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Brèves

 

 

 

13 janvier: Cabu


Jean Cabut aurait eu aujourd'hui 13 janvier, 77 ans... L'âge limite pour lire Tintin. Son assassinat a donné lieu, c'était prévisible, à un festival d'impostures, dont la présence à la manifestation "républicaine" du 11 janvier à Paris, d'authentiques fascistes obscurantistes dans les délégations des chefs d'Etat de et de gouvernements. Gageons qu'il en eût ri.


07 janvier: Charlie Hebdo


Des fanatiques islamistes sociopathes, pardon pour le pléonasme, massacrent la rédaction de Charlie Hebdo. Il n'est pas évident que les conditions de sécurité autour de C.H. aient été à la hauteur des menaces connues qui pesaient contre cet hebdomadaire, ni que les forces de sécurité en France disposent des effectifs, des équipements et des moyens à hauteur suffisante. Pour l'heure la classe "politique", surfant sur une émotion  populaire réelle, joue, avec des couacs, l'Union nationale. Sans une réorientation des priorités et des choix budgétaires (cf. le communiqué de la FSU 13), il est douteux que cela soit, à soi seul, la bonne réponse.


20 décembre: Goldman Sachs

 

La banque américaine dont le management devrait être en prison si une quelconque justice existait, a fait une année formidable en intervenant à elle seule dans  35 % des fusions acquisitions; rappelons que cette opération juridico-financière ne crée aucun emploi, a même plutôt tendance à en supprimer et n'enrichit qu'une poignée d'actionnaires et un management intéressé. C'est cela la finance. Lisez Le capital fictif de Cédric Durand  aux éditions Les prairies ordinaires.

6 novembre: Abdelwahab Meddeb.

Intellectuel tunisien, porteur des Lumières et démocrate: "Son œuvre s'inscrira dans la longue lignée de ceux qui ont voulu placer la Tunisie dans le sillage des Lumières modernes, sans renier le lien qui la rattache à la civilisation de l'islam. Son dernier acte d'écriture aura été le geste d'un retour sur soi : Le Portrait du poète en soufi (Belin, 192 pages, 19  euros) paru quelques jours avant sa mort. Tous ceux qui l'ont connu garderont le souvenir d'une belle présence généreuse dans l'amitié et exigeante pour la pensée."

Fethi Benslama

 

Psychanalyste, professeur

à l'université Paris-diderot

22 octobre: Christophe de Margerie meurt, accident d'avion...

 Socialisme: Dénomination de diverses doctrines économiques, sociales et politiques condamnant la propriété privée des moyens de production et d'échange (Petit Larousse). 

Au moment où, alors que la nationalisation des autoroutes pourrait être envisagée d'après l'étude d'un cabinet aussi sérieux que n'importe quelle agence de notation, malgré le coût des indemnisations, pour assurer des ressources régulières à l'Etat, le gouvernement préfèrerait tuer une autre poule aux oeufs d'or en privatisant la FDJ!
Sabotage délibéré de l'intérêt général ou incompétence absolue?
Bref comme le propose Valls il faut enlever le mot socialiste d'une telle politique et d'un tel parti... Il y aura bien quelqu'un pour garder la vieille maison et un référentiel "passéiste" comme dit l'homme, qui voulait déjà débaptiser le PS avait d'être seulement ministre, mais encore cohérent!

En fait il n'y a pas plus passéiste que le droit de propriété et la direction d'une entreprise, comme les larmes de crocodile lors de l'accident de C.de M. , seul dans le Falcon avec 3 membres d'équipage, ont tenté de le faire oublier au populo !!

 14 octobre: des millionnaires toujours plus nombreux


Mi 2014 il y aurait donc, d'après le Crédit Suisse, 35 millions de millionnaires en dollars sur la planète soit 1 terrien sur 200 avec un patrimoine moyen par adulte de 56 000 $. Les moyennes ont ceci d'excellent: elles gomment les écarts et alors que ceux ci se creusent, les "classes moyennes" inférieures peuvent croire à leur survie!


08 septembre: Martine Aubry, le retour?


"On n'a pas besoin d'aider les banques (…) qui ne sont pas dans la concurrence internationale - ni - les entreprises qui préfèrent verser l'argent que leur a donné l'Etat pour donner des dividendes plus importants (…) au lieu d'investir dans l'avenir, l'emploi et la formation ".

 

02 septembre: la rentrée et les vérités premières!

Le retard scolaire à l’entrée en 6e : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés ( Insee)

 

25 août: Démission du gouvernement


Après les discours de la St Barthélémy de Frangy, Valls présente la démission de son gouvernement à la St Louis Roi ! Y voir une quelconque dimension symbolique reviendrait à confondre un ambitieux sans doctrine avérée à un homme d'Etat,  ou  un réformateur avec un liquidateur. Grâce au ciel, il a plu sur l'île de Sein.

 

31 juillet: Louis de Funès aurait 100 ans

 

Naître le jour de l'assassinat de Jaurès n'a pas marqué sa carrière et c'est tant mieux.

Il est vrai que le 31 juillet, c'est aussi la fête d'Ignace de Loyola. Les jésuites ont la réputation d'être cultivés, nos politiciens beaucoup moins mais ils ont généralement à coeur d'utiliser les méthodes souterraines que la voix populaire a souvent attribuées à la Compagnie.


 17 juillet: Debray et l'Occident

 

"(...) La France républicaine ayant renoncé à son système de valeurs et à son autonomie diplomatique, elle a réintégré les commandements de l'OTAN, décision anecdotique mais symbolique du président gallo-ricain Sarkozy, entérinée par son sosie Hollande. Et nous voilà de retour dans " la famille occidentale ". La double mort historique de Jaurès et de De Gaulle a donné à cette abdication le sens d'un retour à la normale".  Régis Debray, Le Monde daté du 18 juillet 2014.

 

 

25 juin: Anniversaires


Michaël Jackson, il y a 5 ans. Michel Foucault 30 ans après. En voilà deux qui auraient certainement eu des choses à se dire.

 

23 juin: Avignon...

 

 

24 mai: Demain l'Europe sociale...


Demain, vote pour le renouvellement du Parlement de l'UE. Un certain nombre de crétins ou de faux-culs (cumul possible...) s'étonnent du peu d'enthousiasme des électeurs.

Il est écrit dans le traité de Lisbonne que " l'Union reconnaît et promeut le rôle des partenaires sociaux à son niveau, en prenant en compte la diversité des systèmes nationaux. Elle facilite le dialogue entre eux dans le respect de leur autonomie ". Y a plus qu'à...

