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Brèves

 

 

 

13 janvier: Cabu


Jean Cabut aurait eu aujourd'hui 13 janvier, 77 ans... L'âge limite pour lire Tintin. Son assassinat a donné lieu, c'était prévisible, à un festival d'impostures, dont la présence à la manifestation "républicaine" du 11 janvier à Paris, d'authentiques fascistes obscurantistes dans les délégations des chefs d'Etat de et de gouvernements. Gageons qu'il en eût ri.


07 janvier: Charlie Hebdo


Des fanatiques islamistes sociopathes, pardon pour le pléonasme, massacrent la rédaction de Charlie Hebdo. Il n'est pas évident que les conditions de sécurité autour de C.H. aient été à la hauteur des menaces connues qui pesaient contre cet hebdomadaire, ni que les forces de sécurité en France disposent des effectifs, des équipements et des moyens à hauteur suffisante. Pour l'heure la classe "politique", surfant sur une émotion  populaire réelle, joue, avec des couacs, l'Union nationale. Sans une réorientation des priorités et des choix budgétaires (cf. le communiqué de la FSU 13), il est douteux que cela soit, à soi seul, la bonne réponse.


20 décembre: Goldman Sachs

 

La banque américaine dont le management devrait être en prison si une quelconque justice existait, a fait une année formidable en intervenant à elle seule dans  35 % des fusions acquisitions; rappelons que cette opération juridico-financière ne crée aucun emploi, a même plutôt tendance à en supprimer et n'enrichit qu'une poignée d'actionnaires et un management intéressé. C'est cela la finance. Lisez Le capital fictif de Cédric Durand  aux éditions Les prairies ordinaires.

6 novembre: Abdelwahab Meddeb.

Intellectuel tunisien, porteur des Lumières et démocrate: "Son œuvre s'inscrira dans la longue lignée de ceux qui ont voulu placer la Tunisie dans le sillage des Lumières modernes, sans renier le lien qui la rattache à la civilisation de l'islam. Son dernier acte d'écriture aura été le geste d'un retour sur soi : Le Portrait du poète en soufi (Belin, 192 pages, 19  euros) paru quelques jours avant sa mort. Tous ceux qui l'ont connu garderont le souvenir d'une belle présence généreuse dans l'amitié et exigeante pour la pensée."

Fethi Benslama

 

Psychanalyste, professeur

à l'université Paris-diderot

22 octobre: Christophe de Margerie meurt, accident d'avion...

 Socialisme: Dénomination de diverses doctrines économiques, sociales et politiques condamnant la propriété privée des moyens de production et d'échange (Petit Larousse). 

Au moment où, alors que la nationalisation des autoroutes pourrait être envisagée d'après l'étude d'un cabinet aussi sérieux que n'importe quelle agence de notation, malgré le coût des indemnisations, pour assurer des ressources régulières à l'Etat, le gouvernement préfèrerait tuer une autre poule aux oeufs d'or en privatisant la FDJ!
Sabotage délibéré de l'intérêt général ou incompétence absolue?
Bref comme le propose Valls il faut enlever le mot socialiste d'une telle politique et d'un tel parti... Il y aura bien quelqu'un pour garder la vieille maison et un référentiel "passéiste" comme dit l'homme, qui voulait déjà débaptiser le PS avait d'être seulement ministre, mais encore cohérent!

En fait il n'y a pas plus passéiste que le droit de propriété et la direction d'une entreprise, comme les larmes de crocodile lors de l'accident de C.de M. , seul dans le Falcon avec 3 membres d'équipage, ont tenté de le faire oublier au populo !!

 14 octobre: des millionnaires toujours plus nombreux


Mi 2014 il y aurait donc, d'après le Crédit Suisse, 35 millions de millionnaires en dollars sur la planète soit 1 terrien sur 200 avec un patrimoine moyen par adulte de 56 000 $. Les moyennes ont ceci d'excellent: elles gomment les écarts et alors que ceux ci se creusent, les "classes moyennes" inférieures peuvent croire à leur survie!


08 septembre: Martine Aubry, le retour?


"On n'a pas besoin d'aider les banques (…) qui ne sont pas dans la concurrence internationale - ni - les entreprises qui préfèrent verser l'argent que leur a donné l'Etat pour donner des dividendes plus importants (…) au lieu d'investir dans l'avenir, l'emploi et la formation ".

 

02 septembre: la rentrée et les vérités premières!

Le retard scolaire à l’entrée en 6e : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés ( Insee)

 

25 août: Démission du gouvernement


Après les discours de la St Barthélémy de Frangy, Valls présente la démission de son gouvernement à la St Louis Roi ! Y voir une quelconque dimension symbolique reviendrait à confondre un ambitieux sans doctrine avérée à un homme d'Etat,  ou  un réformateur avec un liquidateur. Grâce au ciel, il a plu sur l'île de Sein.

 

31 juillet: Louis de Funès aurait 100 ans

 

Naître le jour de l'assassinat de Jaurès n'a pas marqué sa carrière et c'est tant mieux.

Il est vrai que le 31 juillet, c'est aussi la fête d'Ignace de Loyola. Les jésuites ont la réputation d'être cultivés, nos politiciens beaucoup moins mais ils ont généralement à coeur d'utiliser les méthodes souterraines que la voix populaire a souvent attribuées à la Compagnie.


 17 juillet: Debray et l'Occident

 

"(...) La France républicaine ayant renoncé à son système de valeurs et à son autonomie diplomatique, elle a réintégré les commandements de l'OTAN, décision anecdotique mais symbolique du président gallo-ricain Sarkozy, entérinée par son sosie Hollande. Et nous voilà de retour dans " la famille occidentale ". La double mort historique de Jaurès et de De Gaulle a donné à cette abdication le sens d'un retour à la normale".  Régis Debray, Le Monde daté du 18 juillet 2014.

 

 

25 juin: Anniversaires


Michaël Jackson, il y a 5 ans. Michel Foucault 30 ans après. En voilà deux qui auraient certainement eu des choses à se dire.

 

23 juin: Avignon...

 

 

24 mai: Demain l'Europe sociale...


Demain, vote pour le renouvellement du Parlement de l'UE. Un certain nombre de crétins ou de faux-culs (cumul possible...) s'étonnent du peu d'enthousiasme des électeurs.

Il est écrit dans le traité de Lisbonne que " l'Union reconnaît et promeut le rôle des partenaires sociaux à son niveau, en prenant en compte la diversité des systèmes nationaux. Elle facilite le dialogue entre eux dans le respect de leur autonomie ". Y a plus qu'à...

Ce n'est pas le vote (moins de 50 députés (39 ?)  en séance sur la proposition de loi du FdG, obligé de voter contre son propre texte vidé en partie de substance par des amendements de la majorité...) ni la négociation TAFTA qui peuvent redonner confiance aux électeurs.


8 mai: Chatons


Condamnés à de la prison ferme (pour avoir maltraité) ou avec sursis (le chaton est mort), la justice française fonctionne toujours aussi bizarement: délocaliser une entreprise au nom du droit de propriété et du profit n'est pas punissable par la loi, même quand ce droit de propriété s'exerce nonobstant l'intérêt général, les aides reçues, les dégrèvements fiscaux etc... avec des dommages collatérauxet des conséquences sociales indéniables.

La sanctuarisation du droit au travail et du droit du travail ne préoccupe ni les parlementaires, ni les chats fourrés...Quant au Conseil Constitutionnel...

 

16 avril


Une semaine après, la mort de Jacques Servier à 92 ans le jeudi 10 avril, est annoncée. Comme prévu le procès du Mediator se fera sans lui! La vitesse de la justice est assez variable en France.


22 mars ou l'espoir!


C'est toujours un anniversaire... On ne sait plus de quoi. A en croire le Nouvel Obs., vendu par son fondateur, les satellites espions US ou Chinois (mais oui, déjà!) pourraient repérer l'épave engloutie du Boeing 777, mais ce serait avouer un peu plus du manque de respect qu'ils professent à l'égard du reste de la planète. Alors on dépense du pétrole pour les bateaux et les avions de reconnaissance. En plus, ils se moquent du réchauffement climatique et du gaspillage d'énergie!

Cela n'empêche pas les media de parler d'espoir à l'idée de découvrir enfin où etc... Quel espoir? 


