Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
Les éditions Rue d’Ulm ont publié en 2008 un essai de MM. Yann Algan et Pierre Cahuc, La société de défiance (ou : Comment le modèle social français s’autodétruit).
La lecture de la 4ème de couverture éclaire sur le projet politique dont peuvent être porteurs des universitaires que leurs engagements personnels n’ont pourtant jamais conduits précisément dans le débat politique qu’appellent leurs analyses.
« Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développées révèlent qu’ici plus qu’ailleurs, on se méfie de ses concitoyens, des pouvoirs publics et du marché (…). Or la défiance et l’incivisme (…) sont alimentés par le corporatisme et l’étatisme du modèle social français… »
Et voilà pourquoi votre fille est muette et Sarkozy, malgré l'échec de ses réformes, ou Kessler, et sa refondation sociale, de grands hommes…
Exagéré ? Il n’est pas certain que la crise que nous connaissons amènerait nos deux experts à modérer leur enthousiasme, réel ou feint, pour une société de confiance dont les dirigeants du cac 40, ceux de Wall street ou de la City, voire ceux du G 20, ont montré à quelle aune on pouvait l’apprécier.
L’une des « thèses » de nos deux économistes est que la confiance héritée des Français s’est dégradée au cours du XX ème siècle « et surtout après la deuxième guerre mondiale ».
Ils se fondent, en partie, pour affirmer cela, sur une étude américaine (General Social Survey) laissant penser que « les Américains de la quatrième génération d’origine française (…) font beaucoup plus confiance à leurs concitoyens que les Américains de la quatrième génération d’origine suédoise » et donc que la confiance mutuelle était plus développée en France au début du XX ème siècle.
Nous n’allons pas nous risquer à affirmer qu’il existe de par le monde des enquêtes bizarres et des critères d’analyse parfois surprenants, ni à évoquer pour ce type de questionnement l’impact possible de conséquences discriminatoires.
Mais un historien lambda a de quoi être, au moins, étonné et d’abord qu’on puisse tirer des conclusions sur les mentalités françaises telles qu’elles sont aujourd’hui, à partir d’enquêtes menées auprès d’Américains d’aujourd’hui…
On pourrait se souvenir que le triomphe de la social-démocratie en Suède est postérieur à l’émigration des ancêtres d’Américains de la quatrième génération, qu’il est douteux que les relations sociales en France n’aient en rien bénéficié, y compris en termes de confiance entre concitoyens, par exemple, du Front Populaire ; que le planisme est un mouvement général en Europe avant la deuxième guerre mondiale et qu’il n’était pas tout à fait inconnu des boys de Roosevelt, que les écarts sociaux au Royaume-Uni, réputé peu étatiste, sont plus grands qu’en France, que la situation des orphelins dans divers pays aurait mérité une analyse utile pour parler d’une société de confiance…
Mais laissons cela.
La mode en France est certes de nier l’histoire de France, voire de confondre l’histoire de France et les agissements des Français ou de certains d’entre eux; l’épidémie de pardons demandés ici et là participe de cette incongruité historique, qui oublie que les politiques conduites au nom de la France, sur pratiquement tous les sujets, y compris ceux pour lesquels s’excusent quelques démagogues en mal de publicité, ont connu des adversaires déterminés et des détracteurs efficaces, et cela depuis des siècles.
Le degré de confiance de nos concitoyens envers leurs institutions serait donc parmi les plus faibles des pays riches…
Ce qui est surprenant, c’est précisément que les conditions de fonctionnement de nos institutions soient réputées neutres pour évaluer le degré de confiance qu’elles pourraient ou non susciter.
Qui soutiendra que la protection sociale de 2009 n'a subi aucune mutation profonde, tant dans la gouvernance de ses organismes payeurs que dans la réalité de son financement? Et sous la pression de qui ces évolutions ont-elles été mises en oeuvre? Assurément pas par la volonté de la majorité des français...
On se méfie de l’institution judiciaire ? N’est–ce pas fondé sur une lecture critique de ses décisions ? Du mode de sélection de ses hiérarques ? Des doutes des juristes européens sur la séparation des pouvoirs, l’indépendance du Parquet ? Sur la faiblesse numérique de la magistrature ? Sur les conditions de sa formation ? Sur l’état des prisons françaises qui nous met au ban des nations civilisées de richesse comparable?
La corruption perçue est corrélée avec la défiance envers la justice.
« Le même type de corrélation apparaît entre la corruption perçue et la défiance envers le parlement ou les syndicats ».
Ils votent Non en 2005, on leur fourgue par le parlement, ce qu’ils avaient disqualifié, à quelques nuances secondaires près.
