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Brèves

 

 

 

13 janvier: Cabu


Jean Cabut aurait eu aujourd'hui 13 janvier, 77 ans... L'âge limite pour lire Tintin. Son assassinat a donné lieu, c'était prévisible, à un festival d'impostures, dont la présence à la manifestation "républicaine" du 11 janvier à Paris, d'authentiques fascistes obscurantistes dans les délégations des chefs d'Etat de et de gouvernements. Gageons qu'il en eût ri.


07 janvier: Charlie Hebdo


Des fanatiques islamistes sociopathes, pardon pour le pléonasme, massacrent la rédaction de Charlie Hebdo. Il n'est pas évident que les conditions de sécurité autour de C.H. aient été à la hauteur des menaces connues qui pesaient contre cet hebdomadaire, ni que les forces de sécurité en France disposent des effectifs, des équipements et des moyens à hauteur suffisante. Pour l'heure la classe "politique", surfant sur une émotion  populaire réelle, joue, avec des couacs, l'Union nationale. Sans une réorientation des priorités et des choix budgétaires (cf. le communiqué de la FSU 13), il est douteux que cela soit, à soi seul, la bonne réponse.


20 décembre: Goldman Sachs

 

La banque américaine dont le management devrait être en prison si une quelconque justice existait, a fait une année formidable en intervenant à elle seule dans  35 % des fusions acquisitions; rappelons que cette opération juridico-financière ne crée aucun emploi, a même plutôt tendance à en supprimer et n'enrichit qu'une poignée d'actionnaires et un management intéressé. C'est cela la finance. Lisez Le capital fictif de Cédric Durand  aux éditions Les prairies ordinaires.

6 novembre: Abdelwahab Meddeb.

Intellectuel tunisien, porteur des Lumières et démocrate: "Son œuvre s'inscrira dans la longue lignée de ceux qui ont voulu placer la Tunisie dans le sillage des Lumières modernes, sans renier le lien qui la rattache à la civilisation de l'islam. Son dernier acte d'écriture aura été le geste d'un retour sur soi : Le Portrait du poète en soufi (Belin, 192 pages, 19  euros) paru quelques jours avant sa mort. Tous ceux qui l'ont connu garderont le souvenir d'une belle présence généreuse dans l'amitié et exigeante pour la pensée."

Fethi Benslama

 

Psychanalyste, professeur

à l'université Paris-diderot

22 octobre: Christophe de Margerie meurt, accident d'avion...

 Socialisme: Dénomination de diverses doctrines économiques, sociales et politiques condamnant la propriété privée des moyens de production et d'échange (Petit Larousse). 

Au moment où, alors que la nationalisation des autoroutes pourrait être envisagée d'après l'étude d'un cabinet aussi sérieux que n'importe quelle agence de notation, malgré le coût des indemnisations, pour assurer des ressources régulières à l'Etat, le gouvernement préfèrerait tuer une autre poule aux oeufs d'or en privatisant la FDJ!
Sabotage délibéré de l'intérêt général ou incompétence absolue?
Bref comme le propose Valls il faut enlever le mot socialiste d'une telle politique et d'un tel parti... Il y aura bien quelqu'un pour garder la vieille maison et un référentiel "passéiste" comme dit l'homme, qui voulait déjà débaptiser le PS avait d'être seulement ministre, mais encore cohérent!

En fait il n'y a pas plus passéiste que le droit de propriété et la direction d'une entreprise, comme les larmes de crocodile lors de l'accident de C.de M. , seul dans le Falcon avec 3 membres d'équipage, ont tenté de le faire oublier au populo !!

 14 octobre: des millionnaires toujours plus nombreux


Mi 2014 il y aurait donc, d'après le Crédit Suisse, 35 millions de millionnaires en dollars sur la planète soit 1 terrien sur 200 avec un patrimoine moyen par adulte de 56 000 $. Les moyennes ont ceci d'excellent: elles gomment les écarts et alors que ceux ci se creusent, les "classes moyennes" inférieures peuvent croire à leur survie!


08 septembre: Martine Aubry, le retour?


"On n'a pas besoin d'aider les banques (…) qui ne sont pas dans la concurrence internationale - ni - les entreprises qui préfèrent verser l'argent que leur a donné l'Etat pour donner des dividendes plus importants (…) au lieu d'investir dans l'avenir, l'emploi et la formation ".

 

02 septembre: la rentrée et les vérités premières!

Le retard scolaire à l’entrée en 6e : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés ( Insee)

 

25 août: Démission du gouvernement


Après les discours de la St Barthélémy de Frangy, Valls présente la démission de son gouvernement à la St Louis Roi ! Y voir une quelconque dimension symbolique reviendrait à confondre un ambitieux sans doctrine avérée à un homme d'Etat,  ou  un réformateur avec un liquidateur. Grâce au ciel, il a plu sur l'île de Sein.

 

31 juillet: Louis de Funès aurait 100 ans

 

Naître le jour de l'assassinat de Jaurès n'a pas marqué sa carrière et c'est tant mieux.

Il est vrai que le 31 juillet, c'est aussi la fête d'Ignace de Loyola. Les jésuites ont la réputation d'être cultivés, nos politiciens beaucoup moins mais ils ont généralement à coeur d'utiliser les méthodes souterraines que la voix populaire a souvent attribuées à la Compagnie.


 17 juillet: Debray et l'Occident

 

"(...) La France républicaine ayant renoncé à son système de valeurs et à son autonomie diplomatique, elle a réintégré les commandements de l'OTAN, décision anecdotique mais symbolique du président gallo-ricain Sarkozy, entérinée par son sosie Hollande. Et nous voilà de retour dans " la famille occidentale ". La double mort historique de Jaurès et de De Gaulle a donné à cette abdication le sens d'un retour à la normale".  Régis Debray, Le Monde daté du 18 juillet 2014.

 

 

25 juin: Anniversaires


Michaël Jackson, il y a 5 ans. Michel Foucault 30 ans après. En voilà deux qui auraient certainement eu des choses à se dire.

 

23 juin: Avignon...

 

 

24 mai: Demain l'Europe sociale...


Demain, vote pour le renouvellement du Parlement de l'UE. Un certain nombre de crétins ou de faux-culs (cumul possible...) s'étonnent du peu d'enthousiasme des électeurs.

Il est écrit dans le traité de Lisbonne que " l'Union reconnaît et promeut le rôle des partenaires sociaux à son niveau, en prenant en compte la diversité des systèmes nationaux. Elle facilite le dialogue entre eux dans le respect de leur autonomie ". Y a plus qu'à...

Ce n'est pas le vote (moins de 50 députés (39 ?)  en séance sur la proposition de loi du FdG, obligé de voter contre son propre texte vidé en partie de substance par des amendements de la majorité...) ni la négociation TAFTA qui peuvent redonner confiance aux électeurs.


8 mai: Chatons


Condamnés à de la prison ferme (pour avoir maltraité) ou avec sursis (le chaton est mort), la justice française fonctionne toujours aussi bizarement: délocaliser une entreprise au nom du droit de propriété et du profit n'est pas punissable par la loi, même quand ce droit de propriété s'exerce nonobstant l'intérêt général, les aides reçues, les dégrèvements fiscaux etc... avec des dommages collatérauxet des conséquences sociales indéniables.

La sanctuarisation du droit au travail et du droit du travail ne préoccupe ni les parlementaires, ni les chats fourrés...Quant au Conseil Constitutionnel...

 

16 avril


Une semaine après, la mort de Jacques Servier à 92 ans le jeudi 10 avril, est annoncée. Comme prévu le procès du Mediator se fera sans lui! La vitesse de la justice est assez variable en France.


22 mars ou l'espoir!


