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Brèves

 

 

 

13 janvier: Cabu


Jean Cabut aurait eu aujourd'hui 13 janvier, 77 ans... L'âge limite pour lire Tintin. Son assassinat a donné lieu, c'était prévisible, à un festival d'impostures, dont la présence à la manifestation "républicaine" du 11 janvier à Paris, d'authentiques fascistes obscurantistes dans les délégations des chefs d'Etat de et de gouvernements. Gageons qu'il en eût ri.


07 janvier: Charlie Hebdo


Des fanatiques islamistes sociopathes, pardon pour le pléonasme, massacrent la rédaction de Charlie Hebdo. Il n'est pas évident que les conditions de sécurité autour de C.H. aient été à la hauteur des menaces connues qui pesaient contre cet hebdomadaire, ni que les forces de sécurité en France disposent des effectifs, des équipements et des moyens à hauteur suffisante. Pour l'heure la classe "politique", surfant sur une émotion  populaire réelle, joue, avec des couacs, l'Union nationale. Sans une réorientation des priorités et des choix budgétaires (cf. le communiqué de la FSU 13), il est douteux que cela soit, à soi seul, la bonne réponse.


20 décembre: Goldman Sachs

 

La banque américaine dont le management devrait être en prison si une quelconque justice existait, a fait une année formidable en intervenant à elle seule dans  35 % des fusions acquisitions; rappelons que cette opération juridico-financière ne crée aucun emploi, a même plutôt tendance à en supprimer et n'enrichit qu'une poignée d'actionnaires et un management intéressé. C'est cela la finance. Lisez Le capital fictif de Cédric Durand  aux éditions Les prairies ordinaires.

6 novembre: Abdelwahab Meddeb.

Intellectuel tunisien, porteur des Lumières et démocrate: "Son œuvre s'inscrira dans la longue lignée de ceux qui ont voulu placer la Tunisie dans le sillage des Lumières modernes, sans renier le lien qui la rattache à la civilisation de l'islam. Son dernier acte d'écriture aura été le geste d'un retour sur soi : Le Portrait du poète en soufi (Belin, 192 pages, 19  euros) paru quelques jours avant sa mort. Tous ceux qui l'ont connu garderont le souvenir d'une belle présence généreuse dans l'amitié et exigeante pour la pensée."

Fethi Benslama

 

Psychanalyste, professeur

à l'université Paris-diderot

22 octobre: Christophe de Margerie meurt, accident d'avion...

 Socialisme: Dénomination de diverses doctrines économiques, sociales et politiques condamnant la propriété privée des moyens de production et d'échange (Petit Larousse). 

Au moment où, alors que la nationalisation des autoroutes pourrait être envisagée d'après l'étude d'un cabinet aussi sérieux que n'importe quelle agence de notation, malgré le coût des indemnisations, pour assurer des ressources régulières à l'Etat, le gouvernement préfèrerait tuer une autre poule aux oeufs d'or en privatisant la FDJ!
Sabotage délibéré de l'intérêt général ou incompétence absolue?
Bref comme le propose Valls il faut enlever le mot socialiste d'une telle politique et d'un tel parti... Il y aura bien quelqu'un pour garder la vieille maison et un référentiel "passéiste" comme dit l'homme, qui voulait déjà débaptiser le PS avait d'être seulement ministre, mais encore cohérent!

En fait il n'y a pas plus passéiste que le droit de propriété et la direction d'une entreprise, comme les larmes de crocodile lors de l'accident de C.de M. , seul dans le Falcon avec 3 membres d'équipage, ont tenté de le faire oublier au populo !!

 14 octobre: des millionnaires toujours plus nombreux


Mi 2014 il y aurait donc, d'après le Crédit Suisse, 35 millions de millionnaires en dollars sur la planète soit 1 terrien sur 200 avec un patrimoine moyen par adulte de 56 000 $. Les moyennes ont ceci d'excellent: elles gomment les écarts et alors que ceux ci se creusent, les "classes moyennes" inférieures peuvent croire à leur survie!


08 septembre: Martine Aubry, le retour?


"On n'a pas besoin d'aider les banques (…) qui ne sont pas dans la concurrence internationale - ni - les entreprises qui préfèrent verser l'argent que leur a donné l'Etat pour donner des dividendes plus importants (…) au lieu d'investir dans l'avenir, l'emploi et la formation ".

 

02 septembre: la rentrée et les vérités premières!

Le retard scolaire à l’entrée en 6e : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés ( Insee)

 

25 août: Démission du gouvernement


Après les discours de la St Barthélémy de Frangy, Valls présente la démission de son gouvernement à la St Louis Roi ! Y voir une quelconque dimension symbolique reviendrait à confondre un ambitieux sans doctrine avérée à un homme d'Etat,  ou  un réformateur avec un liquidateur. Grâce au ciel, il a plu sur l'île de Sein.

 

31 juillet: Louis de Funès aurait 100 ans

 

Naître le jour de l'assassinat de Jaurès n'a pas marqué sa carrière et c'est tant mieux.

Il est vrai que le 31 juillet, c'est aussi la fête d'Ignace de Loyola. Les jésuites ont la réputation d'être cultivés, nos politiciens beaucoup moins mais ils ont généralement à coeur d'utiliser les méthodes souterraines que la voix populaire a souvent attribuées à la Compagnie.


 17 juillet: Debray et l'Occident

 

"(...) La France républicaine ayant renoncé à son système de valeurs et à son autonomie diplomatique, elle a réintégré les commandements de l'OTAN, décision anecdotique mais symbolique du président gallo-ricain Sarkozy, entérinée par son sosie Hollande. Et nous voilà de retour dans " la famille occidentale ". La double mort historique de Jaurès et de De Gaulle a donné à cette abdication le sens d'un retour à la normale".  Régis Debray, Le Monde daté du 18 juillet 2014.

 

 

25 juin: Anniversaires


Michaël Jackson, il y a 5 ans. Michel Foucault 30 ans après. En voilà deux qui auraient certainement eu des choses à se dire.

 

23 juin: Avignon...

 

 

24 mai: Demain l'Europe sociale...


Demain, vote pour le renouvellement du Parlement de l'UE. Un certain nombre de crétins ou de faux-culs (cumul possible...) s'étonnent du peu d'enthousiasme des électeurs.

Il est écrit dans le traité de Lisbonne que " l'Union reconnaît et promeut le rôle des partenaires sociaux à son niveau, en prenant en compte la diversité des systèmes nationaux. Elle facilite le dialogue entre eux dans le respect de leur autonomie ". Y a plus qu'à...

Ce n'est pas le vote (moins de 50 députés (39 ?)  en séance sur la proposition de loi du FdG, obligé de voter contre son propre texte vidé en partie de substance par des amendements de la majorité...) ni la négociation TAFTA qui peuvent redonner confiance aux électeurs.


