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Brèves

 

 

 

13 janvier: Cabu


Jean Cabut aurait eu aujourd'hui 13 janvier, 77 ans... L'âge limite pour lire Tintin. Son assassinat a donné lieu, c'était prévisible, à un festival d'impostures, dont la présence à la manifestation "républicaine" du 11 janvier à Paris, d'authentiques fascistes obscurantistes dans les délégations des chefs d'Etat de et de gouvernements. Gageons qu'il en eût ri.


07 janvier: Charlie Hebdo


Des fanatiques islamistes sociopathes, pardon pour le pléonasme, massacrent la rédaction de Charlie Hebdo. Il n'est pas évident que les conditions de sécurité autour de C.H. aient été à la hauteur des menaces connues qui pesaient contre cet hebdomadaire, ni que les forces de sécurité en France disposent des effectifs, des équipements et des moyens à hauteur suffisante. Pour l'heure la classe "politique", surfant sur une émotion  populaire réelle, joue, avec des couacs, l'Union nationale. Sans une réorientation des priorités et des choix budgétaires (cf. le communiqué de la FSU 13), il est douteux que cela soit, à soi seul, la bonne réponse.


20 décembre: Goldman Sachs

 

La banque américaine dont le management devrait être en prison si une quelconque justice existait, a fait une année formidable en intervenant à elle seule dans  35 % des fusions acquisitions; rappelons que cette opération juridico-financière ne crée aucun emploi, a même plutôt tendance à en supprimer et n'enrichit qu'une poignée d'actionnaires et un management intéressé. C'est cela la finance. Lisez Le capital fictif de Cédric Durand  aux éditions Les prairies ordinaires.

6 novembre: Abdelwahab Meddeb.

Intellectuel tunisien, porteur des Lumières et démocrate: "Son œuvre s'inscrira dans la longue lignée de ceux qui ont voulu placer la Tunisie dans le sillage des Lumières modernes, sans renier le lien qui la rattache à la civilisation de l'islam. Son dernier acte d'écriture aura été le geste d'un retour sur soi : Le Portrait du poète en soufi (Belin, 192 pages, 19  euros) paru quelques jours avant sa mort. Tous ceux qui l'ont connu garderont le souvenir d'une belle présence généreuse dans l'amitié et exigeante pour la pensée."

Fethi Benslama

 

Psychanalyste, professeur

à l'université Paris-diderot

22 octobre: Christophe de Margerie meurt, accident d'avion...

 Socialisme: Dénomination de diverses doctrines économiques, sociales et politiques condamnant la propriété privée des moyens de production et d'échange (Petit Larousse). 

Au moment où, alors que la nationalisation des autoroutes pourrait être envisagée d'après l'étude d'un cabinet aussi sérieux que n'importe quelle agence de notation, malgré le coût des indemnisations, pour assurer des ressources régulières à l'Etat, le gouvernement préfèrerait tuer une autre poule aux oeufs d'or en privatisant la FDJ!
Sabotage délibéré de l'intérêt général ou incompétence absolue?
Bref comme le propose Valls il faut enlever le mot socialiste d'une telle politique et d'un tel parti... Il y aura bien quelqu'un pour garder la vieille maison et un référentiel "passéiste" comme dit l'homme, qui voulait déjà débaptiser le PS avait d'être seulement ministre, mais encore cohérent!

En fait il n'y a pas plus passéiste que le droit de propriété et la direction d'une entreprise, comme les larmes de crocodile lors de l'accident de C.de M. , seul dans le Falcon avec 3 membres d'équipage, ont tenté de le faire oublier au populo !!

 14 octobre: des millionnaires toujours plus nombreux


Mi 2014 il y aurait donc, d'après le Crédit Suisse, 35 millions de millionnaires en dollars sur la planète soit 1 terrien sur 200 avec un patrimoine moyen par adulte de 56 000 $. Les moyennes ont ceci d'excellent: elles gomment les écarts et alors que ceux ci se creusent, les "classes moyennes" inférieures peuvent croire à leur survie!


08 septembre: Martine Aubry, le retour?


"On n'a pas besoin d'aider les banques (…) qui ne sont pas dans la concurrence internationale - ni - les entreprises qui préfèrent verser l'argent que leur a donné l'Etat pour donner des dividendes plus importants (…) au lieu d'investir dans l'avenir, l'emploi et la formation ".

 

02 septembre: la rentrée et les vérités premières!

Le retard scolaire à l’entrée en 6e : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés ( Insee)

 

25 août: Démission du gouvernement


Après les discours de la St Barthélémy de Frangy, Valls présente la démission de son gouvernement à la St Louis Roi ! Y voir une quelconque dimension symbolique reviendrait à confondre un ambitieux sans doctrine avérée à un homme d'Etat,  ou  un réformateur avec un liquidateur. Grâce au ciel, il a plu sur l'île de Sein.

 

31 juillet: Louis de Funès aurait 100 ans

 

Naître le jour de l'assassinat de Jaurès n'a pas marqué sa carrière et c'est tant mieux.

Il est vrai que le 31 juillet, c'est aussi la fête d'Ignace de Loyola. Les jésuites ont la réputation d'être cultivés, nos politiciens beaucoup moins mais ils ont généralement à coeur d'utiliser les méthodes souterraines que la voix populaire a souvent attribuées à la Compagnie.