C'est toujours un anniversaire... On ne sait plus de quoi. A en croire le Nouvel Obs., vendu par son fondateur, les satellites espions US ou Chinois (mais oui, déjà!) pourraient repérer l'épave engloutie du Boeing 777, mais ce serait avouer un peu plus du manque de respect qu'ils professent à l'égard du reste de la planète. Alors on dépense du pétrole pour les bateaux et les avions de reconnaissance. En plus, ils se moquent du réchauffement climatique et du gaspillage d'énergie!

Cela n'empêche pas les media de parler d'espoir à l'idée de découvrir enfin où etc... Quel espoir? 


16 janvier


La vie privée de Hollande:

Ce qu'on doit retenir de la conférence de presse du 14 janvier, ce n'est pas que FH est social-démocrate ( qu'est-ce qu'un social-démocrate sans doctrine explicite ou qui serait celle de l'idéologie dominante ? ) car on sait, au plus tard depuis l'utilisation de l'expression "le socialisme de l'offre", que le mot socialiste avec lui n'a aucun sens. Ce qui a sauté aux yeux de tous ceux qui ne sont pas des courtisans, c'est un exemple parfait de goujaterie égoïste dépourvue de toute grandeur d'âme.


2 janvier 2014


Présent dans le voyage en Arabie avec le PR, Antoine Frérot, pdg de Véolia ( dont par ailleurs les syndicats, CFDT comprise, réclament la démission vu la stratégie de démantèlement qu'ils lui reprochent), expliquant l'absence de signature de méga-contrats : "l'économie, ça ne fonctionne pas à la nano-seconde, c'est un processus continu..." Sans doute, mais l'ennui, c'est que la "finance", elle, fonctionne ainsi, comme le prouve précisément la stratégie qu'il conduit!

 

9 décembre

 

Anniversaire de la loi de 1905 séparant les églises et l'Etat, après une mobilsation de la droite pas très différente dans sa forme  de celles que nous avons connues lors du vote de la loi sur l'ivg, le pacs ou le mariage pour tous. La droite n'a jamais vraiment admis le principe de laïcité et continue de confondre sacrement et contrat, science et foi... LA droite? Une bonne partie est sans religion mais continue d'y voir un opium du peuple, très utile pour  distraire de son affairisme ou de sa corruption.

Le 9 décembre 1777 le bon roi Louis XVI rétablissait les monts de piété, supprimés pendant le gouvernement de Mazarin pour complaire aux usuriers; cela, du moins, nous avait valu "l'Avare"!


22 novembre 1963


Aldous Huxley meurt à Los Angeles. La suite a prouvé que c'était malgré tout un optimiste. Nul n'a trouvé de lien entre sa mort et celle de JFK que son assassinat a fait rentrer dans la mythologie politique.


Valls et Léonarda 19.10


Il paraît que le ministre aurait menacé de démissionner si la jeune collégienne revenait en France. Un homme d'Etat l'eût pris au mot.

L'expulsion est une manie qui se soigne; rappelons que ce gouvernement s'est déshonoré d'entrée en livrant Aurore Martin à l'Espagne ( dont elle est ressortie) alors que ce dont elle est accusée dans ce pays étranger n'est pas incriminable dans le pays dont elle est citoyenne. Inconscience et incohérence des Français abusés de toutes parts... 

 

Edith Piaf et Jean Cocteau 10.10


Morts à quelques heures . Du talent, une vie remplie... Un demi-siècle passé...


32 ème anniversaire 09.10


Extrait d'un article de Nicolas Truong dans Le Monde d'aujourd'hui ouvrant les pages consacrées par ce quotidien à l'abolition : "Il n'empêche, au moment où le national-populisme se déclare favorable à son rétablissement, la parution de cette déposition faite à elle-même de Monique Mabelly est édifiante. Alors que la 11e Journée mondiale contre la peine de mort a lieu le 10 octobre, ce texte est un rappel utile. Car " qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? ", écrivait Albert Camus."

 

Merkel 23. 09


Ok, ce n'est même pas son nom, ce qui prouve que les électeurs allemands ne sont pas si réacs dans toutes les cases du jeu social. La presse française est, comme d'habitude, d'une stupidité confondante en parlant de "triomphe"!

La Bundeskanzlerin n'a pas la majorité avec les seules CDU/CSU. autrement dit si elle a fait un triomphe, que dire de Hollande qui en 2012 n'avait pas mathématiquement besoin d'alliés pour gouverner. Il est vrai qu'à voir comment votent certains élus du PS, on peut tout de même s'interroger sur la solidité du parti!


Retraites 10.09 


Le Monde qui n'aime les syndicats que lorsqu'ils sont "réformistes", mais comme de fait ils le sont tous, cela signifie pour cet organe de presse, prêts  "à négocier le poids des chaînes"et à suivre l'idéologie dominante, écrit dans la Check-list de son site LeMonde.fr (11.09): "Retraites: mobilisation plutôt réussie". On saluera cette quasi objectivité... et cette lueur d'optimisme sur les capacités du mouvement social à peser dans un débat que certains, au nom de TINA (There is ...), voudraient unilatéral.

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Retraites  30.08

Dans l’Etrange défaite, à laquelle je faisais à l’instant allusion ( C'est L.Mauduit dans Mediapart qui parle), Marc Bloch a ces mots terribles : « Il est bon, il est sain que, dans un pays libre, les philosophies sociales contraires s’affrontent. Il est, dans l’état présent de nos sociétés, inévitable que les diverses classes aient des intérêts opposés et prennent conscience de leurs antagonismes. Le malheur de la patrie commence quand la légitimité de ces heurts n’est pas comprise ».

C’est un peu le malheur de nos socialistes d’aujourd’hui, qui gouvernent la France comme des notaires tristes…

Multiculturalisme 18.08

« Or le multiculturalisme est une fausse réponse au problème, d'une part parce qu'il est une sorte de racisme désavoué, qui respecte l'identité de l'autre mais l'enferme dans son particularisme. C'est une sorte de néocolonialisme qui, à l'inverse du colonialisme classique, "respecte" les communautés, mais du point de vue de sa posture d'universalité. D'autre part, la tolérance multiculturelle est un leurre qui dépolitise le débat public, renvoyant les questions sociales aux questions raciales, les questions économiques aux considérations ethniques. »
Slavo Zizek, Des idées-force pour éviter les impasses de la globalisation, Le Monde, 02/09/11.

Bichat 04.08


Un hôpital sans clim depuis plusieurs jours. La pièce manquante doit venir d'Allemagne. Il paraît que la France a une politique industrielle, que serait-ce sinon! Pendant ce temps les prédateurs du Medef donnent des conseils sous forme d'injonction au gouvernement sur les retraites; que ces misérables fassent d'abord leur travail d'industriels producteurs et qu'ils se taisent ou qu'on les fasse taire; un bon contrôle fiscal devrait suffire.


Islamofascisme 20.06


Le mot est tabou car il est utilisé par la droite identitaire, mais comment mieux traduire la politique répressive d'Erdogan? La Turquie est le pays membre du Conseil de l'Europe où les journalistes emprisonnés sont les plus nombreux, le seul où l'on arrête sans aucune base légale des avocats... La lutte anti- terroriste utilisée contre les libertés fondamentales, dont la laïcité.

 Quels sont les crétins qui dans l'UE veulent encore négocier l'entrée d'un tel régime, car c'est un régime qu'on accepte et qu'on laisse durer et non un peuple libre et souverain.


Ponts 10.05


Les serviteurs habituels du veau d'or évaluent à 2 mds d'€ le manque à gagner pour l'économie lié aux ponts de mai. Cela fait tout de même 40 fois moins que la fraude fiscale!


