Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
Il est certes difficile de concevoir qu'un chirurgien doué ait préféré créer une clinique d'implants capillaires (hors tout contrôle de la Sécurité sociale et pour une clientèle n'ayant pas besoin de remboursement), que cet aveu pour le choix du pognon n'ait alerté personne, à part peut-être Sarkozy quand il lui a proposé la présidence de la commission des finances de l'Assemblée nationale, et qu'un tel homme ait été nommé ministre du Budget dans une période où l'on impose l'austérité perpétuelle, car un plan en appelle un autre, aux salariés et retraités normaux...
Il est encore plus étonnant que le baratin du G 20 sur les paradis fiscaux n'aient été suivi d'aucun acte concret efficace, sauf contre Chypre et pour des raisons inavouables quand les avoirs des banques du Luxembourg représentent 23 fois le PIB du grand-duché...
L'argent sale de toutes les mafias, celui des milliardaires qui veulent s'exonérer de toute solidarité avec leurs concitoyens, concept, il est vrai, vide de sens pour eux, tout cela aide les banques et une poignée de leurs dirigeants , à prétendre régenter sans contrôle le monde. A peine l'UE réfléchit- elle à un pâle ersatz de la taxe Tobin que les banquiers français poussent des cris d'orfraie et hurlent au risque de délocalisation! Il est vrai que de mauvais esprits avaient jugé la pitoyable loi bancaire française qui vient d'être adoptée comme de nature à attirer en France les financiers de la City!
Faut-il penser que comme pour éviter la contagion quand on décèle une bête malade dans un troupeau, il faut décidément l'abattre en entier?
Mais où sont les hommes d'Etat capables au moins par métaphore d'invoquer la terreur et la vertu? D'ailleurs, où sont les hommes d'Etat?
Cahuzac vaut bien la piscine de Takkiédine, mais 600 000 €, c'est 100 fois moins que les 60 millions planqués en Suisse évoqués au début de l'affaire sparadrap Woerth-De Mestre-Bettancourt-Sarkozy... Il semble que l'opinion publique, en période de crise où se creusent les écarts entre une minorité d'ultra-riches et une masse de ctioyens et salariés abusés, soit réceptive aux informations multiples qui soudain envahissent les media.
"Le crime est ce qui offense les états forts et définis de la conscience collective", disait à peu près, Dürkheim. Le PR veut sanctionner la corruption des élus: un toilettage du Code pénal devrait suffire, sans attendre que l'indignation retombe!
Lutter contre la fraude fiscale est possible: il faut le vouloir... ou contraindre les politiques à le vouloir!
Le collectif pour un audit citoyen diffuse l’appel lancé par Attac au président de la République, à signer ici : http://www.audit-citoyen.org/?p=3696
Lettre ouverte à François Hollande
Monsieur le président,
L'affaire Cahuzac révèle brutalement à tous les citoyens la négligence et même la complaisance de nos dirigeants vis-à-vis de l'évasion fiscale. Pourquoi l'administration fiscale a-t-elle perdu 25 000 agents depuis 2002 ? Pourquoi le nombre de vérifications approfondies de situations personnelles a-t-il chuté de 12 % entre 2006 et 2011 ? Pourquoi laisse-t-on chaque année 60 à 80 milliards d'euros échapper à l'impôt, tout en prétextant les déficits publics ainsi creusés pour sacrifier les retraites, les allocations sociales, les emplois publics, les investissements écologiques d'avenir ?
Votre gouvernement peut prendre sans tarder cinq mesures clés pour en finir avec la complaisance :
- embauchez sous 12 mois au moins 1 000 agents de contrôle fiscal pour renforcer les 5 000 vérificateurs actuellement en poste. Chacune des nouvelles recrues rapportera à l'État au moins 2,3 millions d'euros par an grâce aux redressements fiscaux opérés, soit 40 fois le montant de son traitement !
- exigez des banques la communication de l'identité de tous les ressortissants français détenteurs de comptes à l’étranger. La loi FATCA oblige depuis début 2013 tous les groupes bancaires opérant aux Etats Unis à communiquer sur demande du fisc américain les données concernant ses ressortissants: il suffit d'une volonté politique !
- établissez, en lien avec les associations spécialisées, une liste crédible des paradis fiscaux, ces trous noirs de la finance occulte et de la corruption
- donnez 12 mois aux banques opérant en France pour fermer leurs filiales dans ces territoires, sous menace de retrait de la licence bancaire. Les banques françaises ont 527 filiales dans les paradis fiscaux dont 360 pour la seule BNP Paribas !
- imposez le « reporting par pays » aux multinationales établies en France : cette transparence sur le chiffre d'affaires, les bénéfices et les impôts payés dans chaque pays permettra au fisc de déjouer les manipulations des prix de transfert entre filiales des multinationales et de pouvoir enfin imposer Total ou Google sur leurs bénéfices.
Le changement, c'est maintenant ou jamais !