l’essentiel : « Un peu d’internationalisme éloigne de la Patrie, beaucoup y ramène ». Alors faire chanter La Marseillaise est sans doute une idée à creuser, mais il faut la chanter soi-même et se souvenir de tout ce qu’elle porte et qui est en jeu dans cette élection.

 

 

JPB

 

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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 16:10

La crise des banlieues à l’automne 2005 avait d’une part ravivé un discours de destruction sans nuance du modèle social français. Mais elle avait d’autre part laissé croire un instant, que la nature et la gravité des problèmes que révélait cette crise, susciteraient une réflexion salutaire sur l’assimilation de populations nées en France, et pour une bonne part de parents français, en termes d’accès à la formation et à l’emploi. On a « découvert » à cette occasion que des « bac+5 » qualifiés pour des métiers où l’offre d’emploi existe, devaient soit s’expatrier, soit accepter une activité qui ne reconnaissait pas le caractère qualifiant de leur diplôme. On avoua aussi que la discrimination à l’embauche sur des critères ethno-culturels était quasi la norme.  

 

Dès le début 2006 avec la loi Borloo dont un article fut le CPE, puis avec la situation faite aux travailleurs étrangers dans la énième loi sécuritaire Sarkozy (la 72ème en soixante ans sur l’accueil des étrangers en France ?), à propos de laquelle on a osé utiliser le mot d’immigration choisie (bel exemple de réification des personnes), la majorité parlementaire et le gouvernement ont montré que le questionnement avancé quelques semaines auparavant, pour comprendre la raison de la montée en violence de jeunes français, avait fait long feu.  

 

 

 

Du remodelage…  

 

 

 

Il semble que depuis les déclarations provocatrices du ministre de l’intérieur ou du président de l’UMP sur les ratés du modèle social français, qu’il s’est jusque là, d’ailleurs, bien gardé de définir avec précision, la mode a été effectivement de tirer à vue sur les fondements de la paix et de la justice sociales, c’est-à-dire en fait sur les principes de redistribution solidaire des richesses réelles créées par le travail, la recherche et l’innovation ; chaque imprécateur s’abstenant d’évoquer les richesses virtuelles fort mal partagées de la spéculation financière permanente ou de la corruption.  

 

Trouver dans le même wagon que le plus agité de nos politiciens, pourtant dépourvu de projet digne de notre histoire, quelques personnalités réputées de gauche (de Rocard à Kouchner en passant par Chérèque), signifie qu’il serait temps de redéfinir des critères d’analyse ou de choix pertinents pour situer les idées et leurs porte-parole. Pour parler au nom de la France, pour avoir un projet pour la France - et dans les deux cas il faut s’interroger sur la légitimité d’une telle posture (quel individu et au nom de quoi en effet, dans une République, peut dire sans être ridicule ou insupportable qu’il « veut » quoi que se soit pour la France ?) - il faut d’abord assumer son histoire, intégralement, sans la trahir. S’il n’est peut-être pas nécessaire de dire, comme l’avait fait Bonaparte qu’on prend tout, de Clovis à Robespierre, il faut, à tout le moins ne pas tricher avec la vérité, ne pas trop vouloir lui tordre le cou et accepter les filiations dans lesquelles on s’inscrit : les laudateurs de réformes liquidatrices sont aujourd’hui bien plus dans la lignée du M. Thiers du traité De la Propriété (1848) que les successeurs des porteurs d’espérances de 1945, du programme du Conseil National de la Résistance et des grandes ordonnances signées Charles De Gaulle cette année-là.  

 

Qu’écrivait donc en toute bonne conscience le futur liquidateur de la Commune ? « De l’inégalité des facultés de l’homme, naît forcément l’inégalité des biens » ou bien  « En instituant la propriété personnelle la société avait donné à l’homme le seul  stimulant qui pût l’exciter à travailler. Il lui restait une chose à faire, c’était de rendre ce stimulant infini. C’est ce qu’elle a voulu faire en instituant la propriété héréditaire. » Et encore «  si on se rappelle que la propriété est le fruit accumulé du travail […] la proportionnalité (de l’impôt) est un principe, mais la progression n’est qu’un odieux arbitraire. » Et voilà comment on efface les conditions concrètes de constitution des sociétés civiles et le principe des solidarités redistributives, mais enfin M.Thiers, s’il est beaucoup plus jeune que Rousseau et le grand aîné de Marx, n’est pas le contemporain de MM. Balladur ou Fillon, immortels auteurs de lois sur les retraites qui précisément n’ont pas voulu toucher à la Propriété!  