16 janvier


La vie privée de Hollande:

Ce qu'on doit retenir de la conférence de presse du 14 janvier, ce n'est pas que FH est social-démocrate ( qu'est-ce qu'un social-démocrate sans doctrine explicite ou qui serait celle de l'idéologie dominante ? ) car on sait, au plus tard depuis l'utilisation de l'expression "le socialisme de l'offre", que le mot socialiste avec lui n'a aucun sens. Ce qui a sauté aux yeux de tous ceux qui ne sont pas des courtisans, c'est un exemple parfait de goujaterie égoïste dépourvue de toute grandeur d'âme.


2 janvier 2014


Présent dans le voyage en Arabie avec le PR, Antoine Frérot, pdg de Véolia ( dont par ailleurs les syndicats, CFDT comprise, réclament la démission vu la stratégie de démantèlement qu'ils lui reprochent), expliquant l'absence de signature de méga-contrats : "l'économie, ça ne fonctionne pas à la nano-seconde, c'est un processus continu..." Sans doute, mais l'ennui, c'est que la "finance", elle, fonctionne ainsi, comme le prouve précisément la stratégie qu'il conduit!

 

9 décembre

 

Anniversaire de la loi de 1905 séparant les églises et l'Etat, après une mobilsation de la droite pas très différente dans sa forme  de celles que nous avons connues lors du vote de la loi sur l'ivg, le pacs ou le mariage pour tous. La droite n'a jamais vraiment admis le principe de laïcité et continue de confondre sacrement et contrat, science et foi... LA droite? Une bonne partie est sans religion mais continue d'y voir un opium du peuple, très utile pour  distraire de son affairisme ou de sa corruption.

Le 9 décembre 1777 le bon roi Louis XVI rétablissait les monts de piété, supprimés pendant le gouvernement de Mazarin pour complaire aux usuriers; cela, du moins, nous avait valu "l'Avare"!


22 novembre 1963


Aldous Huxley meurt à Los Angeles. La suite a prouvé que c'était malgré tout un optimiste. Nul n'a trouvé de lien entre sa mort et celle de JFK que son assassinat a fait rentrer dans la mythologie politique.


Valls et Léonarda 19.10


Il paraît que le ministre aurait menacé de démissionner si la jeune collégienne revenait en France. Un homme d'Etat l'eût pris au mot.

L'expulsion est une manie qui se soigne; rappelons que ce gouvernement s'est déshonoré d'entrée en livrant Aurore Martin à l'Espagne ( dont elle est ressortie) alors que ce dont elle est accusée dans ce pays étranger n'est pas incriminable dans le pays dont elle est citoyenne. Inconscience et incohérence des Français abusés de toutes parts... 

 

Edith Piaf et Jean Cocteau 10.10


Morts à quelques heures . Du talent, une vie remplie... Un demi-siècle passé...


32 ème anniversaire 09.10


Extrait d'un article de Nicolas Truong dans Le Monde d'aujourd'hui ouvrant les pages consacrées par ce quotidien à l'abolition : "Il n'empêche, au moment où le national-populisme se déclare favorable à son rétablissement, la parution de cette déposition faite à elle-même de Monique Mabelly est édifiante. Alors que la 11e Journée mondiale contre la peine de mort a lieu le 10 octobre, ce texte est un rappel utile. Car " qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? ", écrivait Albert Camus."

 

Merkel 23. 09


Ok, ce n'est même pas son nom, ce qui prouve que les électeurs allemands ne sont pas si réacs dans toutes les cases du jeu social. La presse française est, comme d'habitude, d'une stupidité confondante en parlant de "triomphe"!

La Bundeskanzlerin n'a pas la majorité avec les seules CDU/CSU. autrement dit si elle a fait un triomphe, que dire de Hollande qui en 2012 n'avait pas mathématiquement besoin d'alliés pour gouverner. Il est vrai qu'à voir comment votent certains élus du PS, on peut tout de même s'interroger sur la solidité du parti!


Retraites 10.09 


Le Monde qui n'aime les syndicats que lorsqu'ils sont "réformistes", mais comme de fait ils le sont tous, cela signifie pour cet organe de presse, prêts  "à négocier le poids des chaînes"et à suivre l'idéologie dominante, écrit dans la Check-list de son site LeMonde.fr (11.09): "Retraites: mobilisation plutôt réussie". On saluera cette quasi objectivité... et cette lueur d'optimisme sur les capacités du mouvement social à peser dans un débat que certains, au nom de TINA (There is ...), voudraient unilatéral.

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Retraites  30.08

Dans l’Etrange défaite, à laquelle je faisais à l’instant allusion ( C'est L.Mauduit dans Mediapart qui parle), Marc Bloch a ces mots terribles : « Il est bon, il est sain que, dans un pays libre, les philosophies sociales contraires s’affrontent. Il est, dans l’état présent de nos sociétés, inévitable que les diverses classes aient des intérêts opposés et prennent conscience de leurs antagonismes. Le malheur de la patrie commence quand la légitimité de ces heurts n’est pas comprise ».

C’est un peu le malheur de nos socialistes d’aujourd’hui, qui gouvernent la France comme des notaires tristes…

Multiculturalisme 18.08

« Or le multiculturalisme est une fausse réponse au problème, d'une part parce qu'il est une sorte de racisme désavoué, qui respecte l'identité de l'autre mais l'enferme dans son particularisme. C'est une sorte de néocolonialisme qui, à l'inverse du colonialisme classique, "respecte" les communautés, mais du point de vue de sa posture d'universalité. D'autre part, la tolérance multiculturelle est un leurre qui dépolitise le débat public, renvoyant les questions sociales aux questions raciales, les questions économiques aux considérations ethniques. »
Slavo Zizek, Des idées-force pour éviter les impasses de la globalisation, Le Monde, 02/09/11.

Bichat 04.08


Un hôpital sans clim depuis plusieurs jours. La pièce manquante doit venir d'Allemagne. Il paraît que la France a une politique industrielle, que serait-ce sinon! Pendant ce temps les prédateurs du Medef donnent des conseils sous forme d'injonction au gouvernement sur les retraites; que ces misérables fassent d'abord leur travail d'industriels producteurs et qu'ils se taisent ou qu'on les fasse taire; un bon contrôle fiscal devrait suffire.


Islamofascisme 20.06


Le mot est tabou car il est utilisé par la droite identitaire, mais comment mieux traduire la politique répressive d'Erdogan? La Turquie est le pays membre du Conseil de l'Europe où les journalistes emprisonnés sont les plus nombreux, le seul où l'on arrête sans aucune base légale des avocats... La lutte anti- terroriste utilisée contre les libertés fondamentales, dont la laïcité.

 Quels sont les crétins qui dans l'UE veulent encore négocier l'entrée d'un tel régime, car c'est un régime qu'on accepte et qu'on laisse durer et non un peuple libre et souverain.


Ponts 10.05


Les serviteurs habituels du veau d'or évaluent à 2 mds d'€ le manque à gagner pour l'économie lié aux ponts de mai. Cela fait tout de même 40 fois moins que la fraude fiscale!


Renault pleure ? 25.04


 Renault  a perdu des ventes en Europe mais l'action Renault est en hausse de 2,12% à 50,54 euros (soit une capitalisation boursière de 15 milliards d'€ environ). L'action  a gagné plus de 20% depuis le début de l'année, après une montée de plus de 50% en 2012. Cela justifierait-il le chantage à l'emploi que le patron surpayé de la firme exerce à l'égard des salariés du groupe?


 

Le CE privatise la grève...13.04


 Le Conseil d'Etat  a décidé vendredi 12 avril d'autoriser EDF à limiter l'exercice du droit de grève dans ses centrales nucléaires. EDF l'avait fait en 2009 pour éviter l'interruption de l'approvisionnement du pays en électricité, au nom de sa mission de service public. Cette coquecigrue juridique, même si les conseillers ne sont que par abus assimilés à des magistrats, méconnaît le principe de base qui est l'exercice du droit de grève dans le cadre des lois qui le réglementent. On laisse donc l'employeur se substituer à l'autorité instituée. A quoi sert le CE si on privatise ainsi les fonctions de l'Etat?

 

 

Hugo Chavez 05.03


Le président vénézuelien est mort. Les classes populaires ont bénéficié de meilleurs accès à l'instruction et à la santé. Il est certain que les media français vont dire plus de mal que de bien de lui...