 17 juillet: Debray et l'Occident

 

"(...) La France républicaine ayant renoncé à son système de valeurs et à son autonomie diplomatique, elle a réintégré les commandements de l'OTAN, décision anecdotique mais symbolique du président gallo-ricain Sarkozy, entérinée par son sosie Hollande. Et nous voilà de retour dans " la famille occidentale ". La double mort historique de Jaurès et de De Gaulle a donné à cette abdication le sens d'un retour à la normale".  Régis Debray, Le Monde daté du 18 juillet 2014.

 

 

25 juin: Anniversaires


Michaël Jackson, il y a 5 ans. Michel Foucault 30 ans après. En voilà deux qui auraient certainement eu des choses à se dire.

 

23 juin: Avignon...

 

 

24 mai: Demain l'Europe sociale...


Demain, vote pour le renouvellement du Parlement de l'UE. Un certain nombre de crétins ou de faux-culs (cumul possible...) s'étonnent du peu d'enthousiasme des électeurs.

Il est écrit dans le traité de Lisbonne que " l'Union reconnaît et promeut le rôle des partenaires sociaux à son niveau, en prenant en compte la diversité des systèmes nationaux. Elle facilite le dialogue entre eux dans le respect de leur autonomie ". Y a plus qu'à...

Ce n'est pas le vote (moins de 50 députés (39 ?)  en séance sur la proposition de loi du FdG, obligé de voter contre son propre texte vidé en partie de substance par des amendements de la majorité...) ni la négociation TAFTA qui peuvent redonner confiance aux électeurs.


8 mai: Chatons


Condamnés à de la prison ferme (pour avoir maltraité) ou avec sursis (le chaton est mort), la justice française fonctionne toujours aussi bizarement: délocaliser une entreprise au nom du droit de propriété et du profit n'est pas punissable par la loi, même quand ce droit de propriété s'exerce nonobstant l'intérêt général, les aides reçues, les dégrèvements fiscaux etc... avec des dommages collatérauxet des conséquences sociales indéniables.

La sanctuarisation du droit au travail et du droit du travail ne préoccupe ni les parlementaires, ni les chats fourrés...Quant au Conseil Constitutionnel...

 

16 avril


Une semaine après, la mort de Jacques Servier à 92 ans le jeudi 10 avril, est annoncée. Comme prévu le procès du Mediator se fera sans lui! La vitesse de la justice est assez variable en France.


22 mars ou l'espoir!


C'est toujours un anniversaire... On ne sait plus de quoi. A en croire le Nouvel Obs., vendu par son fondateur, les satellites espions US ou Chinois (mais oui, déjà!) pourraient repérer l'épave engloutie du Boeing 777, mais ce serait avouer un peu plus du manque de respect qu'ils professent à l'égard du reste de la planète. Alors on dépense du pétrole pour les bateaux et les avions de reconnaissance. En plus, ils se moquent du réchauffement climatique et du gaspillage d'énergie!

Cela n'empêche pas les media de parler d'espoir à l'idée de découvrir enfin où etc... Quel espoir? 


16 janvier


La vie privée de Hollande:

Ce qu'on doit retenir de la conférence de presse du 14 janvier, ce n'est pas que FH est social-démocrate ( qu'est-ce qu'un social-démocrate sans doctrine explicite ou qui serait celle de l'idéologie dominante ? ) car on sait, au plus tard depuis l'utilisation de l'expression "le socialisme de l'offre", que le mot socialiste avec lui n'a aucun sens. Ce qui a sauté aux yeux de tous ceux qui ne sont pas des courtisans, c'est un exemple parfait de goujaterie égoïste dépourvue de toute grandeur d'âme.


2 janvier 2014


Présent dans le voyage en Arabie avec le PR, Antoine Frérot, pdg de Véolia ( dont par ailleurs les syndicats, CFDT comprise, réclament la démission vu la stratégie de démantèlement qu'ils lui reprochent), expliquant l'absence de signature de méga-contrats : "l'économie, ça ne fonctionne pas à la nano-seconde, c'est un processus continu..." Sans doute, mais l'ennui, c'est que la "finance", elle, fonctionne ainsi, comme le prouve précisément la stratégie qu'il conduit!

 

9 décembre

 

Anniversaire de la loi de 1905 séparant les églises et l'Etat, après une mobilsation de la droite pas très différente dans sa forme  de celles que nous avons connues lors du vote de la loi sur l'ivg, le pacs ou le mariage pour tous. La droite n'a jamais vraiment admis le principe de laïcité et continue de confondre sacrement et contrat, science et foi... LA droite? Une bonne partie est sans religion mais continue d'y voir un opium du peuple, très utile pour  distraire de son affairisme ou de sa corruption.

Le 9 décembre 1777 le bon roi Louis XVI rétablissait les monts de piété, supprimés pendant le gouvernement de Mazarin pour complaire aux usuriers; cela, du moins, nous avait valu "l'Avare"!


22 novembre 1963


Aldous Huxley meurt à Los Angeles. La suite a prouvé que c'était malgré tout un optimiste. Nul n'a trouvé de lien entre sa mort et celle de JFK que son assassinat a fait rentrer dans la mythologie politique.


Valls et Léonarda 19.10


Il paraît que le ministre aurait menacé de démissionner si la jeune collégienne revenait en France. Un homme d'Etat l'eût pris au mot.