8 mai: Chatons


Condamnés à de la prison ferme (pour avoir maltraité) ou avec sursis (le chaton est mort), la justice française fonctionne toujours aussi bizarement: délocaliser une entreprise au nom du droit de propriété et du profit n'est pas punissable par la loi, même quand ce droit de propriété s'exerce nonobstant l'intérêt général, les aides reçues, les dégrèvements fiscaux etc... avec des dommages collatérauxet des conséquences sociales indéniables.

La sanctuarisation du droit au travail et du droit du travail ne préoccupe ni les parlementaires, ni les chats fourrés...Quant au Conseil Constitutionnel...

 

16 avril


Une semaine après, la mort de Jacques Servier à 92 ans le jeudi 10 avril, est annoncée. Comme prévu le procès du Mediator se fera sans lui! La vitesse de la justice est assez variable en France.


22 mars ou l'espoir!


C'est toujours un anniversaire... On ne sait plus de quoi. A en croire le Nouvel Obs., vendu par son fondateur, les satellites espions US ou Chinois (mais oui, déjà!) pourraient repérer l'épave engloutie du Boeing 777, mais ce serait avouer un peu plus du manque de respect qu'ils professent à l'égard du reste de la planète. Alors on dépense du pétrole pour les bateaux et les avions de reconnaissance. En plus, ils se moquent du réchauffement climatique et du gaspillage d'énergie!

Cela n'empêche pas les media de parler d'espoir à l'idée de découvrir enfin où etc... Quel espoir? 


16 janvier


La vie privée de Hollande:

Ce qu'on doit retenir de la conférence de presse du 14 janvier, ce n'est pas que FH est social-démocrate ( qu'est-ce qu'un social-démocrate sans doctrine explicite ou qui serait celle de l'idéologie dominante ? ) car on sait, au plus tard depuis l'utilisation de l'expression "le socialisme de l'offre", que le mot socialiste avec lui n'a aucun sens. Ce qui a sauté aux yeux de tous ceux qui ne sont pas des courtisans, c'est un exemple parfait de goujaterie égoïste dépourvue de toute grandeur d'âme.


2 janvier 2014


Présent dans le voyage en Arabie avec le PR, Antoine Frérot, pdg de Véolia ( dont par ailleurs les syndicats, CFDT comprise, réclament la démission vu la stratégie de démantèlement qu'ils lui reprochent), expliquant l'absence de signature de méga-contrats : "l'économie, ça ne fonctionne pas à la nano-seconde, c'est un processus continu..." Sans doute, mais l'ennui, c'est que la "finance", elle, fonctionne ainsi, comme le prouve précisément la stratégie qu'il conduit!

 

9 décembre

 

Anniversaire de la loi de 1905 séparant les églises et l'Etat, après une mobilsation de la droite pas très différente dans sa forme  de celles que nous avons connues lors du vote de la loi sur l'ivg, le pacs ou le mariage pour tous. La droite n'a jamais vraiment admis le principe de laïcité et continue de confondre sacrement et contrat, science et foi... LA droite? Une bonne partie est sans religion mais continue d'y voir un opium du peuple, très utile pour  distraire de son affairisme ou de sa corruption.

Le 9 décembre 1777 le bon roi Louis XVI rétablissait les monts de piété, supprimés pendant le gouvernement de Mazarin pour complaire aux usuriers; cela, du moins, nous avait valu "l'Avare"!


22 novembre 1963


Aldous Huxley meurt à Los Angeles. La suite a prouvé que c'était malgré tout un optimiste. Nul n'a trouvé de lien entre sa mort et celle de JFK que son assassinat a fait rentrer dans la mythologie politique.


Valls et Léonarda 19.10


Il paraît que le ministre aurait menacé de démissionner si la jeune collégienne revenait en France. Un homme d'Etat l'eût pris au mot.

L'expulsion est une manie qui se soigne; rappelons que ce gouvernement s'est déshonoré d'entrée en livrant Aurore Martin à l'Espagne ( dont elle est ressortie) alors que ce dont elle est accusée dans ce pays étranger n'est pas incriminable dans le pays dont elle est citoyenne. Inconscience et incohérence des Français abusés de toutes parts... 

 

Edith Piaf et Jean Cocteau 10.10


Morts à quelques heures . Du talent, une vie remplie... Un demi-siècle passé...


32 ème anniversaire 09.10


Extrait d'un article de Nicolas Truong dans Le Monde d'aujourd'hui ouvrant les pages consacrées par ce quotidien à l'abolition : "Il n'empêche, au moment où le national-populisme se déclare favorable à son rétablissement, la parution de cette déposition faite à elle-même de Monique Mabelly est édifiante. Alors que la 11e Journée mondiale contre la peine de mort a lieu le 10 octobre, ce texte est un rappel utile. Car " qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? ", écrivait Albert Camus."

 

Merkel 23. 09


Ok, ce n'est même pas son nom, ce qui prouve que les électeurs allemands ne sont pas si réacs dans toutes les cases du jeu social. La presse française est, comme d'habitude, d'une stupidité confondante en parlant de "triomphe"!

La Bundeskanzlerin n'a pas la majorité avec les seules CDU/CSU. autrement dit si elle a fait un triomphe, que dire de Hollande qui en 2012 n'avait pas mathématiquement besoin d'alliés pour gouverner. Il est vrai qu'à voir comment votent certains élus du PS, on peut tout de même s'interroger sur la solidité du parti!


Retraites 10.09 


Le Monde qui n'aime les syndicats que lorsqu'ils sont "réformistes", mais comme de fait ils le sont tous, cela signifie pour cet organe de presse, prêts  "à négocier le poids des chaînes"et à suivre l'idéologie dominante, écrit dans la Check-list de son site LeMonde.fr (11.09): "Retraites: mobilisation plutôt réussie". On saluera cette quasi objectivité... et cette lueur d'optimisme sur les capacités du mouvement social à peser dans un débat que certains, au nom de TINA (There is ...), voudraient unilatéral.

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Retraites  30.08

Dans l’Etrange défaite, à laquelle je faisais à l’instant allusion ( C'est L.Mauduit dans Mediapart qui parle), Marc Bloch a ces mots terribles : « Il est bon, il est sain que, dans un pays libre, les philosophies sociales contraires s’affrontent. Il est, dans l’état présent de nos sociétés, inévitable que les diverses classes aient des intérêts opposés et prennent conscience de leurs antagonismes. Le malheur de la patrie commence quand la légitimité de ces heurts n’est pas comprise ».

C’est un peu le malheur de nos socialistes d’aujourd’hui, qui gouvernent la France comme des notaires tristes…

Multiculturalisme 18.08

« Or le multiculturalisme est une fausse réponse au problème, d'une part parce qu'il est une sorte de racisme désavoué, qui respecte l'identité de l'autre mais l'enferme dans son particularisme. C'est une sorte de néocolonialisme qui, à l'inverse du colonialisme classique, "respecte" les communautés, mais du point de vue de sa posture d'universalité. D'autre part, la tolérance multiculturelle est un leurre qui dépolitise le débat public, renvoyant les questions sociales aux questions raciales, les questions économiques aux considérations ethniques. »
Slavo Zizek, Des idées-force pour éviter les impasses de la globalisation, Le Monde, 02/09/11.

