Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
La rentrée 2010 a été caractérisée par la mise en place de réformes ineptes et régressives, dans un contexte de massacre budgétaire et de mise sur le terrain d'enseignants dépourvus de formation professionnelle normale.
Pour la droite, au moins, le métier d'enseignant n'existe pas et le principe même d'un service public d'éducation, institution de la République laïque, une et indivisible est presque une aberration historique.
Moyennant quoi, la même droite n'aurait besoin que de maîtres soumis, taillables et corvéables à merci pour l'immense majorité des élèves!
On se souvient peut-être du mathématicien Laurent Lafforgue quittant une commission dans laquelle siégeaient en nombre des représentants de l'administration de l'EN et disant que voir les responsables de l'état actuel de l'EN faire partie d'une commission chargée de proposer son amélioration, c'était comme inviter "les khmers rouges à une commission des droits de l'homme..."
Par delà l'exagération polémique du propos, malheureusement prise seulement comme une exagération, par des partenaires représentant les professeurs, on peut constater, avec le témoignage ci-dessous, que les choses n'ont fait qu'empirer et qu'un certain nombre de pseudo-hiérarques sont totalement "décomplexés", produisant ainsi un festival d'arrogance, de bassesse et de connerie!
L'EN comme l'Université n'ont jamais réussi à se débarrasser de leur origine cléricale, de la hiérarchie aussi pesante qu'inutile, du comportement conformiste ou courtisan de ceux qui préfèrent y faire carrière plutôt que de remplir une mission d'intérêt général au service de tous dans un idéal laïque et démocratique...
Nous atteignons là les abysses et la profondeur de certains fait encore débat !!
Sans oublier que les remarques de certains de ces "formateurs" de formateurs sont de purs dénis du statut de la FP, du statut particulier des enseignants, du principe général de droit à la formation professionnelle... Sans parler du simple respect dû en république à des citoyens égaux, égalité qui prime sur les "hiérarchies" propres à la division technique du travail!
Décidément pauvre France avec d'aussi dangereux crétins pour la diriger... Encore plus de matière à affliction, quand on songe que l'avenir de la jeunesse pourrait être exclusivement préparé par des jean-foutre liquidateurs!
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Cher collègue,
Je me permets de vous envoyer ce mail car je voudrais témoigner directement de ce que vivent les professeurs stagiaires lors de leurs formations organisées par le corps d’inspection.
Lors de la réunion de « formation » du vendredi 3 décembre, qui s’est tenue au lycée Gustave Eiffel à Bordeaux, les professeurs stagiaires ont été conviés à suivre un cours magistral de 9h30 à 12h30.
Les interventions successives n’ont répondu en rien à nos demandes les plus pressantes et à nos inquiétudes.
La première traitait de l’organisation interne d’un rectorat, avec toutes ses strates de responsabilités, la seconde expliquait avec un tableau obsolète comment les IPR décident d’une note pédagogique lors de leurs visites etc…
A la fin de la troisième intervention détaillant les droits et devoirs du fonctionnaire, un responsable des ressources humaines nous a rappelé que nous « devions » 35 heures par semaine à l’Etat et que nous n’étions pas une profession libérale et que nous dépendions d’une hiérarchie structurée.
Inutile de vous préciser que beaucoup d’entre nous ont très mal apprécié ce « petit rappel » qui, en plus de résulter d’un postulat douteux, prouve encore une fois (et c’est peut être le plus grave) que les autorités sont bien loin de la réalité de ce que vivent les professeurs stagiaires !
D’ailleurs à la fin de l’intervention, un collègue a posé la question suivante : « tout ce que vous nous dites est certes intéressant et je suis d’accord qu’en tant que fonctionnaire, nous nous devons de connaître le fonctionnement de notre institution mais qu’en est-il de notre droit à la formation disciplinaire ? Nous n’avons encore eu à ce jour aucune formation ! »
A cette invective fortement applaudie par tous, une inspectrice a pris la parole et a répondu : « Il faut savoir qu’il est du devoir de tout enseignant de s’autoformer et les tuteurs sont aussi là pour vous aider… ».
Pour la matinée de ce vendredi 3 décembre je regrette tout simplement que le contenu de la formation soit non pertinent par rapport à nos nombreuses attentes.
Ce problème de formation des profs stagiaires est un problème maintenant connu et je n’aurais pas pris la peine de vous écrire pour quelque chose que vous connaissez déjà. En fait, je voudrais surtout vous rendre compte de ce qui s’est passé l’après midi de cette « formation ».