L'expulsion est une manie qui se soigne; rappelons que ce gouvernement s'est déshonoré d'entrée en livrant Aurore Martin à l'Espagne ( dont elle est ressortie) alors que ce dont elle est accusée dans ce pays étranger n'est pas incriminable dans le pays dont elle est citoyenne. Inconscience et incohérence des Français abusés de toutes parts... 

 

Edith Piaf et Jean Cocteau 10.10


Morts à quelques heures . Du talent, une vie remplie... Un demi-siècle passé...


32 ème anniversaire 09.10


Extrait d'un article de Nicolas Truong dans Le Monde d'aujourd'hui ouvrant les pages consacrées par ce quotidien à l'abolition : "Il n'empêche, au moment où le national-populisme se déclare favorable à son rétablissement, la parution de cette déposition faite à elle-même de Monique Mabelly est édifiante. Alors que la 11e Journée mondiale contre la peine de mort a lieu le 10 octobre, ce texte est un rappel utile. Car " qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? ", écrivait Albert Camus."

 

Merkel 23. 09


Ok, ce n'est même pas son nom, ce qui prouve que les électeurs allemands ne sont pas si réacs dans toutes les cases du jeu social. La presse française est, comme d'habitude, d'une stupidité confondante en parlant de "triomphe"!

La Bundeskanzlerin n'a pas la majorité avec les seules CDU/CSU. autrement dit si elle a fait un triomphe, que dire de Hollande qui en 2012 n'avait pas mathématiquement besoin d'alliés pour gouverner. Il est vrai qu'à voir comment votent certains élus du PS, on peut tout de même s'interroger sur la solidité du parti!


Retraites 10.09 


Le Monde qui n'aime les syndicats que lorsqu'ils sont "réformistes", mais comme de fait ils le sont tous, cela signifie pour cet organe de presse, prêts  "à négocier le poids des chaînes"et à suivre l'idéologie dominante, écrit dans la Check-list de son site LeMonde.fr (11.09): "Retraites: mobilisation plutôt réussie". On saluera cette quasi objectivité... et cette lueur d'optimisme sur les capacités du mouvement social à peser dans un débat que certains, au nom de TINA (There is ...), voudraient unilatéral.

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Retraites  30.08

Dans l’Etrange défaite, à laquelle je faisais à l’instant allusion ( C'est L.Mauduit dans Mediapart qui parle), Marc Bloch a ces mots terribles : « Il est bon, il est sain que, dans un pays libre, les philosophies sociales contraires s’affrontent. Il est, dans l’état présent de nos sociétés, inévitable que les diverses classes aient des intérêts opposés et prennent conscience de leurs antagonismes. Le malheur de la patrie commence quand la légitimité de ces heurts n’est pas comprise ».

C’est un peu le malheur de nos socialistes d’aujourd’hui, qui gouvernent la France comme des notaires tristes…

Multiculturalisme 18.08

« Or le multiculturalisme est une fausse réponse au problème, d'une part parce qu'il est une sorte de racisme désavoué, qui respecte l'identité de l'autre mais l'enferme dans son particularisme. C'est une sorte de néocolonialisme qui, à l'inverse du colonialisme classique, "respecte" les communautés, mais du point de vue de sa posture d'universalité. D'autre part, la tolérance multiculturelle est un leurre qui dépolitise le débat public, renvoyant les questions sociales aux questions raciales, les questions économiques aux considérations ethniques. »
Slavo Zizek, Des idées-force pour éviter les impasses de la globalisation, Le Monde, 02/09/11.

Bichat 04.08


Un hôpital sans clim depuis plusieurs jours. La pièce manquante doit venir d'Allemagne. Il paraît que la France a une politique industrielle, que serait-ce sinon! Pendant ce temps les prédateurs du Medef donnent des conseils sous forme d'injonction au gouvernement sur les retraites; que ces misérables fassent d'abord leur travail d'industriels producteurs et qu'ils se taisent ou qu'on les fasse taire; un bon contrôle fiscal devrait suffire.


Islamofascisme 20.06


Le mot est tabou car il est utilisé par la droite identitaire, mais comment mieux traduire la politique répressive d'Erdogan? La Turquie est le pays membre du Conseil de l'Europe où les journalistes emprisonnés sont les plus nombreux, le seul où l'on arrête sans aucune base légale des avocats... La lutte anti- terroriste utilisée contre les libertés fondamentales, dont la laïcité.

 Quels sont les crétins qui dans l'UE veulent encore négocier l'entrée d'un tel régime, car c'est un régime qu'on accepte et qu'on laisse durer et non un peuple libre et souverain.


Ponts 10.05


Les serviteurs habituels du veau d'or évaluent à 2 mds d'€ le manque à gagner pour l'économie lié aux ponts de mai. Cela fait tout de même 40 fois moins que la fraude fiscale!


Renault pleure ? 25.04


 Renault  a perdu des ventes en Europe mais l'action Renault est en hausse de 2,12% à 50,54 euros (soit une capitalisation boursière de 15 milliards d'€ environ). L'action  a gagné plus de 20% depuis le début de l'année, après une montée de plus de 50% en 2012. Cela justifierait-il le chantage à l'emploi que le patron surpayé de la firme exerce à l'égard des salariés du groupe?


