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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Cardin, Sade et les J.O. ou de la nécessité de la morale...

Cardin, Sade et les J.O.

 

D’un problème local …

 

Le village de Lacoste est dominé par un château qui, héritage de la maison de Simiane, appartenait au  XVIII ème siècle à M.de Sade.

Ce château fut racheté par Pierre Cardin, couturier célèbre et homme d’affaires avisé. Non par besoin de se loger, les lieux étaient  ruines et c’est lui qui les releva en partie ; il possède d’autre part deux résidences sur la Côte…Le problème des habitants, c’est que le nouveau seigneur acheta plusieurs maisons du village, faussant ainsi légèrement les prix du marché, preuve, s’il en était besoin, que ledit marché ne se régule pas par la seule loi de l’offre et de la demande, et posant ainsi problème à d’hypothétiques habitants moins fortunés, voire à des locataires potentiels, les prix des loyers ayant tendance à suivre quelque peu la hausse des prix de vente de l’immobilier…

Clochemerle ou guerre Picrocholine, si l’on préfère, mais avec une base économique réelle!

Au demeurant Cardin n’en a cure et les habitants peuvent toujours se dire qu’il n’a pas d’héritier de sa fantaisie, ce qui laissera indécis l’avenir des animations culturelles ou de la prospérité collective des lieux.

Sade non plus d’ailleurs, n’eut pas d’héritier, au sens plein du terme, d’héritier qui assumât ce père hors norme. Le malheureux, certes  pas tout le temps mais tout de même il passa de longues années enfermé en divers lieux, eut deux fils ; l’un,  militaire, eut la délicatesse extrême de mourir au royaume de Naples attribué par Bonaparte à Murat en 1809 ; l’autre, cadet, dont descendent tous  les actuels MM. de Sade, aveuglé par l’air du temps et médiocrement instruit de la portée de l’œuvre de son père, détruisit à la mort dudit, nombre de papiers, au grand chagrin des admirateurs posthumes et tardifs du « divin » marquis.

On n’a pas toujours les rejetons qu’on mérite, encore que cela se discute ; mais la famille aurait pu se féliciter d’être ainsi entrée, pour une gloire durable, et par un mot, dans la langue des hommes.

Cela n’est pas donné à beaucoup, et dans ce cas, cela vaut mieux pour la solidité de la renommée que les quelques gouttes du sang de saint Louis, les quatre évêques fournis à l’Eglise ou le sobriquet attribué par le roi René à l’un de ses proches, de cette maison.

Quel rapport, dira un lecteur attentif, avec les J.O. ?

Nous y venons.

 

A la morale du monde

 

Sade avait reçu une éducation de haut niveau, entre un oncle, ecclésiastique mondain, qui correspondit avec Voltaire, et les  Bons Pères de Louis le Grand; éducation gâtée cependant, il l’avoue lui-même, par les privilèges de sa  caste et par le sentiment de supériorité qui l’accompagnait ; mais ce qu’il écrivit, le fut en conscience et ce n’est pas une complexion particulière ou un tempérament qui expliquent le contenu de son œuvre. Ses débordements  permettent de comprendre qu’il fût surveillé et interné plusieurs fois, mais son  enfermement, définitif sous le Consulat et l’Empire ne doit rien, sinon un prétexte, à l’obscénité de ses écrits ; c’est bien leur contenu subversif qui inquiéta les « autorités » et les amena à sévir.

Dieu et la bonté naturelle de l’homme n’ont en effet pas leur place chez Sade. Robespierre, déjà, ne s’y était pas trompé…

La question que posent aujourd’hui les circonstances du déroulement des J.O., relève de la même problématique : à quelles conditions, l’homme  peut-il être libre ?

 Certes si la dimension obscène des JO saute aux yeux, leur dimension subversive, elle, ne risque pas d’inquiéter le moindre gouvernement.

Ainsi environ 1,5 millions de pékinois ont dû quitter leur maison et, une manifestation ultraminoritaire et vite interrompue l’a montré, leur relogement n’a pas vraiment été considéré comme une urgence, pas davantage que leur consultation préalable n’avait été envisagée comme nécessaire ou une juste et préalable indemnisation prévue ; le chantage patriotard et la pression policière ont permis de faire croire à une partie de la population que les J.O. justifiaient tous les sacrifices.

 Les Chinois ne sont pas tous naïfs et ceux du moins qui protestent savent que les J.O. ont été pour une minorité d’affairistes, d’entrepreneurs, de promoteurs et pour leurs « facilitateurs » politiques une source d’enrichissement colossale : les plus grosses fortunes de Chine reposent sur le BTP et l’immobilier et, nous, lecteurs français de magazines dits d’information, nous avons tous lu des articles ou vu des émissions des chaînes de télévision sur ce milliardaire qui s’était fait construire la réplique « adaptée » du château de Maisons-Laffitte, ou sur d’autres exemples d’assez scandaleux gaspillages ; nous avons tous vu dans quelles conditions  la paysannerie chinoise était chassée par la misère vers les villes et transformée en main d’œuvre à bas prix,

Y compris pour fabriquer des produits d’exportation achetés par l’occident et pour le plus grand profit d’entreprises aux actionnaires bien français! Nous avons pu voir sur les écrans le film Still life

Nous avons même vu qu’une « classe moyenne » s’était constituée, aux contours un peu flous, il est vrai, puisque, selon les experts, cela pourrait représenter de 60 à plus de 300 millions de personnes !

