Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
LA CES SOUHAITE UNE EUROPE “COOPÉRATIVE” ÉQUITABLE, ET NON PAS UN PACTE DE COMPÉTITIVITÉ BASÉ SUR LE “NIVELLEMENT VERS LE BAS”
Les Chefs d’États et de Gouvernements de la zone euro vont dans la mauvaise direction lors des discussions sur un « Pacte de compétitivité salariale » qui ont lieu aujourd’hui au sein du Sommet informel de la zone Euro. Dans une résolution approuvée à l’unanimité par son Comité exécutif de mars, la Confédération européenne des syndicats (CES) demande instamment un changement de cap fondamental et préconise, à la place, un pacte pour plus d’équité et d’égalité.
Le « Pacte de compétitivité » concerne fondamentalement l’exportation à l’ensemble de la zone euro du modèle de modération salariale suivi par le noyau dur de la zone euro cette dernière décennie. Ce Pacte, avec sa comparaison stricte des coûts unitaires de la main-d’œuvre, forcera les Etats membres à entrer dans une spirale compétitive vers les bas en matière de salaires et de conditions de travail. Ceci risque d’enfoncer encore davantage l’économie dans la déflation et la dépression. Pendant ce temps, les bénéfices, les bonus et les dividendes explosent, notamment pour nombre de ceux dont les actions ont été à l’origine de la crise.
La CES s’oppose fermement à cette approche de la compétitivité européenne. En revanche, l’Europe a besoin d’un pacte pour plus d’équité et d’égalité, incluant :
· la mobilisation de nouvelles sources de financement en introduisant une taxe sur les transactions financières, comme l’a proposé le Parlement européen, en s’attaquant aux paradis fiscaux et à la concurrence fiscale sur le marché intérieur ;
· des Eurobonds pour montrer aux marchés financiers que l’Europe est déterminée à faire bloc pour traverser les crises ;
· un vaste programme d’investissements s’élevant à 1% du PIB européen afin de s’attaquer au chômage, en particulier au chômage des jeunes, pour améliorer les structures industrielles et les infrastructures et offrir aux pays en difficultés la possibilité de relancer leur économie en vue de sortir de l’endettement ;
· la réduction significative des secteurs des bas salaires de l’économie en fixant des seuils de salaires minima en dessous desquels les salaires ne pourront pas descendre, tout en incitant les institutions à étendre la couverture des négociations collectives ;
· la réglementation effective des marchés financiers.
John Monks, Secrétaire général de la CES, a déclaré : « Les règles de la monnaie unique ont été sérieusement menacées notamment par une stratégie décennale de stagnation salaires et par davantage de précarité de l’emploi. Pour rééquilibrer la zone euro, cette stratégie doit maintenant être réétudiée en introduisant des seuils de salaires minima, en respectant le principe « à travail égal, salaire égal », et en s’attaquant aux problèmes engendrés par l’effondrement des marchés financiers par de nouvelles initiatives sur ces marchés, et non sur les marchés du travail ». « S’attaquer aux négociations collectives ne mènera à rien pour l’Europe. Il est illusoire de penser que la monnaie unique peut être sauvée en répétant le même type de politiques que celles qui ont contribué à mettre la zone euro dans le pétrin. Le « Pacte de compétitivité » qui est proposé creusera les inégalités et déséquilibrera encore plus la zone euro » a-t-il ajouté.
Résolution de la CES : http://www.etuc.org/a/8448 (Version française à suivre)
LA COMPÉTITIVITÉ DE l’UE:
LES SYNDICATS EUROPÉNS DISENT NON À LA GOUVERNANCE DE L'AUSTÉRITÉ
Le 10 mars 2011
A la veille du Sommet sur la compétitivité qui se tiendra demain à Bruxelles, la Confédération européenne des syndicats (CES) a envoyé aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE une lettre signée par les principaux dirigeants syndicaux européens, appelant à modifier l’approche actuelle en matière de gouvernance de l’austérité et à adopter une approche dont les objectifs centraux sont la croissance et les emplois.
La CES est fortement opposée à la manière dont le concept de gouvernance économique de l’UE est mis en oeuvre et aux propositions actuelles concernant le “Pacte de compétitivité”.
Le mouvement syndical européen trouve profondément injuste que les travailleurs paient pour les folies des marchés financiers.
Les propositions actuelles visent à exercer une pression à la baisse sur les salaires et à entraver les négociations collectives et l’autonomie des partenaires sociaux. Si cette approche est confirmée, c’est tout le concept d’Europe sociale qui est gravement menacé.
Au contraire, l’Europe a besoin de croissance et d’emploi, et d’une approche plus imaginative de la compétitivité.