Renault pleure ? 25.04


 Renault  a perdu des ventes en Europe mais l'action Renault est en hausse de 2,12% à 50,54 euros (soit une capitalisation boursière de 15 milliards d'€ environ). L'action  a gagné plus de 20% depuis le début de l'année, après une montée de plus de 50% en 2012. Cela justifierait-il le chantage à l'emploi que le patron surpayé de la firme exerce à l'égard des salariés du groupe?


 

Le CE privatise la grève...13.04


 Le Conseil d'Etat  a décidé vendredi 12 avril d'autoriser EDF à limiter l'exercice du droit de grève dans ses centrales nucléaires. EDF l'avait fait en 2009 pour éviter l'interruption de l'approvisionnement du pays en électricité, au nom de sa mission de service public. Cette coquecigrue juridique, même si les conseillers ne sont que par abus assimilés à des magistrats, méconnaît le principe de base qui est l'exercice du droit de grève dans le cadre des lois qui le réglementent. On laisse donc l'employeur se substituer à l'autorité instituée. A quoi sert le CE si on privatise ainsi les fonctions de l'Etat?

 

 

Hugo Chavez 05.03


Le président vénézuelien est mort. Les classes populaires ont bénéficié de meilleurs accès à l'instruction et à la santé. Il est certain que les media français vont dire plus de mal que de bien de lui...

 

Stéphane Hessel 27.02


Né en 1917, mort dans la nuit du 26 au 27 février, cet homme à la vie bien remplie meurt couvert d'éloges, même par ceux qui le trouvaient "dérangeant". "Pus loin, plus vite" avait-il dit à François Hollande dans une motion signée avec Pierre Larrouturou pour le dernier congrès du PS. Plus loin, plus vite, mais pas pour complaire aux canailles de Wall street, de la City, du CAC 40, de la Commission de Bruxelles et du Medef réunis , collection de nains avides et arrogants. S'indigner et résister...


D'un 11 février à l'autre 11.02


Bernadette et l'Immaculée conception, la signature des accords du Latran, l'annonce de sa renonciation par Benoît XVI... des 11.02. Normal , c'est la fête de N.-D. de Lourdes... et cette année, la veille de Mardi-gras.


Question 02.02.2013


« Je suis frappé de voir que les intellectuels de gauche d’aujourd’hui cherchent à priver le peuple opprimé non seulement des joies de la connaissance mais aussi des outils de son émancipation en lui annonçant que « le projet des Lumières » est mort et que nous devons abandonner nos illusions de la science et de la rationalité – un message bien trop fait pour réjouir le cœur des puissants, trop heureux de monopoliser ces instruments pour leur seul usage. » 
Noam Chomsky, Science et rationalité.

http://loeildebrutus.over-blog.com/

 

Franco-russe  06.01.2013


C'est bon pour Depardieu...Qui se souvient des entremets du même nom?

 

Oscar Niemeyer 06.12


L'architecte brésilien qui aura le plus marqué son pays est mort  à 104 ans. Par delà son oeuvre et sans doute ceci n'est-il pas étranger à cela, on retiendra ses engagements pour la démocratie. La France a la chance d'avoir accueilli son travail.

 

Euromillions 15.11


Une grosse cagnotte de loto et une vie change. Mais la presse affiche sans commentaire que cette somme représente 19 années de salaire pour Zlatan ,"génie" du foot-ball... et 126 siècles de SMIC!

Et il y a des gens beaucoup plus riches encore que ce nouveau millionnaire chanceux ou ce footeux qui rapporte sans doute beaucoup à quelques parasites sociaux, rouages du système...


Valls et Aurore Martin 05.11


Manuel Valls prétend ne pas avoir à "s'excuser" au sujet de la livraison d'une citoyenne française à un état étranger pour un délit inexistant en France. Cet... n'a pas tort: la trahison des gouvernants français à l'égard de leurs électeurs est plus ancienne que sa nomination  dans un gouvernement dit de gauche; la France n'était nullement tenue d'accepter de livrer ses ressortissants...

 

Islamisme 21.09 (Le Monde)


Là encore, quand on lui fait observer que l'animosité envers l'islam cache parfois mal un racisme pur et simple, Rushdie se cabre : " Je n'ai aucune tolérance à l'égard de la xénophobie et du racisme, que j'ai toujours combattus. Ceux qui s'attaquent aux minorités, aux musulmans ou aux homosexuels, par exemple, doivent être condamnés par la loi. L'islamophobie, c'est autre chose, c'est un mot qui a été inventé récemment pour protéger une communauté, comme si l'islam était une race. Mais l'islam n'est pas une race, c'est une religion, un choix. Et dans une société ouverte, nous devons pouvoir converser librement au sujet des idées. "

 

Neil Armstrong 25.08


Le premier homme sur la lune (20 juillet 1969) est mort. Il est des moyens moins honorables d'atteindre à la notoriété.

Depuis lors les canailles qui dirigent les banques et s'en sont mis plein les poches, ont siphonné le pognon disponible pour ce genre d'aventure et imposé à des politiciens plus ou moins nanifiés des politiques contre leurs peuples!

 

SMIC 09.07

 

Le 1er juillet, le montant du Smic horaire a été revalorisé à 9,40 € (9,22 depuis le 1er janvier), soit un montant mensuel brut de 1 425,70 € sur la base de 151,67 heures, ou de 1 425,67€ sur la base de 35 heures × 52 / 12.

Cette augmentation de la valeur du Smic a pour conséquence d’ « immerger » certains coefficients conventionnels sous le salaire minimum légal.

Arcelor-Mittal 28.06


Magnifique photo de la  tour Arcelor Mittal Orbit construite pour les J.O de Londres... Le patron du groupe métallurgiste a financé 19,6 des 22,7 millions de £ du coût de ce monument de 1400 t et de 115 m de hauteur. Le genre d'info qui doit réjouir les ouvriers de Gandrange... Panem et circenses. Vous avez dit XXI ème siècle?

 


Programme commun 27.06


40 ans aujourd'hui. Certains ont gagné, d'autres ont perdu. Le peuple? Les 93 % de salariés? Les partisans d'un Europe démocratique? Les concepts de liberté, d'égalité et de fraternité? La dignité du citoyen? Bref les "valeurs" dont parlent les politiciens pour éviter de qualifier leur politique? Tous ceux là ont  perdu. Il y a des explications... et il y a des coupables, toujours là, leurs frères, leurs héritiers...


INSEE 20.06


71 % du patrimoine en France dans les mains de 20 % des ménages. Et si on regarde de plus près dans ces 20%, on constatera que l'agglomération de déciles sert surtout à dissimuler de plus grands écarts!



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Texte Libre

Les auteurs

 

Sylvain Bartet (29.01.76) et Jean-Paul Beauquier (02.02.46)  sont tous deux agrégés d’histoire (dans l’académie d’Aix-Marseille), militants syndicaux (FSU), militants politiques (PS) ; ils ont une génération d’écart. Leur travail d’écriture à deux vise à montrer que sur des sujets politiques sérieux, la référence aux origines des concepts de République et de démocratie et l’esprit critique doivent armer les citoyens contre les risques et la prévalence d’une démagogie de l’instant. Bref que l’espoir est possible en politique...

