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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Les maladies

 

Comment expliquer que Royal puisse incarner l’ensemble de la gauche sans que rien ne l’en empêche, pour le moment ? Elle a réussi à prendre le PS, bénéficiant en outre d’une déliquescence doctrinale et de la complicité de son « compagnon ». Elle profite du jeu médiatique. On pourrait rajouter d’autres facteurs plus profonds et lointains. Ce type d’explication est souvent mis en avant par ceux (dans toute leur diversité) qui prétendent que le PS de Royal n’est plus authentiquement de gauche, ceux qui veulent promouvoir une gauche de transformation sociale et de rupture avec le libéralisme et le capitalisme, dans les collectifs antilibéraux notamment. Se développe ainsi, au sein de cette gauche d’abord, une critique qui explique ses difficultés par son environnement politique, médiatique et social.

Pour répondre à notre question initiale, cette critique externe ne doit pas empêcher, par frilosité idéologique, facilité politique et paresse intellectuelle, une critique interne, qui préciserait la question : pourquoi la gauche de rupture, elle non plus, ne peut empêcher Ségolène Royal d’incarner LA gauche ?

 

 

 

A propos des collectifs anti-libéraux, qui essayent d’unifier cette gauche, on pense bien sûr à leurs divisions : entre les communistes partisans d’une candidature communiste (Buffet) et tous les autres, entre les supporters des différents candidats à la candidature, etc. Ces divisions ne sont pas seulement dues à la diversité des composantes des collectifs et aux dynamiques politiques (en un sens étroit, de rapport aux partis, aux organisations et au pouvoir). Elles résultent aussi de blocages idéologiques. La diversité et les conflits de pouvoir n’ont rien d’insurmontables quand il existe un substrat doctrinal suffisant, pour s’imposer à tous, en transcrivant la volonté générale. Le rassemblement devient d’autant plus difficile qu’il ne correspond pas à quelque chose qui dépasse les forces organisées et militantes et qui est la société en attente. En attente d’un projet et d’alternatives qui répondent à des besoins et touchent à une culture politique largement partagée. En attente de propositions qui pour être en rupture, n’en sont pas moins crédibles et légitimes pour une majorité des citoyens, en offrant une véritable synthèse entre recherche du bien-être et de la prospérité et fidélité à des principes éthiques et politiques.

 

 

 

Il faut constater que la gauche de transformation qui s’exprime dans les collectifs anti-libéraux n’a pas (encore ?) trouvé ce substrat doctrinal. Elle manque d’une ligne directrice qui révèlerait des choix et des perspectives nouvelles et propres à convaincre. Extension indéfinie du service public, augmentation sans mesure des cotisations sociales pour financer la dépense publique, puisqu’il n’y a qu’à taxer le capital pour tout régler, vision peu républicaine de la démocratie, dans laquelle on n’ose prononcer le mot laïcité, tentée par la démocratie « participative », jusqu’auboutisme sur les droits des étrangers et l’immigration, qui tient lieu de baromètre du progressisme, sans aucune réflexion sur la citoyenneté et la nationalité, etc. : tout forme une sorte de maximalisme sans principes, mélange d’étatisme mal défini et infini, d’absence de pensée sur ce que sont l’égalité des droits, la démocratie et la république et de négation de l’économie. Cette potion (pas très magique pour unifier) relève d’une part, du néo-communisme, venu du PCF, de la fondation Copernic ou du trotskisme, d’autre part, du gauchisme, importé de la LCR, de la gauche communautariste et de l’écologisme : la maladie dégénérative et sénile et la « maladie infantile » du communisme se retrouvent. Il va bien falloir trouver une ligne politique (et donc une candidature) et un trait d’union qui puissent les unir en les dépassant et en les guérissant. Il existe pour cela la culture politique de la République sociale et progressiste. Le rassemblement, s’il est essentiellement une juxtaposition et non une synthèse, ne fait pas l’unification et l’unité.

 

 

 

En l’état, la gauche antilibérale n’offre ni un programme de gouvernement, ni un projet de société que peut s’approprier la majorité. Occuper l’espace politique laissé par la « gauche » ralliée à Royal, recourir à des idéologies et à des cultures politiques vieillies, vivantes encore dans les cercles militants, mais mortes dans l’écrasante majorité du peuple, peut-être cela ne sera-t-il pas assez pour que l’unité s’impose à tous. L’opposition du Travail au Capital n’est pas une fin en soi : c’est un outil et un moteur de l’action revendicative. L’antilibéralisme, pour paraphraser une formule célèbre, « n’est pas un programme de gouvernement. »

C’est aussi cela qu’il va falloir admettre pour transcender les divisions dans un mouvement à la fois radicalement progressiste et moderne et conquérir un électorat : la renaissance du communisme ou de l’extrême de gauche sont des occasions manquées. C’est quelque chose de nouveau qui est attendu. Pas un remake des années 60 et 70. Il faut alors être capable d’un regard critique sur soi et avoir beaucoup de bonne volonté : ce deuxième point semble acquis. Rien n’est donc encore impossible. Normalement le PCF, dans les jours qui viennent, à travers le débat sur la candidature Buffet, indiquera sa véritable orientation.

 

 

 

SB

 

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