Bichat 04.08


Un hôpital sans clim depuis plusieurs jours. La pièce manquante doit venir d'Allemagne. Il paraît que la France a une politique industrielle, que serait-ce sinon! Pendant ce temps les prédateurs du Medef donnent des conseils sous forme d'injonction au gouvernement sur les retraites; que ces misérables fassent d'abord leur travail d'industriels producteurs et qu'ils se taisent ou qu'on les fasse taire; un bon contrôle fiscal devrait suffire.


Islamofascisme 20.06


Le mot est tabou car il est utilisé par la droite identitaire, mais comment mieux traduire la politique répressive d'Erdogan? La Turquie est le pays membre du Conseil de l'Europe où les journalistes emprisonnés sont les plus nombreux, le seul où l'on arrête sans aucune base légale des avocats... La lutte anti- terroriste utilisée contre les libertés fondamentales, dont la laïcité.

 Quels sont les crétins qui dans l'UE veulent encore négocier l'entrée d'un tel régime, car c'est un régime qu'on accepte et qu'on laisse durer et non un peuple libre et souverain.


Ponts 10.05


Les serviteurs habituels du veau d'or évaluent à 2 mds d'€ le manque à gagner pour l'économie lié aux ponts de mai. Cela fait tout de même 40 fois moins que la fraude fiscale!


Renault pleure ? 25.04


 Renault  a perdu des ventes en Europe mais l'action Renault est en hausse de 2,12% à 50,54 euros (soit une capitalisation boursière de 15 milliards d'€ environ). L'action  a gagné plus de 20% depuis le début de l'année, après une montée de plus de 50% en 2012. Cela justifierait-il le chantage à l'emploi que le patron surpayé de la firme exerce à l'égard des salariés du groupe?


 

Le CE privatise la grève...13.04


 Le Conseil d'Etat  a décidé vendredi 12 avril d'autoriser EDF à limiter l'exercice du droit de grève dans ses centrales nucléaires. EDF l'avait fait en 2009 pour éviter l'interruption de l'approvisionnement du pays en électricité, au nom de sa mission de service public. Cette coquecigrue juridique, même si les conseillers ne sont que par abus assimilés à des magistrats, méconnaît le principe de base qui est l'exercice du droit de grève dans le cadre des lois qui le réglementent. On laisse donc l'employeur se substituer à l'autorité instituée. A quoi sert le CE si on privatise ainsi les fonctions de l'Etat?

 

 

Hugo Chavez 05.03


Le président vénézuelien est mort. Les classes populaires ont bénéficié de meilleurs accès à l'instruction et à la santé. Il est certain que les media français vont dire plus de mal que de bien de lui...

 

Stéphane Hessel 27.02


Né en 1917, mort dans la nuit du 26 au 27 février, cet homme à la vie bien remplie meurt couvert d'éloges, même par ceux qui le trouvaient "dérangeant". "Pus loin, plus vite" avait-il dit à François Hollande dans une motion signée avec Pierre Larrouturou pour le dernier congrès du PS. Plus loin, plus vite, mais pas pour complaire aux canailles de Wall street, de la City, du CAC 40, de la Commission de Bruxelles et du Medef réunis , collection de nains avides et arrogants. S'indigner et résister...


D'un 11 février à l'autre 11.02


Bernadette et l'Immaculée conception, la signature des accords du Latran, l'annonce de sa renonciation par Benoît XVI... des 11.02. Normal , c'est la fête de N.-D. de Lourdes... et cette année, la veille de Mardi-gras.


Question 02.02.2013


« Je suis frappé de voir que les intellectuels de gauche d’aujourd’hui cherchent à priver le peuple opprimé non seulement des joies de la connaissance mais aussi des outils de son émancipation en lui annonçant que « le projet des Lumières » est mort et que nous devons abandonner nos illusions de la science et de la rationalité – un message bien trop fait pour réjouir le cœur des puissants, trop heureux de monopoliser ces instruments pour leur seul usage. » 
Noam Chomsky, Science et rationalité.

http://loeildebrutus.over-blog.com/

 

Franco-russe  06.01.2013


C'est bon pour Depardieu...Qui se souvient des entremets du même nom?

 

Oscar Niemeyer 06.12


L'architecte brésilien qui aura le plus marqué son pays est mort  à 104 ans. Par delà son oeuvre et sans doute ceci n'est-il pas étranger à cela, on retiendra ses engagements pour la démocratie. La France a la chance d'avoir accueilli son travail.

 

Euromillions 15.11


Une grosse cagnotte de loto et une vie change. Mais la presse affiche sans commentaire que cette somme représente 19 années de salaire pour Zlatan ,"génie" du foot-ball... et 126 siècles de SMIC!

Et il y a des gens beaucoup plus riches encore que ce nouveau millionnaire chanceux ou ce footeux qui rapporte sans doute beaucoup à quelques parasites sociaux, rouages du système...


Valls et Aurore Martin 05.11


Manuel Valls prétend ne pas avoir à "s'excuser" au sujet de la livraison d'une citoyenne française à un état étranger pour un délit inexistant en France. Cet... n'a pas tort: la trahison des gouvernants français à l'égard de leurs électeurs est plus ancienne que sa nomination  dans un gouvernement dit de gauche; la France n'était nullement tenue d'accepter de livrer ses ressortissants...

 

Islamisme 21.09 (Le Monde)


Là encore, quand on lui fait observer que l'animosité envers l'islam cache parfois mal un racisme pur et simple, Rushdie se cabre : " Je n'ai aucune tolérance à l'égard de la xénophobie et du racisme, que j'ai toujours combattus. Ceux qui s'attaquent aux minorités, aux musulmans ou aux homosexuels, par exemple, doivent être condamnés par la loi. L'islamophobie, c'est autre chose, c'est un mot qui a été inventé récemment pour protéger une communauté, comme si l'islam était une race. Mais l'islam n'est pas une race, c'est une religion, un choix. Et dans une société ouverte, nous devons pouvoir converser librement au sujet des idées. "

 

Neil Armstrong 25.08


Le premier homme sur la lune (20 juillet 1969) est mort. Il est des moyens moins honorables d'atteindre à la notoriété.

Depuis lors les canailles qui dirigent les banques et s'en sont mis plein les poches, ont siphonné le pognon disponible pour ce genre d'aventure et imposé à des politiciens plus ou moins nanifiés des politiques contre leurs peuples!