 

Le CE privatise la grève...13.04


 Le Conseil d'Etat  a décidé vendredi 12 avril d'autoriser EDF à limiter l'exercice du droit de grève dans ses centrales nucléaires. EDF l'avait fait en 2009 pour éviter l'interruption de l'approvisionnement du pays en électricité, au nom de sa mission de service public. Cette coquecigrue juridique, même si les conseillers ne sont que par abus assimilés à des magistrats, méconnaît le principe de base qui est l'exercice du droit de grève dans le cadre des lois qui le réglementent. On laisse donc l'employeur se substituer à l'autorité instituée. A quoi sert le CE si on privatise ainsi les fonctions de l'Etat?

 

 

Hugo Chavez 05.03


Le président vénézuelien est mort. Les classes populaires ont bénéficié de meilleurs accès à l'instruction et à la santé. Il est certain que les media français vont dire plus de mal que de bien de lui...

 

Stéphane Hessel 27.02


Né en 1917, mort dans la nuit du 26 au 27 février, cet homme à la vie bien remplie meurt couvert d'éloges, même par ceux qui le trouvaient "dérangeant". "Pus loin, plus vite" avait-il dit à François Hollande dans une motion signée avec Pierre Larrouturou pour le dernier congrès du PS. Plus loin, plus vite, mais pas pour complaire aux canailles de Wall street, de la City, du CAC 40, de la Commission de Bruxelles et du Medef réunis , collection de nains avides et arrogants. S'indigner et résister...


D'un 11 février à l'autre 11.02


Bernadette et l'Immaculée conception, la signature des accords du Latran, l'annonce de sa renonciation par Benoît XVI... des 11.02. Normal , c'est la fête de N.-D. de Lourdes... et cette année, la veille de Mardi-gras.


Question 02.02.2013


« Je suis frappé de voir que les intellectuels de gauche d’aujourd’hui cherchent à priver le peuple opprimé non seulement des joies de la connaissance mais aussi des outils de son émancipation en lui annonçant que « le projet des Lumières » est mort et que nous devons abandonner nos illusions de la science et de la rationalité – un message bien trop fait pour réjouir le cœur des puissants, trop heureux de monopoliser ces instruments pour leur seul usage. » 
Noam Chomsky, Science et rationalité.

http://loeildebrutus.over-blog.com/

 

Franco-russe  06.01.2013


C'est bon pour Depardieu...Qui se souvient des entremets du même nom?

 

Oscar Niemeyer 06.12


L'architecte brésilien qui aura le plus marqué son pays est mort  à 104 ans. Par delà son oeuvre et sans doute ceci n'est-il pas étranger à cela, on retiendra ses engagements pour la démocratie. La France a la chance d'avoir accueilli son travail.

 

Euromillions 15.11


Une grosse cagnotte de loto et une vie change. Mais la presse affiche sans commentaire que cette somme représente 19 années de salaire pour Zlatan ,"génie" du foot-ball... et 126 siècles de SMIC!

Et il y a des gens beaucoup plus riches encore que ce nouveau millionnaire chanceux ou ce footeux qui rapporte sans doute beaucoup à quelques parasites sociaux, rouages du système...


Valls et Aurore Martin 05.11


Manuel Valls prétend ne pas avoir à "s'excuser" au sujet de la livraison d'une citoyenne française à un état étranger pour un délit inexistant en France. Cet... n'a pas tort: la trahison des gouvernants français à l'égard de leurs électeurs est plus ancienne que sa nomination  dans un gouvernement dit de gauche; la France n'était nullement tenue d'accepter de livrer ses ressortissants...

 

Islamisme 21.09 (Le Monde)


Là encore, quand on lui fait observer que l'animosité envers l'islam cache parfois mal un racisme pur et simple, Rushdie se cabre : " Je n'ai aucune tolérance à l'égard de la xénophobie et du racisme, que j'ai toujours combattus. Ceux qui s'attaquent aux minorités, aux musulmans ou aux homosexuels, par exemple, doivent être condamnés par la loi. L'islamophobie, c'est autre chose, c'est un mot qui a été inventé récemment pour protéger une communauté, comme si l'islam était une race. Mais l'islam n'est pas une race, c'est une religion, un choix. Et dans une société ouverte, nous devons pouvoir converser librement au sujet des idées. "

 

Neil Armstrong 25.08


Le premier homme sur la lune (20 juillet 1969) est mort. Il est des moyens moins honorables d'atteindre à la notoriété.

Depuis lors les canailles qui dirigent les banques et s'en sont mis plein les poches, ont siphonné le pognon disponible pour ce genre d'aventure et imposé à des politiciens plus ou moins nanifiés des politiques contre leurs peuples!

 

SMIC 09.07

 

Le 1er juillet, le montant du Smic horaire a été revalorisé à 9,40 € (9,22 depuis le 1er janvier), soit un montant mensuel brut de 1 425,70 € sur la base de 151,67 heures, ou de 1 425,67€ sur la base de 35 heures × 52 / 12.

Cette augmentation de la valeur du Smic a pour conséquence d’ « immerger » certains coefficients conventionnels sous le salaire minimum légal.

Arcelor-Mittal 28.06


Magnifique photo de la  tour Arcelor Mittal Orbit construite pour les J.O de Londres... Le patron du groupe métallurgiste a financé 19,6 des 22,7 millions de £ du coût de ce monument de 1400 t et de 115 m de hauteur. Le genre d'info qui doit réjouir les ouvriers de Gandrange... Panem et circenses. Vous avez dit XXI ème siècle?

