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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Le plan de rigueur sans précédent de Hollande

Le plan de rigueur sans précédent de Hollande

 

C’est le titre du Monde qui évidemment se garderait bien d’utiliser le mot austérité pour évoquer la mise en oeuvre jusqu’en 2017 d’une politique si contraire à l’intérêt général de la France mais si conforme   à celui de quelques français.

Mais sachons gré à ce même journal d’avoir rappelé (le 5 juillet) que le service de la dette s’élève à 46 mds d’€ soit un montant pratiquement  quatre fois plus élevé que pour investir.

Que l’on puisse reprocher à la SNCF ou à RFF des manques dans l’entretien du réseau n’étonnera que ceux qui ne chercheront pas les vrais coupables.

 

Valls dans ses oeuvres

 

Le Sénat vient de rejeter (8 juillet) le PLRF pour 2014 et, la Constitution de la V ème étant ce qu’elle est, le dernier mot reviendra à l’Assemblée dans laquelle la conjonction godillots PS-droite semblera moins anormale que la conjonction droite-PC du Sénat; on se demandera en vain pourquoi les « observateurs » au service de la doxa libérale ne fonctionnent que de manière asymétrique et ne relèvent pas ou n’analysent ces apparentes contradictions. 

Pour mâter sinon rassembler sa majorité le PM ne veut pas se laisser arrêter sur la voie des « réformes » et suggère qu’une dissolution pourrait obliger à des clarifications : il est assez incongru d’appeler réformes un catalogue de régressions, même si les défenseurs de l’orientation du PR feront valoir que la priorité à l’Education, nationale, l’enseignement supérieur et la recherche est repérable dans les crédits et la budgétisation des  créations de postes ; on fera cependant remarquer que les résultats aux concours de recrutement amputent sérieusement les effets de l’effort théoriquement consenti et néglige les efforts réels à produire pour redonner du lustre à un ministère dont on apprend que les agents sont parmi les plus insultés ou agressés dans l’exercice de leurs fonctions.

 On s’étonnera, pour le sens du gag inattendu que cela révèle, que les services du PM, déjà entouré d’une pléthore de conseillers, se voient doter de 100 postes supplémentaires! 

A propos de la menace de dissolution, on se souviendra d’abord que depuis 2012,  d’assez nombreux élus l’ont été sans avoir besoin du badge sans doute dévalué du PS, voire en s’opposant à un porteur de cette estampille. La menace de l’absence d’investiture ne serait efficiente que si le financement de la campagne de tel ou tel lui posait réellement problème, ce qui n’est pas évident, vu les habitudes prises ici et là.

 On notera ensuite que la méthode de la menace pour serrer les rangs n’est pas un aveu de force quant à la possibilité d’emporter la conviction sur le bien fondé d’une politique, ce qui revient de fait à considérer comme négligeable le travail parlementaire et à se couler dans un exécutif omnipotent et donc dans un fonctionnement fort peu démocratique, le PR élu mettant en oeuvre sur les questions économiques et sociales de fond, une politique qui n’est pas celle sur laquelle il a obtenu mandat du peuple après sa campagne .

 Tertio et cela vaudrait peut-être la peine que la dissolution ait lieu, le résultat d’un tel coup de poker n’étant pas garanti, une cohabitation, elle, parfaitement contraire une quatrième fois à l’esprit des institutions établirait le constat de la liquidation du PS. Aujourd’hui cela ne ferait qu’accentuer le triomphe de la « mauvaise » finance, du Medef, de l’Agef dans les rapports sociaux, l’absence de sens de l’Etat et le goût des privilèges étant apparemment la chose la mieux partagée de nos politiciens.

Sur les perspectives que recouvre le plan de  « rigueur », on notera que la diminution des dépenses de l’Etat (278, 5 mds d’€ (LF 2014 voté en 2013) , 274,3   en  2015, 272,1 en 2016, 266, 9 en 2017) signifie d’abord que le % du budget de l’Etat par rapport au PIB (dont on ne prévoit pas une baisse proportionnelle) va diminuer sans que les services et la redistributivité assurés par l’Etat soient essentiellement sauvegardés. 

 

Vers quelle rentrée?

 

Cela signifie aussi que le gouvernement est incapable de dire que la politique qu’il suit permettra une relance de l’activité, une hausse significative du PIB, une meilleure rentrée des recettes fiscales et une amélioration aussi bien des conditions de vie des Français que de leur pouvoir d’achat ou de l’emploi.

 A la faveur de la « rigueur » annoncée, c’est en fait un rétrécissement du champ d’action de l’Etat qui est en action.

Il d’ailleurs est tout à fait inapproprié de dire que l’Etat fait plus d’efforts que les collectivités territoriales, alors que d’une part les CT ne peuvent être considérées dans notre Constitution que comme des rouages de l’Etat dans son intégralité et que, d’autre part, on prétend faire une réforme desdites dans des conditions démocratiques plus que douteuses, pour des économies de fonctionnement encore plus douteuses, alors qu’il apparaît clairement que tel n’est pas l’objet véritable de ce projet de remodelage.

 Les économies sur la protection sociale, le renoncement à améliorer la couverture solidaire au profit des assurances privées ou des mutuelles dont les pratiques se rapprochent de celles des assurances, ne sont pas une façon de sauver le modèle social français mais bien de continuer de le miner alors que des moyens de le financer autrement existent.

 Bref alors que Sapin avoue que TAFTA profitera surtout aux USA, que l’amende de BNP-Paribas réveille de leur profond sommeil, comme Rocard, ceux qui soudain découvrent les exorbitants privilèges et les exorbitantes prétentions des USA dans la gestion non seulement des affaires du monde mais pour tous les flux financiers, les négociations secrètes continuent alors qu’elles ne créeront ni emplois ni rentrées financières en France  et continueront de peser sur les peuples dans une austérité parfaitement contraire à l’intérêt général, à la démocratie et à la souveraineté du peuple.

« On ne peut que s’étonner , écrit Nuccio Ordine, de voir comment la rigueur épargne la corruption galopante et les rémunérations fabuleuses d’anciens politiciens, de manageurs,  de banquiers et de superconsultants, et de constater que les nombreux acteurs de la dérive récessionniste ne sont en rien troublés par le fait que que ceux qui en paient le prix sont surtout les classes moyennes et les plus faibles, ces millions d’innocents à qui l’on enlève leur dignité!» ( L’utilité de l’inutile- Les Belles Lettres).

Etonnement rhétorique certes, mais qui nous rappelle étrangement le cri de Stéphane Hessel, « Indignez vous ».

 

L’indignation ne suffit pas, une Fronde non plus!

Pour s’opposer à une mauvaise politique, nécessairement présentée comme la seule possible, il faut de la colère, du courage et le temps de la reconquête des esprits et des âmes. Et une bonne base théorique aussi.

Le couac de la conférence sociale n’en est peut-être pas les prémices.

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