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Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.

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Le risque du 18 juin: Cohérence, non. Post-démocratie oui.

Comme le mot propagande est devenu politiquement incorrect, on appellera donc exercice de « communication » la vague de répétitions de la formule « les Français sont cohérents » dans la bouche des politiciens new look comme des éditorialistes et autres occupants des antennes publiques et privées pour saluer le résultat des élections législatives.
Cependant la vraie nouveauté de ce scrutin pour des élections législatives générales, c’est que 51, 29 % des électeurs se sont abstenus.
En vérité la seule personne cohérente dans son projet, qui n’a strictement rien à voir avec la volonté de redresser le pays et de lui donner un nouveau souffle, c’est bien le président élu le 7 mai.
En voilà bien un qui applique à la lettre le lucide constat et salutaire conseil, pour sa propre classe, de Tancrède dans Le Guépard: « il faut tout changer pour que rien ne change ».
Inusable référence tant il est vrai que la seule préoccupation des « élites » est de perpétuer leur domination.
C’est vraisemblablement ce qui a motivé la chancelière allemande quand elle a félicité celui qu’un journal étranger appelle Macronaparte et ce qu’avait compris l’homme le plus riche de France en expliquant dans un journal dont il est propriétaire  (Les Echos) pourquoi il voterait pour le meilleur  serviteur disponible des « 1 % ».

L’inattendu?

Un électeur sur deux, beaucoup plus dans certaines circonscriptions n’a pas pris la peine de se déplacer: le parti des abstentionnistes a atteint un niveau inégalé, ce qui pose un vrai problème politique. On relèvera, pour le principe, qu’un système électoral qui permet à un parti, rassemblant sur le nom de ses représentants à peu près 1 électeur sur 6 inscrits, de rafler pratiquement les 3 / 4 des sièges de l’Assemblée nationale doit être revu: il faut beaucoup d’imagination et pas mal de mauvaise foi pour estimer cela démocratique et en conclure qu’une telle assemblée sera absolument légitime.
Des situations quasi semblables n’ont pas pour autant interrompu l’expression des mécontentements populaires. Balladur en 1993 disposait d’une majorité de 470 députés, même si leur unité n’était pas sans quelques nuances et il en a profité pour faire passer dans l’été 1993 une série de mesures inspirées de la « refondation sociale » que préconisait alors Denis Kessler et qui depuis continue de guider les politiciens et leurs mandants de la finance .
Si le porte parole du gouvernement croit devoir déclarer qu’il sera tenu compte de la massive abstention qui caractérise le premier tour des législatives, il y a cependant tout lieu de croire, en fonction de la nature même des candidats macronistes, qu’il s’agit là d’une promesse d’entre deux tours et déjà l’engagement de transformer le système électoral avant le 31 décembre 2017 est renvoyé à 2018 pour cause d’agenda parlementaire déjà chargé;  on voit mal où est la surcharge puisque le massacre du Code du travail ne va demander qu’une loi d’habilitation pour les ordonnances, que la majorité de godillots d’après le 18 juin votera  sans barguigner, et que l’assemblée va avoir à traiter, comme d’habitude à la rentrée, la question des lois de finance et de finance de la Sécurité sociale.
Même si le programme du nouveau président promet dans ces deux domaines de nouveaux reculs sociaux sa majorité le suivra; reste donc comme excuse avancée du report de l’examen d’un nouveau mode de scrutin le souhait d’y adjoindre le projet de réduction du nombre de parlementaires.
Il serait donc plus difficile de faire voter à de nouveaux députés une réduction de leur nombre que d’amputer les droits de salariés? 
L’abstention massive, malgré les sollicitations des media à partir de micros- trottoirs, ne signifie pas que l’élection présidentielle suffit et que le reste en découle, mais au contraire que le projet du PR n’emporte pas l’enthousiasme de la masse des citoyens et que lui-même, nonobstant les efforts gigantesques de story telling le concernant, a  probablement bénéficié du rejet de Juppé à la primaire de la droite, du rejet de Fillon au premier tour et du rejet de MLP au second. Ce qui évidemment est moins honorable que l’incarnation d’un renouveau par la jeunesse et l’ouverture 
 
Gouvernance ou gouvernement?