Ce n'est pas le vote (moins de 50 députés (39 ?)  en séance sur la proposition de loi du FdG, obligé de voter contre son propre texte vidé en partie de substance par des amendements de la majorité...) ni la négociation TAFTA qui peuvent redonner confiance aux électeurs.


8 mai: Chatons


Condamnés à de la prison ferme (pour avoir maltraité) ou avec sursis (le chaton est mort), la justice française fonctionne toujours aussi bizarement: délocaliser une entreprise au nom du droit de propriété et du profit n'est pas punissable par la loi, même quand ce droit de propriété s'exerce nonobstant l'intérêt général, les aides reçues, les dégrèvements fiscaux etc... avec des dommages collatérauxet des conséquences sociales indéniables.

La sanctuarisation du droit au travail et du droit du travail ne préoccupe ni les parlementaires, ni les chats fourrés...Quant au Conseil Constitutionnel...

 

16 avril


Une semaine après, la mort de Jacques Servier à 92 ans le jeudi 10 avril, est annoncée. Comme prévu le procès du Mediator se fera sans lui! La vitesse de la justice est assez variable en France.


22 mars ou l'espoir!


C'est toujours un anniversaire... On ne sait plus de quoi. A en croire le Nouvel Obs., vendu par son fondateur, les satellites espions US ou Chinois (mais oui, déjà!) pourraient repérer l'épave engloutie du Boeing 777, mais ce serait avouer un peu plus du manque de respect qu'ils professent à l'égard du reste de la planète. Alors on dépense du pétrole pour les bateaux et les avions de reconnaissance. En plus, ils se moquent du réchauffement climatique et du gaspillage d'énergie!

Cela n'empêche pas les media de parler d'espoir à l'idée de découvrir enfin où etc... Quel espoir? 


16 janvier


La vie privée de Hollande:

Ce qu'on doit retenir de la conférence de presse du 14 janvier, ce n'est pas que FH est social-démocrate ( qu'est-ce qu'un social-démocrate sans doctrine explicite ou qui serait celle de l'idéologie dominante ? ) car on sait, au plus tard depuis l'utilisation de l'expression "le socialisme de l'offre", que le mot socialiste avec lui n'a aucun sens. Ce qui a sauté aux yeux de tous ceux qui ne sont pas des courtisans, c'est un exemple parfait de goujaterie égoïste dépourvue de toute grandeur d'âme.


2 janvier 2014


Présent dans le voyage en Arabie avec le PR, Antoine Frérot, pdg de Véolia ( dont par ailleurs les syndicats, CFDT comprise, réclament la démission vu la stratégie de démantèlement qu'ils lui reprochent), expliquant l'absence de signature de méga-contrats : "l'économie, ça ne fonctionne pas à la nano-seconde, c'est un processus continu..." Sans doute, mais l'ennui, c'est que la "finance", elle, fonctionne ainsi, comme le prouve précisément la stratégie qu'il conduit!

 

9 décembre

 

Anniversaire de la loi de 1905 séparant les églises et l'Etat, après une mobilsation de la droite pas très différente dans sa forme  de celles que nous avons connues lors du vote de la loi sur l'ivg, le pacs ou le mariage pour tous. La droite n'a jamais vraiment admis le principe de laïcité et continue de confondre sacrement et contrat, science et foi... LA droite? Une bonne partie est sans religion mais continue d'y voir un opium du peuple, très utile pour  distraire de son affairisme ou de sa corruption.

Le 9 décembre 1777 le bon roi Louis XVI rétablissait les monts de piété, supprimés pendant le gouvernement de Mazarin pour complaire aux usuriers; cela, du moins, nous avait valu "l'Avare"!


22 novembre 1963


Aldous Huxley meurt à Los Angeles. La suite a prouvé que c'était malgré tout un optimiste. Nul n'a trouvé de lien entre sa mort et celle de JFK que son assassinat a fait rentrer dans la mythologie politique.


Valls et Léonarda 19.10


Il paraît que le ministre aurait menacé de démissionner si la jeune collégienne revenait en France. Un homme d'Etat l'eût pris au mot.

L'expulsion est une manie qui se soigne; rappelons que ce gouvernement s'est déshonoré d'entrée en livrant Aurore Martin à l'Espagne ( dont elle est ressortie) alors que ce dont elle est accusée dans ce pays étranger n'est pas incriminable dans le pays dont elle est citoyenne. Inconscience et incohérence des Français abusés de toutes parts... 

 

Edith Piaf et Jean Cocteau 10.10


Morts à quelques heures . Du talent, une vie remplie... Un demi-siècle passé...


32 ème anniversaire 09.10


Extrait d'un article de Nicolas Truong dans Le Monde d'aujourd'hui ouvrant les pages consacrées par ce quotidien à l'abolition : "Il n'empêche, au moment où le national-populisme se déclare favorable à son rétablissement, la parution de cette déposition faite à elle-même de Monique Mabelly est édifiante. Alors que la 11e Journée mondiale contre la peine de mort a lieu le 10 octobre, ce texte est un rappel utile. Car " qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? ", écrivait Albert Camus."

 

Merkel 23. 09


Ok, ce n'est même pas son nom, ce qui prouve que les électeurs allemands ne sont pas si réacs dans toutes les cases du jeu social. La presse française est, comme d'habitude, d'une stupidité confondante en parlant de "triomphe"!

La Bundeskanzlerin n'a pas la majorité avec les seules CDU/CSU. autrement dit si elle a fait un triomphe, que dire de Hollande qui en 2012 n'avait pas mathématiquement besoin d'alliés pour gouverner. Il est vrai qu'à voir comment votent certains élus du PS, on peut tout de même s'interroger sur la solidité du parti!


Retraites 10.09 


Le Monde qui n'aime les syndicats que lorsqu'ils sont "réformistes", mais comme de fait ils le sont tous, cela signifie pour cet organe de presse, prêts  "à négocier le poids des chaînes"et à suivre l'idéologie dominante, écrit dans la Check-list de son site LeMonde.fr (11.09): "Retraites: mobilisation plutôt réussie". On saluera cette quasi objectivité... et cette lueur d'optimisme sur les capacités du mouvement social à peser dans un débat que certains, au nom de TINA (There is ...), voudraient unilatéral.

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Retraites  30.08

Dans l’Etrange défaite, à laquelle je faisais à l’instant allusion ( C'est L.Mauduit dans Mediapart qui parle), Marc Bloch a ces mots terribles : « Il est bon, il est sain que, dans un pays libre, les philosophies sociales contraires s’affrontent. Il est, dans l’état présent de nos sociétés, inévitable que les diverses classes aient des intérêts opposés et prennent conscience de leurs antagonismes. Le malheur de la patrie commence quand la légitimité de ces heurts n’est pas comprise ».