 

Articles Récents

24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 13:54

Une mise en bouche:

Samir Amin :

Le manque d’audace à gauche est terrible à l’heure actuelle. Vous vous rappelez comme les sociaux-démocrates ont été contents quand le régime soviétique s’est effondré, et avec lui les partis communistes d’Europe occidentale ? Je leur ai dit : « Vous êtes stupides. La prochaine chute, c’est la vôtre, le capital avait seulement besoin de vous parce qu’il y avait la menace communiste. » Et, au lieu de se radicaliser, ils ont au contraire glissé à droite. Ils sont devenus sociaux-libéraux. Maintenant, que l’on vote social-démocrate ou à droite, c’est la même chose. Tous disent : « Nous ne pouvons rien faire, c’est le marché qui décide, les agences de notations, le super parti du capital des monopoles. »

Nous voyons même des segments importants de la gauche radicale accepter cela par crainte ou désarroi. Il y a même des gens qui se font appeler « communistes », mais disent qu’ils ne peuvent être qu’une aile gauche de la social-démocratie. C’est toujours la même logique d’accommodation du capitalisme. Une logique du « moins pire ». « C’est imposé par l’Europe » est l’argument par excellence. « L’Europe, ce n’est pas bon, mais la destruction de l’Europe ce serait pire. » Mais aller de moins pire en moins pire, c’est en arriver in fine au « plus pire ». Il y a deux ans, on disait aux Grecs, allez, une petite cure d’austérité et ça ira ! On en est au quantième ? Le huitième ?

 

Le Grand Soir, le 11-11-2012

 

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Petite charge contre le social-libéralisme en action

 

Ou critique de l’action gouvernementale

 

 

L’action gouvernementale est vaste et en parler demande à définir un périmètre pertinent. Je vais d’abord soumettre à examen certaines promesses de campagne du candidat Hollande. Ensuite, j’analyserai quelques dossiers politiques. Enfin, j’examinerai de quelle manière le gouvernement traite les conflits sociaux à la lumière d’un exemple.

En conclusion, je tâcherai de dire en quoi ces éléments sont cohérents et en quoi ils sont consubstantiels à la nature de l’État et à celle du parti au pouvoir.

 

I Parmi les 60 engagements du candidat

 

Je ne parlerai pas de certains engagements comme celui du mariage pour tous qui a occupé l’actualité récente, ni de ceux qui sont notoirement repoussés aux calendes grecques comme le vote des étrangers ou le non-cumul des mandats qui agite le PS. Parmi les 60, j’en ai choisis quelques-uns.

 

  1. Il y a ceux qui forment le noyau dur de son orientation : 1) « relancer la production, l’emploi et la croissance », 2) « mettre les banques au service de l’économie » et 3) « redresser nos finances publiques ».

 

1) Le premier engagement, relancer la production, l’emploi et la croissance, concerne d’abord la Banque publique d’investissement. Mariage entre la banque Oseo, le Fonds stratégique d’investissement et la Caisse des dépôts et consignations (42 Mds dont 20 pour des prêts, 10 pour des investissements en fonds propres et 12 en garanties à terme).

La BPI se met en place lentement. Elle attend le feu vert de la Commission européenne et aiguise les appétits des régions. Malgré la formulation de Hollande (« Je permettrai aux régions, pivots de l’animation économique, de prendre des participations dans les entreprises stratégiques pour le développement local et la compétitivité de la France. »), il semble bien que les choix se feront au niveau de l’Etat et non au niveau des régions, au grand émoi des élus régionaux. Nicolas Dufourcq (1) pressenti pour la diriger sous la présidence de Jouyet, indique qu’elle aura trois fonctions principales, financer les recherches et innovations dans les PME, TPE et dans l’économie sociale et solidaire, entrer dans le capital de certaines et faire des avances de trésorerie correspondants aux « crédits d'impôt compétitivité emploi » dans le cadre du Pacte de compétitivité. Dufourcq, devant la commission parlementaire, a qualifié la BPI de «pure structure d'entreprise privée» au service d'une mission d'intérêt général.

L’emploi a été un engagement solennel du candidat, pourtant s’opposer aux fermetures et aux délocalisations semble bien, au regard de l’actualité, rester un vœu pieu. Nous verrons cela de plus près au travers d’un exemple emblématique.

La croissance est passée, dans les estimations gouvernementales, de 0,8% pour cette année à probablement zéro dans la réalité. Cela n’appelle aucun commentaire.

 

2) Le deuxième engagement, mettre les banques au service de l’économie, se concrétise dans la loi en préparation concernant une séparation des banques de crédit et d’investissement très largement insuffisante car la filialisation n’empêche pas la banque de dépôt de continuer à financer la banque de marché.

La séparation des activités de marché est marginale (le trading pour fonds propre est égal à 0,5% ou 1% des activités des banques françaises). Cette séparation ne touche aucunement les produits dérivés qui représentent 12 fois le PIB mondial (700 000 Mds $) sans relation avec les besoins de l’économie. La loi demande la séparation des crédits aux fonds spéculatifs s’il n’y a pas de garanties. Or, les banques demandent déjà des garanties. En fait, ces crédits devraient être toujours séparés des activités de dépôt.

L’interdiction du trading à haute fréquence et la spéculation sur les matières premières agricoles pour compte propre est marginale car l’essentiel de ces activités est conduit pour le compte de clients.

Aucune mesure n’est proposée pour interdire la présence des banques dans les paradis fiscaux, contrairement à la promesse de Hollande. Elles doivent seulement indiquer quelles sont leurs filiales qui y sont localisées. De plus, il n’y a rien sur la suppression des stock-options, sinon leur imposition sur le barème de l’impôt sur le revenu et pas tout de suite : pour les plus-values de cession à venir.

Plus grave, à la lumière de la crise des subprimes : Qu’une partie des créanciers de la banque absorbent les pertes si le capital détenu par les actionnaires ne suffit pas car cela peut mettre en difficultés les finances publiques et par conséquent demander l’apport des contribuables in fine.

 

3) Le troisième engagement, redresser les finances publiques, ne semble pas en bonne voie, les 3% de déficit public fin 2013 non plus. Par ailleurs, la chasse aux cadeaux et niches fiscales est bien loin de rapporter les 29 Mds promis dans cet engagement. En effet, sur les 464 niches, 433 ont un impact budgétaire en 2013 pour un coût de 70,769 Mds. Les modifications apportées dans la loi de Finance devraient en faire diminuer le coût de 1,604 Mds en 2013, de 3,146 Mds en 2014 et de 3,556 Mds en 2015.

 

  1. La question européenne prend une grosse importance par rapport à la politique d’austérité qu’elle implique : il s’agissait de « réorienter la construction européenne ».

 

On sait ce qu’est devenu la « renégociation » du traité européen du 9 décembre 2011 et de quelle manière le « pacte pour la croissance et l’emploi » est inscrit dans le traité de Lisbonne. Les faits parlent d’eux-mêmes : Le budget européen (2014-2020) négocié à la hausse, tout frais sorti le 8 février en baisse de 3%, est un indicateur sérieux quant à l’impossible réalisation de la promesse d’en faire l’outil de grands projets d’avenir.

Le nouveau traité franco-allemand annoncé, 50 ans après le traité de l’Elysée, a été oublié et la « contribution climat-énergie aux frontières de l’Europe » n’a aucune chance ! Bref, l’Europe néolibérale a encore de beaux jours devant elle.

 

  1. Il y a aussi ceux qui touchent à « la grande réforme fiscale ».

 

Il n’est plus question de la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu, comme promis. Par contre, la diminution d’impôt provenant des avantages de niches fiscales ne peut plus dépasser 10 000 € et une nouvelle tranche à 45% pour les revenus dépassant 150 000 € par part sont bien mis en place. Bref, une toute petite « grande » réforme.

Par ailleurs, le maintien du gel du barème de l’impôt sur le revenu va toucher le plus grand nombre et pas les plus riches. L’augmentation de la TVA et la baisse du taux de la CSG déductible va également toucher tout le monde. On trouve aussi la fin de l’exonération des heures supplémentaires et la baisse de la TVA sur les livres, les logements sociaux et les activités équines. Hé oui, un inventaire fort compliqué et peu lisible qui laisse encore bien des opportunités aux plus riches.