 


Programme commun 27.06


40 ans aujourd'hui. Certains ont gagné, d'autres ont perdu. Le peuple? Les 93 % de salariés? Les partisans d'un Europe démocratique? Les concepts de liberté, d'égalité et de fraternité? La dignité du citoyen? Bref les "valeurs" dont parlent les politiciens pour éviter de qualifier leur politique? Tous ceux là ont  perdu. Il y a des explications... et il y a des coupables, toujours là, leurs frères, leurs héritiers...


INSEE 20.06


71 % du patrimoine en France dans les mains de 20 % des ménages. Et si on regarde de plus près dans ces 20%, on constatera que l'agglomération de déciles sert surtout à dissimuler de plus grands écarts!



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Texte Libre

Les auteurs

 

Sylvain Bartet (29.01.76) et Jean-Paul Beauquier (02.02.46)  sont tous deux agrégés d’histoire (dans l’académie d’Aix-Marseille), militants syndicaux (FSU), militants politiques (PS) ; ils ont une génération d’écart. Leur travail d’écriture à deux vise à montrer que sur des sujets politiques sérieux, la référence aux origines des concepts de République et de démocratie et l’esprit critique doivent armer les citoyens contre les risques et la prévalence d’une démagogie de l’instant. Bref que l’espoir est possible en politique...

 

Articles RÉCents

1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 16:01

La loi Gouzes, présentée au nom de l’ensemble du groupe socialiste et apparentés, adoptée en juin 2003, apporte une grande nouveauté à la dévolution du nom patronymique. Elle permet aux parents de choisir le nom de famille transmis à leurs enfants : soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit leurs deux noms accolés.  

 

Les arguments en faveur de cette loi paraissent tous marqués d’un souci consumériste et dépourvus des principes qui fondent une décision morale, au sens kantien du terme ; il est quelquefois utile de se souvenir de quelques bases de nos droits fondamentaux et la « loi morale » est « l’énoncé du principe d’action universel et obligatoire, auquel l’être raisonnable doit conformer ses actes pour réaliser son autonomie » (d’après la traduction du dictionnaire de philosophie d’André Lalande). Il est peut être étonnant de rappeler ici la pensée du vénérable philosophe prussien qui ne changea le cours de sa promenade qu’à l’annonce de la victoire de Valmy, mais tout législateur républicain devrait songer à son héritage culturel.  

 

Il n’y a pas d’ambiguïté sur la fonction d’une règle d’attribution d’un nom de famille : selon Agnès Fine (spécialiste du nom dans les sociétés occidentales) « le système actuel […] est étroitement associé à la nécessité d’identifier clairement les personnes […] pour administrer les populations… »[1]. Rien ne devrait avoir changé en principe de ce point de vue : il ne s’agit pas de donner un droit à un individu, mais d’être en mesure de le repérer, de le retrouver, de l’administrer… La filiation patrilinéaire est d’une grande simplicité. On pourrait concevoir une filiation matrilinéaire absolue, elle devrait subir la même critique que la filiation patrilinéaire, mais s’il s’agit bien d’administrer un corps social, l’égalité des sexes ainsi entendue, n’est pas un principe pertinent. Une autre faiblesse de la loi Gouzes est évidemment l’interruption potentielle (à chaque génération) de la lisibilité de la chaîne des générations et la difficulté pour l’individu de dresser de mémoire sa propre généalogie au-delà de trois (ou quatre) générations.  

 

 

 

La tentation de réduire la famille «  à un espace de liens affectifs et éducatifs entre parents et enfants dans lequel la mère a toute sa place »[2] est très réducteur, contribue à l’isolement des individus, favorise l’imposture du « né de ses œuvres » et dénie à l’enfant le droit de choisir lui-même, y compris un nom différent de celui de ses frères et sœurs, ce que ne permet pas la loi et on se demande au nom de quoi, soudain, on revient à un semblant de rigueur pour refuser à l’enfant d’avoir son mot à dire !  

 

Il semble donc nécessaire d’approfondir la réflexion politique générale que peut faire naître l’examen attentif d’un texte qui n’a pas bouleversé les habitudes des couples, mais qui s’inscrit dans une tendance du législateur contemporain à confondre l’essentiel et l’accessoire ou à négliger les fondements de sa légitimité propre.  

 

 

 

Dévolution du nom de famille et identité  

 

 

 

Le fondement progressiste de la loi, d’après l’exposé des motifs des ses rapporteurs, serait « d'inclure les femmes dans la détermination du nom patronymique », ce qui, en affirmant le principe du double nom, « traduirait l'égalité des père et mère ». Enjeu de l’égalité des sexes, le choix du nom deviendrait ainsi un droit que les  femmes auraient conquis. Il pourrait aussi  être perçu comme une nouvelle liberté pour les couples, partagée à égalité par les pères et les mères.  

 

Pourtant c’est d’abord le nom et pas son choix, qui est un droit, de l’Enfant. En effet, le nom est un élément de l’identité et donc de la reconnaissance d’une citoyenneté et de l’appartenance à un corps social. Il faut identifier les personnes pour les administrer. Or c’est l’administration publique, pour ne pas la réduire à son rôle de contrôle social, qui permet l’utilisation et l’application réelle des droits : droits politiques (inscription sur les listes électorales, garantie de la liberté d’association…) et droits sociaux (gestion par la sécurité sociale, versements de prestations sociales, accès aux services publics…). L’égalité des sexes dans la détermination du nom n’a rien d’un critère pertinent pour une bonne administration. C’est parce que, par l’administration, il conditionne d’autres droits, que le nom importe. Sa forme et sa dévolution sont politiquement neutres, puisqu’elles ne changent rien ensuite aux droits des citoyens. D’ailleurs, avant la loi Gouzes, il n’y avait pas d’inégalité dans ce domaine : les hommes n’avaient pas le pouvoir de choisir le nom des enfants, ils transmettaient le leur sans le vouloir, par pure convention.  