 

Stéphane Hessel 27.02


Né en 1917, mort dans la nuit du 26 au 27 février, cet homme à la vie bien remplie meurt couvert d'éloges, même par ceux qui le trouvaient "dérangeant". "Pus loin, plus vite" avait-il dit à François Hollande dans une motion signée avec Pierre Larrouturou pour le dernier congrès du PS. Plus loin, plus vite, mais pas pour complaire aux canailles de Wall street, de la City, du CAC 40, de la Commission de Bruxelles et du Medef réunis , collection de nains avides et arrogants. S'indigner et résister...


D'un 11 février à l'autre 11.02


Bernadette et l'Immaculée conception, la signature des accords du Latran, l'annonce de sa renonciation par Benoît XVI... des 11.02. Normal , c'est la fête de N.-D. de Lourdes... et cette année, la veille de Mardi-gras.


Question 02.02.2013


« Je suis frappé de voir que les intellectuels de gauche d’aujourd’hui cherchent à priver le peuple opprimé non seulement des joies de la connaissance mais aussi des outils de son émancipation en lui annonçant que « le projet des Lumières » est mort et que nous devons abandonner nos illusions de la science et de la rationalité – un message bien trop fait pour réjouir le cœur des puissants, trop heureux de monopoliser ces instruments pour leur seul usage. » 
Noam Chomsky, Science et rationalité.

http://loeildebrutus.over-blog.com/

 

Franco-russe  06.01.2013


C'est bon pour Depardieu...Qui se souvient des entremets du même nom?

 

Oscar Niemeyer 06.12


L'architecte brésilien qui aura le plus marqué son pays est mort  à 104 ans. Par delà son oeuvre et sans doute ceci n'est-il pas étranger à cela, on retiendra ses engagements pour la démocratie. La France a la chance d'avoir accueilli son travail.

 

Euromillions 15.11


Une grosse cagnotte de loto et une vie change. Mais la presse affiche sans commentaire que cette somme représente 19 années de salaire pour Zlatan ,"génie" du foot-ball... et 126 siècles de SMIC!

Et il y a des gens beaucoup plus riches encore que ce nouveau millionnaire chanceux ou ce footeux qui rapporte sans doute beaucoup à quelques parasites sociaux, rouages du système...


Valls et Aurore Martin 05.11


Manuel Valls prétend ne pas avoir à "s'excuser" au sujet de la livraison d'une citoyenne française à un état étranger pour un délit inexistant en France. Cet... n'a pas tort: la trahison des gouvernants français à l'égard de leurs électeurs est plus ancienne que sa nomination  dans un gouvernement dit de gauche; la France n'était nullement tenue d'accepter de livrer ses ressortissants...

 

Islamisme 21.09 (Le Monde)


Là encore, quand on lui fait observer que l'animosité envers l'islam cache parfois mal un racisme pur et simple, Rushdie se cabre : " Je n'ai aucune tolérance à l'égard de la xénophobie et du racisme, que j'ai toujours combattus. Ceux qui s'attaquent aux minorités, aux musulmans ou aux homosexuels, par exemple, doivent être condamnés par la loi. L'islamophobie, c'est autre chose, c'est un mot qui a été inventé récemment pour protéger une communauté, comme si l'islam était une race. Mais l'islam n'est pas une race, c'est une religion, un choix. Et dans une société ouverte, nous devons pouvoir converser librement au sujet des idées. "

 

Neil Armstrong 25.08


Le premier homme sur la lune (20 juillet 1969) est mort. Il est des moyens moins honorables d'atteindre à la notoriété.

Depuis lors les canailles qui dirigent les banques et s'en sont mis plein les poches, ont siphonné le pognon disponible pour ce genre d'aventure et imposé à des politiciens plus ou moins nanifiés des politiques contre leurs peuples!

 

SMIC 09.07

 

Le 1er juillet, le montant du Smic horaire a été revalorisé à 9,40 € (9,22 depuis le 1er janvier), soit un montant mensuel brut de 1 425,70 € sur la base de 151,67 heures, ou de 1 425,67€ sur la base de 35 heures × 52 / 12.

Cette augmentation de la valeur du Smic a pour conséquence d’ « immerger » certains coefficients conventionnels sous le salaire minimum légal.

Arcelor-Mittal 28.06


Magnifique photo de la  tour Arcelor Mittal Orbit construite pour les J.O de Londres... Le patron du groupe métallurgiste a financé 19,6 des 22,7 millions de £ du coût de ce monument de 1400 t et de 115 m de hauteur. Le genre d'info qui doit réjouir les ouvriers de Gandrange... Panem et circenses. Vous avez dit XXI ème siècle?

 


Programme commun 27.06


40 ans aujourd'hui. Certains ont gagné, d'autres ont perdu. Le peuple? Les 93 % de salariés? Les partisans d'un Europe démocratique? Les concepts de liberté, d'égalité et de fraternité? La dignité du citoyen? Bref les "valeurs" dont parlent les politiciens pour éviter de qualifier leur politique? Tous ceux là ont  perdu. Il y a des explications... et il y a des coupables, toujours là, leurs frères, leurs héritiers...


INSEE 20.06


71 % du patrimoine en France dans les mains de 20 % des ménages. Et si on regarde de plus près dans ces 20%, on constatera que l'agglomération de déciles sert surtout à dissimuler de plus grands écarts!



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Texte Libre

Les auteurs

 

Sylvain Bartet (29.01.76) et Jean-Paul Beauquier (02.02.46)  sont tous deux agrégés d’histoire (dans l’académie d’Aix-Marseille), militants syndicaux (FSU), militants politiques (PS) ; ils ont une génération d’écart. Leur travail d’écriture à deux vise à montrer que sur des sujets politiques sérieux, la référence aux origines des concepts de République et de démocratie et l’esprit critique doivent armer les citoyens contre les risques et la prévalence d’une démagogie de l’instant. Bref que l’espoir est possible en politique...

 

Articles Récents

23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 23:04

 

Ci-dessous le texte d'une conférence de Michel Bonnard, qui nonobstant ses propres choix, rappelle quelques vérités historiques...

 

Contre l’Europe des multinationales

Vers l’émancipation des travailleurs

 

 

  1.  Une Europe arrimée aux États-Unis, aux multinationales et à la financiarisation de l’économie

 

 

La journée de l’Europe, opportunément mise à l’honneur cette année, correspond à la déclaration de Robert Schuman le 9 mai 1950. Cette déclaration s’est inscrite dans le contexte de la « guerre froide », du blocus de Berlin, du Pacte Atlantique du 4 avril 1949, de la création de la RFA le 23 mai 1949, suivie par celle de la RDA. Début 1950, le ministre des affaires étrangères des USA a confié à Schuman, ministre des affaires étrangères français, la mission de réintégrer l’Allemagne dans le concert occidental avant le 10 mai. Par ailleurs, le potentiel de surproduction d’acier faisait craindre une spéculation. Jean Monnet prépara fin avril 1950, dans la plus grande discrétion, une note qu’il fit passer à Schuman qui la présenta à la presse le 9 mai, au moment même où Adenauer en prenait connaissance et l’approuvait de son côté.

Le 18 avril 1951, le traité de Paris instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier était signé et ratifié le 10 août 1952, pour cinquante ans.

 

Le ver était déjà dans le fruit : les pères fondateurs et les autres.

 

Jean Monnet, enrichi par le commerce d’alcool durant la prohibition, a co-présidé la Bancamerica-Blair avant de s’associer au groupe Lazard et a été un agent important dans les relations USA-Grande Bretagne-France pour la production de matériel militaire pendant la seconde guerre.

Robert Schuman élu député de la Moselle en 1919, sera réélu sans interruption. C’est avant tout l’homme du Comité des Forges. En 1924, il est le colistier de Guy de Wendel. Parlementaire catholique ultra conservateur et anti-laïque, il milite pour le maintien du Concordat. Il affiche sa sympathie pour les régimes corporatistes, catholiques et autoritaires de l’Autrichien Dollfuss, du Hongrois Horthy, du Portugais Salazar et de l’Espagnol Franco.

