Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

Publicité

Le légionnaire, l'Etat et l'incendie...


Il semblerait que la défausse  s’apprête à fonctionner: l’incendie de  Carpiagne qui a léché les bords méridionaux de Marseille, causant évacuations et dégâts assez lourds n’aurait qu’un seul responsable... 

L’armurerie distribue des balles traçantes sans problème à tout moment, la chaîne de commandement n’est pas concernée par un exercice d’entraînement au tir, la sécheresse n’amène aucun retardement dans les manoeuvres, un sous-officier bien noté, revenu d’un théâtre d'opérations particulièrement exposé, peut aussi être qualifié de brutal avec les hommes etc, etc...

L’instruction est encours et la presse remplit des colonnes: il faut dire quelque chose aux Marseillais touchés, ou pas, comme on a fait pendant 10 jours des articles à sensation sur la mort  Michaël Jackson avant d’y greffer un feuilleton policier, on peut faire 3 jours ou plus, à la demande et selon l’évolution de la procédure, sur un incendie qui a détruit plus de 1000 hectares aux portes de la deuxième ville de France!

Et cela distraira un peu de la crise qui couve et se développe pendant que l’ Assemblée vote n’importe quoi sans rapport avec elle. 

Précisons, sans rapport avec une méthode efficace pour en sortir le pays et relancer l’emploi et l’activité économique, mais en profitant de la faiblesse de l’opposition et de l’inquiétude des Français pour continuer un travail de sape idéologique et une destruction patiente et méticuleuse des acquis sociaux depuis 60 ans..

 Un élu de l’opposition a publié le décompte de ses revenus d’élu et de ses dépenses; vu la qualité du travail et son impact social, il est certain qu’au lieu de toucher une indemnité parlementaire et divers frais annexes, les députés de la majorité devraient payer le Trésor public pour s’adonner à des activités qui, pour certaines d’entre elles, justifieraient que leurs sorties dans la rue les submergent sous les lancers de tomates trop mûres! Pour demeurer dans la bienséance écologique et pacifique...

 Donc un sous-officier se verrait accusé d’une faute, détachable de sa fonction, pour porter seul la responsabilité de la catastrophe!

 Encore un effort et la Grande Muette sera totalement privatisée et gérée comme le Pôle emploi!

 Il faudra donc compter sur une aggravation de la crise et une dégradation supplémentaire de la situation des classes populaires ou des couches moyennes pour voir des effectifs suffisants affluer vers une armée de métier dont on n’est plus très sûr qu’elle soit encore une institution de l’Etat; s’il est une fonction régalienne type  pourtant, et ancienne, c’est bien la fonction militaire !!


L’Etat en France?


 Ainsi un accident, car cet incendie est un accident, quelles qu’en soient les causes et la part des hommes dans son déclenchement, permet-il une fois de plus de se poser la question de l’Etat, de l’Etat que sont en train de remodeler les liquidateurs pétainistes actuellement «aux affaires», et cette expression, n’aura jamais été si parfaitement congrue, bien qu’elle ait perdu son sens initial, puisqu’il ne s’agit plus de gérer les affaires de l’Etat, mais de coloniser l’Etat réduit à des fonctions de garde-chiourme, pour le plus grand profit d’appétits privés.


Exagération?


Citez une loi votée depuis 2007 et qui n’ait pas été suivie d’une possibilité supplémentaire d’enrichissement privé au détriment des services publics et des solidarités collectives qui fondent les sociétés civilisées.

 Le travail le dimanche, la loi sur les hôpitaux, l’ouverture des réseaux, prétendument au nom des injonctions européennes, la privatisation programmée de la Poste, d’Areva, les dégrèvements fiscaux, l’appel à des entreprises privées payées pour concurrencer un Pôle emploi doté de moyens insuffisants, jusqu’à l’obligation de financement d’écoles privées en dehors de la commune... rien ne peut être invoqué à décharge contre ce gouvernement de pillards.


Hélas rien ne dit que le jour où le peuple considérera ces comportements comme criminels soit proche.


En attendant la RGPP facilite le rétrécissement du champ d’intervention directe de l’Etat sans pour autant démocratiser sa gestion interne, et sans que la réforme attendue des collectivités territoriales semble inscrite dans un autre projet que des considérations électoralistes médiocres.


On n’y rappelle en effet ni le souci d’un approfondissement de la participation régulière des citoyens au contrôle des politiques dites de «proximité», ni pour autant le principe républicain d’indivisibilité du territoire qui fait des collectivités locales des rouages parmi d’autres de l’Etat, rouages qui par l’élection de leurs  agents pourraient au contraire servir d’exemple, au lieu de se scléroser dans des pratiques clientélistes que la majorité veut aggraver en mettant en cause les principes statutaires de la Fonction publique territoriale!!


Sans réaction très vive de l’opposition, dont trop de représentants, conséquence de la tare originelle du cumul des mandats, sont eux-mêmes des responsables de collectivités territoriales,et comme tels, «valeurs» de gauche ou pas, assez peu soucieux de renforcer le paritarisme syndical et donc les droits des personnels dont ils sont, en quelque sorte, les patrons. 

Il est singulier que les droits du citoyen cessent d’apparaître comme des impératifs dès qu’on les considère comme des «employés»! 

Ils n’auraient plus alors que des devoirs...

 

Si les élus payaient d’exemple, on pourrait peut-être les prendre plus au sérieux lorsqu’ils invoquent les obligations de compétence, de réactivité et de mobilité des fonctionnaires ou quand ils utilisent la notion de flexisécurité pour tous les salariés comme une réponse satisfaisant l’équilibre entre les contraintes contradictoires de l’individuel et du collectif!

L’affaire qui gonfle autour d’un député de l’Essonne montre que le sens des réalités et les principes d’un Etat de droit, démocratique et républicain, ont échappé à beaucoup.


On se souvient du député Baudin se faisant tuer sur les barricades lors du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851, «pour 25 f par jour»!

Sans leur demander un tel sacrifice, on pourrait attendre de nos élus que leur première préoccupation ne soit pas de figurer sur la photo, comme ce fut encore le cas à Marseille lors de la visite de F.Fillon et autres ministres, à cause de l’incendie,  mais qu’ils assument leur rôle qui n’est que celui de mandataires du souverain peuple!
Mais précisément celui-là... dans l’intérêt général!

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article