 

SMIC 09.07

 

Le 1er juillet, le montant du Smic horaire a été revalorisé à 9,40 € (9,22 depuis le 1er janvier), soit un montant mensuel brut de 1 425,70 € sur la base de 151,67 heures, ou de 1 425,67€ sur la base de 35 heures × 52 / 12.

Cette augmentation de la valeur du Smic a pour conséquence d’ « immerger » certains coefficients conventionnels sous le salaire minimum légal.

Arcelor-Mittal 28.06


Magnifique photo de la  tour Arcelor Mittal Orbit construite pour les J.O de Londres... Le patron du groupe métallurgiste a financé 19,6 des 22,7 millions de £ du coût de ce monument de 1400 t et de 115 m de hauteur. Le genre d'info qui doit réjouir les ouvriers de Gandrange... Panem et circenses. Vous avez dit XXI ème siècle?

 


Programme commun 27.06


40 ans aujourd'hui. Certains ont gagné, d'autres ont perdu. Le peuple? Les 93 % de salariés? Les partisans d'un Europe démocratique? Les concepts de liberté, d'égalité et de fraternité? La dignité du citoyen? Bref les "valeurs" dont parlent les politiciens pour éviter de qualifier leur politique? Tous ceux là ont  perdu. Il y a des explications... et il y a des coupables, toujours là, leurs frères, leurs héritiers...


INSEE 20.06


71 % du patrimoine en France dans les mains de 20 % des ménages. Et si on regarde de plus près dans ces 20%, on constatera que l'agglomération de déciles sert surtout à dissimuler de plus grands écarts!



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Texte Libre

Les auteurs

 

Sylvain Bartet (29.01.76) et Jean-Paul Beauquier (02.02.46)  sont tous deux agrégés d’histoire (dans l’académie d’Aix-Marseille), militants syndicaux (FSU), militants politiques (PS) ; ils ont une génération d’écart. Leur travail d’écriture à deux vise à montrer que sur des sujets politiques sérieux, la référence aux origines des concepts de République et de démocratie et l’esprit critique doivent armer les citoyens contre les risques et la prévalence d’une démagogie de l’instant. Bref que l’espoir est possible en politique...

 

Articles Récents

3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 09:25

L'absence de réaction du mouvement syndical en France pose de réels problèmes quant à la solidarité internationale des peuples face à LA finance mondialisée et quant à sa propre crédibilité...

Ci-dessous une prise de position de la CSI et un point de vue sur la problématique politique à propos de la Grèce.

On notera pour mémoire que Mme Lagarde dans un autre pays que le nôtre ne sortirait pas blanchie de l'arbitrage Tapie et que ses déclarations outre leur caractère libéral outré, si peu soucieux de la souveraineté d'un Etat, relèvent de la pure indécence. C'est aussi ce genre de "privilège" de juridiction qui fait le jeu des partis d'extrême droite.

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CONFEDERATION SYNDICALE INTERNATIONALE

Accord Grèce-UE : Le FMI doit s’abstenir de s’adonner à des jeux politiques aux dépens de la reprise européenne, estime la CSI

Bruxelles, 27 février 2015 (CSI En Ligne):

La CSI a sévèrement critiqué la position adverse adoptée par le Fonds monétaire international à l’égard de l’accord atteint ce 24 février entre les ministères des Finances de la zone euro et le gouvernement grec, qui accorde une extension de quatre mois de l’actuel programme de prêt européen à la Grèce.

Dans un communiqué écrit (http://www.imf.org/external/np/sec/pr/2015/pr1571.htm ), la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a condamné l’accord au motif que celui-ci « manque d’assurances claires » du gouvernement grec sur la poursuite des dispositions souscrites par le précédent gouvernement, vaincu aux élections de janvier, notamment au plan des réformes du marché du travail.

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a déclaré : « Cinq années d’austérité et de déréglementation imposées par le FMI et les autres membres de la Troïka ont entraîné une dépression économique, des inégalités accrues et 25% de chômage. Insister pour que le nouveau gouvernement en Grèce poursuive dans le même sens, cela frôle l’absurde ».

Madame Burrow a relevé que les réformes du marché du travail dont il est question dans le communiqué du FMI incluent de nouvelles restrictions au droit de grève et autres activités syndicales, outre l’élimination de l’obligation de délivrer un préavis en cas de licenciements massifs : « Précariser les emplois davantage et affaiblir les droits des travailleurs ne fera que contribuer au déclin accru des conditions de vie des travailleurs et à la croissance des inégalités. Il est insensé que le FMI mette en avant un tel agenda alors que les électeurs grecs ont clairement exprimé leur désir de changement et que les ministres des Finances des pays de la zone euro ont accepté l’intention du nouveau gouvernement de faire de la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale une priorité. »

La CSI est aussi profondément inquiète que la condamnation du FMI de l’accord Grèce-Zone Euro ne puisse être exploitée par les partis d’extrême-droite voire des groupes politiques anti-UE pour tenter de bloquer sa ratification au sein de certains parlements nationaux.

« Le FMI se livre à un jeu politique dangereux en cédant aux volontés de forces politiques davantage soucieuses de marquer des points idéologiques, même au risque de déclencher une nouvelle crise dans la zone euro, au lieu d’aider un pays membre de l’UE qui a perdu 26% de son PIB depuis 2008 à se remettre sur la voie de la reprise économique », a déclaré Sharan Burrow.

Décrivant l’extension de l’accord de prêt européen comme un compromis atteint à l’issue de plusieurs semaines de négociations difficiles entre la Grèce et les pays de la zone euro, Sharan Burrow a appelé le FMI à soutenir à la fois l’extension de l’accord en question et l’adoption d’un accord à plus long terme qui s’attaquera aux obstacles fondamentaux à une reprise de la croissance et de l’emploi en Grèce.

La CSI représente 176 millions de travailleurs/euses à travers 328 organisations affiliées nationales dans 162 pays et territoires.

Suivez-nous sur le web : http://www.ituc-csi.org et http://www.youtube.com/ITUCCSI .

Pour de plus amples informations, veuillez contacter le Service Presse de la CSI au : +32 2 224 02 04

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La Grèce après le 20 février

Le 4 février 2015, dix jours après la victoire de Syriza, la BCE décidait de ne plus fournir de liquidités aux banques grecques, action devant provoquer l’asphyxie économique du pays. La fuite des capitaux et les retraits massifs des épargnants en ont été les premières conséquences. Le 20 février 2015, après avoir rejeté les propositions de Varoufakis et durci les exigences initiales, l’Eurogroupe mené par Jeroen Dijsselbloem imposait, sous l’influence du gouvernement Merkel, un compromis à la Grèce concernant le maintien pendant 4 mois d’une « aide » contre la poursuite de « réformes ».

Depuis, dans la droite ligne des campagnes contre Syriza, les hommes politiques européens et les médias se sont félicité de la « capitulation » de Tsipras. Par ailleurs, des personnalités de la gauche grecque, tels Stathis Kouvelakis, Kostas Lapavitsas, Mikis Theodorakis et Manolis Glezos , ont critiqué vertement cet accord qui compromet gravement la crédibilité du gouvernement.