Le système reste peu progressif, il est même régressif pour les 10% faisant partie des classes aisés (de5 000 à 14 000 €/mois) et très régressif pour les 1% les plus riches (plus de 14 000 €/mois). Les niches, l’an passé représentaient un manque à gagner de 75 Mds, dont 42 Mds sans aucune utilité d’un point de vue économique, social ou écologique. Les fraudes se situent entre 30 et 55 Mds. Il reste donc encore bien du travail pour réformer la fiscalité.

 

Le tour des engagements donne l’impression d’un verre à moitié plein ou à moitié vide, selon qu’on est avec ou sans illusions. Il reste que cela ne risque pas de nous tourner la tête. 

 

II Plus grave : une politique fort discutable.

 

L’actualité nous apporte chaque jour de nouvelles dispositions dans tous les domaines. Certaines n’impliquent que des changements à la marge, comme la loi sur le mariage pour tous. D’autres auront, pour moi, des conséquences importantes et durables. 

 

  1. Le gouvernement se propose de traduire dans la loi l’Accord national interprofessionnel du 11 janvier passé entre le Medef, la CFDT, la CFTC et la CGC.

 

A l’unisson du gouvernement, le PS s’est félicité bruyamment de cet accord signé par trois syndicats minoritaires, la CFDT, la CFTC et la CGC (la CFTC devrait même voir sa « représentativité » supprimée cette année). Il prétend sécuriser l’emploi alors qu’il sécurise les licenciements.

François Hollande, devant Florange le 24 février 2012, affirmait : « Il m’a été demandé ce que je pensais des accords de compétitivité […] Cet accord ne verra pas le jour et nous aurons à cœur que les syndicats puissent négocier dans de bonnes conditions des accords sans avoir à remettre en cause la durée légale du travail, parce que, en l’occurrence, c’est cela qui est recherché. ». Il ajoutait : « Je ferai la proposition suivante : Les entreprises qui recourent à l’intérim paieront davantage de cotisations chômage que les entreprises qui embauchent et gardent des salariés à durée indéterminée. »

 

Or, précisément, l’Accord national interprofessionnel confirme la possibilité d’accords d’entreprise, dits de « maintien dans l’emploi », avec, à la clé, une baisse des salaires, des changements de poste et des mutations géographiques. Les salariés qui les refuseraient seraient licenciés pour « motif personnel » ou « économique » selon le cas. De même, l’accord prétend limiter le travail précaire alors qu’il ne fait que le taxer, rendant l’intérim plus profitable et permettant de faire des « CDI courts » pour bénéficier d’une exonération de cotisations pendant trois mois. Deux points en parfaite contradiction avec le discours de Hollande.

La complémentaire santé pour tous est l’occasion de faire un cadeau de 4 Mds aux assurances pour un panier de soin minimal. Elle sera financée par le patron et par le salarié, sachant que c’est le patron qui choisit. Le temps partiel passe à 24 h minimum, applicable seulement aux salariés qui seront employés dans un an. Il sera lissé sur l’année et aucune disposition n’est inscrite quant à la répartition sur la journée et sur la semaine. Le « droit de recharge » de l’assurance chômage est prévu, mais rien n’a été conclu, en attendant de voir ce que cela pourrait coûter, le but étant que cela ne coûte rien, « au fil de l’eau ». D’où, l’opposition du Medef à ce que cette dernière clause soit rendue obligatoire dans la loi.

La présence d’un ou deux salariés dans les conseils d’administration concerne 200 grandes entreprises, mais doit permettre un dialogue « constructif et se tenir dans un climat de confiance ». Ces salariés seront tenus à la confidentialité des débats. Aucun pouvoir, pas de transparence, cela ressemble à un alibi.

Cet accord met en place également toute une série de protections juridiques en faveur du patronat.

Il réduit les délais de contestation des plans sociaux et des licenciements et donne la priorité à la conciliation prudhommale, avec des indemnités minimes dont l’acceptation par le salarié interdit ensuite toute poursuite judiciaire.

Surtout, un accord d’entreprise peut prévoir une procédure différente de celle prévue par la loi. Si l’accord avec les syndicats ne peut pas se faire, l’employeur peut déposer son plan social à l’Inspection du travail qui doit motiver son refus dans un délai de 21 jours.

 

A propos de cet accord, le syndicat des avocats de France a déclaré : « Ce n’est pas de sécurisation de l’emploi dont il est question à chaque ligne du projet d’accord national interprofessionnel élaboré́ par le MEDEF. La sécurisation n’y est conçue qu’au profit des entreprises, pour se prémunir de toute obligation de transparence et de justification, et se constituer une véritable immunité́ judiciaire. »

 

  1. Une menace sérieuse pèse sur l’indemnisation du chômage.

 

Alors que le nombre de chômeurs indemnisés est passé de 48,5% en 2009 à 44,8% en 2011 et que 600 000 demandeurs d’emploi ne touchaient ni assurance-chômage ni minima sociaux en 2010, les conditions actuelles d’indemnisation sont dans le collimateur de la Cour des comptes.

Celle-ci, le 23 janvier 2013, a pondu un rapport sur l’indemnisation du chômage. L’UNEDIC, du fait de l’accroissement du chômage, a vu sa dette passer de 11 Mds en 2011 à 13,7 Mds en 2012 et des estimations prévoient une augmentation du nombre de chômeurs de l’ordre de 300 000 d’ici la fin de l’année. La Cour des comptes propose de retrouver l’équilibre, sans toucher aux allocations des plus fragiles. Deux idées : une autre politique de l’emploi et de la formation professionnelle pensée dans le cadre de la décentralisation, d’une part, et, d’autre part, ô divine surprise, une évolution du droit du travail découlant des accords du 11 janvier 2013, en particulier la flexibilité appliquée au salaire, au temps de travail et au lieu de travail.

Les mesures d’économie préconisées consisteraient à durcir les conditions d’accès à l’indemnisation, à en diminuer la durée, à en augmenter la dégressivité et à en baisser le montant, particulièrement pour les catégories supérieures, les intermittents du spectacle et les intérimaires.

 

  1. Les pensions de retraite vont être de nouveau revues à la baisse.

 

Le Conseil d’orientation des retraites est fort prolifique. Le 19 décembre 2012, il se projetait jusqu’en 2060 et médiatisait un déficit de 20 Mds en 2020, suivi par un équilibre en 2040 ! Un mois plus tard, le 22 janvier 2013, il présentait son 12ième rapport qui rappelait les grandes tendances actuelles.

Le taux d’emploi des 55-59 ans était en 2010 de 64% et celui des 60-64 ans de 18,9%. La pension moyenne était de 1 216 € (1 552 € pour les hommes et 899 € pour les femmes), mais celle des nouveaux retraités, après les diverses réformes, est maintenant de 850 €. De grandes différences existent entre les régimes : l’harmonisation est certes nécessaire, mais dans quel sens, vers le haut ou vers le bas ? Enfin, la situation financière accusait les besoins suivants : 14 Mds en 2011, dont 7,9 Mds pour le régime de base, 3,4 Mds pour le Fonds de Solidarité Vieillesse et 2,6 Mds pour les régimes complémentaires. Ces déficits cumulés représenteraient entre 15% et 51% du PIB en 2040. Merci pour la précision, mais bon : c’est une habitude pour le COR de tirer des plans sur la comète.

Pour y remédier, le COR suggère de calculer le salaire moyen sur la carrière entière au lieu de sur les 25 meilleures années, de revenir sur la validation d’un trimestre pour une cotisation portant sur 200 h de SMIC. Par ailleurs, selon le COR, le système de décote et de surcote devrait être revu en y faisant intervenir un paramètre concernant la durée espérée de la retraite afin de moduler le montant de la pension. Bien entendu, les dispositions de solidarité qui représente 20% du total, sont dans le collimateur. Ce qui est noté pudiquement « mieux cibler les incidences des droits familiaux » correspond, entre autres, au remplacement de la prime de 10% des parents ayant élevé trois enfants par une prime forfaitaire.

