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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Travailler plus... ou travailler?

Travailler plus … ou travailler ?

 

Il semble que le président de la République fasse du travail dominical un symbole. L’hypocrisie qui règne dans les relations sociales dans notre pays confond volontairement les souhaits potentiels d’un consommateur hypothétique à acheter n’importe quoi, n’importe quand et la conséquence que ledit consommateur, cette fois en tant que salarié assujetti à un patron, accepterait d’en tirer quant à son emploi du temps.

Les sondages, habilement présentés sous les espèces ravageuses du faux bon-sens, ne donnent cependant pas les mêmes résultats selon le point de vue duquel on se place et une large majorité de Français ne souhaitent ni travailler le dimanche, ni a fortiori qu’on le leur impose.

 

 Nouvelle illustration de l’adage : diviser pour régner…

 

 Rome n’étant plus dans Rome depuis longtemps, la future loi, en tout état de cause, ne s’appliquerait pas. En Alsace-Moselle, 3 départements français pourtant.

Il paraît qu’en 1919 il n’était pas convenable pour la très réactionnaire Chambre bleu horizon de rétablir la législation française dans son intégralité dans l’ancien Reichsland !

Les laïques mais pas eux seulement savent  qui cela pouvait profiter !

 La loi ne s’appliquerait pas non plus pour les salariés qui travaillent déjà occasionnellement  ou habituellement le dimanche ; en France nous sommes les rois de la niche fiscale et de la dérogation au Code du Travail ( 180 dérogations environ…sur ce point précis).. Donc pas de salaire double, ni de repos compensateur, ni de protection en cas de refus du salarié , sauf si une convention explicite le mentionnait.Certains travailleraient donc le dimanche sous un statut et d’autres sous un statut différent : voilà pour l’égalité devant la loi !

Pour protéger le petit commerce, souci de clientélisme électoral ou d’équilibre local dans l’offre de service et l’animation des centres-villes, mais cela reste douteux sur ce deuxième aspect, les grandes surfaces alimentaires ne bénéficieraient pas de ces facilités ; sachant qu’il n’existe aucune grande surface strictement alimentaire…

Bien entendu les énarques de service ont défini outre des zones touristiques dans lesquelles la loi aurait cours,  des périmètres d’usage de consommation exceptionnel, vous avez bien lu, des P.U.C.E.

 A deux détails près : la définition d’une zone touristique n’est pas identique dans le Code du travail, qui, en principe devrait être seul strictement concerné puisqu’on est dans une question touchant au droit du travail, et dans le Code du tourisme, aimable breloque inventée pour permettre précisément quelques fantaisies juridiques…

 Chacun sait que le fournisseur du premier projet de loi est le député UMP des Bouches-du-Rhône Richard Maillié dont la circonscription, elle-même assez saugrenue dans son découpage, inclut une zone de non-droit qui « fonctionne » cependant depuis une quarantaine d’années !

 De non droit originel puisque le premier permis de construire de ce qui est devenu la première zone commerciale de France, fut une extension d’un hangar agricole !

Certains croient que la France est un état de droit modèle !

 Le ministère du Travail a recensé 494 communes et 29 zones touristiques concernées ; parmi lesquelles la région parisienne, la région Marseille/ Aix, la région lilloise, autrement dit, compte-tenu des parcours de chalandise et des infrastructures routières disponibles, au moins le quart de la population française…Si l’on compte comme le ministère du tourisme du très libéral Hervé Novelli, on en est à 5000 communes…

On n’est plus dans l’exception mais presque dans la réalité totale des échanges commerciaux possibles !

Bref une nouvelle entorse au droit du travail, un nouveau cadeau aux entreprises pour la rentabilisation de leurs installations, au moindre coût en termes salariaux, la journée par hypothèse payée double ne bouleversant pas la masse salariale de l’entreprise par rapport au chiffre d’affaire espéré.

Tel magasin ( interview télé !) qui escompte un chiffre d’affaires dominical de 45 000 euros devra faire travailler 5 à 10 personnes de plus ; vu les salaires et les temps partiels  habituels dans la branche d’activités, ces surcoûts salariaux représenteront au maximum 1000 euros !

 Cherchez à qui profite le crime !

 

Plus le mensonge est gros…

 

A propos d’une enquête sur l’emploi des jeunes et des moins jeunes en Italie  ( Le Monde du 07/07), le journaliste Philippe Ridet rappelle que 42% des jeunes travailleurs de moins de trente ans, en France, reçoivent une aide de leurs parents.

Cette proportion est encore plus élevée en Allemagne et en Italie : gageons que cette majorité lamentable aura à cœur de casser un peu plus le modèle social français pour le rapprocher de celui de nos deux voisins, dont, rappelons le au passage, divers gouvernements ont précisément mis en œuvre des réformes que le gouvernement de M. Sarkozy souhaite implanter en France !

 Certains éditorialistes qui gagnent leur argent de poche dans la presse en participant à l’entreprise de décervelage des Français, ne sont pas en reste pour donner des leçons sur une société de services de la proximité, sans trop se soucier de savoir si la démonstration a jamais été faite que la consommation globale pourrait croître avec une ouverture le dimanche !

 La légèreté avec laquelle l’auteur de l’édito des Echos du 7 juillet traite de la dimension théologique du problème conforte la bonne comtesse de Ségur qui désapprouve, dans un de ses romans…pour enfants, les bourgeois qui font travailler leurs employés le dimanche au lieu de leur permettre d’aller à la messe !

 On savait, il est vrai qu’avec certains donneurs de leçons, le veau d’or est toujours debout !

 L’emploi ne sera pas plus facilité par l’ouverture le dimanche que par la baisse de TVA sur la restauration ; refaire des marges, telle est la préoccupation, le reste est sale boulot de propagande idéologique et d’atteinte aux droits des salariés…

 3 000 000 de chômeurs à l’automne 2009, c’est cela la réalité.

 Lors d’un colloque organisé par l’Institut de recherches de la FSU avec la collaboration de la FSU, de la CGT et de Solidaires (28 mai 2009) le travail par le volume d’emploi mais aussi par son contenu même, entre autres l’organisation et le temps de travail, a été au centre de débats très ouverts ; mais ce qui est patent et comme l’a souligné François Daniellou ( Bordeaux 2) «  la crise sert de laboratoire à l’envers, la crise sert à tester jusqu’où on peut aller en termes de flexibilité ».

 

 Les bons apôtres qui, en France invoquent la flexisécurité à la danoise, oublient ou font semblant d’oublier que la patronat français et la « classe » politique française sont à des années-lumière de leurs homologues danois quant au respect de l’égalité entre citoyens. Notre patronat est plus proche en moyenne d’une mentalité féodale que d’une approche démocratique, « républicaine » et morale des rapports sociaux. Les politiciens à leur service itou !

 

L’organisation du travail est aussi malade que le capitalisme financier est incapable de se réguler spontanément.

 C’est à ce moment que devrait intervenir la loi, et non pas pour ajouter du mal au mal comme la loi sur le travail dominical en est une nouvelle  image.

 Il est vrai que ces questions sont politiques et qu’il faut que les citoyens réveillés s’en saisissent…Encore un effort et il n’y aura pas plus de citoyens que d’ours blancs! Laurent  Fabius  doit défendre une motion de censure de la politique la plus réactionnaire conduite depuis plus de 60 ans, hommage hypocrite au CNR compris...Le dimanche, symbole pour le président en est  un aussi pour tous les salariés du pays!

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