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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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2007-2009:quoi de neuf?

200 ème édito, en comptant les revues de presse plus ou moins commentées...

Ce blog  a été inauguré à l’automne 2006, au moment où un étrange aveuglement des militants socialistes, les vrais éléphants n’y furent pour rien, confiait à Ségolène Royal le soin de permettre à Sarkozy d’être élu. 

Nous pensions que c’était le pire des choix possibles, nous l’avons écrit et même développé dans un livre, nous n’avons pas eu depuis le sentiment d’avoir été détrompés par les faits.

 

L’entêtement comme principe

 

Et-ce que cette catastrophe politique, car l’élection d’un liquidateur en est une, a servi de leçon?

Pas du tout et certaines des entreprises du nouvel élu, dont pas une ne va dans le sens d’un élargissement ou d’un approfondissement des pratiques démocratiques, dont pas une ne va dans le sens d’un renforcement des solidarités nécessaires dans une société civilisée et au contraire même, ont été approuvées voire votées par certains représentants élus du parti!

Pas par tous certes, encore heureux, mais un parti sans discipline de vote sur une question clé et la Constitution de la République ou le traité de Lisbonne en sont deux éminentes, donne la pire image qui soit: cela signifie en effet soit que ces questions à ses yeux ne sont pas fondamentales, soit que les orientations arrêtées par le chef de la droite  la plus réactionnaire portée au pouvoir depuis plus de 60 ans, lui conviennent assez pour qu’il n’utilise pas toutes les ressources que lui permet encore la Constitution, afin d’en bloquer l’application! Nous faisons allusion très précisément au refus évident d’imposer un nouveau référendum sur un traité dont la réécriture conservait la totalité des «outils» prévus dans le TCE rejeté par une majorité de Français, de militants du PS et d'électeurs de gauche!

Sur quelques unes des questions vitales pour l’avenir de la République, nous n’avons pas non plus, eu le loisir d’entendre une expression forte et concluante de la candidate aux 17 millions de voix!

Bizarre conception du combat politique que de déserter les points chauds!

Où en sommes-nous?

Après un Congrès qui n’a fait apparaître qu’une majorité «procédurale» pour élire une première secrétaire, le leadership de celle-ci est contesté et des ambitieux pressés, mais à l’oeuvre mince, envahissent les plateaux de télé et s’expriment devant les micros complaisamment tendus par des media dont, par ailleurs ils dénoncent l’inféodation au pouvoir et «aux forces de l’argent», comme eût dit François Mitterrand!

 Pas un n’ayant une idée sur ce que pourrait être un projet authentiquement socialiste, novateur et réaliste à la fois, ils préfèrent bavarder avec des barons de foire sur les alliances susceptibles d’entraîner une majorité de Français à battre l’actuelle majorité...

Les quadras qui ont oublié qu’on pouvait agir politiquement sans être ministre, sauf si on a laissé se mettre en place un exécutif trop fort, agitent l’opinion en 2010 sur des questions futiles comme les primaires pour désigner un candidat en 2012!

La France est touchée par une crise financière, économique et sociale majeure, ces messieurs parlent plan de carrière... Ah, non, c’est parce qu’il faut gagner la présidentielle pour donner une nouvelle direction au pays...

Laquelle avec quel contenu? Vivent les Verts, le Modem, le PC... S’allier d’abord!

Pourtant leur maître à tous, en matière de manoeuvre électorale, avait procédé par étapes: Fédération de la gauche démocrate et socialiste, nouveau PS, programme commun...Les mots et les noms peuvent changer mais les faits sont têtus, on ne fait pas l’Union pour l’Union sur du vide...

Surtout quand des votes récents, comme les élections municipales d’Aix-en-Provence ont apporté la preuve que ces combinaisons d’appareil n’entraînaient que très modérément les foules citoyennes... De mauvais esprits pourraient dire qu’avec des meneurs plus charismatiques les résultats eussent été différents... L’ennui, c’est que précisément les meneurs charismatiques font défaut! Absolument défaut et, pratiquement, à tous les niveaux...

 

Si le message, c’est le candidat...

 

C’est ce que prétendent les spin doctors mais alors un peu de cohérence ne nuirait pas... Certains au PS ne regrettent pas l’absence de chef charismatique, non par respect de l’égalité et parce qu’ils seraient pénétrés de l’idée que dans un système démocratique toute fonction est à la mesure de tout citoyen, mais au contraire parce que, confondant l’exercice d’un pouvoir et sa légitimité, ils se comportent comme des féodaux attardés, ou, si l’on préfère, surtout comme des notables d’abord avant d’être et de penser en socialistes!

Certains, à peu près tous ceux qui exercent des responsabilités dans une collectivité territoriale, en viennent même à des revendications girondines dans leurs rapports avec le gouvernement comme si le fondement de la citoyenneté était second par rapport aux pratiques et commodités de la proximité.

La nature des critiques au projet Balladur sur les collectivités territoriales est plus marquée par un souci électoraliste, certes compréhensible, que par une volonté d’amélioration globale de notre gouvernance nationale. Il suffit de lire sur quels points précis portent les critiques... 

L’idéologie dominante déversant des tombereaux d’injures approximatives sur la faillite de la social-démocratie, en oubliant généralement de la définir et de la situer dans l’histoire politique et encore davantage dans l’histoire de la philosophie politique, certains dirigeants du parti croient pouvoir se passer de doctrine, comme ils se passent de programme et de projet de société!

Et ceux qui, parmi eux, ont assez de culture et de finesse pour savoir à quoi s’en tenir, préfèrent  jouer au poker menteur des alliances sans principes que de courir le risque d’un nouvel échec électoral! 

Comme si la succès venait de l’ambiguïté, si ce n’est de la contradiction...

Mais qui dit que le clivage droite/ gauche ne fait plus sens, encore mieux en période de crise? 

Ceux-là mêmes qui ne veulent changer à rien de fondamental et qui ont fait leur, la formule du prince sicilien:"tout changer, pour que rien ne change"? Ceux qui voudraient faire croire aux peuples du monde que le G20 est capable de "moraliser" les pratiques du capitalisme dans la rémunération de ses agents les plus efficaces ou jugés tels?

Prenant acte de la la plus grande importance de l’image et de la communication que du message dans le débat politique, Dominique Wolton affirme que "l’affaiblissement des repères idéologiques laisse l’homme politique seul"...

Cela n’est pas aussi évident qu’il y paraît et l’état-spectacle n’est pas né spontanément parce que des techniques modernes l’auraient en quelque sorte imposé: l’affaiblissement des repères idéologiques est d’abord l’affaiblissement des repères idéologiques de gauche et chacun doit être en mesure d’en reconstituer l’histoire: du matraquage de la guerre froide, à la précision du goulag en passant par la guerre des étoiles et en finissant par la faillite du bloc soviétique...

Quand on théorise la fin de l’histoire et qu’on ne fait plus le travail critique idéologique des actes du pouvoir et de leur contexte, alors effectivement il n’y a plus qu’une idéologie, celle en place...une philosophie politique, celle qui la sert...

Et oui alors on peut ne se préoccuper que de l’alternance d’équipes sans alternative réelle quant au contenu... et donc parler d’alliance au lieu de rassembler les victimes d’un système qui s’est durci, contre les prédateurs qui en vivent! Et même croire que l’homme politique est seul alors qu’il n’est pas né de rien et qu’il a lui-même été construit.

Vigilance pour les nôtres, résistance contre les autres, c’est une occupation militante que nous nous efforcerons de continuer mais il va de soi que ce combat est guidé par la certitude que changer ce monde est possible.

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