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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Ontogénèse de l'irrationnel

 

 

Dans le désordre politique dans lequel nous nous trouvons, aussi bien la France que le Parti Socialiste, il faut cependant réagir à des élucubrations  quotidiennes et intéressées. Ainsi il paraît que l'actuel débat interne est un modèle dont devraient s'inspirer les autres partis politiques, qu'il a le mérite d'exister mais qu'il ne fait rien bouger.

 

La chose est trop sérieuse pour qu'on en reste là; il s'agissait tout de même d'éclairer les militants du parti, mieux, les adhérents, dans le choix qu'ils ont à faire, individuellement, du candidat qu'ils jugent le mieux à même de défendre les valeurs pour lesquelles ils se sont engagés. Autrement dit le candidat du parti.

 

 

Du parti!

 

Pas d'une opinion publique à laquelle on vendrait un candidat comme un autre produit; l'état-spectacle n'est pas le modèle de la démocratie représentative ni le paradigme de la démocratie participative, encore que dans ce cas la définition en est assez floue.

 

Notre parti n'a plus de direction depuis 2002, parce que notre parti a trop sacrifié à une règle du jeu qui lie le mandat présidentiel et la majorité législative; deux échecs en 2002, une timidité générale dans le débat politique de 2003, car la réforme du régime des retraites de la fonction publique est une question politique, et on rafle la mise en 2004 car la mobilisation du mouvement social contre le gouvernement Raffarin et malgré l'atonie du discours de l'opposition dont le PS est en principe le moteur, a eu une traduction politique. 

 

C'est le peuple qui, mobilisé en 2003, a choisi en 2004 de sanctionner la majorité et d'envoyer un appel clair à l'opposition. 

 

La victoire  dans les élections territoriales de 2004 a été telle que nombre de nos camarades dirigeants ont pensé qu'ils pouvaient continuer de se dispenser d'une analyse de fond des causes du choc du 21 avril 2002 et qu'un slogan sur le vote utile dès le premier tour des futures présidentielles en tiendrait lieu; la nature du débat interne sur le TCE, le positionnement du parti, le désaveu cinglant de l'électorat le 29 mai 2005, cinglant pour la droite et le président de la République, mais cinglant aussi pour le parti  car notre électorat et plus encore l'électorat populaire en général n'ont pas voulu d'un traité qui paraissait combler la droite et la gauche responsables, comme on dit dans ces cas là.

 

L'analyse n'a pas été faite une fois de plus, parce que certains de nos camarades ont pensé cette fois, que désigner un bouc émissaire devrait suffire à rassurer les militants sincères et désorientés par un tel désaveu. Revoilà  Fabius en bouc émissaire.

 

L'autocritique a laissé de sinistres souvenirs dans la vie politique européenne ou asiatique, mais on demeure ébahi qu'aucune voix ne se soit élevée pour demander où était la direction du Parti, ou était la mobilisation du Parti, où était la conviction du Parti après ce nouvel échec et cette nouvelle preuve que le débat interne n'avait pas eu lieu, que le potentiel intellectuel de la masse des militants n'avait pas été sollicité et que quelques experts avaient voulu croire qu'ils penseraient juste pour tous: orthodoxie!

 

 

C'est dans ce contexte, dans cette absence de leadership patent, dans ce déni méprisant de la capacité des militants, que les coups tordus, ceux que suscitent les ambitions personnelles peuvent se préparer. Ce qui fut fait. Car peser de l'extérieur, par l'électorat supposé, par l'opinion publique indéterminée sur le parti peut difficilement passer comme un respect des règles de fonctionnement du parti. Les partis concourent à l'expression de suffrages? Non, révolution inouïe, le parti doit suivre l'opinion! Mais alors à quoi sert le parti?

 

Ce ne serait plus qu'une machine périodiquement utilisée à l'occasion d'une votation, une machine sans référentiel philosophique d'ailleurs, l'un des compétiteurs pour la candidature a affirmé qu'il n'avait plus de base marxiste et dans la foulée, il s'est proclamé social-démocrate; mais ce concept n'a pas de sens historique sans cette base là !

 

Pour l'ordre juste, rappelons nous seulement que le juste est le conforme à la loi morale et que celle-ci est un principe d'action universel et obligatoire. A redire à tous ceux qui pourraient être séduits par l'apparente nouveauté de l'expression.

 

Alors redevenons raisonnables: le candidat du parti a pour mission de faire triompher un programme porteur d'une utopie, celle de l'émancipation démocratique d'un peuple rassemblé. Leur personne compte moins que les principes dont ils sont porteurs.

 

9 novembre JPB

 

 

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