Le traité de Paris, en 1951, a été signé entre autres

-par Paul Van Zeeland, ministre belge des Affaires Étrangères ancien administrateur du groupe Empain et du trust Sofina qui deviendra conseiller général de la Banque de Bruxelles puis président de la Banque belge d’Afrique,

-par Joseph Meurice, ministre du Commerce Extérieur belge, ancien directeur commercial des Charbonnages de Werister qui sera administrateur de la banque Brufina,

-par Dirk Stikker, ministre des Affaires Étrangères néerlandais, ancien administrateur de la Nederlandse Bank.

René Mayer, adhérent au Parti Radical Socialiste, président de la Haute autorité de la CECA était cousin des Rothschild et, son mandat terminé, présidera la Société du Nickel.

Paul-Henri Spaak, socialiste belge considéré également comme un père fondateur, deviendra secrétaire général de l’OTAN de 1957 à 1961 et administrateur d’ITT Belgique en 1966.

Considéré comme le père du droit communautaire, Maurice Lagrange a été nommé en 1952 avocat général à la Cour de Justice créée par le traité de Paris. Il occupera cette fonction pendant douze années, jusqu’au 8 octobre 1964 au sein de ce qui est devenu la Cour de Justice des Communautés européennes. Pourtant, adhérant à la « révolution nationale », il avait été pendant la dernière guerre le père du droit français antisémite sous Pétain !

 

Et cela ne va pas en aller autrement par la suite.

 

A chaque étape, les événements internationaux ont donné un coup d’accélération à la construction européenne. La crise de Suez en 1956 et la répression de la Révolution hongroise ont précipité la signature, en 1957, du traité de Rome instituant la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique.

Rappelons que le traité de Rome établissait déjà « un régime assurant que la concurrence n’est pas faussée dans le Marché commun. » (Première partie, article 3), annonçant le paradigme néolibéral.

Après le double choc pétrolier de 1973 et 1979, a été créé le système monétaire européen en 1979, qui précèdera l’adoption de l’euro le 1er janvier 1999.

Wisse Dekker (Philips), le président de l’Européan round table qui rassemble 45 « capitaines d’industrie » (Total, Nestlé, Renault, Siemens, etc.), avait publié en 1985 : Europe 1990 : un agenda pour l’action. Jacques Delors, ancien ministre de l’économie et des finances qui a effectué le virage de la rigueur en 1982 sous Mitterrand, a présidé la Commission européenne de 1985 à 1994. Dès son arrivée à la présidence de la Commission, Delors a repris les grandes lignes du projet de l’ERT et s’en a fait gloire : « Les dirigeants de l’ERT ont été à l’avant-garde du soutien de mon idée. », dira-t-il. 

La Commission a adopté alors, en 1985, le livre blanc sur le grand marché intérieur qui a devancé l’Acte unique en 1986.

La chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, puis la réunification allemande le 3 octobre 1990 suivis par l’autodissolution de l’Union soviétique en décembre 1991 ont transformé profondément la structure politique du continent. Les 9 et 10 décembre 1991, le Conseil européen de Maastricht a adopté le traité sur l’Union européenne qui est entré en vigueur le 1er novembre 1993.

 

Les responsables à l’origine des grands textes (le traité de Maastricht en 1992, le traité constitutionnel en 2005) ont été ou seront plus tard des patrons d’industries ou de banques. Au-delà des lobbies, ce sont les grands groupes industriels et financiers qui sont directement aux commandes, comme dans les organes du pouvoir des différents pays.

 

La place des lobbies et la plaque du lobby des lobbies à l’entrée du Parlement à Bruxelles.

 

« C’est par les discours, les débats et les votes que doivent se résoudre les grands questions, avec détermination, patience et dévouement » Cette phrase, gravée sur une plaque à l’entrée du Parlement européen, respire les bonnes intentions. « Inaugurée le 6 décembre 2001 par Nicole Fontaine, présidente du Parlement européen » Entre la phrase et la signature, un logo : « SEAP. Fédération européenne du lobbying et affaires publiques »

En fait, la SEAP est le lobby des lobbies, un groupe qui a réussi à faire admettre aux parlementaires, par exemple, que les lobbies devaient « s’autoréguler » plutôt que d’être régulés comme c’était envisagé. Mais comme les lobbies prétendent défendre une profession au sens général…, contrairement, à leur dire, aux syndicats qui s’attachent à un intérêt catégoriel…

 

Les lobbies, s’ils sont nombreux à Bruxelles, et efficaces, ne manquent pas d’atouts au sein même du Parlement : Le député français Jean-Paul Gauzès, ancien directeur fiscal et juridique de Dexia, a présenté des amendements rédigés directement par les lobbies financiers, en particulier pour vider de son contenu une loi qui visait à renforcer la législation sur les crimes financiers. Et il trouve cela normal en tant qu’ancien banquier. C’est une garantie…

 

La réforme de la finance, un exemple de prise de décision « très démocratique » !

 

A la suite de la crise de 2008, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a nommé des experts indépendants pour « renforcer la supervision financière ».

Jacques de Larosière a présidé ce groupe. Ancien directeur du FMI, puis gouverneur de la Banque de France, il co-préside Eurofi, un think tank, qui compte parmi ses membres Axa, BNP Paribas, Citygroup, Goldman Sachs, JP Morgan Chase, etc. Ce think tank est dédié à l’intégration des services bancaires et financiers dans l’Europe. Le bureau de de Larosière se trouve au siège de la banque BNP-Parisbas, la banque aux 347 filiales dans les paradis fiscaux.

Dans la commission Larosière, s’est trouvé Callum Mac Carthy chargé de réguler la finance en Grande Bretagne juste avant la crise bancaire de 2008, avec le succès qu’on a vu, ou encore Rainer Masera, ancien directeur général de Lehman Brothers, Omar Issing (Goldman Sachs), Onno Ruding (Citygroup), etc.

Ces experts de la finance, financiers eux-mêmes, ont donc pondu un rapport pour combattre la spéculation qui fait partie de leur travail quotidien !

Le plus grave c’est que :

La Commission européenne a repris les grandes lignes de ce rapport que les chefs d’États ont ensuite validé dans « une feuille de route » qui, enfin, a été présentée au G20.

 

La table ronde des industriels, un groupe puissant initié par la Commission, mène la danse

 

L’ERT a été créée au début des années 1980 à l’initiative de deux commissaires européens, le Français François-Xavier Ortoli qui deviendra PDG de Total et président du CNPF et le Belge Etienne Davignon qui passera plus tard à la Société générale de Belgique, chez Suez, Fortis, Sofina, BASF, etc.

Le CEO (Corporate Europ Obsevatory, une ONG qui observe le fonctionnement et les décisions européennes), a indiqué en septembre 2012 : « La Table Ronde Européenne des Industriels [...] (œuvre pour que) « la création immédiate de croissance économique soit la première priorité de toutes les politiques publiques ». Un document de l’ERT, de janvier 2012, propose de réviser la législation européenne selon les critères suivants :

Législation existante : repérer les éléments légaux « qui grèvent la croissance et pourraient être supprimés sans conséquence sur les protections fondamentales ».

Lois en cours d'adoption : « moratoire sur toutes les réglementations concernant les affaires, y compris les mesures d'application des règles existantes tant au niveau de l'UE que des États qui n'ont pas d'effet positif prouvé sur la croissance économique ».

Législation future : création d'un mécanisme ou d'un organisme indépendant « pour garantir que toutes les dispositions relatives au monde des affaires soient évaluées sur la base de leur effet escompté sur la croissance économique et, ce qui est crucial, sur leur coût initial pour les entreprises ».

Bref, le moins de contraintes possibles pour le plus de profits.

 

Et Mario Draghi président de la BCE, ancien vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe ?

 

« […](Suite à la plainte du CEO), […] le Médiateur Européen a ouvert une enquête concernant l'appartenance de Mario Draghi, l'actuel Président de la Banque Centrale Européenne (BCE), à un lobby du secteur financier, le « Groupe des Trente » […] qui rassemble quelques-unes des personnalités les plus influentes du monde bancaire international (public et privé). […] L'indépendance de la BCE (est) inscrite dans ses statuts […] mais, apparemment, que le Président de la BCE lui-même (ainsi que son prédécesseur Jean-Claude Trichet) appartienne à un organisme ayant défendu par le passé des positions servant les intérêts des banques privées n'a choqué personne jusqu'à présent. »

 

Et la démocratie dans tout cela ?

 

Actuellement :

La Commission négocie en secret, avec la présence des consultants des firmes multinationales, le Traité de Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement.

