Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
J'ai essayé d'aimer
L'épitaphe de l'abbé Pierre, l'amour du genre humain et la charité évangélique, la norme d'un prêtre hors du commun. Le bal des faux-culs à sa mort ne peut faire oublier que la bonne conscience ne saurait dispenser de l'action politique vigoureuse et que nos politiques, hélas ont trouvé l'alibi commode, sans avoir à agir. La charité n'est pas la justice et l'unisson médiatique de la démocratie d'opinion dispense chacun de se demander ce qu'il a fait comme citoyen, comme homme, comme être social pour lutter contre la précarité, la pauvreté et la déchéance de si nombreux de ses semblables. Mais quel est ce système, quelle est cette société qui tolère que les logements sociaux manquent, que les logements vides soient si nombreux, que les restos du coeur subsistent et qu'on nous parle de diminuer les impôts des plus riches!
Restaurer la valeur du travail? Pourquoi faut-il que ce soit Marine Le Pen qui rappelle qu'il n'existe aucun salarié auquel le fisc enlève plus de la moitié de ses revenus et que le bouclier fiscal ne sert qu'à diminuer les impôts de ceux qui disposent de revenus patrimoniaux? Prévoirait-on encore des transferts de charges sans financements suffisants vers les collectivités territoriales? Les professions libérales pèsent-elles si fort dans le corps électoral? Comment une campagne électorale peut elle tourner autour des expatriés fiscaux?
Décidément l'abbé est mort à point.
Les RG
Eh bien, non, nous ne ferons pas élire la candidate du PS en faisant croire que les RG de 2007 ont changé de nature et qu'ils sont devenus à la fois aux ordres, efficaces et méchants. Que l'Etat, à beaucoup d'échelons, soit aujourd'hui dévoyé, n'est que trop vrai. Mais combattre la droite, ce n'est assurément pas faire des numéros de tribune au Sénat, si on ne fait que cela.
En revanche nous devons porter et diffuser un programme de transformation sociale et démocratique, mobiliser sur des axes et des projets novateurs et émancipateurs, convaincre que changer de politique c'est changer en mieux "pour les petits, les obscurs, les sans-grade": cela, c'est une tâche politique et il ne reste pas 90 jours avant le premier tour de la présidentielle et seul un gros trimestre nous sépare des législatives à suivre.
Les Europes
Parmi tous ceux qui ont ratifié le TCE, deux pays, l'Espagne et le Luxembourg ont consulté les citoyens; on n'est donc pas 18 à 2 mais 2 à 2!
Le TCE ne peut être compris comme la constitution d'un Etat et s'il est un traité international, un seul non suffit. La question est donc bien de relancer la réflexion mais en y associant cette fois tous les peuples d'Europe et si l'on appelle cela une Constituante, il faut dire d'abord ce que précisément elle constitue. Etait-ce parce que ce n'était pas simple qu'on a fait autrement? Mais qu'est-ce qu'une démocratie qui a peur de la voix des électeurs sur un sujet qui transforme leur pacte social? Le modèle "républicain" est le seul qui associe, liberté, égalité, laïcité et patrie dans la fraternité sociale. A citer Jaurès, autant s'en inspirer!
JPB