APPEL POUR LE SECOND DEGRÉ
Collège – Lycée
Alors que l’élection présidentielle approche à grands pas, le ministre tente de
passer en force des éléments cruciaux de son projet d’École, objets d’une résistance affirmée de l’ensemble de la communauté éduca- tive et en premier lieu des personnels. Évaluation des
personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation, remise en cause de l’éducation prio- ritaire (ÉCLAIR), formation des maîtres, orientation scolaire... autant de sujets de conflits de
lutte sur fond de nouvelle saignée des postes.
Dégradation des conditions de travail, remise en cause des statuts, dénaturation de nos métiers de plus en plus en
souffrance, baisse continue du pouvoir d’achat, réduction de l’offre de formation, stigmatisation des person- nels accusés d’être incapables de s’adapter aux exigences d’un monde en crise...
tout est réuni pour faire basculer le service public d’éducation dans une atomisation aux ordres de hiérarchies intermédiaires et ouverte au marché privé.
D’autres choix sont possibles, une autre politique est urgente !
L’Éducation est un investissement d’avenir, une exigence de la jeunesse, un enjeu social et économique majeur pour le pays,
un défi culturel et humaniste pour notre société. Nous ne devons pas laisser la spirale infernale de sa destruction, aux antipodes des idéaux républicains et démocratiques que les personnels ont
toujours portés, franchir une étape supplémentaire.
Il est toujours temps d’exprimer haut et fort les valeurs du service public, élément central de la cohé- sion sociale
et de l’égalité, alors qu’au nom de la réduction de la dette, le gouvernement organise l’austé- rité économique, sociale et culturelle pour les plus pauvres, les plus démunis, les plus
éloignés de la culture scolaire, les oubliés d’une société du profit et de l’individualisation...
Il faut le faire, bien sûr, face à un pouvoir qui tente d’utiliser ses derniers mois avant une échéance
politique majeure pour imposer les dernières pièces de son puzzle mortifère pour l’Éducation nationale.
Mais il faut le faire aussi pour peser dans une campagne présidentielle et législative qui,
sous la menace d’une crise financière dévastatrice pour l’économie et tellement pratique pour imposer de nouvelles régressions sociales au profit des plus nantis, risque de dériver vers
l’acceptation d’un consensus sur le caractère inéluctable de l’austérité ou vers la surenchère médiatique autour de propositions ponctuelles qui semblent frappées du coin du bon sens.
L’avenir du second degré se joue dans cette période, et avec lui celui de la démocratisation de l’accès de tous à une
formation de haut niveau et aux qualifications.
Sa cohérence, de la Sixième au baccalauréat, son organisation dans l’équilibre entre marges
d’autonomie pour la prise en compte des réalités locales et cadrage national assurant l’égalité sur tout le territoire national, les statuts de ses personnels, ses missions à travers les
programmes et les modalités d’évaluation des acquis des élèves, autant de questions qui doivent être au cœur du débat public.
Il faut en finir avec l’antienne du collège, bouc émissaire de l’échec de la démocratisation du système
éducatif.
L’enjeu est bien le choix collectif de la nation entre second degré ouvert à toute une génération pour une prolongation de la
scolarité dans une des trois voies du lycée et éviction programmée d’une partie des jeunes au cours du collège ou « école du socle » officialisant la fin des ambitions démocratiques pour
tous.
L’avenir de la jeunesse et du pays se joue aujourd’hui.
Le SNES et les personnels du second degré sont déterminés à le construire avec vous.
A PARIS, LE 31 JANVIER 2012
Syndicat National des
Enseignements du Second degré WWW.SNES.EDU
================================================================================================================================
Meilleurs voeux 2012
Malgré l’absence d’une stratégie européenne qui dissuaderait les « marchés » de jouer contre l’UE, malgré le refus des dirigeants d’associer
les peuples à une prise de décision démocratique, la perspective de changement qu’offrent les prochaines échéances électorales politiques en France peut être de nature à susciter une certaine
espérance d’amélioration de la situation des salariés actifs et pensionnés...
Nous savons d’expérience que les meilleures conditions pour y parvenir effectivement sont la mobilisation sociale et la prise en charge des
revendications des intéressés par eux-mêmes, au plus haut niveau possible et partout où l’occasion s’en présente.
Si notre syndicat a su rester fer de lance précisément de la mobilisation dans le second degré, les conditions objectives de l’unité nécessaire
dans l’ensemble du champ syndical ne sont, hélas, à ce jour pas réunies et aucune initiative d’indignés massivement rassemblés n’a incité à la construction d’un front social d’ampleur..
Le leurre du sommet social électoral du candidat-président, le 18 janvier, n’a trompé aucune organisation et n’a satisfait que le Medef, mais
il a aussi mis en évidence le cynisme d’un pouvoir qui propose d’injecter dans un plan d’urgence pour l’emploi, à peu de choses près, l’équivalent des indemnités qu’un tribunal arbitral
anormalement saisi avaient allouées à B.Tapie!
L’annonce d’une hausse de 30 % des prix de l’énergie en 4 ans est à la fois un véritable aveu d’impéritie puisqu’une partie non négligeable de
ces hausses est liée à la prise de conscience d’une sécurité à renforcer, après Fukushima, et sur le renouvellement du parc nucléaire français, mais aussi un indicateur fort du décalage entre les
mécanismes de formation des prix et la réalité du pouvoir d’achat de la masse des salariés, des retraités, des chômeurs, des fonctionnaires... sans parler d’une politique de diversification des
ressources énergétiques alors qu’en Europe on en est au chacun pour soi.
Le projet de pacte fiscal européen, les « réformes » annoncées sur la TVA sociale sont autant d’éléments relevant à la fois de la campagne de
N.Sarkozy et de la volonté de poursuivre la politique néfaste qui a abouti à la catastrophe actuelle.
La droite persévère dans une politique toute dédiée aux intérêts de classe des possédants les plus nantis, une droite enfoncée dans la
corruption, le flicage, la pression sur les magistrats indépendants en charge de dossiers compromettants pour elle, la casse des services publics comme l’Education nationale (1) ou l’Hôpital, les
nominations à la hâte d’affidés dans des fonctions susceptibles de peser dans la mise en oeuvre d’une alternance souhaitée par les Français.
Le combat sera dur et l’union de tous les salariés et retraités est une nécessité car ce sont eux les victimes désignées et constantes de ces
politiques.
Une fois de plus donc, et c’est une bonne chose, l’année 2012 sera ce que nous en ferons.
Premier pas: réussir l'action du 31 janvier à l'Education nationale!
Commentaires