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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Que faire de la patrie...

 Au lendemain du 14 juillet , entretien de complaisance courtisane compris, le jour où une majorité de faux-culs remet en cause dans des milliers de communes le repos dominical, il nous a semblé utile de relire quelques lignes raisonnables.

 

« Nous avons retrouvé ce qu’il y avait d’artificiel dans des faits culturels tels que ceux que nous avons évoqués. La nation France a été construite, le sentiment national aussi.

Tout patriotisme repose sur une inculcation, et celle-ci sur des simplifications édifiantes.

Dans le monde actuel, avec ses crises, ses critiques et ses hypercritiques, une telle vérité ne pouvait pas échapper.

Le patriotisme français, la conscience même de la France ont donc été disséqués et mis en miettes.

Qu’on s’en aperçoive, et donc que ces valeurs anciennes soient tenues pour caduques, c’est certainement bon, philosophiquement.

Mais fait-on agir les peuples et les sociétés sans une éducation de la cohérence ?

C’est-à-dire sans un minimum de mythologie collective ?

Probablement pas !

Seulement, s’il en est bien ainsi, il faut admettre que, plus un peuple est lucide, conscient et civilisé, plus il est faible face aux peuples encore cohérents.

Tel est le nôtre et tels sont sans doute aussi les peuples de l’Europe.

Si l’on ne se résigne pas à leur perte, il faudra  bien trouver quelque part la recette d’un comportement collectif qui soit à la fois intellectuellement digne et politiquement efficace. »

 Cette conclusion d’un article de Maurice Agulhon, repris dans Histoire vagabonde (Gallimard, t.3) fut écrite quelques mois après le référendum qui permit, de justesse, la ratification du traité de Maastricht.

 Contrairement à celui de 2005 pour le TCE, le  référendum de 1992 avait curieusement donné lieu à un vrai débat dans le pays ; comme si en 2005, le fossé entre dirigeants et peuple avait pris une telle largeur qu’aucune parole venue du peuple,  appelé à se prononcer, ne pouvait être réellement tolérée.

 Lorsqu’un homme politique de premier plan, conscient de ce hiatus entre les citoyens et leurs élus relayés par les media, déjà bien tenus en mains par la puissance financière, s’avisa de rejoindre l’opinion précisément du peuple, on le lui fit payer, jusque chez ses amis, qu’il écrasait, il est vrai d’une trop évidente supériorité.

On sait ce qu’il en coûta au parti socialiste d’avoir contribué à écarter Laurent Fabius, au profit d’une icône plus conforme aux règles du story telling et assurément moins à même de convaincre l’opinion qu’elle portait un projet alternatif de cohérence collective, face à celui de Nicolas Sarkozy.

 

L’élu de 2007 n’a probablement jamais envisagé de théoriser un tel projet, mais outre qu’il dispose d’un outillage idéologique construit naguère par quelques penseurs compétents de la droite en général et du medef, il est assez conscient des intérêts de classe dont il est porteur pour assumer, sinon le rôle d’accoucheur d’un tel projet, qui ne saurait se faire en deux quinquennats, mais au moins celui d’illusionniste ou de bonimenteur capable d’y faire croire ceux-là mêmes qui ont le moins d’intérêt à sa concrétisation et le mélange des genres, la confusion entretenue dans ses références historiques ou ses envolées sociales, en sont une illustration.

Le mot rupture doit être pris au pied de la lettre, il s’agit bien,  pour cette droite « décomplexée », de rompre avec une cohérence et une mythologie collective jugées nocives pour les intérêts de ceux dont la mondialisation et l’Europe constituent désormais le seul horizon qui vaille.

L’efficacité politique est là, facilitée par la sidération ou l’hibernation intellectuelle d’une gauche « de gouvernement », sans autre perspective à faire prendre en charge par des citoyens auxquels elle a donné l’image d’une connivence quasi intégrale avec la droite, sur l’analyse des ressorts de la vie économique et sociale contemporaine, y compris, certains dirons, surtout, quand elle exerça la responsabilité du gouvernement.

« Intellectuellement digne », souhaite notre historien.

 Voire…

Un jeu masochiste consiste à regarder le rituel assez stupide des séances de questions au gouvernement ; disons le sans hésitation, ce n’est pas de la masse des élus qu’on peut espérer une réflexion sur le sujet.

 Les réponses négatives reçues par Martine Aubry ne signifient pas que ceux qui déclinent son offre ont raison sur tout ;  la conclusion à tirer cependant, c’est qu’il serait temps de faire le ménage au PS, d’en refaire un parti, et non plus un syndicat d’élus, un intellectuel collectif, et non plus un pandemonium d’ambitions qui pour la plupart seraient risibles, s’il ne s’agissait pas de l’avenir de la France !

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