Les analyses du contenu de cet accord tiennent, selon ceux qui les énoncent, du verre à moitié plein et du verre à moitié vide. Je vous laisse aller à l’analyse de Martine Billard (1) ou de Jean-Luc Mélenchon(2) pour en connaître le détail. La question n’est pas tant de mesurer avec le plus de précision possible les reculs et les avancées qui ont été actés moins d’un mois après l’arrivée au pouvoir de la gauche radicale que de caractériser la pertinence, en dernier ressort, de cet accord et les développements qu’il induit.

Tsipras, Billard, Mélenchon, Sapir, Kouvelakis et sans doute bien d’autres se retrouvent pour dire que l’absence d’un accord le 20 février aurait provoqué la sortie de la Grèce de l’Eurogroupe. Les uns ne voulaient pas cette sortie, les autres l’estiment inévitable à terme et regrettent le refus de rompre avec l’Eurogroupe de la part du gouvernement grec.

Les partisans de la signature de l’accord avancent les arguments suivants : Tsipras n’a pas mangé son chapeau car l’accord est en-deçà de ce que la troïka exigeait de Samaras. La sortie de l’Eurogroupe ne faisait pas partie de son programme et il conserve sa liberté pour pallier la crise humanitaire (sachant que cela ne doit pas compromettre son équilibre budgétaire, ni ses capacités à rembourser la dette !). Dernier argument : cela donne du temps au gouvernement, quatre mois, pour négocier avec l’Eurogroupe la suite en espérant un mouvement de soutien au niveau européen [voir Jean-Luc Mélenchon (2) et Étienne Balibar (3)]. Ainsi, Mélenchon dit : « Deux rythmes sont à concilier. D’abord celui de l’opinion grecque parce qu’il engage la survie du gouvernement de Syriza. Ensuite celui des élections en Europe dans les pays où la brèche peut s’élargir : Espagne, Irlande et nous, aux régionales françaises de fin 2015. » C’est naïf (ou démagogique ?) de mettre bout à bout ces quatre problématiques sans unité de temps, d’enjeu et de projet politique.

Dimitris Alexakis (4) tente, lui, de faire la part du feu en reconnaissant que « cette négociation le couteau sous la gorge n’en est pas une et nos «partenaires», emmenés par la droite allemande, nous ont déclaré la guerre ». Il estime que les conditions de cet accord font la démonstration qu’il n’est pas possible de négocier : « la violence des institutions européennes apparaît aujourd’hui à nu, si l’Europe s’est trouvée acculée à répondre par la violence, le déni de la démocratie, le chantage, aux exigences du gouvernement grec […c’est en réponse] à la stratégie suivie par le gouvernement après les élections — une stratégie reposant d’une certaine façon sur un «comme si» : «Faisons comme si l’Europe était démocratique ; faisons comme si une véritable négociation pouvait avoir lieu ; faisons comme si les revendications d’un gouvernement élu pouvaient être entendues ; faisons comme si l’Europe pouvait prendre en compte la crise humanitaire qui ravage la société grecque ; faisons comme si l’Europe pouvait entendre la voix de la raison. » Il conclut que cet épisode était nécessaire pour que les populations comprennent que l’Europe ne mène « qu’à l’asphyxie politique et à la barbarie néo-libérale. »

Pour moi, ce n’est pas une demi-victoire ou une pause vers de nouvelles négociations ou encore la démonstration répétée du rôle nuisible pour les peuples de l’Union européenne, mais une stratégie politique qui se trouve en échec et qu’il faut changer.

Stathis Kouvélakis (5), enfin, rejette les arguments touchant au refus de la sortie de l’Eurogroupe. Il souligne le caractère contradictoire du programme de Syriza : lutter contre l’austérité ET rester dans l’euro. Le refus de choisir la sortie ne peut mener qu’à céder, à se plier aux exigences de l’Eurogroupe. Il disqualifie également les espérances de Balibar ou Mélenchon dans un mouvement social en Europe. Ce scénario n’est pas crédible suite à la démobilisation qui risque d’avoir lieu après le recul contraint de Syriza et il est de toute façon déconnecté des échéances grecques. Kouvélakis ajoute que le terrain de la lutte, pour Syriza et Podemos, repose sur la souveraineté nationale et la démocratie, terrain en opposition avec la pratique européenne et étranger à l’imaginaire d’une Europe néolibérale amendable. Pour autant, Kouvélakis appelle à un débat pour changer de stratégie, en chassant l’illusion de nouvelles négociations,« en envoyant un message de combat à tou-te-s ceux/celles, et ils sont fort nombreux/ses, qui avaient misé sur "l'espoir grec" et qui refusent, à juste titre, de s'avouer aujourd'hui vaincu-e-s. »

Les Grecs se trouvent devant un dilemme : plier face à la finance et à ses sbires européens ou sortir de l’Eurogroupe.

Cette dernière perspective a été écartée provisoirement par crainte de l’inconnu, pourtant elle semble de plus en plus inévitable. Jacques Sapir (6) apporte un argumentaire utile en vue de cette solution qu’il estime plus favorable à la Grèce qu’auparavant. Éric Toussaint (7) a conseillé Syriza. La présidente du Parlement, Zoe Konstantopoulou, a lancé une commission pour un audit citoyen, mais l’incontournable ne semble pas mis en œuvre. Toussaint affirme : « Sans suspension de paiement préalable et sans audit rendu public, les créanciers se trouvent en situation de domination. Or il ne faut pas sous-estimer leur capacité de manipulation, qui amènerait les gouvernements à faire des compromis inacceptables. C’est la suspension du paiement de la dette en tant qu’acte souverain unilatéral qui crée le rapport de force avec les créanciers. […] Et c’est seulement en faisant basculer ce rapport de force que les États créent les conditions pour pouvoir imposer des mesures qui fondent leur légitimité sur le droit international et sur le droit interne. »

Claude Gabriel (8) annonce que la Grèce est un laboratoire. C’est exact comme champ de manœuvre avancé du néolibéralisme en Europe, mais également sur le terrain de la lutte des classes. En effet, il pointe la suite progressive des traités qui sont à l’origine des défaites sociales et politiques que nous vivons. Il rattache par ailleurs la victoire de Syriza et celle possible de Podemos à un réveil politique anticapitaliste. Malheureusement, il en conclut que c’est une nouvelle voie révolutionnaire de transition en opposition à toute autre. Les mobilisations populaires étant de courte durée, il préconise un processus « sur plusieurs générations » engagé par l’accession au pouvoir d’une gauche radicale telle que Syriza. C’est aller vite en besogne pour une histoire qui n’est pas écrite. Cette position, qui est en débat dans « Ensemble! », ne me paraît pas sérieuse. Il souligne d’ailleurs lui-même la violence des réponses institutionnelles de l’Europe. Alors oui, il faut discuter « comme si nous étions totalement à leur place et on progressera d'autant. » Et, dans ces conditions, il faut déjà tirer les conséquences de l’échec de la « négociation » du 20 février.