C’est un peu le malheur de nos socialistes d’aujourd’hui, qui gouvernent la France comme des notaires tristes…

Multiculturalisme 18.08

« Or le multiculturalisme est une fausse réponse au problème, d'une part parce qu'il est une sorte de racisme désavoué, qui respecte l'identité de l'autre mais l'enferme dans son particularisme. C'est une sorte de néocolonialisme qui, à l'inverse du colonialisme classique, "respecte" les communautés, mais du point de vue de sa posture d'universalité. D'autre part, la tolérance multiculturelle est un leurre qui dépolitise le débat public, renvoyant les questions sociales aux questions raciales, les questions économiques aux considérations ethniques. »
Slavo Zizek, Des idées-force pour éviter les impasses de la globalisation, Le Monde, 02/09/11.

Bichat 04.08


Un hôpital sans clim depuis plusieurs jours. La pièce manquante doit venir d'Allemagne. Il paraît que la France a une politique industrielle, que serait-ce sinon! Pendant ce temps les prédateurs du Medef donnent des conseils sous forme d'injonction au gouvernement sur les retraites; que ces misérables fassent d'abord leur travail d'industriels producteurs et qu'ils se taisent ou qu'on les fasse taire; un bon contrôle fiscal devrait suffire.


Islamofascisme 20.06


Le mot est tabou car il est utilisé par la droite identitaire, mais comment mieux traduire la politique répressive d'Erdogan? La Turquie est le pays membre du Conseil de l'Europe où les journalistes emprisonnés sont les plus nombreux, le seul où l'on arrête sans aucune base légale des avocats... La lutte anti- terroriste utilisée contre les libertés fondamentales, dont la laïcité.

 Quels sont les crétins qui dans l'UE veulent encore négocier l'entrée d'un tel régime, car c'est un régime qu'on accepte et qu'on laisse durer et non un peuple libre et souverain.


Ponts 10.05


Les serviteurs habituels du veau d'or évaluent à 2 mds d'€ le manque à gagner pour l'économie lié aux ponts de mai. Cela fait tout de même 40 fois moins que la fraude fiscale!


Renault pleure ? 25.04


 Renault  a perdu des ventes en Europe mais l'action Renault est en hausse de 2,12% à 50,54 euros (soit une capitalisation boursière de 15 milliards d'€ environ). L'action  a gagné plus de 20% depuis le début de l'année, après une montée de plus de 50% en 2012. Cela justifierait-il le chantage à l'emploi que le patron surpayé de la firme exerce à l'égard des salariés du groupe?


 

Le CE privatise la grève...13.04


 Le Conseil d'Etat  a décidé vendredi 12 avril d'autoriser EDF à limiter l'exercice du droit de grève dans ses centrales nucléaires. EDF l'avait fait en 2009 pour éviter l'interruption de l'approvisionnement du pays en électricité, au nom de sa mission de service public. Cette coquecigrue juridique, même si les conseillers ne sont que par abus assimilés à des magistrats, méconnaît le principe de base qui est l'exercice du droit de grève dans le cadre des lois qui le réglementent. On laisse donc l'employeur se substituer à l'autorité instituée. A quoi sert le CE si on privatise ainsi les fonctions de l'Etat?

 

 

Hugo Chavez 05.03


Le président vénézuelien est mort. Les classes populaires ont bénéficié de meilleurs accès à l'instruction et à la santé. Il est certain que les media français vont dire plus de mal que de bien de lui...

 

Stéphane Hessel 27.02


Né en 1917, mort dans la nuit du 26 au 27 février, cet homme à la vie bien remplie meurt couvert d'éloges, même par ceux qui le trouvaient "dérangeant". "Pus loin, plus vite" avait-il dit à François Hollande dans une motion signée avec Pierre Larrouturou pour le dernier congrès du PS. Plus loin, plus vite, mais pas pour complaire aux canailles de Wall street, de la City, du CAC 40, de la Commission de Bruxelles et du Medef réunis , collection de nains avides et arrogants. S'indigner et résister...


D'un 11 février à l'autre 11.02


Bernadette et l'Immaculée conception, la signature des accords du Latran, l'annonce de sa renonciation par Benoît XVI... des 11.02. Normal , c'est la fête de N.-D. de Lourdes... et cette année, la veille de Mardi-gras.


Question 02.02.2013


« Je suis frappé de voir que les intellectuels de gauche d’aujourd’hui cherchent à priver le peuple opprimé non seulement des joies de la connaissance mais aussi des outils de son émancipation en lui annonçant que « le projet des Lumières » est mort et que nous devons abandonner nos illusions de la science et de la rationalité – un message bien trop fait pour réjouir le cœur des puissants, trop heureux de monopoliser ces instruments pour leur seul usage. » 
Noam Chomsky, Science et rationalité.

http://loeildebrutus.over-blog.com/

 

Franco-russe  06.01.2013


C'est bon pour Depardieu...Qui se souvient des entremets du même nom?

 

Oscar Niemeyer 06.12


L'architecte brésilien qui aura le plus marqué son pays est mort  à 104 ans. Par delà son oeuvre et sans doute ceci n'est-il pas étranger à cela, on retiendra ses engagements pour la démocratie. La France a la chance d'avoir accueilli son travail.

 

Euromillions 15.11


Une grosse cagnotte de loto et une vie change. Mais la presse affiche sans commentaire que cette somme représente 19 années de salaire pour Zlatan ,"génie" du foot-ball... et 126 siècles de SMIC!

Et il y a des gens beaucoup plus riches encore que ce nouveau millionnaire chanceux ou ce footeux qui rapporte sans doute beaucoup à quelques parasites sociaux, rouages du système...


Valls et Aurore Martin 05.11


Manuel Valls prétend ne pas avoir à "s'excuser" au sujet de la livraison d'une citoyenne française à un état étranger pour un délit inexistant en France. Cet... n'a pas tort: la trahison des gouvernants français à l'égard de leurs électeurs est plus ancienne que sa nomination  dans un gouvernement dit de gauche; la France n'était nullement tenue d'accepter de livrer ses ressortissants...

 

Islamisme 21.09 (Le Monde)


Là encore, quand on lui fait observer que l'animosité envers l'islam cache parfois mal un racisme pur et simple, Rushdie se cabre : " Je n'ai aucune tolérance à l'égard de la xénophobie et du racisme, que j'ai toujours combattus. Ceux qui s'attaquent aux minorités, aux musulmans ou aux homosexuels, par exemple, doivent être condamnés par la loi. L'islamophobie, c'est autre chose, c'est un mot qui a été inventé récemment pour protéger une communauté, comme si l'islam était une race. Mais l'islam n'est pas une race, c'est une religion, un choix. Et dans une société ouverte, nous devons pouvoir converser librement au sujet des idées. "

 

Neil Armstrong 25.08


Le premier homme sur la lune (20 juillet 1969) est mort. Il est des moyens moins honorables d'atteindre à la notoriété.

