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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Inutiles Cassandres...

Voilà c’est fait, Sarkozy est élu.

Nous en sommes d’autant plus désolés que tout ce qui nous a motivés depuis des mois que ce blog essaie de concourir à une réflexion politique, c’était bien de contribuer à construire une alternative crédible, républicaine, socialiste et laïque à un projet de société cohérent mais peu ménager de l’histoire même de notre pays. Cette mission là continue …

La défaite a des causes diverses mais la principale est dans le peu d’enthousiasme que pouvait faire naître un « pacte » qui ne recouvrait pas fondamentalement un projet de société.

Quand l’articulation du discours et de la pensée est défaillante, quand le but n’est pas évident ou quand les moyens d’y parvenir sont imprécis, pourquoi ceux qui ont le plus intérêt à un changement réel de politique feraient-ils confiance aveuglément à qui les appelle ? Parce que celui ou celle qui parle est plus capable de les rassurer ?

Consulter le peuple, c’est être assuré qu’il pense, cela implique le respect de cette capacité là.

Il n’est pas pensable de gagner une élection par défaut et l’épisode de 2002, utilisé à plein pour inciter au vote utile aurait dû inciter précisément à justifier par une matière solide cette utilité. Rien n’est utile sans contenu.

Or la campagne a été conduite contre un homme et sur un aspect de démocratie purement formel : «  il faut que la gauche face à  la droite soit au second  tour », en vidant la gauche de ses fondamentaux politiques.

On a proposé une loi contre les femmes battues mais les conditions d’une relance de l’Europe n’ont été qu’à peine évoquées, on a parlé de la priorité à l’Education mais le pilier laïque de la république a été très peu mis en avant, on a dit tout le mal qu’on pensait des golden parachutes mais on s’est bien gardé de remettre au cœur des débats le transfert de plus value détournée du travail vers la rémunération d’un capital spéculatif et souvent stérile.

Même les escarmouches sur les institutions d’une VIè république ont laissé entière la contradiction d’un président élu au suffrage universel direct et chef de l’exécutif avec à ses côtés un premier ministre en charge de définir la politique de la nation!

Que de « je » dans les discours des candidats, que de désirs d’agir, comme si une impulsion centrale était possible dans un système ou la décentralisation et l’Europe pèsent, et de plus en plus, et pas toujours en mal, sur la vie quotidienne des Français.

Quelle politique d’aménagement du territoire ? Quelles propositions concrètes d’intégration sociale des jeunes des banlieues ? Surveiller et punir, c’est une réponse mais ce n’est pas un projet. Quelle régulation des initiatives régionales ? Quelle volonté forte d’affirmer, sur des points cruciaux des conditions de vie à venir,  la souveraineté nationale ?

La notion de souveraineté n’a pas été citée une seule fois depuis le 22 avril. La mondialisation n’en a certes que faire, mais les dirigeants d’un pays, ou ceux qui aspirent à le devenir, n’ont pas d’autre légitimité que celle appuyée sur la souveraineté. Et le garant en est le chef de l’Etat.

Remettons nous à l’ouvrage : ce n’est pas d’une société apaisée qu’ont besoin les citoyens, c’est d’une société qui assure la réalisation des principes de la république et le premier d’entre eux dont les autres ne sont que des moyens : l’égalité.

Faut-il rappeler que l’ordre juste n’est pas la justice car il présuppose une acceptation des règles de l’ordre social sans  s’interroger sur ses fondements ? L’esprit a toujours le pouvoir de nier cet ordre car la justice est en mouvement.

La république n’est pas une Eglise immobile et les citoyens ne sont pas des fidèles.

Pour que le parti socialiste joue son rôle dans la nécessaire transformation des rapports sociaux, il est temps de lui redonner un corpus théorique qui ne doive rien aux idéologues dont la seule raison d’être est d’empêcher cette transformation. 

 

JPB

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