Moyennant quoi, 80% des assassinats juridiques que sont les exécutions capitales se déroulent en Chine, 400 000 hommes, c’est-à-dire beaucoup plus que la totalité des trois armes de nos forces de défense y sont actuellement mobilisés pour assurer le maintien de l’ordre, des milliers d’opposants, dont la liste incomplète Cohn-Bendit/ Sarkozy n’a eu aucun effet, le Tibet sous la botte et envahi de populations allogènes…

Et CNS négocie avec le CIO un horaire matinal pour les épreuves de natation afin que les téléspectateurs américains en profitent pleinement ! Pour  $ 900 millions !

L’obscénité de la violence et du pognon.

On est tout près de Sade, quand il décrit un monde sans morale universalisable…

 

On ne peut pas ignorer le quart de l’humanité ? 

 

La phrase est l’explication donnée par Sarkozy à sa présence à Pékin ! Or c’est bien lui qui s’est mis, à propos de sa présence à la cérémonie d’ouverture, tout seul dans le pétrin ; lorsque, à l’automne 2007, lors d’un voyage gros de contrats mirifiques, mais pas encore concrétisés, il a annoncé que bien sûr etc…, aucun officiel chinois ne l’avait encore sollicité ; d’ailleurs, avant lui, aucun président de la République ne s’était déplacé pour une cérémonie d’ouverture dont la dimension purement « sportive » est très secondaire… Ou alors les contrats comportaient une clause secrète ? Mais s’il s’agit de politique, autant préciser ce qu’on cherche vraiment… Puis il y eut la répression au Tibet…

Mais par ailleurs, le quart de l’humanité, c’est un peu exagéré et invérifiable (quand un pays comme le nôtre renonce à faire un recensement régulier de sa population à cause du coût , qui peut croire qu’un pays 20 fois plus peuplé et beaucoup moins riche au PIB par habitant pourrait s’y adonner ?), et surtout l’examen un peu attentif de la planète montre qu’on peut parfaitement ignorer des fractions considérables de terriens ; les centaines de millions qui ne mangent pas à leur faim, voire qui en meurent,, qui manquent d’eau, qui n’ont pas les moyens de se soigner, qui ne disposent pas d’infrastructures de transports, qui sont illettrés, qui voient leurs territoires coutumiers et ancestraux saccagés par l’appétit de lucre et la soif d’énergie des pays riches ou des pillards locaux, peuvent en témoigner sans risquer d’être démentis…

 Qu’on nous parle du marché chinois, des fonds souverains, de la difficulté à convaincre ce pays d’avoir une gestion de sa monnaie plus conforme à des normes permettant une évaluation correcte de sa valeur, des conditions de concurrence  totalement faussées dans ses coûts de production, mais « le quart (plutôt le cinquième) de l’humanité » est l’arbre qui cache la forêt : la Chine ne vit pas dans une économie de marché « libre et non faussé », comme on dit en Europe, et elle n’a pas non plus de régime démocratique dans lequel la production de normes et de règles  de droit positif correspondrait à la recherche d’un équilibre durable avec  celles du reste du monde; la Chine est un empire qui veut assurer sa puissance et pas plus que d’autres, il est vrai, elle n’est très scrupuleuse sur les moyens d’y parvenir.

Ce faisant, les maîtres politiques du pays savent ce qu’est un rapport de force et, pour être capables de le pratiquer eux-mêmes, ils savent que les pays de l’OCDE ont les moyens de peser sur leur développement, sur leurs avoirs dans le monde, sur leur approvisionnement énergétique ; la  chance des patrons chinois, financiers, industriels et politiques mêlés, n’est pas le volume d’affaires que le marché qu’ils représentent peut induire, c’est d’abord la concurrence et la division de leurs partenaires, fournisseurs et clients, plus préoccupés de profits immédiats que de régulation mondiale : les intérêts divergents qui s’expriment dans les forums internationaux aussi bien à propos du climat et du développement durable que des règles financières ou commerciales, ont en commun de ne guère se préoccuper des droits sociaux de la majorité des habitants de la planète ; cette absence de souci démocratique et social est pour la Chine actuelle, un encouragement à ne pas changer à son détriment des règles du jeu que l’Occident regrette souvent de n’avoir pu garder chez lui !

Les chinoiseries furent à la mode au XVIII ème siècle, les romans orientaux aussi, jusque dans les années 1770 ; on n’a pas de preuve d’un intérêt particulier du marquis de Sade pour cette culture ou ce qu’on en connaissait à l’époque mais  on peut raisonnablement supposer qu’il avait lu de ces romans. Etiemble, dont l’érudition est sans faille, dans son  livre, « l’Europe chinoise », ne le cite pas, mode passée peut-être.

On doit pouvoir regretter cette lacune, le marquis n’eut pas manqué d’illustrer par des exemples plus exotiques le vieux principe qui fait de l’homme un loup pour l’homme.

Tout cela, après tout, n’enlève rien aux mérites des athlètes convoqués à Pékin !  
                                                                                                                                      JPB 

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