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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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En marche vers la république bananière…

 De quelques idiots utiles:

Le concept de république bananière ne vient pas spontanément à l’esprit quand on songe à Macron et aux élus LREM, constitués majoritairement de néo-libéraux passés par l’entreprise privée, d’élus carriéristes en mal de reconversion ou de promotion ou d’ambitieux imbus de leurs qualités intellectuelles, fussent- elles gangrenées par l’idéologie dominante et l’ exorbitante prétention à porter une vérité universelle. Certains sont même sans doute dotés d’une forme dévoyée ou naïve de sincérité, qui les assimilerait à des idiots utiles modo Karl-Maria Kertbeny, traité d’âne par Karl Marx mais qui mérite de vrais  louanges dans d’autres domaines, Walter Duranty ou Arthur Henderson… mais cette fois utiles au capitalisme tel qu’il est aujourd’hui.

Rappelons simplement que l’expression a été inspirée par le rôle de la compagnie américaine United Fruit qui, au début du XXème siècle et durant plusieurs décennies, téléguida activement corruption et coups d’état en Amérique centrale pour asseoir ses activités prédatrices et inonder les Etats-Unis  de bananes… Elle fit florès et peut désigner tout système politique dans lequel la décision politique et l’intérêt économique d’une extrême minorité coïncident.
La financiarisation mondialisée et globalisée de l’économie permet d’étendre très largement ce concept qui, utilisant tous les ressorts de l’ambition des uns, la sottise ou l’ignorance d’autres, la corruption banale aussi bien mentale par le matraquage d’une propagande contrôlée que financière, par des systèmes quelquefois légalisés d’optimisation fiscale et de blanchiment de capitaux, semble de fait le but ultime de démagogues divers, dont le chef de file incontesté et véritable précurseur fut Boris Eltsine et les continuateurs évidents les divers indépendantistes prônant la sécession d’une province ou la fin d’une union au sein d’états dont les institutions actuelles ne sont cependant pas les premières causes de l’exploitation du prolétariat!
Sauf à croire que la fonction essentielle d’un Etat est d’être l’outil au service de la classe dominante, ce qui ne paraît pas dans le discours d’aucun des partis sécessionnistes qui se sont développés en Europe. Identitaire oui, révolutionnaire non, tel est en fait leur projet.

Post démocratie et post nation
La post démocratie, terme popularisé par le sociologue anglais Colin Crouch, désigne en fait un système de démocratie canada-dry: cela a l’apparence, les formes d’une démocratie mais cela ne l’est pas parce que les dirigeants manipulent l’opinion et passent, le cas échéant, outre à des votes explicites du peuple ; l’exemple du referendum  de 2005 en France illustre parfaitement ce mécanisme.
Ce qu’on pourrait appeler la post nation, c’est précisément  la coupure entre l’Etat-nation et le principe de la souveraineté populaire dans son ressort pour transférer à d’autres instances que celles élues dans le cadre national, le soin de gérer tout ou partie des affaires communes aux populations concernées: l’évolution de l’UE en est le quasi modèle.
A défaut de constater l’existence d’un peuple européen, ce qui paraît difficile eu égard au Babel linguistique et aux trajectoires historiques, un gouvernement européen au champ plus ou moins élargi est proposé par des politiciens déjà gagnés à la post-démocratie, comme l’actuel président français.
Un chantre multicarte de l’Europe libérale et du libéralisme libertarien, voire du « jacobinisme libéral », moyennant une lecture particulière de l’Histoire de la Révolution, ou du mouvement américain « bleeding heart libertarians » (libertariens avec du cœur), remarque (1) après le discours de Macron à Athènes que les « dirigeants qui font mine de ne pas apercevoir le problème démocratique dans l’UE, et qui continuent à cultiver en dépit de l’évidence, l’illusion de l’indépendance nationale, condamnent à terme l’Europe à une implosion populiste. »  Il en conclut « qu’il serait logique que « (la) souveraineté européenne rende peu à peu obsolètes nos Etats-nations » et il imagine « une gouvernance européenne(ou mondiale) décentralisée et participative, sans les contraintes de l’élection et de la représentation ».
Il manque une précision sur qui participe réellement à cette gouvernance, technicienne évidemment: les gouvernements d’experts non élus ont largement fait la preuve dans l’Histoire de leur capacité de nuisance pour les populations assujetties à leur pouvoir, à l’exception notable des dirigeants et possesseurs du capital (2). On ne peut demander à un idéologue au service précisément du capital d’être trop précis sur le dépouillement global qu’il propose des droits « citoyens ».

