Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

Publicité

Comment fêter un anniversaire?

Le 4 septembre est l’anniversaire de la proclamation de la IIIè République, celle dont le premier et le grand mérite est d’avoir durablement installé LA République, avec d’abord tous ses acquis pour la démocratie. A son propos, imaginons quelques modèles purs d’hommes ou de femmes de droite et de gauche, fêtant cet anniversaire.

Pour l’homme ou la femme de droite, la IIIè République servira de référence commode. La justice sociale pour ses fondateurs modérés (Ferry d’abord) se résumait à l’égalité d’accès à l’école, primaire seulement, l’enseignement secondaire étant réservé en priorité aux enfants de la bourgeoisie : on appellerait cela aujourd’hui l’égalité des chances. Le droit social ne devait pas menacer la propriété, qui pourtant, était déjà dominée à l’époque par la grande propriété capitaliste et non par la petite propriété généralisée dont rêvaient les premiers républicains.

L’œuvre laïque des modérés puis des radicaux au pouvoir, demeure profondément contraire au substrat idéologique, culturel et politique de notre spécimen de droite : il lui faut se résoudre avec une acceptation de façade, à manipuler le principe de laïcité ou à lui faire dire n’importe quoi, avec la complicité objective de l’Homme d’extrême gauche ou du gauchiste, qui s’efforcent de ne pas le comprendre. Enfin, il oubliera carrément à quel point les républicains quels qu’ils soient détestaient la personnalisation du pouvoir et continuera d’adorer l’exercice du pouvoir de Sarkozy.

L’anniversaire du 4 septembre sera convenu, étriqué et consensuel, avec l’ambiance d’un repas de famille dans lequel on ne parle pas des choses qui fâchent, où l’on évite donc les vraies discussions politiques.

Pour l’homme ou la femme de gauche rêvant d’une évolution centriste du PS, démocrate-chrétien(ne) sur les bords, libéral-libertaire, libéral(e) tout court, ou simplement vidé(e) de tout repère politique sérieux, la République sera juste une référence obligée. Son invocation n’aura aucune conséquence sur ses choix et ses actes. Le problème pour ce spécimen là est que le républicanisme implique une conception précise et élevée de l’Etat et de la souveraineté, choses qui n’évoquent presque plus rien pour lui.

L’anniversaire sera convenu, larmoyant et ennuyeux à la fois.

Reste un dernier cas, de celui ou celle pour qui ces choses là sont importantes et pour qui les principes républicains ne sont pas que des abstractions mais des guides pour l’action. Celui ou celle-là fera de la IIIè république une référence partielle et critique. Il ou elle continuera de penser que l’objectif républicain le plus irréductible est de faire de la Raison autonome le propre de tout citoyen et qu’il n’y a pas de généralisation de cette Raison quand les dogmes  (libéraux ou « antilibéraux ») l’emportent, quand la réflexion commune est évacuée par la personnalisation du pouvoir et des institutions, quand les forces organisées n’apportent aucune lumière neuve, quand le politique se résume à accepter le cours de l’économie et à accompagner l’évolution des mœurs privées.

Malgré toutes les critiques qu’on peut et qu’on doit faire à ses gouvernements, la IIIè République et les meilleurs de ses acteurs dont Jean Jaurès, si abondamment cité et si odieusement trahi, ont  œuvré pour le progrès de l’humanité. Cela vaut bien d’être fêté.

 

SB

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article