 

 

 

On pourrait objecter que cette convention favorisait, symboliquement, les hommes ; et que l’égalité dans la détermination du nom symboliserait au contraire le recul de la domination masculine et l’émancipation des femmes, c’est-à-dire la lutte contre le patriarcat. Mais la loi n’a en rien attaqué le patriarcat, puisqu’elle s’est attaquée à une procédure qui ne donnait aucun pouvoir aux hommes sur la vie des femmes ou de leurs enfants. D’ailleurs les pères et les mères ont toujours pu décider ensemble des prénoms de leurs enfants et cela n’a jamais servi à remettre en cause la domination masculine, ni illustré la liberté des femmes. Simplement, cette décision restait cantonnée à la sphère privée, à la vie intime des couples.  

 

La démarche politique et législative en question mène à confondre la contestation d’une convention établie avec celle de l’ordre établi. On peut regretter les circonstances historiques qui ont privilégié la filiation masculine dans la dévolution du nom. Mais ce n’est plus qu’une commodité qu’a remis en cause la loi, puisque la seule chose qui compte est le droit à l’identité. C’est comme si l’on redéfinissait le français à partir de tous les dialectes régionaux, sous prétexte qu’au Moyen Age, c’est l’un d’entre eux (celui de l’Ile-de-France) qui s’est imposé pour devenir la langue nationale. Ce qui compte pour le présent est d’avoir un objet commun de communication. Comme ce qui comptait  pour la dévolution du nom était d’avoir une procédure efficace pour identifier et administrer les citoyens.  

 

On ne voit donc pas ce qu’une telle loi change aux rapports de domination entre sexes et en quoi elle ferait avancer la réalisation de l’égalité des droits. On pourrait dire que cette réforme serait au mieux futile ou inutile. Mais la loi et le droit contiennent et diffusent forcément, même inconsciemment, un message politique. Et la loi Gouzes est à ce titre néfaste.  

 

 

 

Un « sujet de société »  

 

 

 

Le vote de cette loi est un symptôme de la dépolitisation du débat démocratique et de l’illusion politique des « sujets de société ». Non qu’il faille délaisser ces sujets : dans ce domaine aussi la gauche a la responsabilité du progrès. Et c’est à tort que les rapporteurs de la loi sur la dévolution du nom, dans leur exposé des motifs, se sont situés dans la lignée de la loi sur la parité.  

 

Car en faisant la parité, la gauche plurielle s’est bien attaquée à l’inégalité des sexes et au patriarcat. L’évolution des pratiques politiques, des mœurs et des mentalités ne permettait pas de réaliser l’égalité de droit entre les sexes. L’égalité de fait passait donc par une mesure volontariste, pour que le pouvoir ne soit plus implicitement réservé aux hommes et que les femmes puissent jouir réellement de leur droit à l’éligibilité. Le PACS, réalisé par cette même gauche plurielle, a lui aussi fait reculer l’ordre établi. Il a permis la reconnaissance, avec les garanties que cela procure, d’autres modes de vie commune que celui du mariage hétérosexuel. Au-delà, le contrat du PACS a ouvert une nouvelle forme de solidarité entre les contractants. Il a permis en outre de résoudre des problèmes sociaux concrets, quand des hommes ou des femmes homosexuels, séparés de leurs conjoints par la mort, se retrouvaient spoliés et privés du patrimoine commun par leur « belle » famille. Répondant à des questions « de société », le PACS et la parité ont fait formellement et réellement reculer des discriminations et un ordre établi inégalitaire (entre hommes et femmes, entre hétérosexuels et homosexuels).[3]  

 

 

 

Il reste que les questions de société portent le risque de se substituer à toute ambition globale de transformation sociale et d’approfondissement de la démocratie. Ni le PACS, ni la parité, ni aucune mesure « sociétale », aussi nécessaire qu’elle soit, ne résoudront la misère du monde ou ne remettront en cause les structures de la société capitaliste. Car ces structures sont toujours des rapports d’exploitation ou de domination entre des classes ou des catégories sociales.  

 

S’éterniser sur les débats de société revient vite à noyer l’espace public dans des questions touchant en fin de compte à des identités et des choix ou des comportements privés. Les nouvelles formes de revendications qui sont portées ainsi, sur le sexe, la famille, l’origine, l’humanitaire, la paix ou l’environnement sont certes légitimes. Mais elles n’aboutissent pas à proposer une réorganisation complète et générale de la société. La parité par exemple, n’a pas  donné aux femmes le droit d’être élues, déjà acquis. Elle permet à chaque femme de savoir si elle peut et veut ou non faire de la politique. Or il est assez facile (quand on a un esprit progressiste !) de mettre fin à des discriminations empêchant des individus de mener leur vie privée comme ils le souhaitent. Et il est évidemment indispensable d’agir pour que tous les citoyens puissent choisir leur vie et profiter de leurs droits, y compris au sein de la sphère privée et familiale.  

