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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Syndicalisme et société...


Ci-dessous une note de lecture d'une camarade enthousiaste pour un livre de sociologues.  Pas si fréquent...


Salut les potes !!!

Et hoppe ! Voici une nouvelle note de lecture, ça fait un bail que je n'avais rien envoyé, il faut dire qu'entre le congrès de la FSU et les maniffes de Créteil, j'ai plutôt eu de quoi faire !

Pour rattraper le coup, je vous expédie du lourd, du très lourd même, avec un SUPER bouquin, rédigé par un collectif de chercheurs, sous la direction de Sophie Béroud et Paul Bouffartigue.
Je connais bien Sophie Béroud, qui est prof à la fac de Lyon II et qui est spécialisée dans les recherches sur le syndicalisme.

Bien sûr, il existe des bouquins en pagaille qui parlent du méchant gouvernement libéral qui nous attaque, mais les bouquins qui parlent de notre façon de fonctionner à nous (et qui nous obligent par conséquent à nous pencher sur la question) sont infiniment moins nombreux et autrement plus intéressants à lire.

Le bouquin s'appelle "quand le travail se précarise, quelles résistances collectives ?" (éditions la Dispute).

Bien sûr, ça cause beaucoup de la précarité et je peux vous dire tout de suite que côté réflexion, le bouquin élève très sérieusement le niveau dans tous les compartiments du jeu et que ça change furieusement de certains poncifs régulièrement ronronnés sur le sujet par tout le monde, y compris par nous !

En même temps, le livre articule la question de la précarité avec celle de l'avenir du syndicalisme, et là, ça devient carrément très classe. Dedans, on trouve tout ce qu'il nous faut pour goupiller une réflexion de fond sur ces questions. Ce bouquin est épatant parce qu'il parle de l'évolution du syndicalisme dans des tas de pays et plein de secteurs d'activité, (et du coup, on apprend des tonnes de trucs) mais quand on compare ce qui se passe ailleurs avec ce qu'on fait, on se rend compte que le livre parle sans arrêt de nous et de nos pratiques, tout en dessinant bien tranquillement les contours du syndicalisme de demain  (Et oui ! Rien que ça !).


congr_s_FSU_lille_2010_141.jpg




Ce bouquin propose une enquête très fine et très documentée, à la fois sur la précarité, l'évolution de la société et des pratiques syndicales. Il contient des pelletés de réflexions ultra intéressantes et des idées originales par paquets de douze. Il répond non seulement à des tas de questions qu'on se posait mais aussi (comble du luxe) à des milliers de questions qu'on ne se posait pas !

En voici quelques unes en vrac  :

1) Le syndicalisme français a-t-il un avenir, et si oui, lequel ? :-))
2) Comment certains syndicats étrangers ont-ils réussi à inverser massivement la tendance de l'hémorragie d'adhérents  ?
3) Quels points communs y a-t-il entre un syndicat de bûcherons précaires et un syndicat de dockers précaires ?
4) Existe-t-il à la campagne un "syndicalisme de village ?"
5) Quelle est le nom de la boîte où les précaires ont fait une grève de 115 jours suivie d'une autre grève d'un an ?
6) Quels sont les différents visages de la précarité ?
7) En quoi les mouvements des intermittents du spectacle posent-ils des questions sociétales infiniment plus profondes et plus larges que celles de l'obtention de l'allocation chômage ?
8) Quelles sont les différences de fond entre un ouvrier du BTP des années 70 et un jeune qui entre aujourd'hui dans le BTP ? Les syndicats ont-ils ou non remarqué ces différences ?
9) Est-ce fréquent de voir des précaires sans aucune expérience politique et militante se lancer tout seuls dans des mouvements de grève dure ?
10) Le syndicalisme a-t-il été conçu à la base pour des hommes blancs travaillant à temps plein ou pour des femmes noires sans papiers qui font des ménages par intérim ? (Poser cette question, c'est y répondre)
11) Pourquoi certains salariés précaires se sentent-ils infiniment moins précaires qu'un TZR de chez nous travaillant sur trois bahuts et qui a pourtant la sécurité de l'emploi ?
12) Pourquoi la plupart des précaires boudent-ils les syndicats ?
13) N'y a-t-il pas des moments où on propose aux précaires des revendications et des modalités de luttes qui ne correspondent pas du tout à leurs attentes tout en ne leur proposant pas du tout ce dont ils ont besoin ?
14) Pourquoi le mouvement de grève des sans papiers en 2008 impulsé par la CGT a-t-il fait un tabac, provoquant ensuite une vague de syndicalisation massive de précaires sans papiers  ?
15) Comment la CGT a-t-elle pris appui sur la question de la précarité pour refléchir à un nouveau projet en béton, repenser la défense des salariés et s'opposer au capitalisme ?
16) Comment certains syndicats américains et britanniques, autrefois moribonds sont en train de se refaire une santé grâce à une modification profonde de leurs pratiques et de leurs structures ?
17) Quelles sont les caractéristiques amusantes du syndicalisme japonais ?
18) Quelles sont les caractéristiques originales du syndicalisme dans le secteur du nettoyage ?
19) Faut-il balancer les conventions collectives à la poubelle ?
20) En quoi consistent le NSTS et la SSP et à quoi servent ces deux trucs ?
21) Les précaires représentent-ils une catégorie sociale résignée qui a renoncé à la lutte ?
22) Qui sont les "piqueteros" argentins ?
23) Quelles sont les pratiques de luttes des travailleurs précaires espagnols ?
24) Y a-t-il des secteurs ou des solidarités originales se développent entre salariés précaires et salariés "stables ?"
25) Comment certains précaires utilisent-ils justement la précarité pour lutter contre le capitalisme ?
26) L'emploi stable à plein temps est-il un horizon professionnel revendiqué par tout le monde ?
27) N'y a-t-il pas des salariés qui revendiquent des modes de vie alternatifs à celui-là ?
28) En quoi la précarité interroge-t-elle la question du temps de travail mais aussi le temps des loisirs et de la vie privée ?
29) Quid des réponses syndicales à la précarité dans les services publics ?
30) Comment certains militants syndicaux se sont-ils tournés résolument vers les précaires en inventant des modalités d'action syndicales novatrices, parfois même en marge de leur confédération ?
31) Quelles sont les caractéristiques originales du syndicalisme au niveau de l'usine pétrochimique de l'étang de Berre ?
32) Pourquoi  certains salariés précaires ne mettent absolument jamais les pieds dans une manif et en quoi cette modalité de lutte est-elle totalement inadaptée dans certains cas ?
33) Faire grève : est-ce que ça va de soi quand on ne l'a jamais faite ?
34) Pourquoi certains précaires qui vivent dans l'immédiateté ne se sentent pas du tout concernés par certaines revendications à long terme qui leur semblent tout aussi irréalistes qu'inatteignables ?
35) Quelles sont les particularités de l'engagement syndical des maliens syndiqués à la CGT ?
36) En quoi Olivier Vinay est-il doublement casse-bonbecs, positivement quand il asticote la tendance UA en l'obligeant à s'intéresser beaucoup plus qu'elle ne le fait à la question de la précarité et négativement quand il prétend défendre les précaires en utilisant des modalités de lutte qui datent en fait de 1912 ?


Bon. Il y a des tas d'autres choses super bien dans ce bouquin dont mes notes ne seront toujours qu'un pale reflet, et dont je vous conseille vivement la lecture ! 
 Valérie Sultan (Snes)
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