Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
Les moments historiques….
Le congrès de Versailles, a été d’emblée qualifié d’historique par M. Accoyer, président de l’Assemblée nationale… Le bonhomme n’est pas foncièrement mauvais mais on peut se poser la question de la pertinence d’une telle déclaration.
Eliminons d’entrée l’hypothèse de la pure et simple flagornerie à l’égard du patron ; la République française ne saurait avoir dans des fonctions institutionnelles aussi prestigieuses d’aussi plats valets, conscients du peu de mérite de leur promotion personnelle, courtisans soucieux de conserver leurs prébendes, dans ce cas précis, il est vrai, abondamment beurrées…
Nous écartons l’éventualité de la bassesse parce qu’elle laisserait trop voir la défaillance du réflexe civique des citoyens.
Où est le pouvoir ?
Donc depuis M. Thiers, aucun président ne s’est exprimé devant la représentation nationale.
Serait-ce alors le fondement de l’attribution d’un caractère historique de la réunion du 22 juin 2009?
C’est possible, mais en tordant le cou à l’histoire, car entre le président de 1871 et celui de 2009 la république et l’équilibre des pouvoirs ont singulièrement évolué.
Historique ne signifie donc pas dans ce cas retour à des usages antérieurs qui eussent pu perdurer ; sauf que la vie politique du temps en a décidé autrement.
En simplifiant cependant, on peut dire, et l’échec de la république des ducs en 1877, le montre bien, la III° fut une république parlementaire : un Royaume Uni sans monarque.
La V° modo 2009, mais déjà dans ses gènes, n’est assurément pas une république parlementaire : le Parlement ne dispose que par abus de langage d’initiative en matière législative, alors que ce serait pourtant sa seule raison d’être.
Pour deux raisons au moins :
- la construction européenne sans les peuples, telle donc qu’elle fut conduite par des élus fort peu soucieux de la légitimité de leurs décisions puisque fort peu désireux d’expliquer aux citoyens où ils comptaient les conduire, avec un embrouillamini extraordinaire sur la nature de l’objet politique qu’est l’Union et sur la répartition claire dans la séparation des pouvoirs « constituants », oblige notre Parlement, ceux des autres Etats aussi, à passer le plus clair du temps à transcrire en droit positif local les décisions technocratiques prises à Bruxelles… et avalisées au préalable par les gouvernements nationaux.
- -le cumul des mandats, illustré par les dirigeants des plus grands partis, chaque fois qu’ils le peuvent en tout cas, fait de nos parlementaires des législateurs à temps partiel, autrement dit des élus qui ne considèrent pas la fonction législative comme étant, en soi, un élément fondamental et justifiant un engagement exclusif de leur part ; il n’existe que de mauvaises raisons pour maintenir le cumul des mandats, celle du cumul des indemnités étant rarement invoquée par les intéressés : en résulte en effet la confusion des pouvoirs, le peu de sérieux du travail législatif de trop nombreux députés ou sénateurs confiant à quelques experts, parmi eux, le soin de penser ou de négocier à leur place…
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Les merveilles de la technocratie
- Ce sont donc les cabinets ministériels, la haute fonction publique qui rédigent les textes de loi, adaptent les directives européennes, selon une habitude héritée non pas de la 1 ère république et de la Convention, qui, elles, firent leur travail de législateur, mais des membres des cercles de conseillers des monarques…
- Bonaparte avait, non sans humour, à moins que cette qualité fût celle de l’un de ses proches conseillers, dissocié une assemblée qui votait sans discuter et une autre qui discutait sans voter !
- Façon aussi de multiplier les récompenses pécuniaires… On nous dira qu’à l'époque le suffrage universel n’était guère sollicité ; certes, mais essayez de faire élire un individu qui ne serai pas soutenu par un parti, investi par lui, bref soumis aux modalités de fonctionnement plus ou moins démocratiques dudit parti…
- M. Accoyer en sait quelque chose.
- Le discrédit des élus, malheureusement, est assez grand aujourd’hui pour que les citoyens se soucient peu, sauf exception, des modalités d’éclosion des candidatures, même avec les relais complaisants des divers media, même avec la plaisanterie en vogue sur les primaires ouvertes en dehors des partis, même avec le grotesque spectacle que donnent aujourd’hui quelques « agités » à gauche. Qui peut prendre au sérieux ces clowns qui confondent le moyen d'instrumentaliser leur ambition et l'approfondissement d'une participation et d'un contrôle véritable des électeurs sur leurs mandataires en principe révocables.
- Le crétinisme politique, c’est d’abord de prendre les citoyens pour des sots.
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- Historique en quoi alors ?
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- Resterait donc la sacralisation de la prééminence de l’exécutif ramassé dans une seule fonction, celle du Président ?
- On a dit lors de la modification constitutionnelle qui avalisa cette disposition d’un discours du chef de l’Etat devant le Parlement réuni en Congrès, que le Parlement était également revalorisé…
- Imagination pure, les candidats à la députation étant, sauf accident, élus dans la foulée de l’élection présidentielle avec le bon vieux système de ce qu’on n’ose plus appeler la candidature officielle, comme au temps de Bonaparte le neveu, sous le Second empire, il va de soi que chacun pensera à sa réélection d'abord, la notabilité locale n'étant qu'un élément du jeu.
- Une majorité à la botte du président, chef de parti, de fait, ne saurait avoir une bien grande marge de manœuvre…
- Quelques dérapages récents, l'entêtement des conseillers du Prince, des maladresses de ministres, ont pu faire croire le contraire mais il ne s’agissait en fait que d’une différence d’appréciation dans la gestion des urgences et non d’une opposition de fond.
- En revanche la décision du Conseil constitutionnel (hadopi etc) a permis de comprendre que la faiblesse du travail législatif, son conformisme par rapport aux desiderata de l’exécutif, s’accompagnait d’une légèreté pernicieuse dans le respect des règles juridiques d’un état de droit.
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- Si le Congrès de Versailles demain est à ranger dans les moments historiques de notre vie politique, ce sera, hélas, pour la démission définitive des législateurs et la transformation d’un exécutif sans contrepoids réel en despotisme plus ou moins éclairé.
- Bien évidemment, et pas pour cela seulement, penser que la République est en danger, n’est pas exagéré ; sauf si le concept de république est vidé de tout sens N'est ce pas cela le grand oeuvre en train, de cette coalition d'affairistes, de liquidateurs, de prédateurs, d'idéologues domestiques qui encombrent quotidiennement les media de toute espèce et font croire à certains qu'ils sont et font la France?