 

Mais il est beaucoup plus difficile de réussir des politiques économiques et sociales qui réduisent les inégalités, diminuent le pouvoir des classes dominantes et améliorent la condition de classes sociales entières. Donner la priorité aux questions de société mène vite à abandonner la recherche d’une alternative générale de gauche : alternative politique par la réalisation toujours plus poussée de la démocratie, alternative économique et sociale de dépassement du capitalisme. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé lors de l’expérience gouvernementale de la gauche plurielle, une fois passées les plus importantes mesures économiques des débuts (action contre le chômage avec les « emplois jeunes », RTT).  

 

 

 

Les débats sociétaux n’ont de sens que s’ils s’insèrent dans la construction d’une volonté générale et d’un intérêt général progressistes et s’ils ont une portée universelle. Les questions de société ne peuvent se substituer à la question sociale. Elles valent d’autant plus qu’elles sont incluses dans un projet démocratique global, qui vise à détruire toutes les formes de domination et d’exploitation. Il y a bien une hiérarchie, de valeur et non de nécessité, à établir entre les questions politiques et les questions de société. Par exemple, l’égalité juridique entre hommes et femmes ne porte pas forcément la question démocratique : on peut imaginer un régime censitaire où les femmes comme les hommes seraient également privés ou bénéficiaires du droit de vote selon leur niveau de fortune. Alors qu’une démocratie idéale contient l’égalité des sexes : le principe d’universalité du suffrage mène à son extension aux deux sexes.  

 

 

 

Privatisation du champ politique et sortie du Politique  

 

 

 

Si on revient à la loi Gouzes, on voit comment un sujet de société pose le problème de la privatisation du champ politique et donc de la sortie du Politique. Entendons bien sûr le Politique comme un enjeu collectif et un espace de débats ou de conflits passant par des institutions représentatives (partis, syndicats, organes de pouvoir, associations…), qui mettent en mouvement les individus en tant que citoyens.  

 

A travers une loi comme celle-là, on pourrait voir les effets des « life politics » (politiques des modes de vie), théorisées par le sociologue Anthony Giddens, promoteur de la troisième voie blairiste.[4] L’action politique devrait se déployer vers les « styles de vie», concernant notamment la famille et les rapports hommes-femmes, parents-enfants. Le Politique devrait intervenir davantage sur « les sujets de société »,  et non plus sur les « choix de société » et les grands enjeux collectifs.  

 

Selon Giddens, le monde est entré dans un nouvel ordre social, post-traditionnel : les traditions sont rejugées et remises en cause par le libre arbitre et l’autonomie des personnes. On ne pourrait qu’être d’accord si Giddens ne rangeait pas dans les victimes de cette « dé-traditionnalisation », le débat politique droite-gauche et les institutions qui politisent la société (gouvernements, parlements, partis, syndicats…). D’après lui, les structures politiques et partisanes, censées proposer des projets de société distincts (« emancipatory politics »), sont donc dévaluées. Et les questions politiques majeures se détournent vers les choix de modes de vie et d’identité. Bien entendu, c’est à la mondialisation que Giddens fait appel pour expliquer ces évolutions. D’une part, la dérégulation économique, présentée comme inéluctable, rendrait caduques les politiques interventionnistes et le socialisme en général. D’autre part, le  développement des moyens de communication favoriserait une uniformisation des goûts et des cultures, porteuse de cette dé-traditionnalisation emportant avec elle les institutions du Politique.  

 

 

 

Mais c’est en réalité cette analyse de la dépolitisation qui la produit. L’effondrement du communisme, les limites des politiques sociales-démocrates face aux crises économiques et sociales, les contraintes du capitalisme mondialisé ont en effet brouillé les perspectives politiques, compliqué les alternatives et ainsi découragé l’implication citoyenne. Mais c’est ensuite la pratique de la « troisième voie » qui pousse à la dépolitisation et à la conservation de l’organisation globale de la société, en faisant le choix et la pédagogie du renoncement à l’alternative, en ne proposant plus que du marketing politique et des « life politics ». C’est ainsi que Tony Blair et Gerhard Schröder déclaraient en 1999, vouloir « une société qui célèbre les chefs d’entreprises qui ont du succès, comme celle-ci célèbre ses artistes et ses footballeurs ».[5] Difficile de lancer un mot d’ordre plus libéral. Difficile de démobiliser plus l’esprit et les forces progressistes. Difficile de faire moins de politique… Giddens reconnaît d’ailleurs la nécessité d’un « conservatisme philosophique », pour que recule la volonté de maîtriser l’économie et le cours de l’histoire.  

 

Et c’est bien à un centrisme ou un conservatisme éclairé que mènent les politiques des modes de vie, qui correspondent à ce que nous appelons les questions de société. Sur ces débats, le terme d’ailleurs « de société » est lui-même peu acceptable, puisque ces questions sont ce qu’il y a de moins social et de moins collectif dans le débat politique. L’enjeu est ainsi masqué : ce sont bien d’abord des styles de vie, relevant d’abord de la sphère privée, qui sont concernés. C’est bien à une privatisation du politique que l’on contribue en les privilégiant. Dans ce cadre, l’objectif de Giddens et de la Troisième voie est la construction d’un centrisme, dit « radical », établi par le consensus.  