Ce qui apparaît, c’est la nécessité de faire de nouveau baisser le montant des retraites et, pour faire passer la purge, valoriser les petites pensions. Il reste que, après une surtaxe de 0,3% sur les pensions, le gel et la désindexation des retraites sur les prix est bien sur la table. Le 1er avril nous réserve la surprise !

 

Il n’empêche que ces modalités mises en avant et applicables immédiatement cachent le projet, peut-être repoussé provisoirement, d’une réforme systémique qui ferait passer le système en annuités actuel en un système en points ou en comptes notionnels.

Ces deux systèmes ont une contributivité plus grande : la pension est proportionnelle aux cotisations versées durant l’intégralité de la carrière. Il n’y a pas de décote et de surcote, mais une modulation par rapport à l’âge et à la durée de l’espérance de vie. Dans ces deux cas, la cotisation est fixe. Bref, même si ce sont les cotisations des actifs qui permettent le versement des pensions, il n’existe plus de solidarité intergénérationnelle dans la mesure où ce sont les cotisations effectuées qui sont redistribuées. C’est l’ensemble de la carrière qui est prise en compte et le montant des pensions varie afin de maintenir un équilibre constant.

Pour les points, il est possible d’augmenter le taux d’appel, c’est-à-dire la valeur d’achat sans générer de droits et de faire varier la valeur de service du point pour les retraités. C’est aujourd’hui ce dont il est en question pour les retraites complémentaires. Les comptes notionnels, eux, permettent d’éviter les déséquilibres par un coefficient de conversion : les versements dépendent de l’espérance de vie à la retraite et de la situation économique et sociale. Il est significatif que le COR souligne la nécessité de faire la réforme en l’étalant dans le temps car faire passer brusquement du système en annuités à un autre ferait apparaître de façon flagrante une baisse de certaines pensions.

Le 7ième rapport du COR soulève un lièvre bien utile pour le gouvernement, par les temps qui courent : les droits acquis ne le sont qu’au moment de la liquidation de la retraite, mais l’intangibilité des droits liquidés a valeur législative, pas constitutionnelle ! Cela laisse ouvert toutes les remises en questions possibles pour les retraités à partir du moment où le Parlement voterait une nouvelle loi.

 

  1. Le pacte de compétitivité.

 

Le rapport Gallois de novembre 2012 prônait « un choc de compétitivité ». Très succinctement : une baisse de cotisations sociales de 30 Mds, dont 20 Mds pour l’employeur et 10 pour les salariés, compensée par une hausse de la CSG de 2% et une hausse de la TVA, le rapprochement des entreprises et des universités, l’innovation, le dialogue social et le développement de l’industrie coordonnés par les régions, etc. On peut penser qu’il est à l’origine de ce que le gouvernement a mis par la suite dans son pacte de compétitivité. Pourtant !

En janvier 2012, l’Institut de l’entreprise publiait un rapport intitulé : « Pour un choc de compétitivité en France ». Il avançait le principe de faire le choix de l’offre plutôt que la consommation, la réduction des dépenses publiques, le transfert des cotisations sociales vers l’impôt (« C’est aux ménages qu’il convient d’en assurer d’abord la charge. »), la réduction des incertitudes juridiques dans le domaine social (le patronat doit être protégé contre les recours engagés par les salariés), l’équilibrage de la trilogie salaire-emploi-temps de travail qui doit être mise en corrélation avec la conjoncture, le rapprochement des universités et des entreprises, le respect de l’autonomie des acteurs sociaux et, enfin, que le gouvernement et le Parlement soient juridiquement liés par le contenu des conventions signées par les acteurs sociaux. Bref, la primauté des accords sociaux par rapport à la loi ! Qui dit mieux ? (2)

Qui plagie qui ? Qui inspire le gouvernement ?

Aujourd’hui, le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) de 20 Mds par an au bénéfice des entreprises fera baisser le « coût » des rémunérations brutes des salariés (jusqu’à 2,5 fois le SMIC) de 4% cette année et de 6% en 2014. Ce crédit d’impôt sera financé par des économies supplémentaires de 10 Mds baptisées « Programme de modernisation de l’action publique », et une hausse équivalente de la TVA. Cela ne fait que s’ajouter aux 30,7 Mds d’exonérations de cotisations ! D’après L'économiste Mathieu Plane, de l'Office français des conjonctures économiques (OFCE), le CICE améliorerait de 0,2 % la croissance en 2013, mais aurait un impact légèrement négatif en 2014 et 2015 du fait de son financement reposant sur une hausse de TVA et de la baisse des dépenses publiques. Quant à l'emploi : avec environ 23 000 postes en 2013, puis jusqu'à 100 000 en 2015 et 150 000 en 2017 et 2018. Cela n’est pas glorieux et représente un coût de 133 333 euros par emploi créé.

Il s’agit aussi pour le pacte de compétitivité, d’anticiper les besoins de formation des entreprises, de renforcer la place des entreprises au sein de l’enseignement technique et professionnel et de créer un nouveau service d’orientation, tâches dévolues aux régions.

 

  1. La réforme de l’Etat et l’acte III de la décentralisation

 

La réforme de l’Etat passe par des économies de dépenses publiques qui se font derrière le vocable « Programme de modernisation de l’action publique », l’enfant adultérin de la RGPP. La formation professionnelle, l’apprentissage, l’orientation et l’université vont se retrouver dans le giron des régions. Celles-ci élaboreront, en relation avec le patronat, un schéma régional de développement économique et de l’innovation orienté vers les besoins locaux. Il est donc raisonnable de penser que les inégalités vont se creuser encore un peu plus entre les territoires. L’Institut de l’entreprise, encore lui, en décembre 2012, proposait de « mettre fin au « saupoudrage » et concentrer les efforts sur les secteurs à fort potentiel ».

En octobre 2012, les collectivités étaient en attente de 16 à 18 Mds de prêts pour financer les projets locaux, auxquels il manquait 2 à 4 Mds. Le 12 février, Cahuzac, Lebranchu et Escoffier annonçaient au Comité des finances locales une baisse de 4,5 Mds des dotations de l’Etat. Dans ces conditions, il est difficile de croire à un meilleur service public au travers de la décentralisation.

Cette volonté de décentraliser, même si elle est tempérée par le contrôle de l’Etat, me paraît s’inscrire dans la projection d’un fédéralisme européen mû par une technocratie sous l’emprise des lobbys. Le contour des métropoles européennes, qui exerceront des compétences régionales et départementales, marque par ailleurs le retrait relatif du rôle de l’Etat. Le débat est ouvert, ne le prenons pas par le petit bout de la lorgnette.

 

Chacun de ces chapitres amène des transformations profondes dans les relations sociales, dans le quotidien de chacun. Il se trouve qu’ils sont le produit de la volonté du patronat de casser les acquis sociaux, les droits du travail, de renforcer, malgré l’échec patent du capitalisme financier dérégulé, les lois du libre marché.

 

III Quelle est la pratique du gouvernement dans les luttes sociales ? Une lutte emblématique : ArcelorMittal à Florange.

 

J’aurais pu choisir bien d’autres lieux, d’autres luttes. Elles ne manquent pas : Pétroplus, Goodyear, Sanofi, PSA, Renault, etc. Pour autant, ArcelorMittal me paraît rassembler des critères intéressants : une multinationale, une lutte qui dure, des engagements de la part de Hollande, des menaces sur toute la filière. 

 

Florange, ville de 11 000 habitants dans la vallée de la Fensch, un maire PS, Philippe Tarillon, 15% d’immigrés (Maghrébins pour la plupart), 30% de logements sociaux, 15% chômage, un actif sur deux travaille soit dans la sidérurgie soit au Luxembourg. D’un point de vue politique, les résultats du premier tour des présidentielles de 2012 sont les suivants : Hollande 32,3%, Le Pen 25,69%, Sarkozy 19,01%, Mélenchon 11,81%.

