Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale
L’écart dans les comptes de la Sécurité sociale pour la fin 2009 pourrait être de plus de 26 milliards d’euros, dont environ 5 milliards de dette de l’Etat.
En 2010, il pourrait atteindre 38,6 Mds euros...
Ces déficits sciemment construits pour une partie qui devrait être examinée de près, servent de prétextes aux mesures qui sont avancées dans le PLFSS et aux discours des supporters de la majorité.
Ces mesures sont essentiellement autant de régressions pour les droits des assurés sociaux, et n'auront en réalité aucun impact réel à long terme sur les déficits.
il ne nous paraît pas inutile de rappeler le montant des cadeaux récents ou votés dans la foulée de 2007 ou accumulés depuis 2002 aux possesseurs de patrimoines, entreprises comprises: environ 100 mds d’€... (cf. dans ce blog)
Quelles sont les mesures envisagées?
Pour l’ assurance -maladie:
L'objectif national des dépenses de l'assurance-maladie (en technolangue: l’ONDAM) est fixé à +3%.
Depuis plusieurs années, cet objectif est volontairement fixé au dessous des prévisions de dépenses, ce qui permet en cours d'année de contraindre l' UNCAM à des mesures supplémentaires d'économies, d’ajustement , comme on dit.
L'hôpital est déjà asphyxié et les débats sur la loi HPST (Bachelot) ont permis de mettre en évidence la volonté de lui lier les mains face au privé: son taux n'augmentera donc que de 2,8% ce qui permettra de «démontrer» que tous ses malheurs viennent d’une mauvaise gouvernance, alors même que la loi HPST. crée pléthore d’administrateurs dont des super-préfets sanitaires grassement rémunérés !
Curieusement (!) le même taux est affecté à la dépense des soins de ville, alors qu’aucun contrôle des tarifs pratiqués n’est sérieusement envisagé.
Les dépenses du secteur médico-social augmententeraient quant à elles de 5,8%, mais elles ne représentent qu’une faible partie du total.
pour la branche famille;
La politique familiale, qui fut une préoccupation de la droite classique en France, nous voulons dire la droite attachée à un Etat protecteur, est presque devenue elle aussi une variable d’ajustement. RGPP et néo-libéralisme obligent? Aucune mesure nouvelle pour accompagner les familles notamment les plus modestes (revalorisation des allocations familiales, versement dès le premier enfant, SFT...).Le PLFSS estime à 100 000 places supplémentaires l’effort financier pour la garde d’enfant. Dans le même temps on se souviendra de la remise en cause de l’école maternelle pour les enfnats de deux ans et des projets moranesques de jardins d’enfants...
Le grand écart entre les discours sur les bons chiffres de la natalité et la réalité de la politique familiale se poursuit. Les palinodies sur la bonification des retraites des mères en a fourni une nouvelle illustration ( voir ci-dessous)
pour la branche vieillesse:
-la majoration de durée d’assurance ( 8 trimestres de MDA) serait maintenue : les 4 premiers au titre de l’accouchement et de la maternité, les 4 suivants au titre de l’éducation des enfants. La vérification dans la loi que l’adoption ouvre les mêmes droits que la maternité devra faire l’objet d’une vigilance certaine!
Le père pourrait obtenir 4 trimestres au titre de l’éducation;, s'il peut prouver qu'il a élevé son enfant.
A partir de 2010, la première année resterait acquise aux mères en lien avec la maternité, mais la seconde pourrait être partagée entre les parents si accord de la mère dans les 4 ans qui suivent la naissance (d’où la question des enfnats adoptés et accueillis dans un foyer). Cela s’applique aux couples quel que soit leur statut (y compris couples pacsés ou vivant maritalement). Cette proposition est certes meilleure que ce qui avait été envisagé d’abord, grâce à la mobilisation des syndicats, des associations familiales, des réactions d’une partie de l’électorat...Mais le dispositif est n’est pas véritablement pérennisé et des contentieux nouveaux pourraient être portés devant les instances européennes.
Quitte à permettre à celles-ci de se mêler de ce qui ne les regarde pas, les politiques familiales ou salariales ne sont pas dans les traités, même si les juristes euro-intégrationnistes ont leurs jeanclaudemaurins! Mais apparemment nul n’a voulu aller sur le terrain politique et anthropologique: faiblesse de la pensée ou complicité inavouable?
.- enfin la taxation des « retraites chapeau » perçues par les dirigeants des grandes entreprises est une mesure qui va dans le bon sens mais qui ne concerne qu’une poignée de dirigeants! Les recommandations beaucoup plus larges de la Cour des Comptes sur la taxation des stocks-options, comme éléments du salaire, en matière de contributions sociales, ne reçoivent aucun début d’application, faisant ainsi perdre plusieurs milliards à la Sécu.
Rien ne permet de penser que, comme souvent en pareille occasion, un élu particulièrement vicieux, mais oui, ou téléguidé, mais si, ne déposera pas un amendement chantourné ou un cavalier législatif hors de propos pour aggraver telle ou telle condition d’ouvertures de droits, y compris sur les retraites ...
Car sur le PLFSS comme sur le PLF ce dont ne se méfient pas assez les citoyens, c’est de la capacité de nuisance de leurs propres élus et en principe, mandataires!