Seule une confrontation dans un processus de rupture porté par la mobilisation populaire peut ouvrir la possibilité d’une transformation sociale et démocratique de la société. Apparemment les conditions de cette confrontation existent en Grèce, comme en Espagne. Syriza a une responsabilité immense dans cette situation. Pour nous, en Europe, le débat est ouvert, concrètement.

Michel Bonnard, 3 mars 2015

  1. http://www.gauchemip.org/spip.php?article24162

  2. http://syriza-fr.org/2015/02/25/le-probleme-en-europe-cest-lallemagne-de-merkel-par-jean-luc-melenchon/

  3. http://www.liberation.fr/monde/2015/02/23/syriza-gagne-du-temps-et-de-l-espace_1208539

  4. http://www.okeanews.fr/20150225-nous-avons-besoin-de-temps-et-nous-ne-pouvons-pas-revenir-en-arriere

  5. http://blogs.mediapart.fr/blog/ananda-cotentin/250215/reponse-aux-sophistes

  6. http://russeurope.hypotheses.org/3492

  7. http://cadtm.org/Restructuration-audit-suspension

  8. https://www.ensemble-fdg.org/content/la-grece-est-notre-laboratoire

    PS : Un article intéressant concernant le non-remboursement de la dette grecque :

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20150205trib2c6f85623/ce-que-couterait-vraiment-aux-contribuables-l-annulation-de-la-dette-grecque.html

« La crise, c'est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître. » Antonio Gramsci

La Grèce après le 20 février

Le 4 février 2015, dix jours après la victoire de Syriza, la BCE décidait de ne plus fournir de liquidités aux banques grecques, action devant provoquer l’asphyxie économique du pays. La fuite des capitaux et les retraits massifs des épargnants en ont été les premières conséquences. Le 20 février 2015, après avoir rejeté les propositions de Varoufakis et durci les exigences initiales, l’Eurogroupe mené par Jeroen Dijsselbloem imposait, sous l’influence du gouvernement Merkel, un compromis à la Grèce concernant le maintien pendant 4 mois d’une « aide » contre la poursuite de « réformes ».

Depuis, dans la droite ligne des campagnes contre Syriza, les hommes politiques européens et les médias se sont félicité de la « capitulation » de Tsipras. Par ailleurs, des personnalités de la gauche grecque, tels Stathis Kouvelakis, Kostas Lapavitsas, Mikis Theodorakis et Manolis Glezos , ont critiqué vertement cet accord qui compromet gravement la crédibilité du gouvernement.

Les analyses du contenu de cet accord tiennent, selon ceux qui les énoncent, du verre à moitié plein et du verre à moitié vide. Je vous laisse aller à l’analyse de Martine Billard (1) ou de Jean-Luc Mélenchon(2) pour en connaître le détail. La question n’est pas tant de mesurer avec le plus de précision possible les reculs et les avancées qui ont été actés moins d’un mois après l’arrivée au pouvoir de la gauche radicale que de caractériser la pertinence, en dernier ressort, de cet accord et les développements qu’il induit.

Tsipras, Billard, Mélenchon, Sapir, Kouvelakis et sans doute bien d’autres se retrouvent pour dire que l’absence d’un accord le 20 février aurait provoqué la sortie de la Grèce de l’Eurogroupe. Les uns ne voulaient pas cette sortie, les autres l’estiment inévitable à terme et regrettent le refus de rompre avec l’Eurogroupe de la part du gouvernement grec.

Les partisans de la signature de l’accord avancent les arguments suivants : Tsipras n’a pas mangé son chapeau car l’accord est en-deçà de ce que la troïka exigeait de Samaras. La sortie de l’Eurogroupe ne faisait pas partie de son programme et il conserve sa liberté pour pallier la crise humanitaire (sachant que cela ne doit pas compromettre son équilibre budgétaire, ni ses capacités à rembourser la dette !). Dernier argument : cela donne du temps au gouvernement, quatre mois, pour négocier avec l’Eurogroupe la suite en espérant un mouvement de soutien au niveau européen [voir Jean-Luc Mélenchon (2) et Étienne Balibar (3)]. Ainsi, Mélenchon dit : « Deux rythmes sont à concilier. D’abord celui de l’opinion grecque parce qu’il engage la survie du gouvernement de Syriza. Ensuite celui des élections en Europe dans les pays où la brèche peut s’élargir : Espagne, Irlande et nous, aux régionales françaises de fin 2015. » C’est naïf (ou démagogique ?) de mettre bout à bout ces quatre problématiques sans unité de temps, d’enjeu et de projet politique.

Dimitris Alexakis (4) tente, lui, de faire la part du feu en reconnaissant que « cette négociation le couteau sous la gorge n’en est pas une et nos «partenaires», emmenés par la droite allemande, nous ont déclaré la guerre ». Il estime que les conditions de cet accord font la démonstration qu’il n’est pas possible de négocier : « la violence des institutions européennes apparaît aujourd’hui à nu, si l’Europe s’est trouvée acculée à répondre par la violence, le déni de la démocratie, le chantage, aux exigences du gouvernement grec […c’est en réponse] à la stratégie suivie par le gouvernement après les élections — une stratégie reposant d’une certaine façon sur un «comme si» : «Faisons comme si l’Europe était démocratique ; faisons comme si une véritable négociation pouvait avoir lieu ; faisons comme si les revendications d’un gouvernement élu pouvaient être entendues ; faisons comme si l’Europe pouvait prendre en compte la crise humanitaire qui ravage la société grecque ; faisons comme si l’Europe pouvait entendre la voix de la raison. » Il conclut que cet épisode était nécessaire pour que les populations comprennent que l’Europe ne mène « qu’à l’asphyxie politique et à la barbarie néo-libérale. »

Pour moi, ce n’est pas une demi-victoire ou une pause vers de nouvelles négociations ou encore la démonstration répétée du rôle nuisible pour les peuples de l’Union européenne, mais une stratégie politique qui se trouve en échec et qu’il faut changer.

