Il s'agit de réflechir à des sujets et des faits d'actualité, liés aux élections de 2007, à partir des concepts de république, de démocratie, de socialisme, de légitimité et de citoyenneté.
Au moment où un nième "accord" s'annonce entre la Grèce et ses "créanciers", lesquels mélangent allègrement monnaie virtuelle qui ne leur coûte rien et contraintes artificielles de comptabilité, il apparu utile de donner à lire quelques rappels, y compris sur les responsabilités françaises.
Wilfried Kühn kuhn2@vjf.cnrs.fr pcc P.B/
Section de Paris 19ème
Réponse à Paul Berger « Grèce : la Ldh et la Fidh sont concernés »
En tant qu’Allemand, hélas, et membre du GT Europe je suis très content
d’entendre le cri d’indignation qu’a poussé Paul Berger. Et je partage sa
consternation face au silence de la Ligue.
En effet, il est évident que les droits économiques, sociaux et culturels
y compris le droit à la santé de bien des Grecs sont violés depuis
plusieurs années. Désormais, comme le dit Paul Berger, c’est aussi le
droit politique des peuples à disposer deux-mêmes, revendiqué par les
Grecs dans le référendum, qui se trouve enfreint par le Conseil européen,
sous la pression de l'Allemagne avant tout.
Il y a plus d'un an, le juriste allemand Andreas Fischer-Lescano
(Université de Brême) a expliqué dans un article de la revue "Kritische
Justiz" que la façon dont la "Troïka" traitait la Grèce était incompatible
avec les Droits de l'homme.
Je crois avoir mis au courant de cet article> le GT Europe. Quoi quil en soit, force est de constater que le dernier > communiqué de la Ligue concernant la Grèce date de 2012.
Il me semble être > grand temps de rattraper ce retard. Et je suis favorable à l'idée que, > même en ces temps de vacances, les ligueurs qui souhaitent que la Ligue
s'engage en faveur des droits des Grecs se rassemblent pour formuler un point de
vu.
Je ne me souviens pas d'avoir jamais vécu en Europe un tel conflit entre
Droits de l'homme et intérêts économiques et politiques.
Malheureusement, ces intérêts ont également été codifiés en droit, notamment dans le traité de Lisbonne.
Et ce traité évite expressément de donner une priorité juridique à la Charte des droits fondamentaux par rapport aux libertés économiques et aux autres dispositions dont linterdiction faite à la Banque centrale européenne d'acheter directement la dette des Etats membres.
Etant donné que cette interdiction, unique au monde, était la condition que posait l'Allemagne pour consentir à l'Euro, il n'est pas étonnant de voir l'Allemagne exclure d'entrée de jeu cette solution qui n'est même pas évoquée.
Sans être économiste, je me suis rendu compte que d'autres solutions sont
raisonnablement envisageables, comme un moratoire ou un rééchelonnement de
la dette ( en 2013 l'Irlande a considérablement allégé sa dette un
dixième de la dette grecque, il faut l'admettre en la transformant en
actifs de sa Banque nationale).
Pourquoi le gouvernement allemand n'en veut-il pas ? Je dispose d'un témoignage publié dans lhebdomadaire allemand "Der Freitag" du 3 juillet et qui laisse penser avec un haut degré de vraisemblance que le gouvernement se préparait concrètement à un effacement partiel de la dette au cas où le "oui" l'aurait emporté et Tsipras aurait dû démissionner.
S'il en est ainsi, on peut conclure comme lont soutenu les opposants au "Traité constitutionnel" de 2005 que, d'abord, l'oligarchie allemande et l'UE ont élevé au rang de constitution politique une certaine politique économique, celle qu'on
appelle par le terme "politique de l'offre" et qui interdit de relancer
l'activité économique par la demande, comme l'a fait Roosevelt dans les
années 30, la politique de Syriza dont aurait besoin la Grèce sur le fond
du recul de son activité économique de 25% depuis 2010.
Et ensuite, l'Allemagne et les pouvoirs européens qui la suivent mettent tout en oeuvre pour faire capoter un gouvernement qui a été élu et mandaté en plus par un
référendum pour infléchir l'austérité qui découle de la politique de l'offre et de la tendance à faire reculer l'Etat au profit des investisseurs privés.
Voilà où nous en sommes. Heureusement, la Ligue a plus de liberté pour
s'opposer sans ambages à la politique allemande, plus de liberté que
l'Etat français et la majorité parlementaire.
Car on est fondé à craindre que, en soutenant le gouvernement grec, ces derniers n'exposeraient la France à une augmentation des taux d'intérêt auxquels elle emprunte aux marchés financiers pour rembourser périodiquement sa dette.
Pour une solidarité européenne
Wilfried Kühn
kuhn2@vjf.cnrs.fr
Grèce : la LDH et la FIDH sont concernées
De Paul Berger de Metz
Il est bien certain que la LDH ne peut pas s'occuper de toutes les misères du monde. Je note cependant que sous la présidence de Michel Tubiana la LDH s'occupe des affaires méditerranéennes. Elle s'occupe aussi des affaires européennes Dès lors comment comprendre son silence et celui de la FIDH devant la gravité des problèmes qui sont venus sur la table avec la crise grecque ?
Qu'on n'attende pas de moi que je risque la moindre analyse de l'accord du 15 juillet. Jamais je n'ai senti comme en ce moment mon incompétence totale en matière d’Economie. Mais quelques idées simples s’imposent à tous. Et d’abord la mise sous tutelle d'un pays, l’aliénation de son indépendance sans précédent dans l’histoire.
Il faut aider la Grèce à se libérer des griffes de l'empire allemand
La caricature qui sied le mieux à Mme Merkle est celle qui l'affuble du casque à pointe de Bismarck.
Je constate avec consternation que l'esprit prussien impitoyable qui s'est déployé en Belgique en 1914 refait surface.
Et la banque Golden Sachs qui a conduit en toute impunité la Grèce dans ce gouffre
savoure le silence des médias à son sujet et se lave les mains.
J’invite les ligueurs à s’informer sur les moteurs sur l'ampleur des crapuleries de cette banque qui ont ruiné sciemment la Grèce dans les années 90.
Je suis révolté devant de si énormes problèmes d'éthique politique. Comment peut-on se taire devant un tel gangstérisme international ?
Il ne faut pas sous-estimer l'importance qu’aurait une prise de position stigmatisant le comportement de Mme Merkle et celui de son ministre des finances. Ceux-ci sont très sensibles à leur image ignorant France.
Ceci n'est qu'un cri d'indignation sans développement . Je veux pouvoir espérer que cet appel sera entendu.
Paul Berger polberger@orange.fr