Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
Voter en fonction de ses convictions, préconise le directeur d'un hebdomadaire bobo, et non en fonction d'une transformation hypothétique des relations entre acteurs et forces en présence à l'occasion d'un premier tour inattendu. Bref pas de recomposition politique.
Nous avons ici même clairement explicité que l'alternance n'avait de sens et d'intérêt que si elle reposait sur une alternative claire sur les questions de fond que se posent les électeurs: sur l'Europe, sur l'emploi, sur la fiscalité, sur le partage des richesses créées par le travail, sur les services publics, sur l'éducation, sur la recherche, sur le logement, sur la pauvreté...bref sur l'avenir que dessinent ou ne dessinent pas les programmes ou les discours des candidats.
Il ne s'agit pas là de mettre en avant des convictions, plus ou moins vagues ou formelles, ni d’additionner des promesses répondant, plus ou moins bien ou mal, à des intérêts catégoriels.
Le vote doit se faire en fonction de la promotion de positions sociales. Et la conception que chacun se fait de sa position sociale résulte de phénomènes individuels et collectifs, d’une imbrication entre intérêts bien compris à court, moyen et long terme et références universelles, liées à la mémoire, l’éthique et la culture politique. Finalement, les motivations des citoyens-électeurs, partent d’une certaine idée qu’ils se font de la société (et de la Cité, pour les plus avancés) et de leur place en son sein.
Il faut donc d'abord tenter de les définir rationnellement et dresser le bilan des politiques conduites jusqu'à aujourd'hui depuis 1995. Une génération s'efface avec Chirac, son héritage n'est pas seulement le sien: quelles que soient les orientations des gouvernements, la mise en oeuvre d'une politique, ne peut se faire, puisque nous vivons sous un régime réputé démocratique et qui l'est en effet, même si on peut rêver mieux, que si le peuple y consent de manière explicite ou implicite, on pourrait dire dans ce cas par défaut.
Ce consentement traduit un rapport de force mais il résulte aussi de la capacité des acteurs politiques, partis, élus, syndicats, mouvement social à construire et à proposer dans des débats ouverts des solutions alternatives. Le mode de fonctionnement de la "pensée unique" laisse croire qu'une seule politique est possible ou qu'un aménagement n'est envisageable qu'à la marge; il est donc crucial que les électeurs non seulement aient le sentiment d'avoir un vrai choix mais aussi que l'examen de la pratique au pouvoir des uns et des autres fasse apparaître d'évidentes différences.
L'idéologie dominante domine? La belle affaire! Mais quel travail idéologique est mené par les aspirants au pouvoir? Affirmer, afficher des valeurs n'a d'intérêt que si ceux auxquels elles sont proposées comme principes d'action, peuvent raisonnablement espérer y trouver un changement réel pour leur sort.
Les "premières mesures" annoncées par les candidats en tête des sondages ne semblent pas de nature à apporter des réponses aux urgences réelles d'une économie à la traîne, d'une situation de l'emploi préoccupante, d'une fracture sociale éclatante.
Prenons garde que les électeurs, dont quarante pour cent sont indécis à trois semaines du premier tour, n'envoient à une classe politique décriée, usée et sans imagination du changement un choix de deuxième tour plus étonnant encore qu'en 2002.
JPB