L’imposture installée ou le bourrage de crâne des communicants

Depuis l’élection présidentielle et après les législatives; les media contrôlés et les éditocrates stipendiés qui sévissent dans les émissions de pseudo-débats des chaines  ont un leitmotiv , son programme a été validé par les électeurs. Cette imposture prétend faire croire que la légitimité du résultat de l’élection, impose celle du programme, or aucun président de la République n’a été élu sur un programme, pas même le fondateur de la V ème république, arrivé au pouvoir dans un contexte de déconsidération absolue des derniers dirigeants de la IV ème. . Elle repose en outre sur l’idée que le peuple perd de facto sa souveraineté pour la durée du mandat électif, en France cinq ans,, comme le souhaitait les concepteurs de la démocratie représentative et en fait déléguée à ses débuts dont l’ineffable Sieyès qui ne fut en aucun domaine un modèle de vertu républicaine.
La souveraineté populaire n’est pas entre parenthèses pendant la durée d’un mandat électif et prétendre le contraire c’est de fait la nier. C’est ce déni qui anime les élus quand ils savent pertinemment que leur politique est une politique de classe au service d’une idéologie et d’une minorité sociologique. La singulière absence du concept de classe sociale et a fortiori de lutte des classes pendant les campagnes du printemps 2017, y compris dans la bouche de l’opposant principal auto-proclamé et jugé tel dans la logique d’hyper-personnalisation pour l’élection présidentielle, facilite le discours de confusion théorique développé par les tenants de l’actuelle  majorité.
 Il est vrai que dans la logique d’un transfert permanent de souveraineté au niveau européen, encore réclamé par le président de la Commission dans son discours devant  le Parlement de de Strasbourg, ni la souveraineté des peuples, ni l’existence des classes sociales et de la divergence de leurs intérêts  ne pèsent face à une financiarisation globalisée à l’échelle du monde mais qui paradoxalement ne saurait se passer de la complicité des états.

 Le dévoiement européen du droit international

Le respect par l’Etat de règles internationales est prévu par la Constitution, en particulier dans son Préambule :
 « La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple.

Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à l'organisation et à la défense de la paix. » 
et dans les articles ci-après:
ARTICLE 52.
Le Président de la République négocie et ratifie les traités.
Il est informé de toute négociation tendant à la conclusion d'un accord international non soumis à ratification.
ARTICLE 53.
Les traités de paix, les traités de commerce, les traités ou accords relatifs à l'organisation internationale, ceux qui engagent les finances de l'État, ceux qui modifient des dispositions de nature législative, ceux qui sont relatifs à l'état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire, ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu'en vertu d'une loi.
Ils ne prennent effet qu'après avoir été ratifiés ou approuvés.
Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n'est valable sans le consentement des populations intéressées.
ARTICLE 53-1.
La République peut conclure avec les États européens qui sont liés par des engagements identiques aux siens en matière d'asile et de protection des Droits de l'homme et des libertés fondamentales, des accords déterminant leurs compétences respectives pour l'examen des demandes d'asile qui leur sont présentées.
Toutefois, même si la demande n'entre pas dans leur compétence en vertu de ces accords, les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif.
ARTICLE 53-2.
La République peut reconnaître la juridiction de la Cour pénale internationale dans les conditions prévues par le traité signé le 18 juillet 1998.
ARTICLE 54.
Si le Conseil constitutionnel, saisi par le Président de la République, par le Premier ministre, par le président de l'une ou l'autre assemblée ou par soixante députés ou soixante sénateurs, a déclaré qu'un engagement international comporte une clause contraire à la Constitution, l'autorisation de ratifier ou d'approuver l'engagement international en cause ne peut intervenir qu'après révision de la Constitution.
ARTICLE 55.
Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie.

Le dévoiement est évidemment dans l’extension du droit international aux affaires économiques et financières, dans la modification systématique de la Constitution pour ratifier un traité qui donc heurtait avant cette modification la loi fondamentale de la Nation, devenue de ce fait un yo-yo instrument des lobbies, le tout sans débat public ni information approfondie et contradictoire des citoyens: les traités de l’UE avec le Japon ( JEFTA), le Canada (CETA) et sur le libre-échange transatlantique ( TAFTA) sont des manifestations patentes de la mise en place sans les peuples d’une gouvernance libérale alors même qu’il n’existe pas de souveraineté européenne, faute de peuple européen.
C’est exactement cela qui fait que les libéraux les plus conséquents ou le plus acharnés prétendent sans rire se passer de la démocratie élective et des peuples et préfigurent ainsi un monde digne des pires totalitarismes. Et c’est cela qui rend dérisoire toutes les rodomontades sur la légitimité des pouvoirs en place, ici et ailleurs, hier, aujourd’hui et demain.

 

(1): Gaspard Koenig dans Les Echos...du13/09

(2): pour mémoire, l''étape de l'accumulation primitive est sautée pour les dirigeants gavés de stock options qui deviennent non plus des mangers mais des possesseurs du capital, au détriment des petits actionnaires. Pour mémoire encore la création démesurée de "richesses" immatérielles nées de la spéculation continue dans les flux de capitaux gérés par des algorithmes, l'ubérisation généralisée souhaitée par certains, la déconnection de la création de valeur avec celles de produits matériels, la multiplication des "bulles" qui en résultent, rend improbable le maintien durable d'un tel système. Il est manifestement impossible que chacun puisse espérer devenir millionnaire, comme jadis un soldat avait dans sa giberne son bâton de Maréchal, mais cette coquecigrue est à la base du formatage idéologique de masse.

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