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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Sarkozy et le gouvernement par l'imposture...



Nos fidèles lecteurs savent déjà que nous n’avons jamais admis la fable qu’une élection validait un programme.

C’est sans doute dommage, mais les conditions objectives de la compétition, le poids de l’idéologie dominante, le rôle des media, la mode du story telling et l’idée folle d’une fin de l’Histoire pèsent bien davantage et amènent en fait en choisir entre des individus, en évaluant leur capacité à se rendre crédible dans un rôle.

Quand il est impossible de déceler une alternative véritable et patente entre les projets de deux candidats, ou que l’un ne peut, encore moins que l’autre, prétendre rassembler les Français, soit parce que son programme est illisible, soit parce qu’il est pétri de contradictions, soit parce que lui-même manque de ce minimum d’éloquence qui pallie l’absence de charisme l’élection est un coup de dés... et résulte comme d’une nécessité de hasard.


Rupture ou liquidation?


2007 illustra à merveille ce schéma.

Un candidat qui avait fait l’union de son camp, avec des méthodes certes peu honorables dans le détail (mais qui le sut?), une part de chance (mais cela compte aussi) et, surtout, un excellent réseau d’amitiés ou de relations intéressées mais utiles.

En face une désunion imposée par un débat interne manipulé de l’extérieur, un contentieux ancien d’inimitiés acquises et une absence vite remarquée de cohérence comme de cohésion. Bipolarisation donc mais avec en réalité ce coup ci un seul pôle... autour duquel pourtant se retrouvèrent, à peu près, tous ceux qui, au fond, ne voulaient pas de l’Autre et rien de plus!

 L’imposture commença quand, ayant omis de signaler à l’électorat que le programme de la rupture était bien en effet un programme de rupture, mais avec tous les fondamentaux de l’histoire républicaine, aussi souvent invoquée que trahie, et en grande partie écrit depuis plusieurs années par les penseurs du Medef pour leur refondation sociale, l’élu passa aux actes!!

Quelques voix, qui s’élevèrent alors, furent noyées dans la sidération de la défaite pour les uns, dans l’incapacité à se remettre en cause pour les autres, et dans l’indifférence convenue qu’on désigne souvent, après une élection, par l’expression trompeuse d’état de grâce.

La chance, pour la droite, fit que c’est quand, ce moment là terminé, le réveil social aurait pu se manifester, l’incommensurable bêtise de l’opposition se conjugua avec la révélation pas si soudaine, mais bien relayée cette fois, d’une crise financière mondiale aux conséquences vite palpables pour l’emploi, le pouvoir d’achat et l’ordre des préoccupations des citoyens.

 Et ce qu’on devrait appeler trahison, fut bien de saisir l’occasion de la crise pour accentuer la mise en oeuvre d’un programme délétère pour les institutions républicaines et les solidarités collectives qui fondent les sociétés civilisées.

 Ni la RGPP ainsi conçue, ni les lois de finance ou les LFSS ne furent affectées dans leurs   principes par les ajustements imposés par des réponses rapides à donner aux besoins de liquidités de l’économie.

La loi TEPA et le bouclier fiscal qui met à l’abri de prélèvements progressifs élevés les possesseurs de revenus tirés aussi bien d'une activité que de leur patrimoine, est restée telle quelle, la crise des subprimes, le scandale des bonus et autres fantaisies financières une fois révélés au grand public.
C’est en 2009 qu’un organe de presse crut devoir consacrer un article à Benoît Mandelbrot et à sa prédiction... C’est en 2009 que les banques aidées par des fonds publics en 2008, autrement dit par les contribuables, s’empressent de rembourser pour ne pas avoir de comptes à rendre, d’autant qu’on ne leur en avait guère demandés. et c’est à cette occasion que ce gouvernement qui prétend «mieux» gérer la dépense publique, renonça à une plus-value d’environ 20 milliards d’€  qui résultait de la différence des cours des actions desdites banques entre 2008 et 2009... Plus-value   pratiquement totalement due à la reprise d’activités des marchés financiers avec des produits aussi vérolés que ceux qui, deux ans plus tôt, avaient  provoqué la catastrophe!

Et c’est en 2010 que l’on prévoit de lancer un emprunt souscrit par les banques, les fonds de pensions, les investisseurs institutionnels dont le remboursement sera effectué par les contribuables des générations futures, dont on nous dit qu’il est indécent de faire porter sur elles le remboursement de la dette publique actuelle! En maintenant un système fiscal dont le caractère redistributif est d’autant moins efficace qu’on a voulu plafonner sa progressivité.

 En matière fiscale, redisons-le, le modèle et l’inspirateur de nos «modernes» partisans de la rupture  demeure inébranlablement M.Thiers!

 


La démocratie bafouée


Cela commença immédiatement par le refus de prendre en compte le vote majoritaire de la Nation à propos du TCE, l’élection présidentielle valant dans l’esprit de ces gens-là approbation de tout ce que le candidat avait dit! Du moins sur les sujets qui les intéressent car la liste des engagements non tenus ou des formulations ambiguës est assez longue, elle aussi.