A notre grande surprise, à 14 h, lorsque la réunion a repris, nous avons vu se succéder à la tribune deux militaires, un major et un colonel (si je me souviens bien) accompagné d’un IPR d’histoire géographie et d’un professeur agrégé d’histoire, commandant de réserve.
Les thèmes abordés ont été alors plus exotiques les uns que les autres, « l’enseignement de la défense », « la défense aujourd’hui : nouvelles menaces, nouvelles configurations, les enjeux », « un exemple de partenariat Défense/ lycée », « le recensement et la JAPD » etc.
Tous ces thèmes ont été servis avec une sauce idéologique particulièrement intéressante : « Grâce à dieu, grâce à dieu, grâce à dieu nous connaissons la paix en Europe depuis plus de 60 ans ». « La paix a été préservée grâce à la bombe nucléaire » etc…
Nous avons aussi été incités à orienter nos élèves en difficulté vers des carrières militaires !! Tout ça avec en arrière plan des images de jeunes militaires avec des armes à la main en exercice de tir etc…
Nous avons été plusieurs à nous demander si ce n’était pas une mauvaise blague avec une caméra cachée…
Evidemment beaucoup de nos collègues furieux que l’on se moque de leurs préoccupations quotidiennes (apprendre à construire des séquences de cours ou évaluer les élèves par exemple) ont déjà commencé à quitter massivement les lieux… L’IPR, irrité, alors lâche quelques remarques injurieuses allant jusqu’à remettre en doute notre posture professionnelle.
Peut être aurait-il dû se féliciter d’avoir devant lui des enseignants avec un esprit critique !
La fin de la séance a été épique, l’IPR nous a interpelés : « Bon… nous sommes en retard mais … A qui la faute ? » … Il a ensuite apostrophé une professeur stagiaire qui était en train de se diriger vers la sortie et lui a dit « Mademoiselle, vous n’avez pas le droit de quitter la salle, vous êtes payée pour suivre ces formations »… A la professeur stagiaire de lui rétorquer courageusement « J’ai un train à prendre, il est 16h 31 et je ne suis payée que jusqu’à 16h30 ».
Face à l’hostilité généralisée et réciproque, beaucoup ont quitté la salle. Le commandant de réserve, visiblement en colère se permet une comparaison hasardeuse : «En salle des profs, on entend des conversations d’intellectuels qui ne servent à rien alors que nous dans l’armée on est dans l’action pour la nation »
et enfin, un autre gradé de l’armée prend la suite en affirmant de manière décomplexée qu’il n’y a pas de déontologie dans l’éducation nationale !
Pour conclure, nous nous sommes tous sentis insultés tant par le choix des thèmes abordés qui témoignent d’une ignorance totale de nos problèmes quotidiens que par des propos inacceptables à notre égard et sur l’ensemble de la profession que, quelque part nous représentions ce jour là.
J’attends une réponse des autorités compétentes.
Je souhaite évidemment rester anonyme.
Cordialement
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L’avenir est au Service Public !
C’est parce qu’elles partagent cette conviction que plus de quarante organisations
politiques, syndicales, associatives, ont lancé en décembre 2009 les États généraux du
Service Public.
Des collectifs locaux ont commencé à se réunir, à s’adresser à la population, à travailler.
Face aux attaques qui se déchaînent et qui pèsent sur les territoires, que ce soient par la
RGPP, les privatisations, la dégradation des missions… la résistance collective est toujours
aussi indispensable, mai spas suffisante. Il s'agit maintenant de reprendre une offensive
concertée et d'avancer des services publics plus démocratiques, réalisant effectivement
l’égalité des droits pour tous, plus efficaces partout et pour tous.
Prochaine étape à Orly*
les 29 et 30 janvier prochains avec la convocation des
États généraux du Service
Public,
associant collectifs locaux, organisations, personnalités, chercheurs...
Au menu de ces journées d'échanges et de travail mais aussi de mobilisation, ateliers et
table-ronde:
• Quels besoins ? À quels niveaux (monde, Europe, nation, collectivités territoriales) ?
• Quelle propriété publique ? Quelle place du privé (associatif, à but lucratif ou non, entreprises) ?
• Quels financements ? Impôts, tarification, cotisations… quid de la « gratuité » ?
• Quelle démocratie ? À tous les niveaux, pour les usagers, les citoyens, les personnels, les éluEs.
• Quels agents ? Pourquoi la défense et la transformation du statut face au contrat ?
... idées et propositions sur ces questions d'avenir.
*Mairie d'Orly -Val de Marne.