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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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La campagne commence vraiment

Il est nécessaire qu’en 2007, les Français aient à faire un vrai choix, à choisir entre deux programmes, deux conceptions de la société, de la vie politique, de la citoyenneté. Il ne s’agit pas d’opposer le bien et le mal, le progrès et la réaction, la réforme et l’immobilisme, la rupture et la continuité, le repliement frileux et le mondialisme : il s’agit de réhabiliter dans l’esprit de chaque citoyen, non pas la politique mais le politique .

 

Il ne faudrait pas cependant en conclure qu’en 2002, le débat politique a été entièrement escamoté et l’analyse sérieuse du premier tour montre que les électeurs, pour de bonnes ou de mauvaises raisons avaient envoyé un message clair à ceux qui prétendent les représenter ou parler et agir en leur nom ; le peuple souverain est par définition le souverain. Et c’est ainsi qu’il faut comprendre pourquoi la majorité au parlement a conforté l’élection d’un président dans un découplage électoral entériné en Congrès.

 

Tout le monde dans la classe politique, y compris à gauche, y compris au PS  n’a pas enregistré le message et curieusement,  ceux qui l’ont le mieux compris ont été malmenés dans les sondages et voués aux gémonies.

 

Trop encore, parmi les élus de l’opposition, espèrent un effet zapping et parient sur un changement de génération ou de style : c’est se refuser à écouter et à entendre. L’alternance ne suffit pas si elle n’apporte pas un contenu crédible et mobilisateur.

 

Pour bâtir un tel programme, il faut une grille de lecture de la société, des rapports sociaux, de la vie politique; je veux bien que jetant le bébé marxiste avec l’eau du bain léniniste, certains s’affranchissent de tout référentiel philosophique, mais qu’ils nous annoncent où ils puisent leurs idées : dans telle doctrine religieuse ? dans le libéralisme anglo-saxon ? dans la production de leur propre et original génie ?  Le plus grand philosophe libéral contemporain, John Rawls, qu’on me pardonne ce raccourci, n’a-t-il pas passé sa vie à réfuter le marxisme sans le dire ou à chercher des biais pour le contourner ? Pour autant, qui pourrait dire qu’il inspire le nouvel humanisme de M.Sarkozy ou la pensée politique de sociaux-démocrates « démarxisés » ? Est-il possible de rappeler dans ce pays que la social-démocratie sans référentiel marxiste n’a plus de corps de doctrine susceptible de porter un idéal d’émancipation universel ? Qui parlait de cabotage idéologique ? On peut certes renoncer à l’universel, mais alors comment invoquer des valeurs ?

 

La légitimité du politique a besoin pour s’établir, précisément de ces petites choses malcommodes, qu’on appelle la morale ou la loi morale. Prétendre abolir l’histoire de la pensée, c’est comme écrire que l’histoire est finie : sauter des étapes et tromper l’opinion. Ou penser que la transcendance politique existe et que certains pourraient être «  ce qu’un inventeur est à sa machine, ce qu’un prince est à ses sujets, et même ce qu’un père est à ses enfants », pour reprendre les expressions de Leibniz. On est assez loin de la démocratie en général et de la République en particulier.

 

La pensée est l’acte central de l’esprit mais il n’y a pas de pensée sans matière ; que nos candidats s’y mettent et ils retrouveront peut être « qu’une chose qui pense, c’est une chose qui doute, qui entend, qui conçoit, qui affirme, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent ». 

 

Rendre la parole au peuple, c’est être convaincu qu’il pense. Sera donc élu celui qui l’aura proclamé.

 

 

JPB

 

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