Dans ce contexte, les syndicats européens ont demandé le soutien du Conseil européen concernant les taxes sur les transactions financières, concernant les euro-obligations, et concernant un vaste plan européen sur le chômage des jeunes, le groupe le plus durement frappé par la crise. L’acquisition de nouvelles compétences et une nouvelle approche à l’égard des investissements dans l’industrie et dans le développement durable constituent également des éléments essentiels pour l’avenir de l’UE.
“Le Pacte de compétitivité, avec ses comparaisons salariales strictes, contraindra les Etats membres à s’engager dans une spirale vers le bas des salaires et des conditions de travail. Cette situation précipitera l’économie dans le piège de la déflation et de la dépression. Entre-temps, les bénéfices, les bonus et les dividendes exploseront” a déclaré John Monks, Secrétaire général de la CES. “Attaquer les négociations collectives est une voie sans issue pour l’Europe. Il est illusoire de penser que la monnaie unique peut être sauvée par une gouvernance de l’austérité. Le “Pacte de compétitivité” qui est proposé augmentera les inégalités et déséquilibrera encore davantage la zone euro” a-t-il ajouté.
Lien vers la lettre: http://www.etuc.org/IMG/pdf/280211_Letter_to_EU_Heads_of_State_and_Government-FR-2.pdf
Lettre ouverte aux signataires de l’appel intitulé : « pour une nouvelle politique de l'Union Européenne au Proche-Orient »
Cher-es camarades
Le Bureau national de l’UJFP tient à vous exprimer les raisons pour lesquelles votre appel nous semble infondé et inopportun.
Certes, demander des sanctions à l'Union Européenne comme vous le faites est absolument nécessaire, c'est ce à quoi s'emploie le mouvement de solidarité dont nous faisons partie depuis plus de 10 ans. Réaffirmer cette nécessité n'est donc pas une découverte, tant il est clair pour nous tous que l'obtention de sanctions de l'UE reste l'objectif majeur, le seul de nature à obliger Israël à changer de politique.
Pourtant votre texte ne précise pas que depuis plus de dix ans, malgré tous nos efforts associés, et encore aujourd'hui, nous nous heurtons à une Union Européenne dont ce n'est absolument pas l'objectif. Bien au contraire l'Union Européenne, non contente de refuser toute mesure coercitive à l'égard d'Israël, n'a de cesse de renforcer ses liens avec Israël, malgré sa politique, malgré ses crimes, malgré le rapport Goldstone sur Gaza, malgré les rapports des propres experts de l'UE. Bien que les eurodéputés s’y opposent constamment et fermement, l’UE a récemment (22 février) rehaussé de facto son accord d’association avec Israël.
La vraie question demeure à nos yeux, et si l'on ne souhaite pas en rester au stade des vœux pieux : comment?
Comment faire pression sur l'UE afin de l'obliger, contre sa volonté exprimée et réitérée, à prendre des mesures sanctionnant la politique israélienne?
A cet égard, votre lettre ne mentionne pas l' appel palestinien du BDS de 2005. Faut-il rappeler qu’il émane pourtant de 172 associations, syndicats, partis, représentant largement la société civile palestinienne, et qu’il propose une stratégie en trois points : B pour Boycott , D pour Désinvestissement et S pour Sanctions.
Dans un appel au boycott, le fait que les victimes d’une situation appellent le monde à se solidariser par le boycott est évidemment décisif. La moindre des choses est de tenir compte de leur argumentation.
C’est d’abord important pour répondre à tous nos adversaires qui argumentent sur le thème « le boycott pénalise d’abord les Palestiniens, ce sont eux qui vont y perdre travail et revenus ». Soit dit en passant, c’est ce que disaient les bonnes âmes qui tout en s’affirmant hostiles à l’apartheid sud-africain récusaient l’arme du boycott. Et déjà la campagne anti Outspan disait «Ce sont les représentants qualifiés des Noirs de la République Sud-Africaine qui appellent au boycott, ils savent les risques et les sacrifices qu’ils prennent. Boycotter, c’est les respecter».
Ensuite, cet appel de l'ensemble de la société civile palestinienne, veut agir pour l’unité du peuple palestinien, malgré l’éclatement organisé par l’Etat israélien entre Cisjordanie, Gaza, Jérusalem Est, Palestiniens de 48 et réfugiés hors Palestine. Et donc ce n’est pas une campagne qui porte uniquement sur le retrait des territoires occupés de Gaza et de Cisjordanie, mais également sur le droit au retour des réfugiés et sur le refus des discriminations au sein de l’État israélien. Il ne s’agit pas de maximalisme, mais de simple respect du droit international, des résolutions et de la Charte de l’ONU.