 

 

 

Depuis 2002 en effet la politique conduite avec la caution ou sous l’impulsion du plus mal élu, on ne le répétera jamais assez, des présidents (paradoxe des 82%), ne vise à rien d’autre qu’à liquider un héritage. L’héritage, si l’on veut, de l’Etat-providence inscrit dans une histoire, pas seulement française d’ailleurs, dans une continuité de luttes sociales et politiques, avec la participation  effective du peuple, acteur social et pas seulement électeur passif. Qui écoute le peuple aujourd’hui, alors qu’à chaque revers électoral, et le référendum sur le TCE en a fourni un exemple renouvelé, la tentation est grande et parfois explicite pour la « classe » dirigeante, de l’accuser de n’avoir décidément pas compris ? Comme si la pédagogie pouvait tenir lieu de justification efficace de choix politiques, indépendamment de leurs contenus.  

 

Or chacun peut savoir que la part de richesse nationale attribuée au capital dans les vingt dernières années a augmenté alors que celle attribuée au travail a diminué : chômage, blocage salarial, précarité, exonérations fiscales en faveur des entreprises, réforme des retraites, tout y concourt. Cela n’empêche ni les discours sur la nécessaire revalorisation du travail, mais il faut alors entendre l’abolition des limitations à la durée du travail, ni les ahurissantes propositions sur l’allègement (pour ne pas dire la liquidation) de l’ISF. Danton rappelait qu’on n’emporte pas sa patrie à la semelle de ses souliers ; il faut en conclure une seule chose, c’est que les expatriés fiscaux ne sont pas patriotes et il n’y a pas de quoi s’en vanter ; après tout, être Français a un coût et nul n’est obligé de l’être ; apparemment il n’est pas politiquement correct de faire ce rappel.  

 

Il n’est donc pas honnête de remettre en cause le modèle social français sans reconnaître que la droite au pouvoir, à chacun de ses passages, mais de manière extrêmement virulente depuis 2002, s’est donnée pour tâche de l’affaiblir, avant même les théorisations du Medef sur la refondation sociale. Le droit et l’inspection du travail n’ont rien gagné au passage de M. Séguin aux Affaires sociales voici deux décennies, M. Chirac étant alors Premier Ministre. M. Balladur a fait des retraites du privé en 1993 un pain des pauvres : sait-on assez en France que le plafond de la retraite de base du régime général est de 1200 euros par mois pour 40 annuités ? Que le mode de calcul de ces annuités ne prend pas en compte les mois de l’année au cours de laquelle sera liquidée la pension ? La réforme de 2003 du Code des pensions des fonctionnaires a porté un coup décisif aux engagements de l’Etat envers ses personnels par ses effets rétroactifs, la rupture du lien entre actifs et retraités, la diminution massive des pensions à venir et une dégradation lourde des droits des personnels féminins.  

 

Il n’y a aucune raison pour que la dégradation des conditions de carrière du plus grand nombre des fonctionnaires ne se traduise pas par une moindre qualité du recrutement en termes de qualification et d’engagement et par une moindre qualité des services rendus : qui ne voit, par exemple, que pour un secteur clef pour l’avenir, l’Education nationale, une telle hypothèse devrait à tout le moins interroger sur la pertinence des réformes en cours de la gestion des personnels ? Tout travail mérite salaire ; on ne voit pas que la privatisation de missions se soit systématiquement avérée bénéfique en termes de performances pour le grand public et les usagers, et plus d’un fait est contre.  

 

Si l’on distingue fonctions publiques et services publics le raisonnement n’en sera pas contredit pour autant : les bureaux de poste, les hôpitaux et les chemins de fer sont là pour en témoigner. La France des années 1930 était infiniment moins riche que celle de 2005 : la fermeture systématique d’emplois dans les services publics n’était pas pour autant le passe-temps favori des gouvernements d’alors… quels que soient les progrès technologiques intervenus depuis et qui en l’occurrence servent de justification facile quand on n’y regarde pas à deux fois.  

