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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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6 mai: la Princesse de Clèves a voté...

Communiqué du SNAC-FSU

 

Enfin !


lundi 7 mai 2012

 

par Frédéric Maguet

Après cinq ans d’obscurantisme néolibéral, il nous est enfin permis de

connaître une éclaircie. Il faut dire qu’il était temps : après nous avoir volé la

retraite à 60 ans, le président sortant s’apprêtait à nous voler la sécu,

entendant conduire à son terme la liquidation de l’ensemble de la protection

sociale et des services publics hérité du Conseil national de la résistance.

La FSU, comme d’autres forces syndicales, avait appelé à la rupture avec cette

politique, c’est chose faite.

Certes, 2012 n’est pas 1981 et on nous répète sans arrêt que François Hollande

n’a pas beaucoup de marge de manœuvre, mais au moins a-t-il donné quelque

assurance quant à ses intentions d’adopter une autre façon de gouverner.

Ainsi, sommes-nous déjà assurés que les présidents des chaînes publiques de radio et

de télévision ne seront plus nommés par le président, mais par une instance

indépendante.

De même, il serait souhaitable, concernant le domaine culturel, que l’ensemble des

présidents d’établissement et des chefs de service soient effectivement choisis par le

ministre, et non par le président de la République.

Il est urgent de revenir à un système plus légitime, car en traitant ses ministres comme

des « collaborateurs » et en nommant un peu partout, sans leur en parler, des copains

aux postes clefs, le président sortant a largement contaminé le système ; et là où il n’a

pas procédé à des nominations directes, son style s’est imposé. De là des dérives

évidentes : il a semé un peu partout des clones qui, comme lui, s’entourent de

courtisans, fonctionnent par copinage, court-circuitent les hiérarchies intermédiaires et

maltraitent les agents :

 

- Il est scandaleux que le pouvoir politique ait pu tolérer à la tête des établissements

du ministère de la culture des personnalités perverses qui se moquent de voir des

agents se suicider du fait de conditions de travail dégradées, qui fabriquent sans états

d’âme du handicap à tour de bras, qui conduisent des réformes dont le premier

résultat est que les agents ressentent collectivement un mal-être et donnent tous les

signes d’une grande souffrance au travail.

 

- Il est scandaleux d’autre part d’avoir placé à la tête de nos institutions des auxiliaires

zélés de la réduction généralisée des politiques publiques qui ont saigné à blanc leurs

services en s’abritant derrière l’argument habituel de « je ne fais qu’obéir aux

ordres », alors même qu’ils donnaient aux promoteurs de la RGPP toutes les clefs

permettant de désosser les services. Car, si le « un sur deux » concerne tout le monde

et a été décidé au sommet, il faudrait être bien naïfs pour penser qu’il en va de même

de toutes les mesures de la RGPP. Bien évidemment, les mesures les plus nocives

pour notre ministère (externalisations massives dans la surveillance et une partie des

fonctions administratives, fin des musées SCN, réforme à la baisse des interventions

dans le spectacle vivant, etc.) ont été soufflées à la Direction générale de la

modernisation de l’Etat par les technocrates mis à la tête de nos propres services par le

pouvoir sarkoziste. La RGPP a permis « l’externalisation » de projets nocifs qui

dormaient sur les étagères, autorisant au passage nos élites à s’exonérer de leurs

responsabilités.

Peut-on espérer, depuis hier soir, voir s’achever le règne du mépris ? Mépris du

président pour les deux ministres successifs, mépris de Frédéric Mitterrand, ministre

« d’ouverture », vis-à-vis des personnels du ministère (on se souvient des « os de

poulet mérovingiens » qui sont restés en travers de la gorge des archéologues). On

peut souhaiter que le – ou la – ministre de la culture de François Hollande nous

témoigne davantage de respect. On peut en tout cas, d’ores et déjà, être assurés que

François Hollande ne se comportera pas comme un beauf à Rolex qui exhibe comme

une médaille son inculture. Il ne fait guère de doute que le monde de la culture n’a

pas boudé cette élection : hier, la princesse de Clèves a voté.

 

Adieu donc à ce gouvernement de casseurs, ils partent et nous sommes toujours là ;

ils nous ont porté des coups très rudes, à nous et à nos missions, et ils n’ont bien sûr

jamais voulu entendre ce que le SNAC-FSU répète depuis des années : nos

établissements ne sont pas des entreprises, nos institutions ne sont pas des industries

culturelles. Quant à ces institutions, elles ne tiennent encore debout que parce qu’il y

a des agents, investis des valeurs du service public, qui s’échinent à les faire

fonctionner malgré tout ; tout cela demande une reconnaissance de la part du pouvoir

politique et, aujourd’hui plus que jamais, nous avons le droit d’être fiers de ce que

nous sommes :

Nous ne sommes pas des « employés » du ministère de la culture, nous

sommes le ministère de la culture.

— 

Le SNAC-FSU revendique :

 

- un bilan critique de la RGPP dans le domaine et de la culture et la mise en oeuvre

de mesures visant à revenir sur ses conséquences les plus désastreuses,

 
- le retour à des directions d’établissements confiées aux scientifiques,  le retour à

une conception d’établissements de service public et l’arrêt du modèle de l’entreprise

privée, 

- la garantie du maintien d’un ministère de la culture autonome

  et le renforcement du lien entre la centrale et les Directions Régionales des Affaires

culturelles, 

- la gratuité d’accès pour les établissements culturels, 

- un exercice réel de la tutelle sur les établissements et un

rattachement au statut général de la fonction publique

  pour tous les acteurs du champ ministériel et des collectivités territoriales ; le contrat

n’est pas la solution pour les métiers de la culture, 

 

 un ré-examen systématique des motifs invoqués par la droite pour justifier l’existence

de statuts dérogatoires pour les établissements publics, 

- la garantie d’une recherche de haut niveau à l’intérieur de la sphère culturelle,

 

incluant les sciences humaines (histoire, histoire de l’art, ethnologie, archéologie,

etc.) comme les sciences de la matière et les sciences du vivant, 

- l’arrêt pur et simple des « grands projets » actuellement menés sans aucune

garantie scientifique (MHF, MUCEM, …)

 
- l’arrêt des partenariats public-privé dans le domaine culturel,

 
- la sanctuarisation de domaines d’intervention régalienne, par exemple : un

véritable service public de l’archéologie préventive, 

- la sanctuarisation de la filière « accueil-surveillance-magasinage » des

établissements patrimoniaux du ministère de la culture, et l’arrêt des externalisations

dans ce secteur, 

- un niveau de subvention et un mode de distribution des crédits qui permette au tiers

secteur culturel de développer son travail de création et de transmission dans des

conditions de sécurité rendant justice au rôle citoyen qu’il assume au sein de notre

société.


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