L’Europe clame bien haut sa volonté d’harmonisation économique et d’élévation du bien-être, ce qu’elle ne fait pas.

Le Conseil européen revendique de ne pas faire de compte-rendu de ses réunions à huis-clos.

L’Europe organise la concurrence entre les travailleurs pour le plus grand bénéfice des multinationales, tout en s’en défendant.

Pierre Bourdieu a justement caractérisé la nature de l’Union européenne : « L’Europe ne dit pas ce qu’elle fait ; elle ne fait pas ce qu’elle dit. Elle dit ce qu’elle ne fait pas ; elle fait ce qu’elle ne dit pas ; cette Europe qu’on nous construit, c’est une Europe en trompe-l’œil. »

Déjà, Pierre Mendès France, en 1957, au moment du débat précédant la signature du traité de Rome, soulignait le risque de nivellement par le bas en matière sociale et fiscale et mettait en garde vainement contre « l’abdication d’une démocratie » qui pouvait prendre la forme de la soumission « à une autorité extérieure, laquelle, au nom d’une technique, exercera en réalité la puissance politique. » 

Aujourd’hui, les budgets des pays de la zone euro se trouvent soumis au contrôle de la Commission. Dans tous les pays touchés par la spéculation, les hommes de la troïka imposent leurs solutions. En 2011, Papandreou et Berlusconi ont été déposés et remplacés par Papademos et Monti, deux hommes de la finance.

Le 26 juillet 2012, Mario Draghi, de sa propre autorité, a déclaré que la BCE achèterait de manière illimitée de la dette publique des pays en difficulté (ceci est nommé OMT ou Outright Monetary Transactions). Cette garantie est assortie d’une abdication de la souveraineté nationale des pays concernés en matière budgétaire et de gouvernance. Dans ce dernier cas, la cour Constitutionnelle de Karlsruhe, le 7 février 2014, a estimé que l’OMT était contraire aux traités européens et a renvoyé à la Cours de justice de l’Union européenne le soin de sanctionner ce programme.

Un grand bond en avant : l’Initiative citoyenne européenne, pétition d’un million de personnes soumise à la Commission qui peut opposer son véto. Véto prononcé contre la création « d’une banque publique européenne axée sur le développement social et économique » ou contre la « prohibition de toute forme d’énergie nucléaire », mais prise en considération de la proposition« d’interdiction de l’avortement ».

 

Il résulte de la « crise organique » en Europe, une mise à distance des procédures démocratiques et un durcissement des mécanismes de contrôle. La BCE apparaît maintenant, à la suite du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance, comme la puissante institution qui a en charge le contrôle des budgets et des ajustements structurels dans les différents pays. « L’Union économique et monétaire est devenue un instrument autoritaire de gestion des contradictions économiques et sociales générées par la crise. » (Cédric Durand et Razmig Keucheyan)

 

Le choix ne se trouve pas entre construction européenne et retour à l’échelon national, mais entre césarisme bureaucratique et démocratie.

 

 

  1.  L’Europe en crise

 

 

L’Europe s’inscrit dans le vaste mouvement de la mondialisation néolibérale, qui se trouve très justement définie par Percy Barnevick, ancien président de la multinationale ABB : “Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d'investir où il veut, le temps qu'il veut, pour produire ce qu'il veut, en s'approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales.” Le traité de libre-échange transatlantique devrait le satisfaire…

 

Le désinvestissement des États par les privatisations et l’internationalisation du capital, majoritairement intra-européen, font de l’Union économique et monétaire le moment clé de la financiarisation de l’Europe. « L’accroissement des investisseurs institutionnels, l’éclatement des actionnariats et l’uniformisation des exigences de rendement participent de l’affirmation de la finance en tant que dispositif institutionnel mondialisé qui centralise le pouvoir du capital face au travail. » (Cédric Durand)

Pourquoi les économies de l’Espagne, de l’Italie du Portugal et de la Grèce sont les premières touchées ? Olivier Delamarche, chroniqueur sur BFM Business, répond : « Mais parce qu’à part l’Italie, c’étaient des économies pauvres lorsqu’elles sont entrées dans l’UE ! L’euro est en quelque sorte venu trop tôt et a fait croire à leur rattrapage, mais c’était un leurre. […] Tout cela se soldera-t-il par un effondrement de l’euro ? […] Plusieurs scénarios sont possibles, certains moins coûteux (sortie de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne) que d’autres (sortie de l’Allemagne). Ce qui semble clair en revanche, c’est que pendant quelques années au moins, la croissance de la masse monétaire ne sera pas supérieure à celle de l’économie. L’économie d’endettement, c’est terminé. Dès lors, comment se fera la croissance dans les différents pays ? Telle est bien la question ! »

Le déficit public moyen de la zone euro est inférieur à celui des États-Unis ou du Royaume-Uni, pourtant la spéculation s'active contre les pays du sud, mettant en lumière les contradictions qui traversent la zone. En effet, les États du sud de l’Europe, malgré une croissance passée importante, ont accumulé les déficits extérieurs pendant que ceux du nord bridaient les salaires et augmentaient leurs excédents extérieurs. La BCE, qui contrôle l’euro hors du champ politique, a pour seule mission la stabilité des prix. Elle a l'interdiction de refinancer les États et l'article 125 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne interdit la solidarité financière entre les États membres. Du coup, le financement des pays de la zone euro dépend des marchés financiers et n’est pas assuré. 

Aux inégalités et divergences économiques, s’ajoute une impéritie politique. Henri Sterdyniak affirme avec pertinence : « On ne peut pas avoir à la fois une monnaie unique, une parfaite liberté des capitaux et des politiques économiques autonomes et non solidaires entre elles. »

 

Cela implique que seul le travail est en mesure d’ajuster les économies nationales dont les compétitivités divergent.

 

Une austérité insoutenable

 

Les conditions imposées par les marchés ne sont pas soutenables, y compris après les garanties apportées par le FMI et la création pour trois ans du Fonds Européen de Stabilité Financière de 750 Mds € complété en 2012 par le Mécanisme Européen de Stabilité Financière de 700 Mds €.

Par exemple :

L’Union européenne, en mai 2010, a prêté à la Grèce 110 Mds € à 5,8% et celle-ci a dû s'engager à réduire son déficit de 11,5 points d'ici 2014, ce qui est intenable. Et sa dette est passée de 113% en 2008 à 177% aujourd’hui !

L'Irlande, modèle emblématique de la pensée néolibérale, qui avait décidé de garantir toutes les créances de son système bancaire en faillite a fait grimper son déficit public à 32,3% de son PIB. Sa dette est passée de 25% du PIB en 2007 à 114% en 2012. En novembre 2010, l'UE et le FMI lui ont prêté 85 Mds € à 5,8%, à la condition de mettre en place un plan d'austérité de 10 points de PIB d'ici 2014.

Les efforts demandés représentent 16% du PIB pour la Grèce, 9% pour l'Irlande, 8,5% pour l'Espagne, 8% pour le Portugal, ce qui a provoqué une récession importante pour ces pays (le PIB de la Grèce est 25% plus faible qu’en 2008) et une augmentation concomitante du chômage qui atteint 29% en Grèce, 25% en Espagne, etc. La politique d'austérité impose une pression sur les salaires et sur les dépenses publiques et sociales, une baisse du nombre de fonctionnaires, du montant des retraites, des prestations familiales, des prestations de chômage pour l'Espagne, du salaire minimum pour l'Irlande et du revenu minimum pour l'Allemagne.

Et une déflation à venir ! Une !

 

L’Union monétaire censée augmenter la croissance, le taux d’emploi, les profits et aussi les salaires, protéger l’Europe de la spéculation et favoriser l’intégration est un échec patent 

 

L’Europe, un nain politique

 

Dans le domaine de la politique étrangère, les intérêts divers et souvent divergents des différents États font que l’Union est incapable d’avoir une action conséquente au niveau international. Au contraire, elle reste totalement soumise à la prééminence étasunienne dans le cadre de l’OTAN. Le fiasco ukrainien en est l’exemple parfait.