 

 

 

Ce qui est en train d’être détruit c’est un pacte social qui résulte de luttes et de négociations entre toutes les forces vives de la nation ; ce qui se met insidieusement ou brutalement en place, c’est un modèle social importé, octroyé, imposé, un vrai déni de l’histoire sociale du pays. Modèle social importé, disons-nous ? Oui, car c’est bien pour répondre aux pressions d’une économie mondialisée qu’ont été introduites des réformes dont l’objectif n’était pas de répondre mieux aux besoins sociaux de la population mais de satisfaire aux prescriptions internationales de l’OCDE ou de l’OMC,  dans une perspective de marchandisation générale des rapports humains qui impose un rétrécissement des périmètres d’intervention des Etats.  

 

Il n’est pas exact de dire que le pacte social « à réformer » était conçu pour une économie de plein emploi et pour une société jeune : c’est croire qu’aucun rapport de force n’a contribué à l’établir et qu’il a été mis en place en synchronie avec ces phénomènes aux évolutions complexes et de fait, imprévisibles à moyen terme, que sont la démographie et l’activité économique. Que l’on pense aux grands cadres sociaux mis en place à la Libération ou à l’évolution qu’ils ont connue en particulier sous la Ve République, avec la construction européenne, les suites de 1968 ou la croissance de l’immigration, tout a bougé constamment. Ce qui pose problème ce ne sont ni les trente glorieuses, ni les chocs pétroliers, ni les transformations du capitalisme, ni la mondialisation, ni la prétendue incapacité du modèle social français à empêcher le développement du chômage et de la pauvreté, quand on ne l’accuse pas carrément de les produire, ce sont les choix politiques qui ont accompagné cette histoire.  

 

S’il n’y a pas vraiment de « modèle social français » bien défini, il reste tout de même une expression utilisée pour critiquer ou mettre en débat des droits sociaux et des systèmes de protection sociale auxquels les citoyens demeurent fortement attachés. Les apprentis-sorciers à l’œuvre dans cette entreprise d’aggiornamento négatif, se vantent d’être des « modernes », comme si la modernité ne pouvait être en même temps conservatrice ou réactionnaire ; « adapter » ou « réformer » un modèle social, n’implique pas la notion de progrès pour tous.  Le sens de l’adaptation est bien  une question  politique et une réforme peut  aller dans un mauvais sens.  

 

Car, et là est l’imposture, ceux qui sont prêts à jeter un modèle social français, à vrai dire introuvable, ce sont ceux qui considèrent qu’il est inévitable que les entreprises compriment leurs coûts au maximum et prennent des décisions contre l’intérêt des salariés et en faveur des actionnaires. Est-ce bien tout à fait l’objet social d’une entreprise ? Quelle est la réalité sociologique de l’actionnariat ? La diffusion d’actions dans le grand public n’a pas pour conséquence de faire des actionnaires individuels les maîtres du jeu. Comment éviter également de s’interroger sur le rôle et les prérogatives d’un management aux pouvoirs exorbitants, quant aux conséquences sociales de ses choix privés ? Nous vivons  dans une démocratie représentative dont les principes s’arrêtent aux portes des entreprises. Un choix de classe : un seul droit réel, le droit de propriété et encore, pas pour tous ! M. Thiers donc. Nul n’ignore que la propriété, c’est du pouvoir.  

 

 

 

…des droits fondamentaux ?  

 

 

 

La question des étrangers et travailleurs jetables, image forte mais qui montre bien la nature de la démarche gouvernementale, s’inscrit fondamentalement  dans ce contexte  où la majorité cherche à remplacer la question sociale par la question sécuritaire et l’immigration. Il a suffi aux défenseurs de la loi de mettre en avant l’apparent bon sens de chacun et un patriotisme simplifié à l’extrême, pour obtenir dans les sondages un consensus allant de l’électorat de droite à l’électorat de gauche sur ses propositions phares et pour en faire oublier les conséquences pratiques pour les personnes.  

 

Pensez-vous que le fait de demander à un immigré souhaitant faire venir sa famille en France qu’il justifie de conditions de ressources et de logement adaptées est tout à fait justifié, plutôt justifié ?(sondage BVA pour Le Figaro et LCI, 10 mai 2006). La question appelle une réponse positive : ce qu’on oublie de préciser aux personnes interrogées, c’est que le seuil de 1,3 SMIC pour faire venir 2 personnes correspond au salaire d’un professeur certifié débutant, qui marque certes une dégradation de cet emploi mais qui demeure au dessus de ce qu’une absence de qualification permet d’espérer pour un immigré « moyen » ; quant au logement… Pour l’apprentissage du français et une formation civique préalable à l’octroi d’une carte de séjour, la réponse positive majoritaire est induite par la question, mais là non plus aucune précision n’est donnée sur les conditions concrètes de mise en place des moyens de satisfaire à ces obligations.  

