Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

Publicité

Si Einstein a raison

Admettons cette hypothèse : «  Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que 4 ans à vivre ». La nature a peu à voir dans l’inexplicable volatilisation de milliards d’abeilles, il faut donc penser que les activités humaines sont à l’origine de cette véritable catastrophe écologique, catastrophe pour tous ceux qui n’envisagent pas la disparition de l’humanité de gaîté de cœur ou ne  font pas le pari d’y échapper. Un honorable universitaire canadien estime qu’il faut incriminer plusieurs agents, nouveau microbe, pesticides, champignons parasites, émissions électromagnétiques multipliées. Comme le rappelle l’article des Echos du 20 août, 80% des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées et trois-quarts de cultures qui nourrissent l’humanité en dépendent.

Autrement dit, c’est bien le système de production actuel de l’économie mondiale, ses motivations, l’absence de régulation et de réglementation, qui sont la cause du désastre annoncé. Les optimistes, pas nécessairement payés par les multinationales intéressées, diront que la solution scientifique sera trouvée à temps ; les sceptiques diront qu’il faudrait peut-être s’interroger au préalable sur  les moyens à mettre en œuvre pour éviter que persistent les errements manifestement en cause. La solution scientifique, et pourquoi en effet ne pas avoir foi dans LE progrès, suppose tout de même des choix stratégiques en matière de recherche et donc des investissements ; on n’imagine pas que des financeurs privés puissent ne pas attendre une rémunération rapide des crédits alloués à ces recherches ; on sollicitera donc également, parfois essentiellement, les financements publics, c’est-à-dire un décideur politique.

C’est bien la question : une économie laissée entre les mains d’entrepreneurs, de gestionnaires ou de financiers dont le principal souci est la satisfaction des actionnaires ou des souscripteurs, sans contrôle de ceux qui ont en responsabilité l’intérêt public et général de la société ne peut  répondre aux besoins d’un développement harmonieux de l’humanité. Les traders ne « fonctionnent » nullement dans le monde de l’économie réelle mais dans la représentation d’un modèle économique et leur préoccupation n’a pas de projection dans le long terme. Leur activité se déroule en outre dans un contexte opaque et peu rationnel et de nombreux exemples sont là pour indiquer que les organismes dits de contrôle ne voient venir ni les erreurs, ni les coups tordus, ni a fortiori les illégalités patentes. Quel héritier a dit en France qu’il préférait passer pour incompétent plutôt que malhonnête ?

Redisons le sans passion, la recherche du profit maximum, indépendamment de ses conséquences sur l’environnement, la santé et la vie quotidienne, des conditions de  travail des salariés, de l’utilité sociale de l’activité de l’entreprise ne repose que sur une conception dévoyée du droit de propriété ; ce droit là n’est pas plus légitime, et l’est même sensiblement moins quand on établit certaines recherches d’origine de  propriété, que le droit au travail, à l’éducation, au logement, à l’accès à l’eau et à l’énergie, à la culture, etc.

Il n’est donc qu’une réponse au défi que nous lance la disparition des abeilles : réhabiliter le politique, remettre au centre de la démocratie le rôle du citoyen et renvoyer les financiers, traders, acrobates du virtuel et joueurs de monopoly à leur place ; leur activité a besoin du pacte qui justifie les règles de fonctionnement d’une société, des lois qu’elle édicte et tolère. L’économie n’a de nécessaire que son utilité, la politique est le ciment de la civilisation. Tout ne se vaut pas.

 

 

 

JPB

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
<br /> Einstein avait encore raison.(fermaton.over-blog.com)<br />
Répondre