Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
Petit rappel après le meeting de soutien hier au gymnase Japy ( Paris XI)
http://www.greekcrisis.fr/2015/01/Fr0394.html#deb
Panagiotis Grigoriou, 15-01-15
C’est pour cette raison que le chef du parti de la Gauche radicale, a tenu clarifier cette semaine sa position quant aux coalitions possibles et particulièrement impossibles: “Si le cas se présente par la force des choses, SYRIZA se refusera de former un gouvernement s’alliant aux formations politiques constituées à partir d’un matériel obsolète, c’est à dire: la Nouvelle démocratie, le PASOK, ainsi que les deux nouveaux partis, la ‘Rivière’ (To Potami) de Stávros Theodorákis et le récent mouvement séparatiste du PASOK de Yórgos Papandréou. Et en ce qui concerne le parti de la Gauche démocratique, nous verrons après les élections ce qui pourrait être fait de concert”.
Au même moment les dernières déclarations d’Antonis Samaras sur l’immigration et sur SYRIZA, en exploitation trop rapide (et ratée) du terrible assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, ainsi que de sa participation à la marche des officiels hypocrites à Paris, ont inévitablement inspiré les caricaturistes de la presse grecque, surtout de gauche, à l’instar du “Quotidien des Rédacteurs” avec son... dessin de “Caméléon-Samarás”. Et dans un autre dessin inspiré du célèbre instantané européen de mars 1945 à Berlin, le très jeune “combattant Samarás” s’adresse alors à... son chef: “Chef, nous manquons de peu pour reprendre nos villes des immigrés clandestins”. La réponse du chef demeure alors... historiquement éprouvée: “Bravo mon fils ! Tu es sur la bonne voie!”.
| Chef, nous manquons de peu, pour reprendre nos villes. “Quotidien des Rédacteurs” du 12 janvier |
Samarás et les siens poursuivent alors une campagne électorale dans la lignée ainsi que dans la sémantique du vieux triptyque idéologique: “Patrie - Religion - Famille”, cristallisé entre la fin du XIXe siècle et les années 1930, avant d’être... normalisé par l’État de la droite triomphante (et accablante) de l’après Guerre civile (1949) et surtout, par les Colonels dictateurs (1967-1974).
Comme la peur du Grexit n’a pas fonctionné, voilà que Samaras met désormais en garde les “bons pères de famille quant au péril SYRIZA, lequel aussitôt accédant au pouvoir, il va destituer les icones des murs de notre administration publique et combattre notre orthodoxie”, voilà pour l’essentiel de la “menace” lorsqu’on sait déjà que l’État grec n’est pas... tout à fait laïque. Un candidat à la députation Nouvelle démocratie a même confondu le symbole du Saint-Esprit... avec l’oiseau stylisé de Twitter, reproduit par SYRIZA pour les besoins de l’échange organisé mercredi 14 janvier entre Aléxis Tsípras et la large... poly-ethnie des twiteurs. Le candidat... trop inspiré, insiste sur ce “blasphème” par allusion au Saint-Esprit, la presse en rit et en plus, l’échange Twitter d’Aléxis Tsípras a été un succès.
Le ridicule ne tue pas, hormis celui de la politique d’Antónis Samarás et de Mariano Rajoy. La grippe saisonnière tue déjà davantage cette année que par le passé, conséquence de la dégradation volontaire et pour tout dire criminelle du système de Santé. Et quant à la “grippe espagnole” du XXIe siècle, elle se dénomme austérité, ce qui reste encore un euphémisme manipulateur appartenant au vocabulaire de la novlangue imposée par les élites financieristes, et par leurs valets politiciens, devenus comme on sait tout d’un coup “Charlie”, pour ainsi faire mieux passer la pilule en cours, ainsi que toutes celles qui vont suivre.
Aucun domaine n’est épargné. Éducation, Travail, Retraites, Santé. Un médecin racontait de ce fait récemment (radio 105,5, le 14 janvier), combien la suppression de la couverture Santé pour plus du quart de la population du pays (3.068.000 citoyens, 12ème Congrès “Health World” en septembre 2013), prive par exemple les malades souffrant de leucémie de leur traitement. Ce sont alors d’autres citoyens souffrant du même cancer, qui ont décidé d’offrir une portion de leurs médicaments afin de constituer une réserve destinée aux exclus du système.
D’après les données disponibles (entre autres rendues publiques par les médecins résistants et solidaires du Centre médical gratuit à Ellinikón, près d’Athènes, suite à une idée du cardiologue Yórgos Vichas), le budget de la Santé publique en Grèce a subi une amputation de 48% depuis 2009, près de 3.000 médecins ont été obligés de quitter le système de Santé tandis que 6.000 médecins exercent ces dernières années... en Métropole (Allemagne), loin des catastrophes que frappent alors l’indigénat européen.
“Il règne la plus grande confusion à propos de la Grèce, faisant craindre un défaut par inadvertance que personne pourtant ne recherche... Un nouveau plan de sauvetage est inévitable, mais il a tout du train fantôme. Comme s’il était espéré un miracle qui n’interviendra pas, même si SYRIZA ne l’emporte pas. Car il n’y a pas d’autre solution que de financer la dette pour la faire rouler, si l’on ne veut pas de défaut ou de restructuration, la rembourser étant hors de portée avec un excédent primaire au mieux très fragile, et au pire le résultat de douteuses écritures comptables.”
“Mais quelles en seront les inévitables contreparties, alors que celles qui étaient réclamées par la Troïka pour conclure le plan précédent restent en suspens, et que le pays continue de s’effondrer ? La reprise tant vantée est en trompe l’œil selon SYRIZA, qui énumère le taux de 35% de créances douteuses des quatre principales banques du pays, les 70 milliards d’euros d’impayés des particuliers et des entreprises envers l’État, et les 13,5 milliards d’euros dus aux caisses d’assurance sociale. La Grèce est au bord de la banqueroute et l’on voudrait lui imposer de nouveaux sacrifices pour qu’elle rembourse sa dette ? Ce n’est plus de l’aveuglement, c’est de l’acharnement.”