 

 

 

Si la réponse symbolique (ô combien !) à la crise des banlieues et au désarroi d’une jeunesse face à un mode d’accès à l’emploi qui en aurait fait un agrégat de travailleurs jetables avec le CPE, doit être cherchée dans les lois Borloo et Sarkozy, alors effectivement la République va mal mais ce qui va mal, c’est bien son modèle politique ! Son modèle politique, disons-nous, car aucune société n’intègre facilement en son sein des éléments nouvellement arrivés. Le modèle communautariste de juxtaposition sur des bases ethniques, culturelles et religieuses de populations immigrées plus ou moins récemment relève, lui aussi, d’un choix politique et ne garantit pas davantage la cohabitation harmonieuse ou pacifique des personnes ainsi regroupées.  

 

La question de l’immigration ne peut pas être correctement traitée sans référence à un modèle politique et dans la République française, l’objectif est nécessairement l’entrée dans la citoyenneté avec la totalité de ses droits et des ses devoirs, tels qu’ils ont été historiquement acquis et juridiquement confortés dans le respect des droits fondamentaux énoncés dans le préambule des deux dernières constitutions. C’est à cette aune qu’on peut apprécier la validité d’une politique scolaire, dont la formation de l’homme, du travailleur et du citoyen demeure un impératif, une politique de l’emploi dont la discrimination à l’embauche en fonction du nom ou du faciès doit être exclue, une politique de la ville et du logement par laquelle les conséquences de la spéculation foncière et immobilière doivent être contrôlées.  

 

L’assimilation en tant que citoyen n’est pas une atteinte au bagage culturel dont chaque arrivant peut être porteur, mais la certitude que le principe d’égalité qui fait qu’un citoyen est défini par ses droits et ses devoirs, l’intègre à une communauté de destin. Dans ces conditions, la question de l’octroi de titres de séjour temporaires est à mettre en corrélation avec les objectifs généraux d’une politique de l’accueil et de la citoyenneté, c’est-à-dire avec le respect des éléments du pacte constitutif de la Nation comme République… ou de la République comme Nation.  

 

 

 

La première idée que les politiques français devraient avoir à l’esprit est précisément que la « Grande Nation » n’est pas morte comme le montrent précisément la vie sociale et l’expression politique qu’elle exprime, lorsqu’elle a la parole : deux mois de grèves et de manifestations comprises et soutenues majoritairement par l’opinion au printemps 2006 et un recul gouvernemental !  

 

La deuxième est que le citoyen français n’est défini que par cette qualité et non pas par son origine ethnique, religieuse, culturelle et c’est ce que disait jusqu’à présent la loi. Lorsque le ministre de l’Intérieur se déclare favorable, bien entendu au nom de la transparence et de la compréhension des phénomènes criminels, à la mention de l’origine ethnique des délinquants dans les statistiques de la police, il rappelle de fâcheux souvenirs, il stigmatise à l’évidence une partie de la population, parce que ce sont bien les jeunes issus de l’immigration africaine et maghrébine, dont l’environnement socio-économique est le plus précaire, qui sont visés. Il ne se donne pas les moyens de mieux lutter contre les diverses formes de délinquance puisqu’un tel fichier n’a pas d’utilité statistique par rapport aux données déjà existantes, il nie le principe même et le fondement de la citoyenneté républicaine. Le ministre encourage en fait dans une perspective de contrôle global de la population les réflexes xénophobes en jouant sur la peur. Cette logique est connue, elle est ancienne, elle est celle du ministre hongrois de la double monarchie austro-hongroise disant à son homologue autrichien  « Gardez vos hordes, nous garderons les nôtres » ; c’est la logique du ghetto et du bunker, ce n’est assurément pas un modèle républicain.  L’absence d’ambition pour la France se manifeste aussi par l’absence de respect pour ses citoyens.  

 

 

 

A l’instar de l’étranger effectif ?  

 

 

 

La crise de la citoyenneté française est patente depuis plusieurs années, elle est devenue visible par tous lors des élections présidentielles de 2002. Après les incendies de l’automne 2005 en banlieue, des hommes de bonne volonté se sont mobilisés pour inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales et la question du vote des immigrés non naturalisés aux scrutins municipaux a été à nouveau mise en avant. Cela pose plusieurs types de problèmes.  