Stathis Kouvélakis (5), enfin, rejette les arguments touchant au refus de la sortie de l’Eurogroupe. Il souligne le caractère contradictoire du programme de Syriza : lutter contre l’austérité ET rester dans l’euro. Le refus de choisir la sortie ne peut mener qu’à céder, à se plier aux exigences de l’Eurogroupe. Il disqualifie également les espérances de Balibar ou Mélenchon dans un mouvement social en Europe. Ce scénario n’est pas crédible suite à la démobilisation qui risque d’avoir lieu après le recul contraint de Syriza et il est de toute façon déconnecté des échéances grecques. Kouvélakis ajoute que le terrain de la lutte, pour Syriza et Podemos, repose sur la souveraineté nationale et la démocratie, terrain en opposition avec la pratique européenne et étranger à l’imaginaire d’une Europe néolibérale amendable. Pour autant, Kouvélakis appelle à un débat pour changer de stratégie, en chassant l’illusion de nouvelles négociations,« en envoyant un message de combat à tou-te-s ceux/celles, et ils sont fort nombreux/ses, qui avaient misé sur "l'espoir grec" et qui refusent, à juste titre, de s'avouer aujourd'hui vaincu-e-s. »

Les Grecs se trouvent devant un dilemme : plier face à la finance et à ses sbires européens ou sortir de l’Eurogroupe. Cette dernière perspective a été écartée provisoirement par crainte de l’inconnu, pourtant elle semble de plus en plus inévitable. Jacques Sapir (6) apporte un argumentaire utile en vue de cette solution qu’il estime plus favorable à la Grèce qu’auparavant. Éric Toussaint (7) a conseillé Syriza. La présidente du Parlement, Zoe Konstantopoulou, a lancé une commission pour un audit citoyen, mais l’incontournable ne semble pas mis en œuvre. Toussaint affirme : « Sans suspension de paiement préalable et sans audit rendu public, les créanciers se trouvent en situation de domination. Or il ne faut pas sous-estimer leur capacité de manipulation, qui amènerait les gouvernements à faire des compromis inacceptables. C’est la suspension du paiement de la dette en tant qu’acte souverain unilatéral qui crée le rapport de force avec les créanciers. […] Et c’est seulement en faisant basculer ce rapport de force que les États créent les conditions pour pouvoir imposer des mesures qui fondent leur légitimité sur le droit international et sur le droit interne. »

Claude Gabriel (8) annonce que la Grèce est un laboratoire. C’est exact comme champ de manœuvre avancé du néolibéralisme en Europe, mais également sur le terrain de la lutte des classes. En effet, il pointe la suite progressive des traités qui sont à l’origine des défaites sociales et politiques que nous vivons. Il rattache par ailleurs la victoire de Syriza et celle possible de Podemos à un réveil politique anticapitaliste. Malheureusement, il en conclut que c’est une nouvelle voie révolutionnaire de transition en opposition à toute autre. Les mobilisations populaires étant de courte durée, il préconise un processus « sur plusieurs générations » engagé par l’accession au pouvoir d’une gauche radicale telle que Syriza. C’est aller vite en besogne pour une histoire qui n’est pas écrite. Cette position, qui est en débat dans « Ensemble! », ne me paraît pas sérieuse. Il souligne d’ailleurs lui-même la violence des réponses institutionnelles de l’Europe. Alors oui, il faut discuter « comme si nous étions totalement à leur place et on progressera d'autant. » Et, dans ces conditions, il faut déjà tirer les conséquences de l’échec de la « négociation » du 20 février.

Seule une confrontation dans un processus de rupture porté par la mobilisation populaire peut ouvrir la possibilité d’une transformation sociale et démocratique de la société. Apparemment les conditions de cette confrontation existent en Grèce, comme en Espagne. Syriza a une responsabilité immense dans cette situation. Pour nous, en Europe, le débat est ouvert, concrètement.

Michel Bonnard, 3 mars 2015

  1. http://www.gauchemip.org/spip.php?article24162

  2. http://syriza-fr.org/2015/02/25/le-probleme-en-europe-cest-lallemagne-de-merkel-par-jean-luc-melenchon/

  3. http://www.liberation.fr/monde/2015/02/23/syriza-gagne-du-temps-et-de-l-espace_1208539

  4. http://www.okeanews.fr/20150225-nous-avons-besoin-de-temps-et-nous-ne-pouvons-pas-revenir-en-arriere

  5. http://blogs.mediapart.fr/blog/ananda-cotentin/250215/reponse-aux-sophistes

  6. http://russeurope.hypotheses.org/3492

  7. http://cadtm.org/Restructuration-audit-suspension

  8. https://www.ensemble-fdg.org/content/la-grece-est-notre-laboratoire

    PS : Un article intéressant concernant le non-remboursement de la dette grecque :

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20150205trib2c6f85623/ce-que-couterait-vraiment-aux-contribuables-l-annulation-de-la-dette-grecque.html

La Grèce après le 20 février

Le 4 février 2015, dix jours après la victoire de Syriza, la BCE décidait de ne plus fournir de liquidités aux banques grecques, action devant provoquer l’asphyxie économique du pays. La fuite des capitaux et les retraits massifs des épargnants en ont été les premières conséquences. Le 20 février 2015, après avoir rejeté les propositions de Varoufakis et durci les exigences initiales, l’Eurogroupe mené par Jeroen Dijsselbloem imposait, sous l’influence du gouvernement Merkel, un compromis à la Grèce concernant le maintien pendant 4 mois d’une « aide » contre la poursuite de « réformes ».

Depuis, dans la droite ligne des campagnes contre Syriza, les hommes politiques européens et les médias se sont félicité de la « capitulation » de Tsipras. Par ailleurs, des personnalités de la gauche grecque, tels Stathis Kouvelakis, Kostas Lapavitsas, Mikis Theodorakis et Manolis Glezos , ont critiqué vertement cet accord qui compromet gravement la crédibilité du gouvernement.

Les analyses du contenu de cet accord tiennent, selon ceux qui les énoncent, du verre à moitié plein et du verre à moitié vide. Je vous laisse aller à l’analyse de Martine Billard (1) ou de Jean-Luc Mélenchon(2) pour en connaître le détail. La question n’est pas tant de mesurer avec le plus de précision possible les reculs et les avancées qui ont été actés moins d’un mois après l’arrivée au pouvoir de la gauche radicale que de caractériser la pertinence, en dernier ressort, de cet accord et les développements qu’il induit.

Tsipras, Billard, Mélenchon, Sapir, Kouvelakis et sans doute bien d’autres se retrouvent pour dire que l’absence d’un accord le 20 février aurait provoqué la sortie de la Grèce de l’Eurogroupe. Les uns ne voulaient pas cette sortie, les autres l’estiment inévitable à terme et regrettent le refus de rompre avec l’Eurogroupe de la part du gouvernement grec.

Les partisans de la signature de l’accord avancent les arguments suivants : Tsipras n’a pas mangé son chapeau car l’accord est en-deçà de ce que la troïka exigeait de Samaras. La sortie de l’Eurogroupe ne faisait pas partie de son programme et il conserve sa liberté pour pallier la crise humanitaire (sachant que cela ne doit pas compromettre son équilibre budgétaire, ni ses capacités à rembourser la dette !). Dernier argument : cela donne du temps au gouvernement, quatre mois, pour négocier avec l’Eurogroupe la suite en espérant un mouvement de soutien au niveau européen [voir Jean-Luc Mélenchon (2) et Étienne Balibar (3)]. Ainsi, Mélenchon dit : « Deux rythmes sont à concilier. D’abord celui de l’opinion grecque parce qu’il engage la survie du gouvernement de Syriza. Ensuite celui des élections en Europe dans les pays où la brèche peut s’élargir : Espagne, Irlande et nous, aux régionales françaises de fin 2015. » C’est naïf (ou démagogique ?) de mettre bout à bout ces quatre problématiques sans unité de temps, d’enjeu et de projet politique.

