Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
L'initiative du pape a provoqué un friselis de réactions convenues... C'est finalement Serge Klarsfeld qui a eu la réaction la plus saine propos de Pie XII. Mais que Benoît XVI déclare vénérable un serviteur aussi convaincu du culte marial que le pape Pacelli ne saurait étonner... Passons donc sur les béatifications à venir... Mais revenons avec notre ami Paul Berger, militant attristé de la LDH, sur l'abêtissement dans lequel certains voudraient circonscrire les débats culturels, spirituels et intellectuels.
Le roi Frédéric II de Prusse, qui ne fut pas qu'un bon général, connaissait bien le Traité des trois imposteurs, réédité il y a assez peu de temps...
On ne saurait trop en recommander la lecture... pendant que Sarkozy laisse péricliter ou sabote l'apport de la science française à l'égyptologie; pourtant pas de religion sans interrogation sur la mort, alors même que la vie de chacun de nous avait moins de chance d'apparaître qu'un joueur de gagner à Euromillions!
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Pas de non-croyants en France selon le président de la République
"Chrétiens, juifs et musulmans..." Ainsi débute le dernier paragraphe de la tribune de Nicolas SARKOZY dans " le Monde " daté du 9 décembre. Plus plus loin, il est question de la foi et de" croyant quelle que soit sa croyance". Il s'est refusé à écrire "croyant ou non- croyant". C'est clair:pour le président de la République, les non -croyants n'existent pas puisqu'ils sont exclus de sa liste alors que les autres sont nommés . Il ne s'agit pas d'un oubli: c'est bien la suite du discours du Latran. Notre Président ignore ou veut ignorer la moitié ou plus des Français qui ne partagent pas sa foi catholique affichée.
Comparons ces déclarations sarkosiennes au discours d'investiture du président des Etats- Unis, le 21 janvier. "Chrétiens, juifs, musulmans et non-croyants"... Alors qu'il est soumis à tant de pressions de la part d'organisations religieuses puissantes et si actives, Barak OBAMA n'a pas oublié, lui, de mentionner l'existence des non-croyants aux USA où ils sont pourtant bien plus rares qu'en France.
En fait, il y a plus grave que les propos de Nicolas SARKOZY. Je l'ai déjà souligné: le discours ambiant de la plupart des médias présuppose en fait la croyance comme seule normale et abolit l'existence des non-croyants ainsi jugés de fait anormaux et néantisés. Dans notre société tout ce qui n'est pas nommé n'existe pas.
Dans ces condtions l' égale dignité pour les non-croyants est une expression vide de sens. Certes les non-croyants sont libres mais dans une société où la religiosité a pris le pas sur la raison et la laïcité.
A la différence avec la situation qui prévalait jusque dans les années 7O le climat idéologique a fortement évolue en faveur de la religion qui favorise le conservatisme.
Le sarkozysme y a trouvé son compte. Pour deux bonnes émissions sur Darwin et sur le Big Bang, des centaines d'autres qui ignorent toutes le matérialisme.
Comme dans bien d'autres pays (Pays musulmans, Vietnam) Il est implicitement anormal, en France, de ne pas avoir de religion. Rappelez-vous par exemple les émissions de Mme Borloo, si pieuse qu'elle faillit s'évanourir en direct à l'écran du JT en annonçant , avec des larmes dans la voix, la fin prochainne de Sa Sainteté.
Jean- Paul II a été canonisé par France 2 plusieurs jours avant sa mort. Et c'était bien avant SARKOZY.
Mais plus que les Pujadas ce sont les élites, les intellectuels matérialistes, qui sont responsables de cette situation, eux qui, par bien-pensance, refusent de réclamer au CSA un minimum d'équilibre idéologique dans le service public. Alors que tant de ministres et d'intellectuels portent leur catholicité en bandoulière et l'exhibent à la moindre occasion, les intellectuels non croyants taisent soigneusement leurs convictions, craignant pour leur carrière. Leur discrétion peut se comprendre. C'est l'impudeur des autres qui est abusive, et scandaleuse dans le cas des élus et du gouvernement dont pas un seul membre n'oserait se dire sans foi.
Il n'y a pas non plus de non-croyants en Europe
Ce n'est pas moi qui ait inventé le problème. L'artice 10 de la Charte des droits fondamentaux énonce le droit de changer de religion. Lors de sa discussion plusieurs ONG européennes ont mené campagne durant des mois pour que soit également inscrit le droit de ne pas avoir de religion. La LDH s' est refusée à défendre cette demande. J'avais posé le problème en décembre 2000 à l'Université d'été sur la laïcité. Jean-Pierre DUBOIS a refusé cette position tout comme d'expliquer son refus sinon pour dire que c'était inutile. Ceci est manifestement faux. A ce compte toutes les déclarations des droits ont inutiles puisqu'il suffit de se référer aux Evangiles: "Aimez-vous les uns les autres". Avec ça tout est dit depuis plus de 2000 ans, y compris comme base d'un combat contre la politique de M. Eric Besson.
Dans la Charte, il est patent que les croyants et les non- croyants ne sont pas également traités . Les croyants bénéficient de droits explicites dont sont privés des non - croyants. Je condamne l'attitude de la direction de la LDH à ce sujet comme contraire à l'article 1 de ses statuts. Elle s'est bien gardée d'interroger les sections ou un congrès sur ce point tant les réponses eussent été massives. Ce n'est pas une erreur, c'est une faute.
Elle m'affecte. Il m'est pénible de militer dans une LDH qui ne défend pas les convictions philosophiques de la grande majorité de ses adhérents et qui admet un traitement discriminatoire à leur égard. Alors que partout .le droit d'avoir telle ou telle religion est si catégoriquement affirmé, le droit à la non-croyance n'est écrit nulle part. Celle-ci n'est que tolérée, et encore implicitement.
Paul BERGER polberger@wan,adoo.fr
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