 

 

  1.  Une campagne qui tente de cacher la faillite de l’Europe néolibérale et qui fait les choux gras des nationalistes

 

 

Les différents courants européistes se trouvent en grande difficulté du fait du rejet de l’Union européenne par 59% des Européens qui ne lui font pas confiance (sondage Eurobaromètre de mai 2014 lancé par la Commission). Les plus optimistes se trouvent en Estonie et en Roumanie où ils sont 58% à lui faire confiance. Les plus pessimistes se trouvent sans surprise en Grèce (81%), à Chypre (74%), au Portugal (70%), en Espagne (67%), en France (63%) à ne pas lui faire confiance. Même les Allemands ne lui font pas confiance à 59% !

Je remarque qu’il est particulièrement malhonnête de la part des médias et des listes européistes de prétendre que cette élection du Parlement européen est, pour la première fois, intimement liée à « l’élection du président de la Commission par ce dit Parlement » ! Ce n’est absolument pas le cas car, comme auparavant, il ne s’agit, pour le Conseil européen, que « de tenir compte » du vote du 25 mai dans le choix qu’il fera pour proposer un président de la Commission… laissant la porte ouverte à tous les accords et compromis possibles entre les groupes les plus importants qui en ont fait une règle de vie.

Le Front national

 

Sur une page entière de La Provence du 27 avril 2014, à l’occasion de la présentation de sa liste dans le Sud-Est, JM Le Pen a présenté ses options. 

Très rapidement : il dénonce l’absence de démocratie dans l’Union européenne, la parité élevée de l’euro, l’austérité et la directive sur les travailleurs détachés qui crée une concurrence avec les nationaux. Il appelle à fermer les frontières face aux millions de personnes qui voudront venir en Europe suite au changement climatique.

Les contradictions ne manquent pas : le 25 février, Marine Le Pen affirme déclarer « la guerre » au futur accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis Or, quatre jours plus tôt, le groupe FN au conseil régional de Provence-Alpes-Côte-D’azur (Paca) avait voté contre une motion demandant « l’arrêt des négociations sur le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement ».

Enfin, Le Pen espère que les sondages, qui lui sont favorables, le placeront en tête et pense qu’il aura suffisamment d’élus pour créer un groupe au Parlement européen (des projections suggèrent que cela pourrait rapporter 2,5 millions d’euros par an à ce groupe évalué à 38 élus venant du FN, du P VV de Geert Wilders, du Vlaams Belang, du FPÖ, de la Ligue du Nord, du Parti national slovaque et des Démocrates suédois).

Il est significatif qu’à aucun moment il ne fait la moindre allusion à la nature néolibérale, capitaliste, de l’UE. Le danger, pour lui, c’est que l’institution européenne impose 80% des lois à ratifier par les Parlements nationaux. Parce que les intérêts nationaux priment indépendamment des rapports de classe, il suffit, pour Le Pen, de se replier sur la Nation « protectrice » pour répondre aux difficultés de la population. De toute façon, peu importent les arguments du moment qu’ils ratissent des voix.

 

L’UMP

 

Les divergences n’ont cessé de s’exprimer entre les divers courants qui s’affrontent depuis l’échec de 2012. Sur l’Europe, une quarantaine de députés UMP dont Wauquiez et Guaino, déclarent : « Sans nier les responsabilités des gouvernements nationaux, à commencer par les nôtres, force est de constater que trente années de dérives ont condamné l'Europe à devenir une machine bureaucratique qui réduit, jours après jours, l'espace des libertés et de la démocratie » Ils ajoutent : « L'austérité aveugle détruit la croissance et creuse les déficits, ça ne peut plus durer », « la politique monétaire fait peser sur l'Europe toute entière le spectre de la déflation et ruine la compétitivité de nos entreprises ». Ils dénoncent « l'ouverture sans contreparties à toutes les concurrences déloyales, à tous les dumpings », ou encore « l'élargissement sans fin de l'Union européenne. ». Wauquiez prône notamment un retour à l'Europe des six et un « protectionnisme intelligent ».

Lamassoure pro-européen de choc « aime tant l’Europe qu’il en voudrait une autre » ! Juppé, aussi. On le voit, ce n’est pas gagné pour faire la promotion de l’Union. Muselier dans le Sud-Est, lui, déclare tranquillement qu’il mène campagne sur le rejet de Hollande…

 

Le PS

 

La campagne du PS a été ouverte par la tribune de Hollande dans Le Monde égrenant toute une litanie de souhaits sans crédibilité, une sorte de remake du discours du Bourget à contretemps de sa pratique et en contradiction avec la réalité : « Oui, il faut réguler le commerce mondial. Oui, il faut défendre nos industries. Oui, il faut lutter contre le dumping social. ». « Cette Europe est celle qui, à partir de la zone euro, redonne de la force à l'économie, met fin à l'austérité aveugle, encadre la finance avec la supervision des banques, fait de son grand marché un atout dans la mondialisation et défend sa monnaie contre les mouvements irrationnels. ». « C'est une Europe qui protège ses frontières, en préservant la liberté de se déplacer et en garantissant le respect du droit d'asile. ». « L’Union bancaire a été introduite, évitant tout risque pour les épargnants et les contribuables. La taxe sur les transactions financières vient d'être décidée par dix pays volontaires » Le texte sur cette taxe a été édulcoré à la demande de la France ! Bref, un joli conte de fée.

Il est peu probable que cette rhétorique sortie directement de son imagination dopée à l’europaïne soit convaincante et Hollande termine ainsi sa tribune : « Mais je suis conscient que l'Europe doit aller beaucoup plus loin pour retrouver la confiance. » Cela semble avoir été compris au PS qui joue la carte de Martin Schulz. Celui-ci, tout en affichant qu’il faut changer l’Europe pour la justice fiscale, l’investissement et l’emploi des jeunes, est plutôt d’accord avec l’orthodoxie allemande et explique par ailleurs qu’il faut faire avec les 3% et respecter les traités. Peu importe, la visite de Hollande à Merkel, qui l’a mené en bateau une fois de plus, ne fait que souligner l’accord sur le fond qui existe depuis des décennies entre la social-démocratie convertie au néolibéralisme et les conservateurs européens. Cet accord s’est illustré dans la dernière mandature : Il a permis que la présidence du Parlement soit occupée par Jerzy Buzek, du PPE (conservateur) de juillet 2009 à janvier 2012, puis par Martin Schulz de janvier 2012 à aujourd’hui.

 

La Nouvelle donne

 

Sortie il y a six mois environ autour de Larrouturou, Edgar Morin, Dominique Méda, Bruno Gaccio, Susan George, etc., la Nouvelle Donne bénéficie d’une bonne couverture médiatique et apporte un certain nombre de propositions intéressantes. Pour autant, elle reste dans la sphère d'un réformisme totalement dépassé depuis très longtemps et pose les problèmes un peu comme elle aimerait que le fasse le PS. Elle est sans doute vouée à rester une sorte de doublon d'Attac. C'est la marque sympathique d'une grande confusion politique.

 

Europe Ecologie – Les Verts : liste « Europe Ecologie », unitaire avec le MEI (Antoine Waechter)

 

La profession de foi de ce mouvement peut se résumer ainsi : « L’Europe de la Troïka et de l’austérité, l’Europe du Traité de libre-échange avec les Etats-Unis et de l’abandon de toute ambition pour lutter contre le changement climatique, l’Europe tant décriée aujourd’hui, c’est justement l’échec d’une gestion intergouvernementale des affaires européennes. En revanche, l’Europe qui protège les libertés en rejetant le traité ACTA, l’Europe qui défend la biodiversité en réformant la politique commune de la pêche pour préserver la ressource halieutique, l’Europe qui s’attaque à la finance casino en plafonnant les bonus des traders et en pénalisant les abus de marché, cette Europe-là, c’est l’Europe fédérale que nous proposons pour défendre les intérêts des citoyens européens plutôt que les intérêts privés de quelques multinationales. »

Dans une brochure de 84 pages en ligne, les questions de l’énergie, de l’alimentation, de la santé, de l’innovation, de la mise au pas de la finance, de l’euro, de la paix, de l’ouverture au monde, d’une Europe sociale, d’une mondialisation plus juste, etc. sont traitées comme autant de problèmes techniques auxquels il manquerait une bonne volonté pour y répondre.

La seule proposition politique est une Europe fédérale sortie d’un référendum constitutionnel hypothétique. L’indispensable mobilisation populaire y est tragiquement absente. Enfin, l’Europe telle qu’elle est n’est absolument pas remise en cause, elle doit juste être réformée. Un peu la position des Verts français dans le gouvernement Ayrault ?

