Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
Par BARTET-BEAUQUIER
Si le dernier débat télévisé entre les trois compétiteurs pour l'investiture du parti socialiste a assez bien montré que l'exercice de hautes responsabilités donnait du poids aux propos de l'un plutôt que d'autres, il reste que cette question de l'Europe doit être un élément clef de la campagne à venir. Non seulement l'Allemagne qui doit prendre le 1er janvier la présidence de l'Union a des projets précis en matière de défense et de sécurité, en matière de sûreté de l'approvisionnement énergétique et de protection de l'environnement, mais elle souhaite surtout relancer l'idée constitutionnelle.
C'est précisément sur ce point et sur celui non réglé des frontières de l'Europe que les élections présidentielles doivent apporter des réponses aux citoyens de notre pays.
Le SPD s'est prononcé pour une armée européenne et pour l'intégration de la Turquie; les positions du futur candidat socialiste demanderont une aussi grande précision.
La relance du débat constitutionnel appelle également une prise de position susceptible de mobiliser les énergies pour un projet commun aux peuples et aux 27 nations désormais rassemblées.
La première difficulté tient toujours à l'ambiguïté du TCE: traité relevant du droit international "ordinaire" ou socle constitutionnel supranational? La deuxième difficulté tient à la forme de ratification qui serait soumise à l'approbation des Français: proposition logique d'un nouveau referendum ou passage devant le Parlement mais d'un texte à réécrire? La troisième difficulté tient dans la nécessité de convaincre nos partenaires européens que le processus d'unification ne peut plus reposer sur le TCE rejeté par la France et les Pays-Bas, alors même que plusieurs d'entre eux l'ont approuvé, certes par la voie parlementaire.
La réponse négative du 29 mai 2005 oblige les candidats en France et les dirigeants des autres pays de l'Union à un exercice auquel ils ne sont ni les uns, ni les autres accoutumés: se soumettre à une volonté manifeste qui sort de la norme du fonctionnement habituel des institutions; il faut en tirer deux conclusions: ce traité est effectivement mort-né, nos institutions en France et en Europe ne sont plus en phase avec le sentiment qu'ont les Français de la démocratie. C'est donc bien dans la voie d'une double réforme qu'il faut s'engager pour redonner à l'Europe et à la France un nouveau dynamisme et aux peuples une nouvelle espérance.
JPB
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