L’un des représentants des plus éminents du capitalisme de la deuxième moitié du XXème siècle, Gianni Agnelli, avait défini la gouvernance comme le « rapport entre l’autorité des institutions du gouvernement et la force des institutions d’opposition » , autrement dit une transformation du mode de gouvernement qui permette un contrôle social plus efficace. Comme le rappelle Domenico Moro, la guerre froide a engendré des lieux de confrontation et de coordination des élites économiques, politiques et intellectuelles contre le communisme et l’URSS.
Le groupe de Bilderberg dès 1954 puis la Trilatérale, initiée par Brzezinski (mort le 26 mai 2017) avec David Rockefeller en 1973, sont les lieux d’élaboration des « réformes » aussi bien institutionnelles que sociales jugées indispensables à la mise en valeur du capital; l’Union européenne s’en inspire directement comme les organismes internationaux divers, OMC, FMI etc ou les rendez-vous publics ou privés comme le Forum (pas si «  forum »  que cela d’ailleurs) de Davos ou les réunions du G 7 (dont VGE fut l’un des fondateurs).
Ce qui s’est mis en place , sans aucune contrainte ni examen de conscience , et encore plus fortement depuis la disparition de l’URSS qui semble avoir permis un affaiblissement du formalisme démocratique partout en Occident et en Europe, c’est le règne de l’oligarchie mondialisée dont la préoccupation essentielle n’est pas le respect des formes démocratiques dans les états-nations.
Les media en France ont généralement accolé le vocable d’oligarques aux milliardaires pillards du bien public dans les républiques issues de l’ex-URSS dès la prise de pouvoir par Eltsine et continuée depuis, pas seulement dans la Russie de Poutine, ce qui quelquefois les a conduits à faire pleurer l’opinion française sur quelques uns d’entre eux , tout aussi pillards mais en position de faiblesse par rapport aux maîtres du pouvoir politique.
L’exotisme du mot, peu usité depuis longtemps dans le langage politico-médiatique permettait  de faire oublier qu’il existe en Franc quelques oligarques non moins nantis et non moins influents sur la classe politicienne française, voire carrément d’omettre que les plus importants organes de presse écrite, télévisuelle, radiodiffusée ou d’internet étaient concentrés entre les mains d’une douzaine de personnes.
La caractéristique d’un gouvernement oligarchique étant qu’il repose sur un nombre restreint de personnes, il n’existe aucune garantie que face aux défis de la crise économique, du changement climatique, des phénomènes de migrations, des déséquilibres démographiques, de l’émergence de nouvelles puissances voire du terrorisme, l’efficacité soit acquise et indiscutable.
L’opinion publique a toujours du mal à croire que la réalité du pouvoir économique et financier est entre les mains d’ un nombre si réduit de personnes, même si des organismes internationaux ou des fuites  d’informations rappelle cette  concentration de la richesse mondiale assez régulièrement.

La fabrique du non citoyen 

L’idéologie dominante domine et cette extrême minorité de la population ne lésine pas dans les moyens de s’assurer la complicité d’universitaires, d’éditocrates et  par les aller-retour incontrôlés de manière sérieuse, du moins en France, de hauts fonctionnaires entre le « service public » et les activités privées nettement plus rémunératrices: la notion de conflit d’intérêt dans notre pays est gérée de telle manière qu’elle peut alimenter une rubrique hebdomadaire dans Le Canard Enchaîné. Rien dans la loi "pour la confiance dans notre vie démocratique » (Bayrou), qui devrait passer notamment par une révision constitutionnelle, ne paraît s’avancer sur ce terrain là, sans doute trop utile précisément à l’oligarchie, beaucoup plus que les députés, interchangeables ( la pléthore de candidats de LREM indique assez l’intérêt que suscite sinon les obligations d’un législateur au service du « souverain » au moins le statut et les émoluments de cadre supérieur qui l’accompagnent, y compris pour ceux, nombreux, qui l'étaient déjà) et élus dans la foulée du PR,  sauf dans le cas d’une dissolution.
Il ressort de cette situation scabreuse que le renforcement du présidentialisme avec  une majorité à la botte, par définition obéissante ( même si l’engagement exigé des candidats de respecter le programme du PR et de voter les projets de loi présentés par l’exécutif, n’a pas de valeur constitutionnelle, un député étant réputé au service de l’intérêt général pour les citoyens qu’il représente dans le cadre de la séparation des pouvoirs ), n’annonce nullement un progrès de la démocratie dans notre pays.
La prétention de pérenniser l’état d’urgence, dont l’usage contre le terrorisme s’accompagne d’autres contre le mouvement social revendicatif, rappelle fâcheusement toutes les périodes passées de lois scélérates dont l’efficacité pour l’objectif affiché n’a jamais été probante au regard des mises en causes des libertés fondamentales.
Ce qui est le plus préoccupant cependant pour un citoyen soucieux que le rappel du modèle social français, du prestige et de la singularité de l’histoire nationale, de son empire maritime ne soit pas que poudre aux yeux, c’est l’aveu des vaincus du premier tour des législatives qu’ils devaient « travailler sur les idées », ce qui signifie donc qu’ils ne le faisaient plus depuis longtemps.
Si un candidat a été porteur d’une problématique globale renouvelée, centrée sur « le peuple », il s’est par ailleurs gardé d’utiliser la notion de classe sociale, en laissant le monopole à Lutte Ouvrière, or, l’effacement des classes sociales et de leurs intérêts contradictoires dans le discours politique ne profite qu’à la classe dominante en désarmant les autres d’un outil conceptuel utile.
Un parti qui n’est pas un intellectuel collectif n’ a aucune légitimité à prétendre gouverner et ne peut pas être porteur d’alternatives politiques. Le parti LREM n’est pas davantage susceptible de répondre à cette exigence: d’une part parce que son logiciel est très précisément celui des 1 %, élaboré dans les organismes évoqués plus haut, d’autre part parce que sa logique est celle de la fin de l’Histoire et du capitalisme indépassable.

Il est peu probable que l’oligarchie américaine, européenne, mondialisée renonce à cette fable anhistorique aussi longtemps qu’elle aura les moyens de la répandre.
Aujourd’hui, sans le remède efficace des manipulations de l’information, la classe dominante trouverait que la démocratie représentative est devenue en elle-même un obstacle à son pouvoir. Comme disait un philosophe trop peu lu et compris aujourd’hui « Français encore un effort, si vous voulez être républicains » car ce qui est en train de naître dans notre pays rappelle les monstres de l’entre deux dont parlait Gramsci.

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