 

Leur slogan me fait penser au Prince charmant dans Blanche neige : « Donner vie à l’Europe »

 

Le Front de gauche

 

Le Front de gauche a la perspective de « rompre avec cette Union européenne-là pour refonder une Europe solidaire et démocratique. » Après la critique de la politique austéritaire de l’Union européenne, il appelle de ses vœux la convergence des luttes populaires et un audit sur les dettes publiques « qui aboutirait à l’annulation d’une grande part des dettes insoutenables des États membres et à une révision des échéances et conditions de remboursement, voire l’annulation pure et simple. »

La stratégie proposée par le FdG consiste en ceci : Un gouvernement réellement « de gauche », représentant de la souveraineté populaire (supposé être formé en France), qui s’opposerait aux dispositions européennes désastreuses et n’en respecterait pas les règles, pourrait entraîner d’autres pays à rompre avec l’UE et construire une autre Europe sur la base d’une politique coopérative et non plus concurrentielle.

La question de la sortie de l’euro (euro insupportable pour les peuples du Sud et de la périphérie) est reportée à un accord sur un moratoire des dettes souveraines et à un changement de statut de la BCE qui devrait prêter directement aux États. A défaut, « un gouvernement de gauche devrait prendre  des mesures unilatérales en matière monétaire afin de subvertir l’Euro en le mettant au service d’une politique de relance de l’activité tournant le dos aux critères néolibéraux. » Un brin imprécis.

Le projet reprend toutes les dimensions des sujets en débat actuellement en se situant contre le productivisme et pour une planification écologique.

La sortie de l’OTAN est également revendiquée en contradiction avec l’article 42 du traité de Lisbonne qui prévoit que les politiques des États de l’UE doivent être compatibles avec les orientations de l’OTAN.

 

La volonté de refonder l’Europe repose ainsi sur une construction démocratique, sociale, écologique œuvrant pour la paix mondiale sur la base du respect des souverainetés populaires.

 

Les propositions du Front de Gauche sont proches de celles de Europe Ecologie-Les Verts. EE-LV se limite à mener le combat dans le respect du cadre actuel des institutions. La différence tient à ce que le Front de Gauche fait appel aux mobilisations populaires pour appuyer des gouvernements nationaux et créer un rapport de force face aux institutions de l’Union Européenne. Sa stratégie pour refonder l’Europe passe par des batailles nationales contre les contraintes austéritaires insupportables imposées par les institutions européennes. 

 

Le Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne

 

Le CNR-RUE, c’est une non-liste qui est créditée de 65% de non-voix et qui regroupe des personnes du M’PEP, du PRCF, de Rouges Vifs, de personnes sorties du PCF, d’anciens du FTP-MOI, etc. Ils appellent au boycott du scrutin du 25 mai. Leur argumentation est la suivante : « C’est le principe même de l’élection à un parlement européen qui doit être récusé. Un parlement, à l’échelle européenne, n’a pas lieu d’être car il n’existe aucun peuple européen susceptible, au moyen d’un Etat européen, de se former en communauté politique à l’échelle du continent et d’y exercer sa souveraineté. Si tel était le cas, les pouvoirs de ce parlement européen s’exerceraient nécessairement au détriment des pouvoirs des parlements nationaux. » Et d’ajouter : « L’élection au parlement européen n’est qu’une farce électorale. Elle n’a d’autre but que de simuler un acte démocratique et légitimer ainsi tout le système de l’U.E. »

Certes, l’abstention, comme leur appel au boycott, délégitime l’UE,. Mais ce n’est pas l’absence de peuple européen qui peut justifier l’abstention, c’est la nature des institutions européennes et leurs connections avec le capital. Par ailleurs, ils n’offrent aucune propositions, sinon sauvegarder la « souveraineté nationale et populaire ». Leur déclaration affirme que « c’est un devoir citoyen de voter quand le suffrage sert à la souveraineté du peuple ». Cela apparaît comme une légitimation des élections nationales qui portent au pouvoir, grâce à la soumission de la majorité à l’idéologie dominante, des représentants également intimement liés au capital. Ils gagneraient à lire les livres de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon.

Leur « nationalisme de gauche », s’il cible le caractère antidémocratique de cette élection, sème la confusion sur la nature réelle des institutions nationales.

 

 

  1.  Quelles perspectives politiques ?

 

 

Une situation dangereuse

 

«  La crise consiste justement dans le fait que l'ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés ». Antonio Gramsci nous met ainsi en garde contre l’idée que rien ne presse, qu’on a le temps de voir.

Il distinguait en Occident un bloc historique formé par les médiations entre les structures économiques et les superstructures politiques et culturelles. En période de crise, en général, ce bloc historique tient bon. Par contre, que survienne une crise organique, et « la crise économique se transforme en crise du bloc historique lui-même et contamine l’ensemble des sphères sociales : économie, politique, culture, morale, sexualité…» C’est le cas aujourd’hui du fait que des politiques alternatives n’ont pu être mises en place. D’où l’émergence d’un césarisme bureaucratique, dont les élites européennes disposent pour maintenir leur domination et, par ailleurs, la montée des extrêmes droites.

 

Le capitalisme s’est lancé dans la mondialisation néolibérale qui lui a offert un nouveau souffle. Pour autant, la financiarisation de l’économie n’est pas une solution pérenne : une masse immense de capitaux cherchent fébrilement des investissements toujours plus lucratifs, mais qui sont aussi toujours plus dévastateurs. La poursuite du développement du capitalisme par l’endettement généralisé et la spéculation sans limite occasionnent des crises financières de plus en plus rapprochées et graves. Dans ces conditions, les risques de voir s’installer des pouvoirs autoritaires et technocratiques sont de plus en plus réels.

La crise de l’euro est certainement la plus grave des 25 dernières années, en attendant celle du dollar. Tant qu’il y aura des peuples à exploiter, les investisseurs continueront. Seulement, les conséquences sociales et politiques risquent de ne plus être maîtrisables. La fameuse « guerre économique », lorsqu’elle est perdante, pourrait se transformer en guerre, tout court.

L’Union européenne, construite soi-disant pour s’émanciper des USA, s’y trouve entièrement arrimée. L’élargissement de la Communauté européenne en 2004 aux anciennes « démocraties populaires » a lié leur entrée à l’appartenance à l’OTAN § ! La mondialisation l’a mise, encore plus que dans les années 1930, en interdépendance avec les autres puissances. Sa suprématie économique, politique et militaire passée se trouve définitivement révolue. L’Europe est-elle capable de relever le défi d’un autre monde ? Est-elle seulement capable de survivre à la crise actuelle ? 

 

Quel avenir pour l’Union européenne ?

 

De fait, la création de la zone euro a surtout encouragé un surendettement privé et public. Le plus grave a été le non ajustement des politiques économiques des pays membres, prisonniers des principes intangibles de la concurrence, de la compétitivité et du libre-échange. L’idée proclamée qu’un grand marché conduit à l’unité économique et celle-ci à l’unité politique se trouve démentie par les faits. En conséquence, l’Europe a besoin d’une « refondation », de façon urgente. Cette refondation passe très probablement par le renversement des gouvernements dans un certain nombre de pays, au moins, par l’irrésistible volonté des peuples à prendre en main leur destin. 

Peut-on supporter ce qui se passe à notre porte en Grèce, au Portugal, etc., sortes de laboratoires austéritaires, et croire qu’on y échapperait, sachant que les solutions mises en pratique par l’UE sont catastrophiques et totalement antidémocratiques ? 

Le capitalisme ressenti comme indépassable est dépassé par les problèmes qu’il a générés. Alors, est-il encore possible de prendre de vitesse la catastrophe annoncée ? Le temps est compté car le système est dans une situation extrêmement délicate, « dans une sorte de fuite en avant », et la panique peut le saisir. Les mouvements d’extrême droite, dans toute l’Europe, ont fortement progressé et ont pris place dans l’imaginaire collectif, portés par une idéologie marquée par un nationalisme antieuropéen, l’aspiration à un État fort sécurisant et un « social-populisme » mystificateur. Leurs liens avec les forces de répression, en particulier en Grèce, accentue leur dangerosité.

Les perspectives peuvent se présenter ainsi :

La première, à l’initiative de la finance, est l’austérité pour des décennies avec toutes les misères qui en résultent pour les peuples sans espoir d’en sortir. 

