Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
Le travail de sape de la droite installée serait assurément moins facile si depuis plusieurs années la gauche avait fait le sien. Mais qu'est-ce que le travail de la gauche?
Depuis des mois, quelquefois des années, les "leaders" d'opinion s'efforcent d'inculquer l'idée qu'au fond les différences entre la droite et la gauche sont marginales, que l'exception française, républicaine et laïque est en tout point obsolète, voire incompréhensible en Europe et que la première chose que devrait pratiquer le parti socialiste, c'est renoncer à tout ce qui peut le relier encore à des analyses d'origine marxiste et à sa volonté affichée, bien que peu assumée, de vouloir transformer les rapports sociaux.
Chacun reconnaîtra dans une telle obsession l'idéologie dominante à l'oeuvre et la conclusion que ne manquent pas d'en tirer les citoyens dépossédés de leur droit à penser, à travailler et à agir sur leur propre destin, ne peut être qu'un vague consentement à un spectacle quinquennal plus ou moins bien monté de changement d'acteurs.
Si la motivation des candidats aux diverses élections est de gérer le système et de le faire accepter ne varietur, injustices flagrantes et impostures comprises, non seulement ils accentuent la dépossession de leurs droits des citoyens, mais encore ils justifient durablement la piètre opinion que ceux-ci se font d'eux.
Gagne alors non pas le meilleur mais le mieux "médiatisé", c'est-à-dire le plus crédible pour le rôle et dans ces conditions, il n'est pas étonnant que les transfuges d'une pseudo-gauche vers une vraie droite soient approuvés par l'opinion. On se préoccupe rarement au spectacle de savoir de quel cours d'art dramatique sortent les protagonistes qui s'agitent sur la scène.
Il faut donc que le parti socialiste se transforme, mais la question est alors, dans quel but?
Si l'on en croit Claude Allègre, jamais à cours d'une tentative de vulgarisation de la pensée politicienne, il faut que l 'opposition sur des grands sujets acceptent les projets gouvernementaux s'ils vont dans le bon sens, ce qui signifie donc que sur des questions cruciales un consensus serait possible: l'histoire a toujours démenti une telle approche, L'autre idée de notre mammouth de la pensée est évidemment que la faiblesse du parti est dans ses cadres parisiens, dans son appareil national, mais que sa force est dans ses élus de terrain, confrontés aux réalités concrètes et soucieux de bien faire, sans doute pour leurs électeurs! Une bonne et vieille démagogie donc, mais de logiciel idéologique point, sans doute la spontanéité qui en politique aussi doit procéder de la science infuse. Le degré zéro de la politique, c'est précisément de croire ou de faire croire que l'alternance ne concerne que les personnes et pas les idées qu'elles portent. Cela suppose qu'il y ait précisément des idées et un choix.
Les péripéties actuelles de la politique française traduisent l'insuffisance du travail intellectuel de la gauche entière, elle ne doivent pas conduire à accentuer le refus de fonder en raison l'action continue et à venir de tous ceux qui pensent que l'histoire n'est pas finie, que des transformations sociales profondes sont possibles et nécessaires, que la France peut redevenir le phare de l'univers et que la mondialisation est un tigre de papier. La Chine le prouve tous les jours et le nouveau président français vient de faire la démonstration, que pour l'Europe, il existait bien un plan B.
La volonté n'est pas en politique une raison suffisante mais c'est une raison nécessaire. La gauche a-t-elle oublié son histoire ou croit-elle vraiment qu'à la différence de la droite elle pourrait se reconstruire sur du vide? La bataille des législatives doit être menée, elle implique une levée en masse des citoyens sur des objectifs clairs; ceux qui la perdront, comme ceux qui ont perdu l'élection présidentielle devront accepter humblement d'en rendre compte. Après tout la Nation prime l'Etat.
JPB