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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Pour une politique étrangère

La  politique étrangère d’un Etat n’est pas séparable de la politique qu’il développe à l’intérieur de ses frontières : il n’existe pas d’état généreux avec le tiers monde qui ne mène simultanément une politique sociale de haut niveau, pas d’état respectueux des droits de l’homme qui ne les respecte pas pour les habitants, citoyens ou hôtes, de son  propre territoire.

Simultanément la politique étrangère d’un état entretenant des relations diplomatiques, commerciales, financières, culturelles avec d’autres nations est le moyen de défendre les intérêts généraux  et les valeurs universelles dont il est porteur et garant. Non pas pour une clique féodale, une camarilla de copains-coquins ou une junte militaire.

A quoi sert la diplomatie ?

Le président Georges Pompidou lors d’une conférence de presse avait brocardé l’image traditionnelle et caricaturale d’une diplomatie de « la tasse de thé » et encouragé nos représentants à l’étranger à promouvoir les produits de l’industrie française. C’était il y a trente cinq ans. Depuis lors la vocation de VRP s’est étendue jusqu’aux chefs d’Etat, emmenant dans leurs bagages des dizaines de représentants  du monde  de l’économie et encourageant, voire aidant la signature de contrats, au point que la presse ne se prive pas de signaler le cas échéant que tel ou tel déplacement  n’a donné lieu à la concrétisation d’aucun accord significatif. Il est vrai que quelquefois un ministre mal inspiré, comme le ministre de la défense, Hervé Morin, trouve les produits de l’industrie française trop sophistiqués pour être vendables à tel ou tel pays ; on n’ose croire que c’est  pour  faire reculer la France dans le classement mondial des marchands d’armes qu’il a dénigré les avions Dassault au moment où le Maroc envisageait d’en acheter ! Ni que ce soit pour faire un cadeau en forme de trahison à la concurrence américaine!

La première question à se poser quand on analyse une politique étrangère, c’est donc celle des finalités de cette politique.

La paix du monde et le bonheur du genre humain sont-ils des buts recherchés, explicites, avoués? La charte des Nations Unies, avec ses faiblesses et le peu de respect qu’elle inspire à nombre des adhérents de cette institution, est-elle un guide ? La construction européenne, si souvent présentée comme un gage du maintien de la paix dans ce cap occidental de l’Eurasie, a-t-elle empêché les égoïsmes nationaux de s’exprimer, les approximations  de la political correctness de tenir lieu de réflexion ? N’avons-nous pas eu la guerre en Europe en encourageant sottement les nationalismes provinciaux de la Yougoslavie à s’exprimer ? Ne nous sommes-nous pas réjouis de l’implosion de l’URSS, qui plus  souvent qu’une prise en main de leur destin par des peuples réputés esclaves, même s’il y en eut, a surtout montré l’appétit de pouvoir d’apparatchiks vite reconvertis sans grand souci de la démocratie et certainement pas à l’abri de toute corruption? Que dit-on sérieusement de la situation de la Birmanie si riche en matières premières et sources d’énergie ? De la Chine qui ne respecte à peu près aucune règle compatible avec le droit du travail tel que défini au plan international ?

Si l’idéologie dominante est celle du tout au marché, les définitions de la démocratie ou de la légitimité de l’Etat  perdent toute pertinence et la diplomatie n’a plus de sens.

La cohérence de Sarkozy est là précisément : tout au marché, un gendarme protecteur, les Etats-Unis et des chiens de garde en France, les prétendues fonctions régaliennes auxquelles on voudrait réduire les responsabilités et la raison d’être de l’Etat. Nous nous sommes déjà interrogés sur le point de savoir si ce président là était « républicain » ; s’il ne l’est pas ou ne l’est guère, tout devient clair. Mais si nous allons trop loin en disant cela, quelle autre cohérence a la politique qu’il inspire et conduit ? C’est cela qu’il faut mettre en évidence , car il est impossible d’admettre que la majorité de la classe politique française et les forces sociales qu’elle représente sont dépourvues de projet.

Les intérêts de la France et les intérêts des français

Notre pays a une tradition, au moins depuis 1958, c’est d’exister pour lui-même, cela s'appelle aussi, l'indépendance, dont la dernière trace serait notre refus de l'invasion de l'Irak. Il en a aussi une autre, plus ancienne, qui est de porter des valeurs universelles ; mais la France  a une histoire et une longue mémoire de ses relations avec le reste du monde. Devenue une puissance de second rang, elle demeure l’un des pays les plus riches du monde et dispose d’éléments non négligeables pour assurer son autonomie. Cela suppose cependant que les hommes qui composent son gouvernement s’inscrivent et inscrivent leur action dans cette histoire, Europe comprise.  Autrement dit la nation française a des intérêts égoïstes à défendre et à promouvoir, nihil novi sub sole.

La fusion dans l’Europe n’étant ni programmable ni conceptualisable, sauf précisément en renonçant à la démocratie et à la souveraineté populaire, malgré la volonté affichée d’une politique étrangère commune qui s’est rarement manifestée, la France a des intérêts propres et des alliances propres à mettre en avant. La réintégration forcée dans l’Otan ne répond pas à ces intérêts et tourne le dos en outre à la tradition de bonnes relations avec la Russie que d’autres pays européens ont eu à cœur de maintenir, comme l’Allemagne. Ses relations avec les états africains n’ont pas été guidées par les principes fondateurs de la république et le film « Indigènes » a servi d’exutoire à bon compte à une mauvaise conscience longtemps assoupie. Quant au discours de Dakar... Le projet d’un rapprochement entre l’Europe et les pays du sud ou de l’est de la méditerranée n’aurait de sens qu’accompagné de grands projets structurants impliquant les ressources propres de ces états, au moins au Maghreb. La politique d’aide au développement n’a pas à avoir de préalable quant au contrôle ou au blocage des migrations.

La présence française dans le monde rétrécit comme peau de chagrin : fermeture de consulats, bavardages sans financement sur la francophonie, abandon de la défense même de la langue dans les cercles internationaux où le français est reconnu et signature programmée d’un accord européen dispensant de traduction en français des éléments importants dans la procédure de dépôt des brevets, sans parler du non respect de la loi Toubon en France!

La politique étrangère dont la France a besoin passe par le respect de la France par ceux qui parlent en son nom.

Cela passe évidemment par un réel respect des citoyens de ce pays.

 

JPB

 

 

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