La seconde serait la réforme de la zone euro. Mario Draghi, à la tête de la BCE, a pris des initiatives dans ce sens. Dans ce cadre, il est incontournable d’abolir le Pacte de stabilité et de croissance, d’augmenter fortement le budget européen pour faire des transferts du Nord vers le Sud. Pourtant, en l’absence d’un État fédéral unifié, ce n’est pas réalisable.

La troisième est la sortie de la zone euro selon deux variantes. La variante conservatrice ou nationaliste, permettrait aux pays périphériques de dévaluer, mais les banques engagées à l’extérieur enregistreraient des pertes et les travailleurs subiraient de nouvelles baisses de pouvoir d’achat. Une autre possibilité pourrait aboutir à la suite d’un basculement des rapports de forces en faveur du travail : « une sortie progressiste » des pays de la périphérie. La dévaluation de la monnaie serait alors accompagnée d’une cessation de paiement, d’une restructuration de la dette publique, de la nationalisation des banques et du contrôle des capitaux. Enfin, la propriété publique devrait s’étendre au transport, à l’énergie, etc. Cette dernière option permettrait de transformer sur une base plus coopérative les relations économiques entre le cœur et la périphérie de l’Europe.

 

Des mesures de transformations sociales

 

La solution doit répondre au chômage de masse, à l’épuisement du mode de développement et aux inégalités. Les mesures à venir nécessiteront de dénoncer les traités et de développer un processus démocratique. Il s’agit donc de trouver des solutions au chômage et à l’appauvrissement de masse sans compter sur une croissance peu dynamique et atteinte par les limites du possible, de toute façon.

Trois propositions sont posées sur la table par Cédric Durand pour ouvrir le débat sur une alternative.

La première s’adresse aux 17 millions de chômeurs de la zone euro (25 millions dans l’Union européenne plus 20 millions de personnes sous-employées) : son principe est celui de l’État comme employeur en dernier ressort qui s’engage à fournir un emploi à tous ceux qui le veulent, au moins au salaire de base du secteur public. Cette mise à disposition n’impliquerait pas une obligation de travail et se surajouterait aux dispositifs d’indemnisation du chômage et d’assistance sociale. Cela suppose bien sûr des impôts fortement redistributifs.

La deuxième concerne la socialisation de la finance. Willem Buiter, aujourd’hui économiste en chef à Citigroup, écrivait le 18 septembre 2008 : « Est-ce que dans le capitalisme financier moderne, les grandes entreprises font d’énormes profits privés quand tout va bien et sont renflouées ou temporairement nationalisées quand les choses tournent mal, le contribuable prenant en fait tous les risques et absorbant les pertes ? Si tel est le cas, pourquoi ces activités ne devraient-elles pas rester dans le giron public ? ».Cette socialisation s’effectueraient au travers de concessions bancaires octroyées à des entités sociales : salariés, entreprises, associations, collectivités locales, représentants de l’État. Bref, il s’agit de se débarrasser d’activités parasitaires et déstabilisatrices et de se doter d’un instrument de crédit pour un développement répondant aux besoins sociaux.

Troisièmement, mettre fin au chantage des marchés financiers implique de déclarer un moratoire sur le paiement de la dette, de lancer un audit pour décider son annulation partielle ou totale. Par ailleurs, la banque centrale pourrait faire des avances budgétaires, sans passer par les banques, pour permettre à l’État d’honorer ses engagements et financer des plans d’investissement. En outre, afin d’empêcher la fuite des capitaux, il serait utile de contrôler les transactions financières, de rétablir le contrôle des changes, de contingenter les importations, etc.

 

Il n’y a rien à attendre de l’Union européenne dans ce sens. Toutes ces propositions sont l’affaire de combats sociaux, de luttes idéologiques et de percées politiques.

 

A la recherche d’un avenir politique

 

Quel contenu directement opératoire donner à nos propositions ? Quelles sont les modes d’organisation qui permettront de dépasser le niveau de la protestation ou encore de l’exaspération ?

Une majorité de la population n’a plus confiance dans les institutions représentatives dont s’est doté la cité et l’Europe. En France, plus de 85% n’ont ni confiance dans les hommes politiques, ni dans les partis, ni dans les organisations syndicales, 69% pensent que la démocratie ne fonctionne pas bien, seulement 35% pensent qu’appartenir à l’UE est une bonne chose. Cette démobilisation, qui provient des transformations extraordinairement rapides et profondes de nos sociétés, découle de l’atomisation des individus soumis à l’idéologie individualiste qui les pare du concept de consommateurs, à la précarité qui s’impose contre le droit au travail, à la substitution de la protection sociale solidaire par l’assurance et à l’idée que le capitalisme mondialisé représente la fin de l’histoire.

Pourtant, la lutte des classes est toujours bien présente et le dépassement du système capitaliste est indubitablement à l’ordre du jour. En effet, le développement inégal et combiné du capital sur l’ensemble du globe exige d’inscrire au niveau mondial la lutte pour l’émancipation du salariat.

La social-démocratie, qui a représenté longtemps un espoir de réforme et d’élévation de la condition salariale, a choisi définitivement son camp en se convertissant au social-libéralisme.

Le défaut de perspectives révolutionnaires n’est pas fatal. Les révoltes qui éclatent un peu partout sont porteuses d’aspirations à plus de liberté, à plus de dignité et s’opposent dans les faits à la situation produite par le capitalisme.

Les difficultés sont multiples : idéologiques, organisationnelles, stratégiques.

Du point de vue de l’idéologie, le capitalisme est ressenti très massivement comme étant la cause des difficultés, mais semble indépassable. Imaginer une autre société, coopérative, solidaire et libérée de l’exploitation des hommes est à reconstruire. Cette utopie à concevoir est la tâche collective primordiale du moment.

Les divisions qui paralysent les organisations de gauche ne sont pas insurmontables dans une perspective révolutionnaire. De l’expérience des luttes et des choix opérés par les uns et les autres, de nouvelles organisations se construiront pour élaborer des stratégies originales et les expérimenter.

Immédiatement, il faut réussir à dépasser le sentiment de fatalité et passer de la dynamique de résistance à celle de l’offensive. Prendre confiance dans l’avenir est un formidable levier dont chacun doit s’emparer.

 

Mais n’y a-t-il pas un risque ?

Etienne Balibar répond : « Bien sûr qu’il y a un risque, mais depuis quand, dans les situations critiques, pourrait-il y avoir des politiques sans risque ? Et le plus grand risque n’est-il pas de continuer sur les mêmes rails ? Commençons donc par mesurer l’étendue du désespoir de ceux dont les vies sont détruites. Ensuite faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ce désespoir se traduise en protestations, en revendications. Mais il faut être conscient, de bout en bout, que tous les dérapages sont possibles, que la paupérisation et l’effondrement des sécurités peut engendrer la violence sans but, la recherche des boucs émissaires, et que beaucoup de bénéficiaires de la crise n’attendent que cela pour développer les politiques « sécuritaires » ou pour proposer des solutions « autoritaires ». Donc sachons ne pas censurer le désespoir, mais construisons de l’espoir, sinon nous aurons le pire. Il y a une énergie du désespoir et il y a une force de l’espérance. La politique a toujours besoin des deux, elle consiste à trouver leur point de rencontre. »

 

Michel Bonnard, 18-05-2014

 

Ouvrages consultés :

En finir avec l’Europe, sous la direction de Cédric Durand, La Fabrique 2013

Faut-il faire sauter Bruxelles ?, François Ruffin, Fakir Editions 2014

Une idée neuve pour l’Europe, La déclaration Schuman, Pascal Fontaine, Commission européenne, 2000

http://blogs.mediapart.fr/blog/dessous-de-bruxelles 

Les professions de foi des différentes listes aux élections européennes.

 

 

Post scriptum : L’économiste Jean-Luc Gréau rappelle cependant que, depuis vingt-cinq ans, chaque nouvelle percée libérale — marché unique, monnaie unique, marché transatlantique — a été défendue en prétextant qu’elle résorberait le chômage. Ainsi, un rapport de 1988, « Défi 1992 », annonçait que « nous devions gagner cinq ou six millions d’emplois grâce au marché unique. Toutefois, au moment où celui-ci a été instauré, l’Europe, victime de la récession, en a perdu entre trois et quatre millions… »

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