Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
Nous ne parlons pas des plus récentes déclarations intempestives du ministre de l'EN, bien que son avis sur une pratique qui touche une partie de la jeunesse scolarisée ne soit pas sans intérêt, mais des annonces anticipant quelques éléments non secondaires de la future loi qu'il doit présenter au Parlement...
Pour ne parler que de la formation professionnelle, outre le risque de voir les régions ne s'intéresser qu'à leur appareil local de production ou au lobbying de ses représentants et à leur choix de développement propre, le principal risque est en fait dans la liaison permanente entretenue avec le patronat local et donc avec une orientation exclusivement de court terme.
La délégation de fait du pilotage de la politique de formation au patronat par le biais de contrats négociés sous forme de de plans de formation, même pluriannuels, sinon dans toutes au moins dans plusieurs régions, serait une formidable régression puisque c'est précisément contre la mainmise utilitariste (y compris idéologiquement) d'un patronat qui prétend être mieux à même de former aux professions, que les militants d'un service public d'éducation se sont battus depuis des décennies pour intégrer au système éducatif la formation professionnelle initiale et continue.
Un tel recul, imputable à un ancien professeur de philosophie, partisan d'une morale laïque et sans doute conscient de l'histoire du service public dont il a la charge, dont même Copé considère qu'il relève d'une mission régalienne de l'Etat, ne manquerait pas d'interroger gravement sur la sincérité des engagements de l'équipe au pouvoir!
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Vincent Peillon a annoncé mardi 16 octobre aux organisations syndicales ses propositions en matière de décentralisation.
Pour le SNES, ses propositions sont inacceptables tant en ce qui concerne l'orientation scolaire qu'en ce qui concerne la carte des formations de l'enseignement professionnel.
Le ministre annonce la création du service public territorialisé d'orientation. Il prévoit de transférer les CIO aux Régions.
Ceux-ci risqueraient d'être dilués dans « des espaces métiers polyvalents ». Or les CIO ne sont pas de simples lieux d'information. Que deviendrait leur rôle institutionnel dans l'Education nationale (observatoire du district, formation des enseignants, animation et information en direction des équipes d'établissement…) ?
Tout en affirmant ne pas vouloir décentraliser les Co-Psy et les directeurs de CIO, le ministre propose de les placer sous une double autorité rectorale et régionale, ce qui est totalement ingérable car cela risque d'engendrer des conflits incessants au détriment de la mission des Co-Psy en direction des élèves des établissements.
De plus, comment les missions resteraient-elles identiques d'une Région à l'autre ?
Comment, avec 1500 élèves en charge, les Co-Psy pourraient-ils absorber en plus le travail auprès des publics adultes dont les Régions ont la charge ?
Le SNES a dit clairement son opposition à de telles mesures qui mettent en cause non seulement le statut des personnels mais leurs missions, dont le cœur est bien le travail au service des élèves et des parents. Il appelle les Co-Psy et les directeurs de CIO, les enseignants et les parents à se mobiliser rapidement.
S'agissant de la carte des formations professionnelles, le ministre prévoit de confier aux Régions la décision d'ouverture des sections, en conservant pour l'Education nationale celle des fermetures.
Cela fait courir le risque d'une offre de formation construite exclusivement à partir des besoins régionaux, alors que, d'une part, le développement économique et social ainsi que celui des activités de production de biens et de services imposent une politique nationale en terme de formation professionnelle initiale permettant une réelle élévation des qualifications, et que, d'autre part, la mobilité des jeunes impose de leur proposer une formation qui ne se limite pas aux perspectives professionnelles de leur Région d'étude.
Il est par ailleurs absurde que les ouvertures des sections puissent être décidées par le Conseil Régional alors que les personnels (masse salariale, recrutement, formation) sont gérés par l'Education nationale. Cette situation ne peut qu'engendrer de graves dysfonctionnements.
Le SNES rappelle son exigence d'un pilotage national de la formation initiale des jeunes, les cartes de formation devant être arbitrées en dernier lieu par le ministère de l'Education nationale après consultation des instances de dialogue Régions/Etat prévues par la loi.