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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Sarko n'a pas perdu la main... Question de sens!

 

Perdre la main... Au jeu de cartes, c'est perdre l'avantage de jouer le premier... Autrement, c'est avoir perdu l'habitude de faire quelque chose...

Quelques éditorialistes, éditocrates même, pseudo-chercheurs mais vrais idéologues, quelques politiciens aussi ont cru pouvoir dire ou écrire que le président, pour moi mal élu de 2007, avait perdu la main... Mal élu, parce que sans adversaire suffisamment crédible et porteur d'un projet différent.
Mais la politique n'est ni un jeu, ni un tour de main. Dans un système démocratique de représentation de la souveraineté nationale détenue par l'ensemble des citoyens, l'exercice de la politique est un mandat, une mission, un devoir. 

L'actuel occupant de l'Elysée fut donc élu sur une imposture et sur un vide: l'imposture , ce fut de faire croire que la rupture devait être et serait au service de la nation tout entière; le vide, ce fut le programme flou et non assumé ou trop peu dissonant du sien sur certains points, de son adversaire du second tour.

C'est d'ailleurs grâce à ce vide, que quelques réformes et non des moindres, comme une modification de la Constitution qui, à côté d'un point positif (la QPC), impliquait un renforcement de l'exécutif et de lui seul, comme la reprise sous un faux nez du TCE, ont pu être votées avec l'accord ou la complicité du parti principal de l'opposition!

 L'hyperprésidence, l'égo-présidence, "l'ouverture" ou le débauchage d'ambitieux trop pressés, et pas seulement pour le gouvernement pléthorique qui suivit ne firent pas l'objet d'une critique radicale, et politiquement argumentée de la part de ce même parti, qui se contenta de mises en cause ad personam et anecdotiques. Comme si sur le fond de la politique immédiatement lancée, et en fait accélérée par rapport à celle mise en oeuvre précédemment, on n'avait rien de nouveau à combattre et que l'ironie sur la forme pourrait suffire à rassurer les catégories sociales appelées à en être les victimes quant à l'existence d'une opposition alternative!

 Il y eut heureusement LA crise pour faire apparaître à la fois la nature de classe de la politique suivie, milliards instantanément trouvés pour sauver le système financier, malgré sa responsabilité dans l'éclatement de la bulle virtuelle créée depuis des mois et de la catastrophe annoncée par quelques observateurs plus vigilants , rigueur pour les peuples que l'incurie ou la trahison des politiques avaient laissés dans l'ignorance des dangers d'un système totalement dérégulé et parfois déréglementé...

 Cette crise a servi à masquer les échecs de Sarkozy sur les bénéfices promis aux électeurs en matière de pouvoir d'achat ou de sécurité, mais aussi  à permettre la continuation et l'aggravation de la refondation sociale qui, en fait, était la base de son programme réel et insuffisamment dénoncé pendant la campagne de la présidentielle...

Les électeurs ont donc fait perdre au président toutes les élections qui suivirent, confiant à une opposition impuissante au plan national, la gestion des affaires locales et de leur vie quotidienne... Réussite collatérale, sans doute non souhaitée cependant,  de la dépolitisation des masses! Mais si les citoyens ont des excuses, leurs bergers ou délégués en ont beaucoup moins.

Ni la continuation de la RGPP, initiée sous d'autres formes et d'autres noms auparavant, ni la réforme de l'administration judiciaire ou le projet de loi à venir de la procédure pénale, ni la sape continue de l'Education Nationale ou de l'hôpital public, ni la réforme territoriale n'ont fait l'objet d'analyse mettant en évidence les enjeux de classe que cette politique recouvre, nonobstant l'épouvantail-prétexte de la crise et des déficits...

Parler de recentralisation  pour les collectivités territoriales et approuver l'autonomie des universités ou des établissements scolaires qui renforce le pouvoir des hiérarchies intermédiaires contrôlées par le ministère relève d'un déni ou d'une confusion du même ordre que la revendication d'une autonomie fiscale et d'une clause générale de compétence avancée en même temps qu'on dénonce la remise en cause des principes républicains sur l'unicité de la qualité de citoyen.

 La politique de Sarko et Cie est à tous égards exécrable, mais elle a un substrat idéologique fort et cohérent qui lui permet de manipuler précisément l'exécrable pour continuer d'avancer sur les points clés qui intéressent vraiment les mandants réels de cette équipe d'aventuriers plus ou moins corrompus.