La chance de M. Sarkozy fut évidemment la nullité stratégique et la complicité toute néo-libérale d’une partie de l’opposition. L’on s’étonne d’ailleurs de l’étonnement de ceux-là mêmes qui, trahissant la majorité de leur électorat, s’étonnent de ne pas le retrouver lors du renouvellement du Parlement  de Strasbourg! 

La transformation de la Constitution accordant au Président un statut juridique exorbitant et inouï dans une démocratie, la pseudo revalorisation du Parlement virent une fois de plus une partie de l’opposition incapable de se battre pour tenter de remettre à l’honneur les principes républicains de séparation des pouvoirs et de démocratie élémentaire.

Les lois «sécuritaires» votées accentuèrent encore la coupure entre le corps de doctrine humaniste dont la gauche est porteuse et le comportement aberrant de certains de ses élus, mettant ainsi en évidence pour son électorat qui ne l’aurait pas encore compris depuis au moins 2006, que la maison PS n’était plus «tenue»! Ce qui n’empêchait pas ces mêmes élus aussi navrants dans leurs propos que dans leurs attitudes, d’invoquer le souhait et le droit pour chacun de vivre en sécurité... A la nuance près que sans l’électorat populaire, premier visé (la sociologie sur ce point ne se trompe pas), par les lois répressives, la gauche n’a pas vraiment de raison d’être, ce que ces élus oublient régulièrement...

Lorsque le Président de la République prépare très en amont, quoi qu’en disent ses séides, le parachutage de son fils à la tête d’un établissement public appelé à brasser des milliards dans  la perspective d’un remodelage territorial et institutionnel  de la région-capitale, la gauche se réveille certes, mais si mollement que la renonciation de l’impétrant trop pressé est due bien davantage à l’indignation du propre électorat du président qu’à l’efficacité d’une opposition inapte à réveiller les réflexes civiques du peuple français dans son entier. Comme si elle en était «empêchée»!!

Le gouvernement s’est lancé dans un projet de réforme des collectivités  territoriales, en même temps que la suppression de la taxe professionnelle s’apprête à les priver de ressources évaluables avec un minimum de sûreté.

 Là encore le secrétaire d’Etat en charge des collectivités territoriales, déjà auteur d’un projet de redécoupage des circonscriptions électorales pour les futures élections législatives, qui, sans la censure du Conseil Constitutionnel, sera un exemple criant de forfaiture, se permet de tordre le cou à la décence politique et à la vérité.
Interrogé sur la réaction des élus à propos de la suppression de la taxe professionnelle, il répond sans le moindre frémissement que cela correspond à un engagement de Nicolas Sarkozy  « pour lequel les Français ont voté quatre fois: lors des deux tours des élections présidentielles et législatives de 2007». preuve supplémentaire que la séparation des pouvoirs n’existe pas en France, du moins pour les membres de l’exécutif et qu’une fois l’élection passée, toute idée, non explicitée avant le vote est validée par celui-ci!

 Il va de soi que, comme pour tous les transferts de charges précédents, l’Etat ne s’acquittera de ses promesses de compensations que la première ou la deuxième année... Rappelons pour  mémoire que la suppression de la TP, comme la création de la taxe carbone sont de nouveaux cadeaux faits au patronat, sans  retour plus visible à attendre pour l’emploi que les 65 mds d’€ d’exonération de charges annuelle ...

 L’exemple de la tentative, remise pour l’instant, sur l’EPAD, montre ce qu’il faut attendre des futures métropoles... Des lieux dont la «gouvernance» sera soigneusement échenillée de tout ce qui pourrait impliquer une présence  réelle des citoyens dans les choix stratégiques. 

 La limitation des compétences s’accompagnant pour les départements et les régions d’un mode d’élection visant à la fois, à favoriser la droite telle qu’elle est, et à faire croire que la limitation du nombre d’élus répond à un souci d’économies alors qu’il ne s’agit que d’une reconcentration faisant des préfets, en lien avec la RGPP, les outils plus efficaces d’un exécutif bien décidé à n’entendre le peuple qu’à dates fixes...

Ne reste plus qu’à faire coïncider les élections locales avec la présidentielle et les législatives pour que l’illusion soit parfaite... Sinon, les contraintes nouvelles des collectivités locales les mettront assez fortement sous le contrôle du gouvernement pour qu’elles ne soient jamais un lieu de «résistance» ou de contre-pouvoir!

 Occasion ratée depuis 2004, il est vrai...

 La décentralisation depuis plus de 25 ans n’a pas su répondre à une question aussi ancienne que la République: les collectivités territoriales, dans une République Une et indivisible, sont nécessairement des rouages de l’Etat. Il ne s’agit donc pas de transférer ou de s’arroger des pouvoirs, des responsabilités ou des missions nouvelles, il s’agit essentiellement d’approfondir la démocratie et de faire des citoyens les acteurs premiers, majeurs et réels de leur destin.

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