Dimitris Alexakis (4) tente, lui, de faire la part du feu en reconnaissant que « cette négociation le couteau sous la gorge n’en est pas une et nos «partenaires», emmenés par la droite allemande, nous ont déclaré la guerre ». Il estime que les conditions de cet accord font la démonstration qu’il n’est pas possible de négocier : « la violence des institutions européennes apparaît aujourd’hui à nu, si l’Europe s’est trouvée acculée à répondre par la violence, le déni de la démocratie, le chantage, aux exigences du gouvernement grec […c’est en réponse] à la stratégie suivie par le gouvernement après les élections — une stratégie reposant d’une certaine façon sur un «comme si» : «Faisons comme si l’Europe était démocratique ; faisons comme si une véritable négociation pouvait avoir lieu ; faisons comme si les revendications d’un gouvernement élu pouvaient être entendues ; faisons comme si l’Europe pouvait prendre en compte la crise humanitaire qui ravage la société grecque ; faisons comme si l’Europe pouvait entendre la voix de la raison. » Il conclut que cet épisode était nécessaire pour que les populations comprennent que l’Europe ne mène « qu’à l’asphyxie politique et à la barbarie néo-libérale. »

Pour moi, ce n’est pas une demi-victoire ou une pause vers de nouvelles négociations ou encore la démonstration répétée du rôle nuisible pour les peuples de l’Union européenne, mais une stratégie politique qui se trouve en échec et qu’il faut changer.

Stathis Kouvélakis (5), enfin, rejette les arguments touchant au refus de la sortie de l’Eurogroupe. Il souligne le caractère contradictoire du programme de Syriza : lutter contre l’austérité ET rester dans l’euro. Le refus de choisir la sortie ne peut mener qu’à céder, à se plier aux exigences de l’Eurogroupe. Il disqualifie également les espérances de Balibar ou Mélenchon dans un mouvement social en Europe. Ce scénario n’est pas crédible suite à la démobilisation qui risque d’avoir lieu après le recul contraint de Syriza et il est de toute façon déconnecté des échéances grecques. Kouvélakis ajoute que le terrain de la lutte, pour Syriza et Podemos, repose sur la souveraineté nationale et la démocratie, terrain en opposition avec la pratique européenne et étranger à l’imaginaire d’une Europe néolibérale amendable. Pour autant, Kouvélakis appelle à un débat pour changer de stratégie, en chassant l’illusion de nouvelles négociations,« en envoyant un message de combat à tou-te-s ceux/celles, et ils sont fort nombreux/ses, qui avaient misé sur "l'espoir grec" et qui refusent, à juste titre, de s'avouer aujourd'hui vaincu-e-s. »

Les Grecs se trouvent devant un dilemme : plier face à la finance et à ses sbires européens ou sortir de l’Eurogroupe. Cette dernière perspective a été écartée provisoirement par crainte de l’inconnu, pourtant elle semble de plus en plus inévitable. Jacques Sapir (6) apporte un argumentaire utile en vue de cette solution qu’il estime plus favorable à la Grèce qu’auparavant. Éric Toussaint (7) a conseillé Syriza. La présidente du Parlement, Zoe Konstantopoulou, a lancé une commission pour un audit citoyen, mais l’incontournable ne semble pas mis en œuvre. Toussaint affirme : « Sans suspension de paiement préalable et sans audit rendu public, les créanciers se trouvent en situation de domination. Or il ne faut pas sous-estimer leur capacité de manipulation, qui amènerait les gouvernements à faire des compromis inacceptables. C’est la suspension du paiement de la dette en tant qu’acte souverain unilatéral qui crée le rapport de force avec les créanciers. […] Et c’est seulement en faisant basculer ce rapport de force que les États créent les conditions pour pouvoir imposer des mesures qui fondent leur légitimité sur le droit international et sur le droit interne. »

Claude Gabriel (8) annonce que la Grèce est un laboratoire. C’est exact comme champ de manœuvre avancé du néolibéralisme en Europe, mais également sur le terrain de la lutte des classes. En effet, il pointe la suite progressive des traités qui sont à l’origine des défaites sociales et politiques que nous vivons. Il rattache par ailleurs la victoire de Syriza et celle possible de Podemos à un réveil politique anticapitaliste. Malheureusement, il en conclut que c’est une nouvelle voie révolutionnaire de transition en opposition à toute autre. Les mobilisations populaires étant de courte durée, il préconise un processus « sur plusieurs générations » engagé par l’accession au pouvoir d’une gauche radicale telle que Syriza. C’est aller vite en besogne pour une histoire qui n’est pas écrite. Cette position, qui est en débat dans « Ensemble! », ne me paraît pas sérieuse. Il souligne d’ailleurs lui-même la violence des réponses institutionnelles de l’Europe. Alors oui, il faut discuter « comme si nous étions totalement à leur place et on progressera d'autant. » Et, dans ces conditions, il faut déjà tirer les conséquences de l’échec de la « négociation » du 20 février.

Seule une confrontation dans un processus de rupture porté par la mobilisation populaire peut ouvrir la possibilité d’une transformation sociale et démocratique de la société. Apparemment les conditions de cette confrontation existent en Grèce, comme en Espagne. Syriza a une responsabilité immense dans cette situation. Pour nous, en Europe, le débat est ouvert, concrètement.

Michel Bonnard, 3 mars 2015

  1. http://www.gauchemip.org/spip.php?article24162

  2. http://syriza-fr.org/2015/02/25/le-probleme-en-europe-cest-lallemagne-de-merkel-par-jean-luc-melenchon/

  3. http://www.liberation.fr/monde/2015/02/23/syriza-gagne-du-temps-et-de-l-espace_1208539

  4. http://www.okeanews.fr/20150225-nous-avons-besoin-de-temps-et-nous-ne-pouvons-pas-revenir-en-arriere

  5. http://blogs.mediapart.fr/blog/ananda-cotentin/250215/reponse-aux-sophistes

  6. http://russeurope.hypotheses.org/3492

  7. http://cadtm.org/Restructuration-audit-suspension

  8. https://www.ensemble-fdg.org/content/la-grece-est-notre-laboratoire

    PS : Un article intéressant concernant le non-remboursement de la dette grecque :

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20150205trib2c6f85623/ce-que-couterait-vraiment-aux-contribuables-l-annulation-de-la-dette-grecque.html

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Published by BARTET-BEAUQUIER
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