Le scandale majeur qu'est l'affaire Woerth/ Bettencourt/Wildenstein etc, comme le blocage de l'enquête sur l'attentat de Karachi ont donné lieu de croire qu'enfourcher la dénonciation, détournerait l'attention du dossier tout aussi grave du projet de loi de spoliation des retraites...

 Sauf que ces scandales mettant en évidence la collusion du fric le plus vulgairement accumulé et de la politique, permettraient de faire comprendre à la majorité des Français précisément la nature de la politique suivie, au lieu de laisser croire que les exemples européens, ou la question démographique, justifiaient une réforme des retraites qui est en fait une amputation de la rémunération du travail pour tous et une remise en cause de la place et des missions de la fonction publique , donc de l'Etat.

 Quel parti a mis clairement en avant que la retraite était une rémunération continuée du travail et que sa diminution programmée revenait à accroître encore la part de richesse attribuée au patrimoine?

 Quel parti a clairement dénoncé l'assimilation forcée et forcenée entre la fonction publique et le régime général dont le financement repose sur le partage, en principe négociable, de la valeur ajoutée des activités économiques du secteur privé de production?

 Trop difficile? Mais alors comment s'étonner que les mêmes citoyens embarqués dans un politiquement correct imbécile et  une histoire de la république, travestie ou décontextualisée, trouvent normales et approuvent les menaces de dénaturalisation pour les uns et ne s'indignent pas de l'existence des paradis fiscaux et des expatriations fiscales "légales" de quelques milliers de citoyens qui se dispensent de toute solidarité nationale, alors qu'ils en bénéficient ou en ont bénéficiée? Ou que ces mêmes citoyens ignorent que pas un des plus riches des Français, n'est taxé au % qui lui serait appliqué s'il n'était qu'un salarié? 

 C'est bien en refusant d'aller au fond de la question, qu'on permet à Sarkozy de choisir un terrain où la raison intervient si peu que nul ne lui reproche les rodomontades passées et d'autant plus inefficaces que même en matière de sécurité, il a supprimé postes et moyens...

 En faisant appel aux réflexes d'une France moisie, qui nous vaut la condamnation du New York Times, à la fureur de quelques lecteurs du Figaro, il a certes perdu le sens de ce que sont dans une démocratie en général et dans la patrie des Droits de l'Homme en particulier, la vertu et la prudence nécessaires à tout engagement politique mais il ne perdra la main que s'il a face à lui un adversaire compétent , déterminé et sûr des valeurs qu'il porte!

 Et la politique n'est pas un jeu...

 


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 Résumé de  l'article joint en lien :
  
S'attaquer à la qualification de masse des salariés, faciliter sa dissolution, au profit d'une qualification élitiste provoque une régression générale du processus humain.
  
Cette régression touche évidemment le politique, l'économique et le comportemental unis.
  
Combinée comme effet et cause des lois de l'accumulation capitaliste, elle ouvre la voie à des formes modernes de pouvoir fascisant, avec les gigantesques moyens techniques de coercition d'aujourd'hui entre les mains des groupes financiaro-industriel et de l'État (des États nationaux et des institutions internationales) qui est leur émanation.
  
Cette puissance technique de production de distribution, de gestion (et d'expression par les grands médias), tous moyens dont les organisations ouvrières et des salariés et de la population en général sont privés financièrement, ne peuvent que renforcer dans l'opinion toute droitisation effectuée par l'économie et le pouvoir, jusqu'à un extrême "incontrôlable", ce qui ne gêne pas trop le capital qui a le soucis premier de contrôler les salariés, leurs revendications et leurs aspirations à une véritable transformation.
  
Évidemment, tout ceci est la résultante actuelle d'un processus de longue date qui après les grands progrès de la libération de 1945, a débuté une dissolution lente puis rapide, avec l'installation d'un pouvoir personnel remis totalement entre les mains des grands monopoles après le départ du Général De Gaulle dont le nationalisme autoritaire a fini par se retourner contre lui et la République dont sa Constitution en 5° république augurait la fin.
 
Il faut le souligner sans sombrer dans le découragement et le défaitisme. Et lier l'intelligence de la situation au procès de la production sur une longue période à comprendre en se donnant les moyens dans chaque quartiers, auprès des salariés et de la population d'organiser étude, débat en vue de donner cohérence à la protestation et à des projets sociaux pertinents.
 
Ce résumé emploie des formules qu'il faut bien sûr développer pour éviter toute schématisation de la situation humaine actuelle.
 Pierre Assante
 
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