En appelant au boycott des seuls produits des colonies, vous ne répondez qu’en partie aux objectifs visés par la campagne du BDS telle qu'impulsée par les principaux intéressés.
Avec la plupart d’entre vous, nous avons signé l’appel souvent connu sous le nom d'«Appel Hessel» pour dénoncer les poursuites contre tous ceux qui avaient préconisé le boycott sous une forme ou sous une autre, quelle que soit la position de chacun des signataires sur le sujet: boycott du régime, boycott des produits des colonies ou contre le boycott.
Bien sûr, il est légitime pour les partisans du seul boycott des produits des colonies de développer leur argumentation. Toutefois, nous ne voudrions pas qu’à l’extérieur certains lisent ce nouvel appel comme un correctif de l'Appel Hessel . Ou que, sans égard pour l’argumentation commune que nous avons eue contre les poursuites judiciaires, ils considèrent que vous ne défendez le droit qu’à certaines formes de boycott, alors que les procédures suivent leur cours et que, malgré les points que nous avons marqués ensemble, la relaxe des mis en examen est loin d’être assurée.
Par ailleurs, vous omettez de dire que l’Etat d’Israël , comme l’a montré la campagne contre Brita-Soda Club, est reconnu par la Justice européenne comme en infraction permanente sur l’étiquetage de ses produits, car il refuse de reconnaître aujourd’hui mêmes les frontières de 1967. C’est ce que le constat d’huissier sur les marchandises Agrexco dans le port de Sète vient de confirmer. Dès lors, il faut dire aux consommateurs que la seule solution s’ils veulent être sûrs de ne pas acheter un produit des colonies, c’est de ne pas acheter israélien. C'est d'ailleurs précisément la position du Collectif National pour une Paix Juste entre Israéliens et Palestiniens, que certaines de vos organisations ont adoptée.
Enfin, votre choix nous semble faire l’impasse sur le travail d'information et de mise à jour, réalisé notamment par la campagne «Who profits?» créée et animée en Israël par la «Coalition des Femmes pour la Paix», sur les profits que la plupart des entreprises israéliennes et de fort nombreuses sociétés multinationales tirent de la colonisation. Impasse sur le travail du «Centre d' Information Alternative» (AIC) sur l'implication directe du système universitaire, et d'autres institutions israéliennes dans l'occupation et la colonisation. Impasse enfin sur le mouvement «Boycott From Within» constitué de plusieurs associations et individus d'Israël, qui soutiennent l'appel palestinien du BDS et appellent au boycott du régime, de ses institutions, et de ses produits, eux-mêmes pouvant difficilement boycotter toutes les productions israéliennes...
Nous percevons votre démarche comme une façon de répondre à l’argument qui prétend qu’en boycottant tous les produits israéliens (et ses institutions si on fait référence au boycott culturel universitaire et sportif), on veut la destruction de l’Etat d’Israël.
Il y a là un sophisme.
Contre l’apartheid en RSA, la campagne menée ne proposait pas de ne boycotter que les produits des bantoustans. Mais ce sont bien les structures du Régime de l'Etat sud-africain qui étaient visées.
En Israël, ce sont bien les éléments structurels d'un régime politique que nous visons: Occupation, Colonisation, mais aussi Discriminations inscrites dans la législation. Nous visons les institutions universitaires qui sont activement et directement impliquées dans ces discriminations, dans l’occupation et la colonisation et nous visons les institutions culturelles qui tentent de diffuser dans le monde, contre toute réalité, l'image de marque d'un Israël démocratique.
Nous sommes favorables au droit pour un collectif juif de vivre en Palestine, dans les limites de l'Etat israélien actuel, aux côtés d'un Etat palestinien, ou dans le cadre d'un seul Etat sur le territoire de la Palestine mandataire. Mais ce collectif ne peut espérer vivre durablement en paix dans cette région du monde sans reconnaître les droits du peuple palestinien et sans reconnaitre la Naqba. Il n'est pas «réaliste» de vouloir tabler pour la paix sur de nouveaux renoncements palestiniens, et d’accepter un «Etat juif et démocratique», c’est-à-dire démocratique pour les Juifs et opposant son caractère juif aux revendications palestiniennes.
Votre appel nous semble à ce titre participer au maintien du rapport de forces en vigueur. Ce faisant, il méconnaît le fait majeur qui est que pour la première fois en dix ans, grâce à la campagne internationale du BDS, Israël manifeste ouvertement son inquiétude quant à sa position internationale et que précisément «les lignes commencent à bouger.» Or c'est là tout notre espoir.
Salutations militantes
Le 11 mars 2011