Depuis lors les canailles qui dirigent les banques et s'en sont mis plein les poches, ont siphonné le pognon disponible pour ce genre d'aventure et imposé à des politiciens plus ou moins nanifiés des politiques contre leurs peuples!

 

SMIC 09.07

 

Le 1er juillet, le montant du Smic horaire a été revalorisé à 9,40 € (9,22 depuis le 1er janvier), soit un montant mensuel brut de 1 425,70 € sur la base de 151,67 heures, ou de 1 425,67€ sur la base de 35 heures × 52 / 12.

Cette augmentation de la valeur du Smic a pour conséquence d’ « immerger » certains coefficients conventionnels sous le salaire minimum légal.

Arcelor-Mittal 28.06


Magnifique photo de la  tour Arcelor Mittal Orbit construite pour les J.O de Londres... Le patron du groupe métallurgiste a financé 19,6 des 22,7 millions de £ du coût de ce monument de 1400 t et de 115 m de hauteur. Le genre d'info qui doit réjouir les ouvriers de Gandrange... Panem et circenses. Vous avez dit XXI ème siècle?

 


Programme commun 27.06


40 ans aujourd'hui. Certains ont gagné, d'autres ont perdu. Le peuple? Les 93 % de salariés? Les partisans d'un Europe démocratique? Les concepts de liberté, d'égalité et de fraternité? La dignité du citoyen? Bref les "valeurs" dont parlent les politiciens pour éviter de qualifier leur politique? Tous ceux là ont  perdu. Il y a des explications... et il y a des coupables, toujours là, leurs frères, leurs héritiers...


INSEE 20.06


71 % du patrimoine en France dans les mains de 20 % des ménages. Et si on regarde de plus près dans ces 20%, on constatera que l'agglomération de déciles sert surtout à dissimuler de plus grands écarts!



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Texte Libre

Les auteurs

 

Sylvain Bartet (29.01.76) et Jean-Paul Beauquier (02.02.46)  sont tous deux agrégés d’histoire (dans l’académie d’Aix-Marseille), militants syndicaux (FSU), militants politiques (PS) ; ils ont une génération d’écart. Leur travail d’écriture à deux vise à montrer que sur des sujets politiques sérieux, la référence aux origines des concepts de République et de démocratie et l’esprit critique doivent armer les citoyens contre les risques et la prévalence d’une démagogie de l’instant. Bref que l’espoir est possible en politique...

 

Articles Récents

20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 15:47

Une rupture pour la gauche, certainement pas pour FH...

 "Il y a toujours eu deux conceptions, une conception productive – on a même pu parler du socialisme de l'offre – et une conception plus traditionnelle où on parlait de socialisme de la demande", qui vise à soutenir la consommation des ménages, a-t-il ensuite expliqué après une question sur la baisse du coût du travail pour soutenir  l'emploi.

Comme FH a tenu à préciser qu'il connaissait bien  la pensée socialiste et qu'il y avait toujours eu deux conceptions, qualifiant sans doute pour la disqualifier la conception qui n'est pas celle de l'oxymore du "socialisme de l'offre" , de conception plus traditionnelle, il serait intéressant de connaître dans quels ouvrages théoriques, qualifiables de socialistes, il a découvert sa vocation et sa référence.

Sauf si, d'emblée, il appelle tout de même socialiste tout ce qui a, au préalable, renoncé à l'analyse de Marx sur les mécanismes de prélèvement de la plus value et de la valorisation du capital. Dans ce cas , nous sommes au royaume des coquecigrues...et nous avons entendu la conférence de presse d'un illusionniste.

 La revue de presse ci-dessous permet de mesurer jusqu'à quel point.

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La politique de l'offre de Hollande, "une vraie rupture" dans l'histoire de la gauche


Le Monde.fr | 15.11.2012 à 13h02 • Mis à jour le 15.11.2012 à 14h39 | Par Alexandre 

Il a assumé sa politique rigoureuse, et soucieuse des entreprises... loin des aspirations de la gauche radicale. Le président François Hollande a justifié, lors de sa conférence de presse, mardi 14 novembre, ses choix, niant ce qui s'apparente pourtant à un tournant opéré dans sa politique au bout de six mois d'exercice de pouvoir, avec des mesures qui s'éloignent de son discours de candidat.

Pour expliquer ce qui l'a poussé à opter pour un discours et une politique de l'offre, en mettant en œuvre un pacte de compétitivité, qui vise à consentir 20 milliards d'euros de baisses d'impôts aux entreprises à partir de 2014, le chef de l'Etat a relativisé ce virage en le situant à l'intérieur même de la pensée socialiste.

  •  Hollande justifie le recours à une politique de l'offre

"Je connais bien la pensée socialiste, je l'ai étudiée pendant des années avec lucidité et en même temps espoir !", s'est-il d'abord amusé, lors de sa conférence de presse mardi 14 novembre. "Il y a toujours eu deux conceptions, une conception productive – on a même pu parler du socialisme de l'offre – et une conception plus traditionnelle où on parlait de socialisme de la demande", qui vise à soutenir la consommation des ménages, a-t-il ensuite expliqué après une question sur la baisse du coût du travail pour soutenir l'emploi.

"Aujourd'hui, nous avons à faire un effort pour que notre offre soit consolidée, plus compétitive et je l'assume ! Et en même temps, nous devons préserver la demande et faire la mutation, c'est-à-dire comprendre que le monde est en train de changer, que la transition vers une nouvelle façon de produire, de consommer, de nous transporter est en marche. Et c'est là que nous devons nous enrichir d'apports qui sont ceux de tout notre environnement. Nous devons faire cette révolution", a-t-il conclu.

  •  Le discours d'un dirigeant socialiste pour une politique de l'offre : "une vraie rupture"

"Le pacte de compétitivité est un tournant très fort", estime Rémi Lefebvre, politologue à l'université de Lille, spécialiste du PS. Le discours de François Hollande franchement en faveur d'une politique de l'offre constitue "une vraie rupture" dans l'histoire de la gauche, renchérit Gérard Grunberg, directeur de recherche à Sciences Po et spécialiste de la gauche.

"Même s'il ne renie pas une politique de demande, c'est la première fois qu'un leader socialiste dit aussi clairement qu'il faut mener une politique de l'offre. A gauche, même du temps de Lionel Jospin ou de François Mitterrand, personne n'a jamais été partisan  d'une telle politique, estimant que trouver un compromis avec les entreprises revenait à mener une politique libérale", souligne-t-il.