La multinational Mittal Steel Compagny (98 000 employés en Europe), dont Lakshmi Mittal est l’actionnaire majoritaire, rachète Arcelor en 2006 et en prend le contrôle. Mittal prétend alors offrir 30% à ses actionnaires ! Il promet aussi de maintenir l’emploi à Gandrange (fermée depuis avec 575 licenciés) et d’investir 330 millions à Florange, ce qu’il n’a toujours pas fait.

L’usine de Florange compte 2 200 employés dont 629 pour la filière « chaude », celle qui est remise en question immédiatement. En 2009, les hauts-fourneaux sont déjà arrêtés un moment puis remis en marche en 2010 et 2011. Ils ont été de nouveau arrêtés fin 2011, jusqu’à maintenant. La question invoquée par Mittal est la contraction du marché et le surcoût de 40 à 50 € la T à Florange par rapport au site de Dunkerque. Un argument fort répandu dans ces circonstances, d’une banalité mensongère. La réalité est que le groupe affiche 23 Mds $ de dettes, malgré toutes les faveurs offertes par les Etats. Par exemple, la branche bancaire de Mittal se trouve en Belgique où avec 5,8 Mds de profits en 4 ans, elle a payé 81 M d’impôts soit 1,4%.

 

Le 24 février 2012, le candidat F. Hollande vient à Florange et déclare : « Je viens devant vous prendre des engagements avec toute la responsabilité nécessaire. Je ne veux pas avoir à me retrouver dans la situation d’être élu un jour sur une promesse et ensuite de ne pas revenir parce qu’elle n’aurait pas été tenue. […] Eh bien, si Mittal, je ne le souhaite pas, veut plus de vous (sic), oui, je suis prêt, parce que je viens ici aussi comme député […], que nous déposions une proposition de loi qui dirait la chose suivante […] : Quand une grande firme ne veut plus d’une unité de production, mais ne veut pas non plus la céder, nous en ferions obligation pour que des repreneurs viennent et puissent donner une activité supplémentaire. » 

Fin juillet 2012, Pascal Faure rend un rapport favorable à la reprise d’ArcelorMittal avec un à investissement productif de 450 M €. Le groupe pourrait être repris en synergie avec les sites de Fos et Dunkerque et se positionner juste derrière ThyssenKrupp (14,3 M T contre 17,5 M T). Des repreneurs existent : Bernard Serin, le patron Belge de Cockerill Maintenance et Ingénierie, un sous-traitant de Mittal, le Suisse Duferco et le Russe Severstal qui avait voulu racheter Arcelor en 2006. En conclusion, Faure appelle de ses vœux une stratégie industrielle de l’acier en Europe.

En effet, la stratégie du groupe pose un problème aigu et urgent à la France, à la Belgique et au Luxembourg. A terme, il en posera en Allemagne, en Espagne, en Pologne, en république Tchèque et en Roumanie. Pour les mêmes raisons, le gouvernement algérien est en passe de vouloir prendre la majorité dans la filiale d’Annaba. 

Face à la logique financière de Mittal, il existe des perspectives industrielles sérieuses. Les activités chaudes produisent des gaz qui peuvent être utilisés comme fourniture d’énergie. Les hauts-fourneaux peuvent devenir le centre d’activités diverses, facteurs de profits. Si Mittal ne veut pas investir, il ne veut pas non plus vendre le site à un repreneur qui lui ferait concurrence. Ces considérations sont favorables à une nationalisation du site, ce qui est posé, entre autres par Montebourg autour du 22 novembre 2012. Or, le gouvernement, au nom de la liberté des entrepreneurs, et donc de la concurrence, refuse de nationaliser en invoquant son coût – 1 Mds-. De fait, en agissant de cette façon, il agit paradoxalement contre la concurrence qu’il prétend défendre.

Bref, le 30 novembre 2012 un accord est signé entre le gouvernement et Mittal où Mittal s’engage à investir 180 M € en 5 ans sur le site de Florange, dont seulement 53 M € d’investissements nouveaux, de reclasser les 629 employés de la filière chaude, de continuer les recherches concernant le projet ULCOS (traitement du CO2 qui sort des hauts-fourneaux) avec un budget de 13 M sur 3 ans, de maintenir sous cocon les hauts-fourneaux, à ne pas démolir ses installations dans les 6 ans. GEPOR, une filiale de Mittal à Florange avec 130 salariés sera fermée également, mais bénéficiera du même traitement que les employés des hauts-fourneaux. Pour autant, s’il semble s’engager dans le projet ULCOS, Mittal ne dit pas un mot de son financement (100 M).

Mittal n’a jamais respecté ses engagements à Gandrange et à Florange lors de son achat. Mittal a toutes les qualités d’un patron voyou, condamné en France à 300 M pour entente sur les prix, condamné 11 fois pour discrimination envers les représentants du personnel, gavé de subventions en jouant sur les quotas de CO2. Alors ?

Les travailleurs sont atterrés, Edouard Martin s’exclame : « On a deux ennemis maintenant : Mittal et le gouvernement. » Montebourg, désavoué, reste à son poste. Les syndicats reçus le 5 décembre 2012 à Matignon marquent leur désaccord et font part de leur analyse : cet accord organise la fermeture ! Le 6 décembre 2012, alors que la Commission européenne place le projet ULCOS en tête des grands travaux soutenu financièrement par un consortium de 48 entreprises européennes, Mittal se retire. Il invoque des problèmes techniques. Or la vingtaine d’ingénieurs qui travaillent à Florange sur ULCOS depuis deux ans ont bien souligné des problèmes, mais ont confirmé qu’ils étaient tout à fait résolubles. Le 7 décembre, les élus locaux reçus par Ayrault font savoir également leur désaccord. Le 12 décembre, la CFDT révèle une note confidentielle d’ArcelorMittal basée sur une étude de janvier 2010 à mai 2011 qui prouve que le site de Florange est rentable, au même niveau que Dunkerque, malgré un surcoût dû au transport du minerai.

Les garanties données dans l’accord pour le site Basse-Indre, dans le secteur d’Ayrault, ne sont pas au rendez-vous : deux lignes vont s’arrêter, d’où une grève de quatre jours des 600 employés entre le 10 et le 13 décembre 2012. Par ricochet, les employés d’Aviles en Espagne devraient être touchés à leur tour. Les hauts-fourneaux sous cocon devraient être stoppés fin mars 2013.

 

Pour la petite histoire, le document est signé par 5 ministres et un représentant d’ArcelorMittal fort discret (  PM, Economie et Finances, Redressement productif, Travail et emploi, Enseignement supérieur et recherche...)


 

En janvier, la lutte continue pour les sidérurgistes de Florange. Une délégation tente de s’enchaîner à Matignon le 23, puis une pétition signée par 31 000 personnes est portée à l’Elysée.

C’est à ce moment-là, le 23 janvier, que la lutte prend une autre tournure. Le site de Liège est à son tour mis sur la sellette car la filière chaude ferme et 900 postes sont en jeu dans un premier temps sur 2 600. Les employés de Liège et de Florange se retrouvent à 2 000 à Strasbourg le 6 février où des heurts graves ont lieu. Un intérimaire belge de 25 ans, John David, perd un œil.

Le 12 février, Montebourg, Marcourt, ministre wallon de l’économie, et Schneider, ministre de l’économie luxembourgeois rencontrent Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne responsable pour l'industrie et l'entrepreneuriat. Ce dernier interpelle Robrecht Himpe d’ArcelorMittal : "Nous travaillons au développement d'une filière importante à nos yeux. Ne prenez pas de décision irrémédiable. Ne mettez pas à mal la politique industrielle que l'Europe entend mener." La Pologne, l'Espagne, l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas ont insisté pour que l'Europe ne soit pas naïve.