 

La question de la citoyenneté renvoie d’abord au fonctionnement démocratique des institutions : le citoyen est-il écouté, ou convoqué périodiquement à déposer un bulletin dans une urne en attendant ensuite cinq ou six ans avant que des comptes lui soient rendus ? La pratique du Président de la République et de M. de Villepin lors de la dernière période (celle avant lui du Premier Ministre précédent) a bien mis en évidence que leur lecture des institutions n’offrait même aucune garantie sur la reddition desdits comptes. 

 

Elle renvoie ensuite au principe de la souveraineté nationale. La République une et indivisible, cela signifie d’abord que lorsque les citoyens s’expriment, tous ou en partie, par exemple sur des renouvellements par fractions pour certaines assemblées (conseils généraux) ou par referendum ou pour la représentation sanctionnée par le peuple au parlement européen, c’est la nation tout entière qui s’exprime car nulle partie n’est détentrice à elle seule de la souveraineté nationale. L’expression des citoyens, c’est l’expression de la souveraineté nationale. 

 

Elle interpelle enfin la légitimité des élus dont la seule source est le vote des citoyens ; la combinaison des trois principes énoncés ci-dessus fait apparaître en effet que les élus municipaux n’ont pas d’autre principe que de représenter non une division territoriale mais une division du peuple souverain ; leur élection ne peut être que la prérogative de citoyens, sauf à bouleverser les principes de la République.  

 

 

 

Relisons Saint-Just (discours du 15 mai 1793) : « Si la division est attachée au territoire, le peuple est divisé, la force du gouvernement se concentre et le souverain (le peuple) se rapproche difficilement ; si la division est attachée au peuple […] par communes, cette division n’ayant pour objet que l’exercice des suffrages ou de la volonté générale, le souverain se forme alors, il se comprime, et la république véritablement existe .[…] La constitution républicaine la doit (la division du territoire) attacher à la population, en sorte que ce ne soit point le sol qui forme un département, mais que le département s’entende de la portion du peuple qui l’habite. Si cette partie du peuple essayait de se dissoudre du reste de la nation et d’en séparer son territoire, le souverain (le peuple) interviendrait pour maintenir l'intégrité du domaine, et la république, par la constitution serait vraiment indivisible. Mais si chaque département s’entend d’une portion du territoire, la souveraineté en est demeurée à la portion du peuple qui l’habite, et le droit de cité du peuple en corps n’étant point consacré, la république peut être renversée par le moindre choc. [...] si la garantie de l’indivisibilité du domaine lui est confiée, le gouvernement est le souverain lui-même ; le peuple n’est rien, la république est un songe »  

 

Personne depuis n’a mieux exprimé les principes de la souveraineté populaire et a fortiori le principe que tous les élus du peuple sont ses commis et des rouages de la République ou si l’on préfère de l’Etat-nation. C’est dans les mêmes principes que résident les meilleures critiques qu’on doive nécessairement faire au cumul des mandats, originalité française s’il en est. Cette problématique interroge évidemment sur le principe du droit de vote des étrangers habitués ou vivant en France y compris pour une élection municipale : le principe de libre administration d’une collectivité territoriale (dans le cadre des prérogatives que lui donne la loi), le prélèvement d’un impôt local délibéré dans un assemblée locale renvoient à des normes qui ne sont pas du même niveau que les fondements de la souveraineté populaire et de son exercice.  

 

Il reste deux solutions. Soit le vote à un scrutin municipal n’est pas délégataire d’une fraction de souveraineté, mais il faut alors revisiter les pouvoirs des élus municipaux. Soit les élus municipaux ne sont que des administrateurs sans pouvoirs d’officiers ministériels ou de magistrats, mais une autorité légitime doit alors les en investir après leur élection. Est-il utile de préciser que le raisonnement vaut aussi pour des résidents citoyens d’un état membre de l’Union européenne, et qui, sous certaines conditions, peuvent participer aux  élections municipales, voire figurer sur des listes de candidats au Parlement européen hors de leur état et  de leur nationalité ? Si l’on s’était posé au bon moment, et en supposant que cette question préoccupe quiconque, la question de la légitimité des élus quels qu’ils soient, peut-être aurait-on aujourd’hui moins de défiance à leur encontre ? 

 

Dans les deux cas une réforme complète des divisions constitutionnelles du territoire et de leur modalité de fonctionnement s’impose. Ce ne serait peut-être pas inutile et la révision constitutionnelle qui a modifié l’article 2 (« dont l’administration est décentralisée ») n’est allée, et c’est heureux vu les conditions du débat, ni au bout d’une logique de rationalisation et de précision des responsabilités déléguées, ni jusqu’à la remise en cause des principes républicains fondateurs qui pour le coup eut été « criminelle ». 