Si certains dirigeants socialistes, comme Michel Rocard dans les années 1970, Laurent Fabius en 1984, puis Lionel Jospin à Matignon ont bien amorcé ce virage vers une politique de l'offre, en admettant que l'Etat devait prendre en compte les intérêts des entreprises, ils ont toujours dit que le rôle de celui-ci était fondamental, justifie M. Grunberg. En cela, la gauche a toujours été dominée par les keynésiens, estime le chercheur.

  •  Hollande dans les pas de "la deuxième gauche" ?

Faut-il en conclure que le président Hollande – avec sa politique de l'offre – s'inscrit dans "la deuxième gauche", ce courant idéologique apparu dans la seconde moitié des années 1970 avec Michel Rocard ? Ce n'est pas l'analyse des spécialistes de la gauche contactés par Le Monde.fr.

"Le tournant initié par François Hollande relève du social-libéralisme, tranche Rémi Lefebvre, proche de l'aile gauche du parti. Même si le candidat Hollande tenait un discours modéré, sans trop promettre, le pacte de compétitivité s'apparente au tournant de la rigueur en 1983, dans le sens où c'est un retour au réel et une forme de capitulation devant les injonctions des milieux économiques."

Gérard Grunberg a, de son côté, une position plus nuancée. Selon lui, le chef de l'Etat s'inscrit dans la gauche réformiste et "a compris que la social-démocratie moderne doit se situer en compromis avec les intérêts des entreprises". De cette manière, M. Hollande "recolle au peloton des social-démocraties européennes, qui, dans la crise, sont contraintes de composer avec les libéraux et le centre droit", d'après lui. 

  •  Qu'est-ce que la "première" et la "deuxième" gauche ?

A l'origine, ce que l'on appelle "la première gauche" est un courant idéologique apparu en 1905 avec la création de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). La SFIO, qui donnera naissance au PS en 1969, est de culture marxiste et jacobine. Elle préconise l'instauration d'un Etat fort dans la tradition de la centralisation à la française, avec des nationalisations des grands groupes industriels du pays. Ce courant de la première gauche regroupait les partisans de François Mitterrand

La "deuxième gauche", de son côté, s'est construite en opposition avec la "première". Elle est apparue dans la seconde moitié des années 1970 avec Michel Rocard. Ce courant de pensée regroupait autour de l'ancien premier ministre, le Parti socialiste unifié (PSU) fondé en 1960 avant de s'auto-dissoudre en 1989, et une partie de la CFDT. "La 'deuxième gauche' n'était pas libérale. Rocard soulignait qu'il fallait prendre en compte les intérêts des entreprises. Mais il n'a jamais été pour autant favorable à une politique de l'offre. Il reste davantage un keynésien", explique Gérard Grunberg.

Par ailleurs, la "deuxième gauche" avait la particularité de "se méfier du communisme et s'opposait à la 'première' en disant que l'Etat ne devait pas s'occuper de tout, notamment de l'économie. C'est pour cette raison qu'elle prônait la décentralisation", explique-t-il. 

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Extrait de mon livre « Combats – Pour que la France s’en sorte » : Le socialisme de l’offre (10/15)

 Par pierre.moscovici | 03/11/2013 à 11:35

Retrouvez un nouvel extrait de mon livre, consacré aujourd’hui au socialisme de l’offre.

Extrait 10 : le socialisme de l’offre

« Il y a toujours eu deux conceptions, une conception productive – on a même pu parler du socialisme de l’offre – et une conception plus traditionnelle où on parlait de socialisme de la demande. Aujourd’hui, nous avons à faire un effort pour que notre offre soit consolidée, plus compétitive. » Ces mots, que le président de la République prononce lors de sa conférence de presse de novembre 2012, donnent la ligne de la politique économique du gouvernement.

C’est l’honneur de ce gouvernement, suite au rapport Gallois, d’avoir laissé de côté une position partiellement idéologique et très datée, et d’avoir pris la mesure d’un enjeu national.

« À gauche, même du temps de Lionel Jospin ou de François Mitterrand, personne n’a jamais été partisan d’une telle politique, estimant que trouver un compromis avec les entreprises revenait à mener une politique libérale », estime le politologue Gérard Grunberg. Manière de dire que nous avons fait, sur ce point, notre aggiornamento. Dans l’opposition, nous avons rejeté toute idée que la France souffrait d’un problème de compétitivité liée au coût du travail. C’est l’honneur de ce gouvernement, suite au rapport Gallois, d’avoir laissé de côté une position partiellement idéologique et très datée, et d’avoir pris la mesure d’un enjeu national.

Aux côtés du président de la République et de Jean-Marc Ayrault, j’ai contribué à concevoir, puis largement porté, le Pacte pour la compétitivité, la croissance et l’emploi

Aux côtés du président de la République et de Jean-Marc Ayrault, j’ai contribué à concevoir, puis largement porté, le Pacte pour la compétitivité, la croissance et l’emploi, y compris sa mesure phare : le Crédit d’impôt compétitivité emploi voulu par le président lui-même, qui est une baisse intelligente du coût du travail. Était-ce un reniement de la gauche au pouvoir ? Réduire l’imposition des entreprises est vu par certains comme une rupture, ou même un revirement. En réalité, à la distinction entre ménages et entreprises, qui a ses limites, il faut préférer la distinction entre revenus du capital et revenus du travail. Abaisser la fiscalité des entreprises, c’est d’abord réduire le coût des facteurs de production et donc soutenir l’activité, l’investissement et l’emploi. Pas de reniement donc, plutôt un retour à des sources anciennes de la pensée de gauche, qui, rappelons-le, fut au XIXe siècle largement marquée d’abord par le positivisme, par le productivisme ensuite. Nous n’avons pas inventé le socialisme de l’offre, complémentaire et non contradictoire, de l’action pour le soutien de la demande et le pouvoir d’achat : nous l’avons retrouvé.

Nous n’avons pas inventé le socialisme de l’offre, complémentaire et non contradictoire, de l’action pour le soutien de la demande et le pouvoir d’achat : nous l’avons retrouvé.

Et après l’avoir exhumé, nous lui avons donné un contenu. Nos mesures parlent d’elles-mêmes. Car qui a embrassé avec autant de force ce chantier que nous le faisons ? Personne. » […]

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Le « socialisme de l'offre », ou la politique de la déflation 

 

Rédigé par David Cayla le Vendredi 20 Décembre 2013 à 09:27 commentaire(s)

 

Il y a un an, François Hollande annonçait une nouvelle politique économique : "le socialisme de l'offre". Derrière cette formule creuse se cache en réalité une stratégie suicidaire pour la France. Car la politique de l'offre menée dans un contexte européen de croissance "poussive", n'a aucune chance d'améliorer la situation de l'emploi et des entreprises. 