Montebourg ajoute : « ArcelorMittal investit 5 milliards en Inde, pour fabriquer de l'acier qu'il n'hésitera pas à importer en utilisant le coût du travail plus bas - il fait une opération de délocalisation. Dès lors, l'imposition de droits de douane sur l'acier qui casse les prix est la riposte stratégique aux menées de groupes qui ne respectent pas le berceau de l'acier qu'est l'Union. Je suis désolé, ArcelorMittal profite des subsides publics en toutes circonstances, comme beaucoup des activités industrielles de l'acier, il est donc normal qu'un droit de regard s'exerce sur ces activités »

Le 15 février, Mittal dément avoir mis à l’arrêt les tours de chauffe d’un des deux derniers hauts-fourneaux de Florange. Pourtant, le CHSCT a pris acte de la détérioration de ces tours du fait de l’utilisation de gaz de cokerie moins cher que le gaz naturel. La question de l’arrêt définitif est donc ouverte.

Le 19 février, Antonio Tajani prend acte des « réductions de capacité » à Florange et Liège et des engagements de Mittal à reclasser ses employés et à ne plus faire de restructuration « dans l’attente du Plan Européen de l’Acier » d’ici juin. Il souligne son respect pour la liberté des entrepreneurs, mais rappelle l’importance stratégique de l’acier en Europe. La Commission entérine donc l’accord du 30 novembre, en quelque sorte.

 

L’exemple de la lutte d’ArcelorMittal met en lumière les contradictions qui existent entre les affirmations pré-électorales et la pratique du pouvoir. Il reste que la maîtrise des besoins industriels et de l’emploi se trouve au cœur des préoccupations car il est bien évident que le capitalisme financier dérégulé met en danger l’existence même d’une masse de plus en plus nombreuse de personnes en voie de précarité et de pauvreté et fragilise le tissu industriel. Le gouvernement est traversé par des positions divergentes et se trouve incapable de régler le problème des délocalisations, même si la pression des travailleurs se fait plus forte.

 

IV Quelle est la nature de cette politique « de gauche » ?

 

  1. Un des verrous de cette politique : le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance

 

L’intention de Hollande de « renégocier » le TSCG s’est résumée à la signature le 29 juin 2012 d’un « pacte pour la croissance et l’emploi » de 120 Mds reprenant les propositions déjà actées de la Commission européenne, d’une recapitalisation de la BEI de 10 Mds et de la création de « projets bonds » pour les transports et l’énergie. Pacte qu’il a défini comme « un accord global et cohérent ». Il tenait enfin son prétexte pour faire ratifier le TSCG qui met sous tutelle la politique budgétaire et institutionnalise l’austérité à perpétuité.

La question de la dette et de la politique européenne verrouille la politique du gouvernement, sachant qu’il est partie prenante de cette politique. Le déficit limité à 3% en 2013 étant inatteignable, , de nouvelles mesures d’austérité vont arriver : baisse des pensions de retraite, fiscalisation des allocations familiales, nouvelle baisse des dépenses publiques ? C’est de l’ordre de 5 Mds de restrictions qui s’ajouteront aux 10 Mds de baisses des dépenses publiques pour cette année.

 

  1. Une crise idéologique de la politique de gauche

 

Le gouvernement subit une pression de la part des marchés, des classes supérieures et les contraintes européennes, mais il est surtout dominé par l’idéologie néolibérale qui imprime sa marque à cette marche effrénée vers la catastrophe. Le personnel politique se trouve en relations étroites avec les décideurs économiques et les hauts fonctionnaires passent des cabinets ministériels aux conseils d’administration sans état d’âme.

Cela donne une politique qui demande un effort léger pour les plus riches compensé par des aides extrêmement coûteuses aux entreprises, dites « pour l’emploi ». En réalité, pour soutenir les bénéfices qui en découlent. Cette politique étant compensée par une austérité imposée aux plus faibles.

Non seulement le gouvernement acquiesce aux désidératas des patrons, mais il orchestre des concertations Potemkine, dont personne n’est dupe. Le conflit avec les enseignants du primaire en est l’exemple parfait. S’il est un corps de métier qui se trouve proche de l’histoire et de l’expérience du courant socialiste, c’est bien le corps enseignant. Pourtant, les propositions de Peillon se heurtent au sentiment de ne pas avoir été entendu et de ne pas avoir obtenu ce qui compte réellement pour eux.

La société a pris une conscience claire de ce qui se passe : le système capitaliste s’est lancé dans une course débridée pour le profit au détriment des ressources naturelles et de la qualité de vie de l’immense majorité. C’est le sens de « Occupy Wall Street » qui se revendique des 99%. Pour autant, les populations ont perdu le sentiment d’appartenir à une classe, les organisations syndicales et politiques, quand elles ne sont pas en voie de disparition, n’apportent pas de projet alternatif. En conséquence, le sentiment de fatalité domine et les idées de l’extrême droite prospèrent.

 

  1. Quelles sont les perspectives ?

 

Il est prévisible que l’austérité qui s’approfondit dans les pays du sud de l’Europe va ramener ces pays 50 ans en arrière, avec des risques évidents de retour à des gouvernements autoritaires, sinon d’extrême droite. La démocratie est menacée. Dans le film « Khaos, les visages humains de la crise grecque », Manolis Glezos résume bien la situation : « La société est au bord de l’explosion. Cela peut provoquer un bain de sang car il n’existe pas de politique pour que le cours des choses change. »

Certaines organisations syndicales reconnaissent les risques et les difficultés du moment, mais n’ont pas de perspectives offensives après avoir appelé à voter Hollande. Elles se cantonnent à mener un combat défensif sans débouché politique. Faire contrepoids aux avancées continues du Medef qui a la complicité agissante du gouvernement ne changera pas fondamentalement la donne. Tout reste à inventer.

Quant au Front de gauche, s’il reste une force de contestation à gauche du PS, il n’offre aucune perspective à court terme. Les travailleurs en lutte sont bien seuls, politiquement, leur courage ne suffira pas. Tout est à reconstruire.

 

Michel Bonnard, 21-02-2013.

 

 

En guise de conclusion très provisoire, une citation :

 

Le Monde - La Belgique tente de monter une solution de "portage" pour le site de Liège d'ArcelorMittal, qui ressemble à votre nationalisation temporaire. Que dites-vous à M. Marcourt : "Tiens bon ! Vas-y !" ?

 

Montebourg – Je souhaite à Jean-Claude Marcourt, qui est un ministre socialiste de l’industrie, de réussir à convaincre son Premier ministre, qui est un socialiste dans un gouvernement de coalition, là où j’ai échoué. J’ai cru comprendre qu’il aurait plus de chance que moi.

 

Le Monde - Il a peut-être un Premier ministre plus socialiste que le vôtre ?

 

Montebourg – Cela, c’est vous qui le dites.

 

Le Monde, le 13-02-13

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(1):  Préfigurateur de la BPI, Nicolas Dufourcqne dépareille pas dans la collection des technocrates qui ont pantouflé dans le privé et n'y ont jamais vu conflit f'intérêt. Né le 18.07.1963 à PAris, HEC, ENA (promotion Michel de Montaigne, rzmarquable en ce sens que cette promotion fit un diagnostic complet sur le système scolaire et sur le système de santé en France). Carrière à France Télécom jusqu'en 2004 et passage à Cap gemini où il suivait les "grands comptes"...


(2): Comme pour l'ANI, si la France avait une Cour suprême ou Constitutionnelle digne de ce nom (la pantalonnade juridique sur le paiement des religieux d'Alsace-Moselle prouve le contraire), une telle transcription  stricte d'un accord dans la Loi serait retoquée.

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