 

 

 

La condition des personnes au regard de l’exercice de droits politiques n’est certes pas une question neuve. Mais les modèles dont pourrait s’inspirer le législateur pour résoudre la contradiction entre une citoyenneté seule fondatrice de la légitimité politique des élus et de leurs décisions et la participation justifiée par le paiement d’impôts à la vie de la Cité, renvoie inéluctablement à des modèles coloniaux ou antiques. Le droit romain établissait une distinction précise des personnes aussi bien pour le droit public que pour le droit privé pour les hommes libres des territoires soumis à Rome : les pérégrins pouvaient être membres de communautés civiques, considérées cependant comme étrangères au droit romain ; les latins appartenaient à des cités dans lesquelles ils possédaient une partie des droits des citoyens romains et dans lesquelles l’élite accédait à la citoyenneté romaine. L’évolution au cours des siècles fut de rapprocher du droit de cité romaine les pérégrins et les latins. Sous l’Empire, la plupart des latins devinrent citoyens romains. Et le dernier grand législateur sur la question, l’empereur Caracalla, édicta en 212 une Constitution qui naturalisait tous les pérégrins, même si son efficacité ne fut pas parfaite puisqu’il demeurait des pérégrins sous Constantin un siècle après et encore au-delà.  

 

Dans la mesure où la double nationalité est reconnue par un certain nombre d’Etats, c’est cependant, semble-t-il, cette solution qui par sa dimension générale voire universelle serait la plus en conformité avec notre héritage révolutionnaire. Reste qu’elle suppose aussi de la part des intéressés un consentement à  cette assimilation plus ou moins totale au regard des droits et des devoirs, voire une vraie volonté, ce qui implique aussi de la part de la République, de ses institutions et de ses citoyens une politique d’accueil permanente et généreuse. Le contraire du discours ambiant.  

 

L’appel des « indigènes de la république » (janvier 2005) est loin sur le premier point d’être exempt d’ambiguïté. On peut ne rien trouver à redire à un texte qui proclame : «  Il est temps que la France interroge ses Lumières, que l’universalisme égalitaire, affirmé pendant la Révolution Française, refoule ce nationalisme arc-bouté au « chauvinisme de l’universel », censé « civiliser » sauvages et sauvageons. Il est urgent de promouvoir des mesures radicales de justice et d’égalité qui mettent un terme aux discriminations racistes dans l’accès au travail, au logement, à la culture et à la citoyenneté. » Encore que le « chauvinisme de l’universel » ne soit pas un concept limpide. Mais il apparaît cependant que la citoyenneté revendiquée n’est pas tout à fait celle des figures de la Convention et de la Révolution, et le texte dit bien : « pour exonérer la République, on accuse nos parents de démission... », ce qui ne peut être lu que comme une façon de se mettre, au moins mentalement, hors de LA république et non pas seulement de CETTE république-là. Nul ne saurait être citoyen s’il ne croit l’être ou s’il ne veut l’être. Mais sans citoyen point de République. Dans la référence au colonialisme et dans l’usage du mot indigène les initiateurs de cet appel ont inconsciemment (?) mis en lumière que le droit de chaque individu précisément leur importait moins que sa caractérisation comme membre d’un groupe ou d’une communauté séparée du corps national, ce que confirme encore la volonté de « contribuer à l’émergence d’une dynamique autonome qui interpelle le système politique et ses acteurs, et, au-delà, l’ensemble de la société française.. ». Qu’eut- dit Saint-Just ?  

 

Quant au deuxième point, une politique d’accueil permanente et généreuse, elle doit être mise en œuvre précisément dans la perspective de faire de tous ceux que la France accueille des citoyens français et cela suppose que les « politiques » sachent qu’ils le sont et veulent le rester. Il est bon enfin de rappeler avec Patrick Weil (Esprit, mai 2006) « que le respect de la vie familiale n’est pas subi. Il est un choix que la France a inscrit dans ses principes et dans ses droits fondamentaux, afin que nul ne puisse, au gré de la conjoncture, de ses calculs politiques, de ses intérêts, voire de ses convictions, y porter atteinte. » C’est toute la différence entre une législation de circonstance et le respect des principes d’un Etat de droit.

 

 

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