Le « socialisme de l'offre » c'est la formule trouvée par François Hollande pour expliquer sa stratégie économique lors de sa conférence de presse de novembre 2012 : « Il y a toujours eu deux conceptions, une conception productive – on a même pu parler du socialisme de l’offre – et une conception plus traditionnelle où on parlait de socialisme de la demande. Aujourd’hui, nous avons à faire un effort pour que notre offre soit consolidée, plus compétitive. » La formule est reprise par Pierre Moscovici qui explique ainsi le retournement stratégique opéré par gouvernement : « Dans l’opposition, nous avons rejeté toute idée que la France souffrait d’un problème de compétitivité liée au coût du travail. C’est l’honneur de ce gouvernement, suite au rapport Gallois, d’avoir laissé de côté une position partiellement idéologique et très datée, et d’avoir pris la mesure d’un enjeu national. »1

C'est donc au nom du pragmatisme, de l'efficacité et, en somme, de « l'honneur », que le gouvernement a choisi de tourner le dos aux politiques qu'il préconisait dans l'opposition. Sans remettre en cause la sincérité des propos du ministre, notons qu'il est bien délicat de devoir justifier, auprès des électeurs, un tel écart entre la politique menée au pouvoir et celle qu'on proclamait dans l'opposition. Il n'aura en effet pas fallu plus de six mois pour que la gauche, élue au nom du social et du retour à la retraite à 60 ans, pourfendeuse de la TVA et de la « règle d'or », se transforme en commis d'une politique au service des entreprises. 

UNE NOUVELLE POLITIQUE

Depuis novembre 2012, depuis un an, le retournement est indéniable. Le programme des « 60 propositions » est mis en sourdine pour laisser place à l'orchestre triomphant de la Nouvelle politique. Toute l'énergie du gouvernement se concentre sur des mesures de compétitivité. Il y eut d'abord le CICE (crédit impôt compétitivité emploi), un allègement d'impôt de 12 à 15 milliards d'euros accordé sans contrepartie aux entreprises et financé par la hausse de la TVA. Il y eut ensuite la loi sur la sécurisation de l'emploi qui permet aux entreprises de baisser les salaires et de modifier le contrat de travail sans avoir à recourir à des licenciements. Il y eut enfin l'économie des dépenses publiques et une réforme des retraites qui enterre de fait le départ à taux plein à 60 ans. Comme le souligne l'économiste Bruno Amable2, le bilan de cette politique est que les cadeaux aux entreprises sont payés par les ménages et les salariés. Hausse des impôts, stagnation salariale et accentuation de la flexibilité du travail constituent les modalités du paiement.

Injuste, cette politique l'est sans conteste. Est-elle au moins nécessaire ou efficace ? L'économie française souffre-t-elle d'un coût du travail trop élevé ? Pour appuyer son analyse, le gouvernement souligne deux chiffres : le déséquilibre de la balance commerciale, en constante dégradation depuis 2002, et la chute, depuis 2007-2008, du taux de marge des entreprises3.

Si ces chiffres sont incontestables, l'interprétation qu'on leur donne mérite débat. La hausse des salaires est-elle responsable de la baisse de compétitivité de l'économie française ? L'affirmer reviendrait à porter au crédit de l'UMP, au pouvoir à cette époque, d'avoir massivement augmenté les salaires. Bien sûr, il n'en est rien. D'après l'INSEE, entre 2002 et 2011, le pouvoir d'achat du salaire net moyen a augmenté de moins de 6 % tandis que le PIB a augmenté de 12 %. Les actifs ont à peine bénéficié de la moitié des gains de productivité qu'ils ont créés par leur travail. On peut tourner le problème dans tous les sens, la baisse de compétitivité des entreprises françaises n'est pas due à une hausse du coût du travail. 

LES ENTREPRISES VICTIMES DE L'AUSTÉRITÉ

Pour comprendre ce problème il faut s'interroger sur la chronologie. Que s'est-il passé en 2007-2008 pour que le taux de marge des entreprises s'effondre ? Une crise du système financier international, la chute du commerce mondial, une récession sans précédent depuis 1945 dans les économies développées. C'est d'abord la brutalité avec laquelle la demande mondiale s'est contractée qui explique la baisse du taux de marge des entreprises. Il en est résulté une sous-exploitation des capacités productives, une baisse de la production et une hausse du chômage.

Dans un tel cas de figure, les recettes des entreprises diminuent forcément plus vite que leurs charges, car elles doivent continuer de payer un appareil productif sous-utilisé. Elles attendent une reprise qui ne vient pas. Et pour cause. Après de timides plans de relance engagés ici ou là en 2009, les États européens se sont tous engouffrés dans des politiques de « rétablissement des finances publiques », envoyant leurs populations dans une marche forcée vers l'austérité. Au final, la demande intérieure stagne, prise en ciseau par les hausses d'impôts et les baisses de dépenses publiques.

Dans les pays d'Europe du sud où l'austérité est la plus forte, la demande s'effondre. Pour compenser, les gouvernements, avec le soutien actif de la Troïka, se sont tournés vers une hypothétique demande extérieure, en espérant que les entreprises trouveront à l'étranger les parts de marché qui leur manquent. Cette politique nécessite une stratégie de type néo-mercantiliste : baisse du coût du travail, aides aux entreprises, accentuation de l'austérité. C'est une politique de l'offre classique, qui n'a rien de « socialiste ». Mais un problème se pose : si un pays individuel peut momentanément compenser une faiblesse de sa demande intérieure par une hausse de ses parts de marché à l'étranger, cette stratégie ne peut fonctionner à l'échelle mondiale. Toutes les balances commerciales ne peuvent être en excédent, car les déficits des uns font les excédents des autres. Il en résulte une guerre absurde4 où chacun se bat pour augmenter sa part d'un gâteau que les politiques d'austérité généralisées s'acharnent à faire diminuer.

Résultat, les marges des entreprises baissent à mesure que la guerre commerciale s'intensifie. Certains pays, comme l'Allemagne, s'en sortent bien. Avec une population vieillissante et peu portée sur la consommation et l'investissement, l'économie allemande gagne plus à l'étranger que ce qu'elle perd en interne. Pour d'autres pays, comme la France, une telle stratégie est suicidaire. Un pays qui possède, avec l'Irlande, le plus haut taux de fécondité de l'Union européenne, a besoin de consommer et d'investir. L'austérité généralisée ne fait qu'affaiblir ses capacités de croissance future tandis que les potentialités extérieures sont clairement moins avantageuses que le gaspillage de ses ressources internes, sous-exploitées. 