Huit organisations de salariés ont une implantation nationale, la loi Perben qui n’a pas été abrogée, continue d’empêcher que cette représentativité soit fondée réellement sur les voix obtenues aux élections professionnelles, puisqu’elle empêche des organisations plus importantes que des confédérations bénéficiant encore du principe d’une représentativité irréfragable, d’être présentes dès le premier tour de l’élection ! Avec des tribunaux qui suivent les recours desdites confédérations…
Autrement dit, les Français savent, ou peuvent savoir, que le gouvernement et le patronat préfèrent choisir leurs interlocuteurs que de laisser les salariés assurer à ceux-ci une légitimité incontestable.
Comment parler d’une société de défiance sans évoquer la classe dirigeante française, politiciens, patrons du cac 40, orfèvres experts des media alignés ? Les élus qui refusent de mettre fin au cumul des mandats ?
Dira-t-on que les Français ont les maîtres qu’ils méritent quand on sait comment fonctionne un parti en France et ailleurs ?
Et si les Français étaient simplement lucides ?
L’étatisme et le corporatisme seraient la cause de tous nos maux ? La démonstration de cette assertion est loin d’être faite et dire que le modèle social français s'autodétruit, c'est d'abord exonérer les responsables des choix politiques qui contribuent à le détruire vraiment, choix pour lesquels penser que les Français les ont approuvé et auraient été consultés, résulte d'un manifeste abus de langage.
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Après l'interpellation d'un gamin de 6 ans....
Choquante et démesurée
L¹interpellation de deux élèves de 6 ans et 10 ans à proximité de la sortie d¹une école de Floirac dans le cadre de la recherche d¹un vélo est choquante et démesurée.
Qu¹elle corresponde à un excès de zèle ou à une dérive sécuritaire, cette arrestation heurte profondément l¹ensemble des enseignants, des éducateurs et des parents d¹élèves.
Le SNUipp dénonce vivement de telles pratiques qui vont à l¹encontre du droit à l¹Education des enfants. Elles sont susceptibles de créer de profonds traumatismes pour l¹ensemble des élèves et remettent en cause le rôle éducatif de l¹école.
Le SNUipp demande solennellement au ministre de l¹Education Nationale d¹intervenir pour que la primauté des mesures éducatives soit respectée et qu¹aucune interpellation n¹ait lieu dans ces conditions. L¹école doit rester un lieu d¹éducation et de prévention qui a besoin de confiance et de sérénité.
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Le SNES s¹indigne de la surenchère sécuritaire du ministre Après avoir annoncé la semaine dernière à grands renforts médiatiques son intention de voir installer des portiques détecteurs de métaux à l¹entrée des établissements scolaires, Xavier Darcos se lance aujourd¹hui dans une surenchère sécuritaire en annonçant entre autres son intention de créer une « force mobile d¹agents » susceptibles d¹intervenir en milieu scolaire. En focalisant toute l¹attention sur les agressions avec armes, le ministre laisse entendre que les établissements scolaires seraient à feu et à sang et que des armes en
nombre y circuleraient.
Si elles sont particulièrement choquantes et inadmissibles, les agressions commises avec arme contre les personnels de l¹éducation nationale sont heureusement rarissimes (10 cas recensés depuis 2007 dont un avec une paire de ciseaux et un avec le contenu d¹un extincteur).
Cette focalisation passe sous silence ce qui constitue l¹essentiel de la violence en milieu scolaire : les incivilités, les conflits entre élèves et les agressions verbales.
Les portiques de sécurité et les fouilles ne sont d¹aucune utilité dans ce domaine.
Seules des mesures éducatives de prévention et de dialogue avec les élèves et leurs familles sont adaptées.
Or, les personnels de l¹éducation nationale peuvent de moins en moins assurer leurs missions éducatives du fait des 30 000 suppressions d¹emplois réalisées depuis 3 ans et les 17 à 18 000 suppressions envisagées pour 2010 contribueront à dégrader encore davantage la situation.
D¹autre part, la confusion voulue par le ministre entre les missions éducatives des personnels de l¹éducation nationale et les missions de tout autre nature des fonctionnaires de police et de justice, loin d¹aider les personnels dans l¹exercice de leur métier, compliquerait singulièrement leurs relations avec les élèves et serait source de tensions supplémentaires.
Le SNES est disponible pour étudier avec le Ministre de l¹éducation nationale toute la problématique de la violence en milieu scolaire et la prise en compte de ses causes multiformes. Il demande donc à Xavier Darcos de convoquer une réunion qui contrairement à celle prévue mercredi 27 mai associerait tous les membres de la communauté éducative et ne se limiterait pas au sujet de « l'introduction d'armes dans les établissements scolaires ».