Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
"L’enjeu des élections de mars est à la fois régional et national" : interview de Laurent Fabius au ’Bien Public’
Interview dans ‘Le Bien Public’ dimanche 21 février.
« Pour vous, quel est l’enjeu majeur des élections régionales ? Faut-il y voir un scrutin-test pour le Parti socialiste ?
L’enjeu est à la fois régional et national. L’enjeu régional, c’est de désigner les projets et les équipes dans les régions pour les années qui viennent. Les électeurs estiment que les socialistes ont fait du bon travail et ils se reconnaissent dans leurs propositions. Mais il y a aussi un enjeu national. Le président de la République a dit qu’il tiendrait compte du résultat. Après les deux tours des élections, il y aura donc un 3e tour, celui des décisions gouvernementales sur les retraites, l’école, les collectivités locales. Si on veut peser de façon positive pour empêcher le tour de vis, il faut que le résultat des régionales soit favorable au PS. Sinon, le gouvernement n’infléchira pas sa politique : pire, il l’aggravera. »
Retrouvez l’intégralité de l’interview de Laurent Fabius sur www.laurent-fabius.net.
Ségolène et autres nains...
Le journal Le Monde qui persiste à vouloir jouer un rôle politique plutôt que de se consacrer à un travail d’information critique, complet et sans a priori idéologique, travail certes difficile, offre quatre pages et la Une de son magazine à madame Royal.
Comme il est obligeamment précisé pour la candidate battue d’une élection imperdable que son «avenir national dépend de la reconduction de son mandat à la tête de la région» Poitou-Charentes ( encore un nom de région fort mal construit), on en conclura sans grand effort et même avec une once de paresse intellectuelle que cet organe de presse s’intéresse surtout à l’élection de 2012. Rien dans le corps de l’article ne contredit cette hypothèse.
Il n’est pas dit que du bien de la patronesse du Poitou (ou de l’Aquitaine septentrionale), mais l’article est plutôt bienveillant en lui accordant une personnalité singulière, hors norme... A défaut de charisme réel, une image exploitable dans et par les media.
Rien oublié...
Il faut pourtant se souvenir de faits bien moins positifs, pour comprendre que toute entreprise de revalorisation de madame Royal est un enfoncement dans le néant de notre pays.
Candidate à la candidature dans un PS dirigé par son ex-compagnon, choyée par les media bien pensants que son absence totale de doctrine construite face à celle de la droite rassurait, tolérée puis soutenue par des caciques obnubilés par les sondages d’une part, leurs propres rancunes, divisions et haines recuites d’autre part, elle réussit à imposer à un appareil amorphe une invasion par ses comités de soutien extérieurs à son propre parti.
L’état réel de la démocratie interne fit le reste et la candidate des media, madonifiée s’imposa face aux deux seuls dirigeants socialistes qui fissent le poids face à la machine de guerre de la droite réunifiée...
L’absence de projet réellement alternatif, autrement dit véritablement de gauche amena, chemin faisant, la candidate à se démarquer du programme officiel de son camp et à se rapprocher de plus en plus des thématiques sociétales du liquidateur déguisé en patriote que la droite avait, volens, nolens, choisi comme son meilleur candidat possible.
La dramaturgie de la campagne ajouta au vide sidéral de propositions incapables de mobiliser un peuple de gauche déjà durement éprouvé par les réformes raffarinesques, la trahison du TCE et l’absence sur le terrain législatif d’une opposition engluée dans la gestion des ses baronnies ou de ses égotismes.
Un parti d’élus n’a pas de légitimité mais il a des clients et des électeurs, réduits à l’état de consommateurs de spectacles politiques, comme jadis la plèbe romaine, fier peuple conquérant et bâtisseur, au panem et circenses....
Personne n’a entendu la candidate s’exprimer sur l’affaire Frêche, qui pourtant mieux que tout autre événement traduit l’imposture d’un parti qui serait réduit aux tactiques électorales à court termes d’élus... Certains de ses proches ou ex-proches ont cependant cru devoir soutenir jusqu’au bout et même après une décision du bureau national cependant largement majoritaire, le satrape septimanien, ayant pour seule circonstance atténuante, solide il est vrai, l’entérinement hâtif dans un premier temps par la direction du parti, d’une liste comportant un exclu de ce gabarit...
Rome n’est plus dans Rome!
Le-dit Frêche ayant annoncé qu’une fois élu, lui, réglerait ses comptes avec la candidate officielle qui lui avait succédé à la mairie de Montpellier et avec Martine Aubry, «indigne d’être présidente de la République», selon ce grand moraliste, tout socialiste qui soutient le personnage avoue ipso facto une conception de la vie politique assez éloignée de ce qu’on devrait pouvoir attendre de militants attachés à la démocratie, au progrès et à l’humanisme... Sans rien dire du corps de références philosophiques qui fondent encore le socialisme à la française!
On pourrait dire, mais cela ne vaudrait pas absolution, que les déclarations du squatter de l’Elysée contre un ancien premier ministre avec une allusion sordide à un croc de boucher, image ignoble et historiquement liée à la période de la répression qui suivit l’attentat contre Hitler en juillet 1944, sont pires. Même en pensant que la culture d’un président qui supprime l’enseignement obligatoire de l’histoire dans une section qui voit passer, au moment où la majorité de ces élèves deviennent majeurs, le plus gros contingent des bacheliers de l’enseignement général, pourrait ne pas connaître ce détail de l’histoire, l’image n’en demeurerait pas moins parfaitement disqualifiante pour celui qui a osé la proférer...
Pauvre France donc dont le président est en outre un imprécateur...
Mais qui, par sa... faiblesse prévisible, a permis l’élection dudit président sinon une candidate sans visée historique ni grandeur propre et dont les seuls arguments, de fait, furent sa qualité de femme et ses vêtements blancs? Un parti déboussolé, un électorat publiphage, une complicité baronniale, comme au jeu de bonneteau, bref une épouvantable sottise politique que l’idéologie complaisamment répandue de la fin de l’histoire n’excuse nullement, voilà ce qui a mis l’Autre à l’Elysée.
Et certains voudraient rejouer le même film...
La gauche gagnera certainement les élections régionales mais le taux d’abstentions attendues, la division durable dont une campagne multiplie les formes d’expression, la faiblesse idéologique d’une opposition qui ne sait rien proposer de mobilisateur et de crédible à la fois, laissent penser que les régressions mises en place par la bande à Sarko ne seront pas défaites par l’hypothétique vainqueur de gauche à la présidentielle de 2012.
Faute de travail de philosophie politique, faute de réflexion sur la légitimité d’un élu, faute de mise à jour de la notion d’Etat dans une société humaine qui a besoin pour tenir debout, croire en elle-même et projeter sa culture et ses valeurs universelles, à nouveau d’une utopie fondatrice et non pas de l’accompagnement stupide, à peine corrigé à la marge et encore pas toujours, d’un système économique dont l’exacerbation sans contrôle et la concentration en peu de mains conduit à des catastrophes financières ou écologiques qui lèsent l’immense majorité des populations de la planète, quand les élites sont exonérées de toute contribution crédible à la solidarité, quand la corruption mine tous les rouages, quand l'obscurantisme le plus criminel grandit parce que l’avenir semble bouché pour les plus nombreux, les plus jeunes, les plus faibles, quand on parle de sociétés post-démocratiques, dans le peu de pays où la notion de démocratie a pu avoir une traduction effective et concrète, le temps de la colère ou celui du malheur est proche. Mais point n’est besoin d’espérer...