LA DÉFLATION, UN RETOUR AUX ANNÉES 30

On connaît très bien les effets d'une politique de l'offre généralisée, où chacun cherche à diminuer ses coûts pour être plus compétitif que son voisin. La diminution des coûts entraîne la baisse des revenus qui conduit à la compression de la demande. Aussi, pour ne pas voir leur part de marché s'effondrer, les entreprises sont contraintes de baisser leurs prix, ce qui diminue leurs marges. C'est ce qu'on appelle la déflation. On y est. A force de mener des politiques de compétitivité en Europe du sud et partout ailleurs, les prix diminuent en Grèce et à Chypre, ils stagnent au Portugal, en Espagne et en Irlande.

Mais la déflation ne s'arrête pas aux pays sous perfusion de la Troïka. Elle touche l'ensemble de la zone euro. En France, si l'on ne constate pas encore de baisse des prix, on mesure tout de même un dangereux ralentissement de l'inflation depuis près de deux ans.

Or, la déflation est un poison mortel. Elle pousse les consommateurs à reporter leurs achats (dans l'attente d'une baisse des prix) ; elle pénalise les emprunteurs et favorise les rentiers (en raison de la hausse des taux d'intérêt réels) ; elle décourage les producteurs et les investissements ; elle assèche les recettes publiques et nourrit les déficits. Plus grave, elle tend à augmenter la valeur du stock de dettes en circulation, ce qui génère à terme des défauts et des faillites bancaires.

La déflation, c'est le retour de la crise des années 30. Face à une telle menace, il serait bon que le gouvernement prenne la mesure des problèmes réels de l'Europe et revoit sérieusement l'idéologie churchillienne, à base de sang et de larmes, qui l'a conduite à inventer le concept du « socialisme de l'offre ». 

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  1. Pierre Moscovici (2013) : Combats – pour que la France s'en sorte, Flammarion, Paris.

    2. Bruno Amable : « Qui ressent le ras-le-bol du 'socialisme de l'offre' ? » Libération, le 14/10/2013, en ligne sur : http://www.liberation.fr/economie/2013/10/14/qui-ressent-le-ras-le-bol-du-socialisme-de-l-offre_939426

    3. Le taux de marge mesure le rapport entre le profit réalisé par les sociétés non financières (mesuré par l'excédent brut d'exploitation) et leur richesse produite (mesurée par la valeur ajoutée). Depuis la fin des années 80, le taux de marge des sociétés non financières française n'était jamais descendu en dessous de 37 %. Il est tombé à 35,1 % en 2012.

    4. Lire mon article publié sur le site de Parti Pris : « Compétitivité : le retour de l'idéologie de la guerre économique  », décembre 2012. 

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Non, François Hollande ne devient pas social-démocrate, il l'a toujours été

 

François Hollande n'a pas changé, il est toujours partisan d'une politique de l'offre 

 

Jean-Christophe Chanut  |  06/01/2014, 12:07  -  La Tribune

 

Depuis les vœux présidentiels du 31 décembre, François Hollande est présenté comme s'étant converti à une politique en faveur de l'offre. Or, en réalité, François Hollande défend ce credo depuis les primaires socialistes. 

sur le même sujet 

2014 ! Le François Hollande nouveau est arrivé! Le vrai changement, c'est maintenant! Le président accepte, enfin, d'endosser les habits du social-démocrate qu'il a en vérité toujours été. Il serait totalement converti au "socialisme de l'offre". Voilà ce qu'on lit ou entend depuis les vœux présidentiels du 31 décembre.

Conformément au traditionnel effet domino, la plupart des observateurs reprennent cette antienne les uns après les autres et brodent sur le thème "le président revendique enfin une politique de l'offre" et "tend la main aux entreprises via  un pacte de responsabilité".  On peut pour le moins s'étonner. Un virage, mais quel virage pour celui dont on annonce tous les six mois la conversion à la social-démocratie ?

Un discours sur l'offre rodé depuis la campagne des Primaires socialistes

Depuis la campagne présidentielle, voire même durant la phase des primaires socialistes, François Hollande tient exactement le même discours sur la nécessité première de redresser les finances du pays et de favoriser " l'offre" des entreprises, donc le " made in France". Il a toujours dit que la première phase de son quinquennat, en cas d'élection, serait consacrée à ce redressement, accusant son prédécesseur d'avoir creusé les déficits de 600 milliards d'euros entre 2007 et 2012. Aucune envolée lyrique durant sa campagne, on était très loin du " changer la vie" de 1981. François Hollande a très peu fait de promesses sociales basées sur la redistribution.

Et il ne lui a pas fallu trois mois après son élection pour "liquider" les quelques engagements pris : le retour à la retraite à 60 ans pour les salariés ayant eu des carrières longues; une revalorisation de 25% de l'allocation de rentrée scolaire et un "coup de pouce" à la hausse du Smic (et encore, il s'agissait davantage d'une "avance"). C'est quasiment tout. Et pour cause, répétons-le, les engagements de campagne sur ce terrain étaient rarissimes. Rien à voir, donc, avec la relance par la consommation décidée par le gouvernement Mauroy au début du premier septennat de François Mitterrand. Au grand dam, d'ailleurs, du Front de Gauche qui lui a toujours reproché un continuum avec la politique de Nicolas Sarkozy, à quelques oripeaux près.

Très peu de promesses de redistribution durant la campagne

Une fois élu, François Hollande est resté fidèle à cette ligne. Mieux (ou pis), il s'est même rapidement débarrassé des quelques principes qui auraient pu faire penser que le socialisme "à l'ancienne" avait encore de l'avenir. Il en va ainsi de l'interventionnisme de l'État en matière industrielle. Les salariés d'Arcelor Mittal de Florange l'ont appris à leurs dépens. Et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, apôtre d'une nationalisation temporaire de Florange, a été renvoyé dans ses buts. Quant au fameux projet de loi sur la reprise d'un site, qu'il a fait miroité durant la campagne, il a été largement vidé de sa substance.

Même constat sur le pouvoir d'achat. Quasiment jamais depuis son élection, le président n'évoque cette problématique, sauf quand il s'agit des plus démunis (titulaires des minima sociaux ou de petites retraites). Le maintien du pouvoir d'achat n'est pas un thème prioritaire pour lui - on l'a vu avec la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires -, encore une rupture avec la doxa socialiste. Et pour cause, reprenant largement à son compte les arguments développés par Arnaud Montebourg durant les Primaires socialistes, le président élu s'est emparé, tout de suite, de la question de la compétitivité des entreprises, donc de la politique de l'offre.