 

La privatisation et le consensus politiques conduisent en outre à la sortie du politique, puisqu’on ne peut plus changer le monde et qu’il faut l’accepter tel qu’il est. On rejoint alors un maître à penser (de la fin du 18ème et du début du 19ème siècle) du libéralisme et de la droite : Benjamin Constant. Il oppose la liberté des Anciens, par laquelle « la volonté de chacun avait une influence réelle » (sur le champ politique et le gouvernement de la Cité) à la liberté des Modernes, seulement celle de « la jouissance paisible de l’indépendance privée ». Si l’on ne veut plus agir sur les choix mais sur les sujets de société, on abandonne aussi l’idéal démocratique d’une liberté d’intervention sur le monde qui nous entoure, pour se replier sur l’identité, la sexualité, la carrière professionnelle, le couple, la famille, etc…  

 

Le comble de l’absence de changement réel dans une telle conception de l’action politique n’est-il pas atteint lorsque dans certains pays où la fonction de chef de l’Etat est exercée par un monarque héréditaire, ainsi placé pourtant et par définition hors du commun, on s’interroge gravement sur la nécessité de changer la loi dynastique pour savoir si l’aînesse doit jouer quel que soit le sexe de l’enfant  premier né ? Le faux principe de l’égalité entre les sexes joue manifestement comme vrai paradigme du leurre absolu.  

 

 

 

Concluons : la loi Gouzes est bien l’exemple d’une loi consensuelle qui, dans l’apparence d’un progrès vers l’égalité et sans rien coûter, entretient cette tendance à la sortie du politique, sous couvert de la sortie de la tradition. Qu’apporte-t-elle à la cause des femmes ? La liberté de choisir pour choisir (un nom pour son enfant), au lieu de choisir pour agir sur sa propre vie et sur le monde qui nous entoure. Si la libération, des femmes et de tous, consiste à reprendre le pouvoir sur sa vie, si l’égalité consiste à donner à tous le pouvoir de choisir leur vie et la société dans laquelle ils veulent vivre, on peut chercher en vain ce que viendrait faire la loi sur le nom de famille là-dedans. Sinon à dévaluer et à détourner de leurs fins la liberté et l’égalité.  

 

Tout recentrage du « radicalisme » de la gauche sur de telles « politiques de la personne » et sur la « liberté des modernes » fait en fin de compte, sous des dehors progressistes faciles, le jeu de l’ordre établi. Car l’essentiel n’est pas touché : l’émancipation des individus, par les droits puis dans la réalité, d’abord dans la sphère publique, celle du politique et de la citoyenneté, qui conditionne l’ensemble des droits, y compris ensuite dans la sphère privée. Pour en rester à notre référence kantienne initiale : «  Agis toujours en sorte que la maxime de ta volonté puisse être en même temps un principe valable de législation universelle » (Kant, Critique de la raison pratique, I, 1 §1). Il est clair que la majorité qui a voté cette loi a cédé aux sirènes d’une facilité moderniste au lieu de poser le débat en termes d’émancipation réelle des individus dans une société aux rapports sociaux définis et inchangés.  

 

Quand elle fait cela, la gauche n’intéresse d’abord qu’une frange sociale ultra minoritaire, pour qui la question sociale et celle de la domination ou de l’exploitation ne se posent plus. Il s’agit d’un ensemble de groupes sociaux repus de consommation, non soumis à la précarité économique ou à la dégradation des revenus et qui ne sont pas en contact (ni par leur habitat, ni par leur travail) avec les effets des inégalités et de la pauvreté. En tête dans les champs culturels et/ou économiques, gagnante de la globalisation libérale ou non affectée par elle, cette néo-bourgeoisie est d’abord une classe idéologique avant d’être une classe sociale. Elle est diverse par ses options électorales (du centre gauche au centre droit) et par les professions (du chef d’entreprise au cadre investi d’un pouvoir plus ou moins important ou factice) qu’elle regroupe. Mais elle considère les luttes sociales dépassées ou n’y participe en tout cas jamais, par intérêt (quand elle se rattache à la classe entrepreneuriale) ou par inconscience et crétinisme politique (quand elle se rattache aux groupes bobos des centres urbains gentryfiés). Ce n’est pas en entrant dans son jeu, en oubliant les principes universels qui la marquent, en s’attachant à des modes fragiles ou à un air du temps passager et en abandonnant ainsi sa fonction de direction politique, que la gauche de gouvernement (donc le PS en premier lieu) pourra incarner l’espoir, l’alternative et le progrès.

 

 



[1] D’après un article paru dans l’édition du 30/12/2005 de Le Monde, dans lequel Agnès Fine rappelle aussi que ce système (celui d’avant la loi Gouzes), « qui associe un prénom à un nom qui se transmet de père en fils au sein d'une même lignée, s'est imposé progressivement en Europe au Moyen Age, entre le Xe et le XIVe siècle. » 

[2] Expression d’Agnès Fine à nouveau, issue du même article, du 30/12/2005, de Le Monde.

[3] Sur le PACS et la parité, on peut se référer à l’argumentation de Jean-Luc Mélenchon, Causes républicaines, Paris, Seuil, 2004.

[4] Nous ferons référence dans ce paragraphe à un éclairant essai de Philippe Marlière, Essai sur Tony Blair et le new labour. La troisième voie dans l’impasse, Paris, Editions Syllepse, 2003.  

[5] D’après un « manifeste » signé par les deux hommes, à la veille de l’élection européenne de 1999.

 

 

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