Le crédit d'impôt compétitivité emploi, symbole de la politique en faveur des entreprises

L'apothéose, en la matière, a été atteinte en novembre 2012 avec l'annonce de la création du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), fruit du rapport Gallois. Avec le CICE, ce sont 20 milliards d'euros qui étaient accordés aux entreprises pour baisser le coût du travail sur les salaires jusqu'à 2,5 Smic, sans aucune contrepartie demandée.

En matière de "socialisme de l'offre" - le mot socialisme semble même totalement superfétatoire en la matière -, on ne pouvait guère faire mieux. D'ailleurs, le patronat a applaudi, même si, bien sûr, il souhaitait davantage. Une politique de l'offre qui s'est poursuivie depuis. Résultat, dans le budget 2014, si les ménages connaissent 12 milliards de hausses d'impôts - dont 6 milliards pour financer le CICE, via la hausse de la TVA - les entreprises, elles, paieront globalement deux milliards d'impôts de moins qu'en 2013. C'est donc plutôt dans les rangs traditionnels de la gauche que les dents grincent.

Une politique polluée par de l'impréparation

Mais le problème de François Hollande, c'est que cette action en faveur des entreprises a été totalement polluée par des débats et des interrogations étalées sur la place publique qui laissent entendre que c'est davantage une politique de gribouille qui est menée : d'où les mouvements des " pigeons" sur la taxation des plus-values de cession, des auto-entrepreneurs, etc. D'où aussi les saillies du Medef, quand il est question de créer un nouvel impôt sur l'excédent brut d'exploitation (plutôt que sur le bénéfice, pour limiter l'évasion fiscale). Autant de mesures, mal ficelées, mal préparées et mal expliquées qui, additionnées, ont donné l'impression aux entreprises de vivre un "matraquage fiscal", au même titre que les ménages.

Coût du travail: une préoccupation déjà ancienne

Sur le terrain social, le tropisme de François Hollande en faveur de" l'offre" n'est pas non plus nouveau. Lorsqu'à l'occasion de la dernière réforme des retraites, le gouvernement annonce une hausse des cotisations, c'est pour immédiatement baisser la contribution des entreprises affectées à la politique familiale… pour ne pas alourdir le coût du travail. En revanche, les salariés, eux, devront supporter l'augmentation de cotisation retraite…

Et que dire de l'accord national interprofessionnel sur l'emploi, conclu le 11 janvier 2013 par le patronat et les syndicats et repris dans une loi parue en juin 2013. Outre un raccourcissement des délais en cas de plan de licenciements collectifs et davantage de flexibilité, cette loi vient officialiser la possibilité de conclure des accord de "maintien de l'emploi" qui permettent de baisser les salaires - pour ceux supérieurs à 1,2 Smic - durant une période de deux ans si cela peut contribuer à éviter des licenciements. On comprend, là aussi, pourquoi les trois organisations patronales ont signé, in fine, ce texte les yeux fermés… Même si elles souhaitaient davantage, comme toujours.

On pourrait ainsi multiplier les exemples. C'est inutile. François Hollande n'a pas changé. En bon héritier de Jacques Delors et soucieux de prouver que la Gauche est aussi capable que la Droite de gérer les affaires du pays, il n'a jamais sombré dans un socialisme lyrique.

Certes, il a tenu des propos du style  "la finance, voilà l'ennemi", mais outre que Nicolas Sarkozy a tenu quasiment les mêmes en son temps, il s'agissait de propos de campagne destinés à galvaniser les troupes. D'ailleurs, la "Finance" n'a pas l'air de lui en tenir trop rigueur, vu la faiblesse des taux d'emprunt dont bénéficie la France…

Une persistance de positionnement qui pose cependant problème

Il est donc inexact de parler de "virage" du président. Tout au plus, on concédera que François Hollande prend de moins en moins de gants pour présenter sa politique social-démocrate. Comme s'il ne ressentait plus le besoin de ménager sa gauche. Le président est donc un social-démocrate affirmé, il l'était et il le reste.

Mais son positionnement demeure son gros problème. Il aura beau flatter le patronat dans le sens du poil et donner gages sur gages en matière de fiscalité et de coût du travail, il sera toujours considéré dans ce milieu comme  "n'en faisant pas assez". Et, de l'autre côté, avec la persistance d'un chômage élevé, la stagnation du pouvoir d'achat, les hausses d'impôts, le président se coupe des classes populaire et moyenne. Pour l'instant.   

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Pacte de responsabilité: les Français ne font pas confiance à Hollande et aux entreprises

AFP 18 janvier 2014 à 15:08 (Mis à jour : 18 janvier 2014 à 15:09)

Une large majorité (74%) de Français refuse sa confiance à François Hollande pour diminuer les dépenses publiques et autant (73%) ne font pas plus confiance aux entreprises pour créer des emplois en échange d’une baisse des cotisations patronales, selon un sondage Ifop à paraître dimanche.

Selon cette étude, à paraître dans Sud Ouest Dimanche, ces scores élevés traduisent «l’ampleur de la défiance régnant aujourd’hui dans le pays» et renseignent sur «l’intensité des efforts qui devront être consentis pour crédibiliser» le «Pacte de responsabilité» proposé le 14 janvier par le président de la République.

Pour être gagné, le pari présidentiel devra vaincre «un sentiment de scepticisme extrêmement répandu dans la société française», souligne l’Ifop. Ainsi 57% des sympathisants UMP ne font pas confiance aux entreprises contre 76% dans les rangs socialistes. Inversement, 69% des sympathisants PS accordent leur confiance à François Hollande contre 10% seulement pour les sympathisants de l’UMP.

Parallèlement, 82% des sympathisants du Front de Gauche et du Front national ne font pas confiance aux entreprises pour créer des emplois et respectivement 61% et 90% en ce qui concerne le gouvernement.

 Réduction du nombre de régions: un bon point

Selon un autre sondage BVA, réalisé pour I-télé et le Parisien-Aujourd’hui en France publié samedi, 62% des Français estiment toutefois que l’UMP doit «s’inscrire dans une coopération avec le gouvernement» pour mettre en place le «Pacte de responsabilité». Seuls 31% souhaitent que la droite s’y oppose. Pour les sympathisants de droite, seule une faible majorité (52%) veut souligner les désaccords, quand 45% se disent prêts à coopérer.

Par ailleurs, 69% des personnes interrogées approuvent la proposition de François Hollande de réduire le nombre de régions, contre 29% qui s’opposent à cette idée.

Sondage Ifop réalisé du 15 au 17 janvier auprès d’un échantillon représentatif de 996 personnes interrogées par questionnaire en ligne selon la méthode des quotas. Sondage BVA réalisé les 16 et 17 janvier auprès d’un échantillon représentatif de 990 personnes, également selon la méthode des quotas. 

AFP

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